Mcmc recueil. — Sermon sur V Immensité de Dieu, pp
direction universelle ; entrez dans cette mer immense de vertus et de perfections, qu'êtes-vous? Un grain de poudre, un point, un atome, un rien.
Si telle est la grandeur de Dieu, quelle doit être notre confiance? « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? » Pauvre créature, battue dans le monde comme par autant de vents, par la faim, par la maladie, par le mépris, par la misère, par la nudité, par Texil, ne crains point dans un vaisseau dont Dieu est lui- môme le pilote.
Mais surtout, si telle est la grandeur de Dieu, si Dieu est partout, quelle doit être notre vigilance ! Et pour ramener ce discours à Tidée que nous avions en le commençant, quelle impression doit faire sur des âmes raisonnables cette pensée : Dieu me voit !...
Allez dans vos rnaisons, portez partout cette réflexion : Dieu me voit, J)ieu me voit ; à tous les pièges du démon, à toutes les tentations du siècle, à tous les appas de la cupidité, opposez cette réflexion : Dieu me voit. Si, revêtu d'une forme humaine, il était toujours sur vos pas, s'il vous suivait en tout lieu, s'il était toujours devant vous avec ce front majestueux, avec ces yeux étincelants, avec ces regards terribles, pourriezvous devant son auguste présence lâcher la bride à vos passions ? Mais vous venez de l'entendre, il est partout, ce front majestueux ; ils vous suivent partout, ces yeux étincelants ; ils vous considèrent partout, ces regards terribles. Surtout, que dans cette semaine de préparation à l'eucharistie, recueillis, rentrés dans vous-mêmes, occupés à fouiller dans cette conscience et à y découvrir tant de faiblesse, tant de corruption, tant de dureté, tant de sources impures fécondes en excès ; que cette idée nous frappe : Dieu me voit, Dieu me voit teJ que je viens de me voir moi-même,
impur, ingrat, rebelle; qu'elle nous porte, cette idée,' à la componction, aux larmes, aux regrets, à la conversion, aune communion sainte, fervente, couronnée de grâces et de vertus. Heureux si, après notre examen, nous avons un nouveau cœur, un cœur agréable à ces yeux qui le sondent et qui le pénètrent ! Heureux si, après notre communion, après un nouvel examen, nous pouvions dire avec le prophète: « Éternel! tu as sondé mon cœur, tu m'as examiné, tu n'as rien trouvé que d'agréable à tes yeux ! » Ainsi soit-il.