DE LA MULTIPLICITÉ DES RELIGIONS
Il n'y a pas, dit-on, de plus dangereuse peste dans un État que la multiplicité de religions, parce quecela met en dissension les voisins avec les voisins, les pères avec les enfants, les maris avec les femmes, le prince avec ses sujets. — Je réponds que, bien loin que cela fasse contre moi, c'est une très forte preuve pour la tolérance ; car, si la multiplicité de religions nuit à un État, c'est uniquement parce que l'une ne veut pas tolérer l'autre, mais l'engloutir parla voie des persécutions. Hinc prima mali labes, c'est là l'origine du mal. Si chacun avait la tolérance que je soutiens, il y aurait la même concorde dans un État divisé en dix religions que dans une ville où les diverses espèces d'artisans s'eiitre-supportent mutuellement. Tout ce qu'il pourrait y avoir, ce serait une