‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 149 sur 191 · REGENERATION · texte numérisé non relu

REGENERATION

... La crainte de Dieu et son amour, le désir de lui obéir, de le servir et de lui plaire, sont des principes qui régénèrent tout le cœur, et qui en bannissent toute sorte de péchés, qui y établissent une justice, et une sainteté à tous égards. J'avoue qu'il y demeure encore beaucoup d'imperfection ; car qui est-ce c[ui peut dire : fai purgé mon cœur, je suis net de mon péclié ? Mais c'est parce que la sainteté étant répandue partout, l'imperfection de même est répandue partout et non que la sainteté occupe une place et l'iniquité une autre. Il n'en est pas comme de notre jour naturel, où la lumière et les ténèbres sont séparées ; mais il en est comme d'un matin, où, quoique la lumière règne, elle règne pourtant mêlée avec l'obscurité. C'est une sainteté qui est complète et entière à l'égard de ses parties, toutes les vertus qui la doivent composer y sont, et tous les vices qui la détruisent en sont chassés ; mais c'est-à-dire que toutes les vertus y sont encore infirmes et languissantes, et que les vices n'y sont pas tout à fait déracinés. Cela n'empêche pourtant pas qu'il ne soit vrai que la régénération chrétienne donne une inclination universelle pour le bien, et une aversion générale pour le mal, encore que cetle inclination et cette aversion ne soient pas le dernier degré de leur perfection. Il en est à peu près du nouvel homme daris la gnîce comme d'un jeune enfant dans la nature : il a toutes les parties essentielles qui le doivent composer, un corps, et une Ame, un corps fourni de

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