JACQUES SAURIN
Jacques Saurin est né à Nîmes, le 6 janvier 1677, et mort à la Haye, le 30 décembre 1730. Il fit ses études à Genève, où ses sermons d'essais lui firent déjà une réputation peu ordinaire. Il fut nommé pasteur de l'Église wallonne à Londres en 1701 et à la Haye en 1703. Outre ses volumes de sermons, on lui doit un Abrégé de la théologie et de la morale chrétienne en forme de catéchisme (1722). Il a écrit ce livre pour une société qui s'occupait de faire instruire les enfants des réfugiés pauvres et de les mettre en apprentissage. La fin de sa vie a été affligée par des polémiques pénibles contre des adversaires qui lui tenaient rigueur de ses succès. Sauf dans ce clan peu intéressant, Ton s'accorde à rendre hommage à la noblesse de son caractère. Ses Sermons forment douze volumes, dont les cinq premiers seulement ont été publiés par lui de 1708 h 1732, et donnent l'idée véritable de son talent. « Il voulut être éloquent, dit M. Lanson, et il l'a été souvent. Profitant des exemples des prédicateurs catholiques, et surtout de ceux de Bossuet, il renonça aux explications dogmatiques de textes suivis pas à pas et détaillés phrase par phrase. 11 construisit ses sermons sur une seule idée, dont il développait les divers aspects. Théologien solide, discutant et démontrant le
dogme avec érudition, il s'étendait surtout sur la morale; fin et pénétrant dans ses analyses, ruie, tendre, pressant dans ses exhortations. Son discours est logique, serré, clair, un peu trop orné de littérature profane, de réminiscences historiques et mythologiques, nourri de philosophie. » {Histoire de la Littérature française, p. 588.) « Si nous comparons, dit Ch. Weiss, Saurin aux grands prédicateurs qui illustrèrent la chaire catholique, nous n'hésitons pas à le placer au même rang que Massillon, Fléchier et Bourdaloue. Quelquefois il les dépasse par des mouvements d'éloquence qui rappellent le vol audacieux de l'Aigle de Meaux. » Sayous remarque que, si Saurin possède tout ce qui est force dans son modèle, il manque de ce qui est en lui grâce et majesté calme {Histoire de la Littérature française à Vétranger, t. II, p. 108;. — M.Ch. Weiss a publié un recueil de Sermons choisis de Saurin (1854). Lire la notice qui est en tête du recueil. Consulter aussi : E.-A. Berthault, J. Saurin et la prédication protestante (1875).