LA VRAIE PAIX DE L'AME
... La confiance qu'une piété sincère donne est d'une tout autre force que celle qui peut venir de la superstition. La première est la voix intérieure de Dieu même qui se fait ouïr dans la conscience de l'homme et le témoignage du Saint-Esprit ; la seconde n'est qu'une imagination qui ne saurait avoir rien de solide. Cette seconde est un amusement de la conscience, qui charme pour ainsi dire ses inquiétudes durant quelque temps, et divertit sa douleur ; mais la première est une véritable tranquillité, une paix qui ôte toutes les causes de la frayeur, et qui leur substitue des causes de joie et de consolation. C'est une paix qui est à l'épreuve des réflexions, et qui se soutient dans les occasions où elle doit déployer sa vertu, au lieu que l'autre succombera infailliblement si elle est mise à rexamen ; c'est-à-dire si on en recherche soigneusement les fondements et les principes, ou qu'elle ait à se défendre contre des objets terribles. Une fausse confiance s'évanouit, et abandonne l'homme dans les grandes afflictions, et dans les approches de la mort et du jugement, au lieu ([u'une véritable demeure ferme et y triomphe.