FLÉAU DES GUERRES RELIGIEUSES
Trois sortes de gens auraient besoin d'y jeter chaque jour la vue, et de s'en faire un songez-y bien. Ceux qui gouvernent se devraient faire dire tous les matins par un page : ISe tourmentez personne sur ses opinions de religion, et n'étendez pas le droit du glaive sur la conscience. Voyez ce que Charles IX et son successeur y gagnèrent. ^^^ un vrai miracle j[ue la^ monarchie Jrançaise nait poînfplri pour leur catholicité. Il n'arrtuêfa pas tous les jours de tels miracles, ne vous y fiez point. On ne voulut pas laisser en repos Védit de janvier y et il fallut, après plus de trente ans de désolation, après mille et mille torrents de sang répandus, mille et mille perfidies et incendies, en accorder un plus favorable . Ceux qui conduisent les affaires ecclésiastiques sont la seconde espèce de gens qui doivent se bien souvenir du seizième siècle. Quand on leuF~I parle de tolérance, ils croient ouïr le plus affreux et le \ plus monstrueux de tous les dogmes ; et afin d'intéresser dans leurs passions le bras séculier, ils crient que c'est ôter aux magistrats le plus beau fleuron de leur couronne que de ne leur pas permettre pour le moins d'emprisonner et de bannir les hérétiques. Mais, s'ils examinaient ce que l'on peut craindre d'une guerre de
1, DiGtionnaire.,., article Mileon, rem. G.
religion, ils seraient plus modérés. Voas ne voulez pas, leur peut-on dire, que cette secte prie Dieu à sa mode^ ni qu'elle prêche ses sentiments; mais prenez garde, si Von en vient aux épées tirées , quau lieu de parler et d'écrire contre vos dogmes, elle ne renverse vos temples et ne mette vos propres personnes en danger. Que ga- 'gnâtes-vous en France et en Hollande, en conseillant la persécution? Ne vous fiez pas à votre grand nombre. Vos souverains ont des voisins, et par conséquent vos sectaires ne manqueront ni de protecteurs, ni d'assistance, Jussent-ils Turcs.