‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 27 sur 191 · cf., pp · texte numérisé non relu

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pler en leur nature; mais nous les regardons seulement en la parole de Dieu, de laquelle la vérité nous doit être tellement persuadée que nous tenions pour fait et accompli tout ce qu'elle dit. Comment donc s'élèvera un courage à reconnaître et goûter une telle bonté de Dieu, qu'il ne soit pareillement enflambé à aimer Dieu ? Car une telle abondance de douceur, comme est celle que Dieu a cachée à ceux qui le craignent, ne se peut vraiment entendre, qu'elle n'émeuve le cœur. Davantage elle ne peut émouvoir, qu'elle ne l'attire et élève à soi. Pourtant ce n'est point de merveilles, si cette affection n'entre jamais en un cœur pervers et oblique : vu qu'elle nous ouvre les yeux pour nous donner accès à tous les trésors de Dieu et les saints secrets de son royaume, lesquels ne se doivent point polluer par l'entrée d'un cœur immonde.

... Or partout où sera cette vive foi, il est impossible qu'elle n'emporte toujours avec soi l'espérance de salut éternel, ou plutôt qu'elle ne l'engendre et produise. Car si cette espérance n'est en nous, quelque beau babil et paroles fardées que nous ayons de la foi, il est certain que nous n'en tenons rien. Car si la foi, comme dit a été, est une certaine persuasion de la vérité de Dieu, que icelle vérité ne peut mentir, tromper ni frustrer, quiconque a conçu cette certitude, il attend pareillement que le Seigneur accomplira ses promesses, lesquelles il tient pour véritables : tellement qu'en somme espérance n'est autre chose qu'une attente des biens que la foi a cru être véritablement promis de Dieu. Ainsi la foi croit que Dieu est véritable : espérance attend qu'il révélera en temps sa vérité. La foi croit qu'il est notre Père : espérance attend qu'il se révélera être tel envers nous. La foi croit que la vie éternelle nous est donnée : espérance

attend que nous l'ol^tiendrons une fois. La foi est le fondement sur lequel espérance repose : espérance nourrit et maintient la foi. Car, comme nul ne peut rien attendre de Dieu,sj[pon celui qui a premièrement cri;i à ses promesses, aussi derechef il faut que Timbécillité de notre foi soit entretenue, en attendant et espérant patiemment, afin de ne point défaillir. Parquoi saint Paul parle très bien quand il constitue notre salut en espérapce : laquelle, en attendant Dieu avec s^ence, retient la foi, à ce qu'elle ne trébuche par se trop hâter ; elle la conferme, à ce qu'elle ne vacille point es promesses de Dieu ou en ait quelque doute ; elle la recrée et réconforte, à ce qu'elle ne se lasse point ; elle la conduit jusq^es à son dernier but, à ce qu'elle ne défaille ppint au milieu du chemin, ou même en la première journée. Finalement, en la renpuvelant et restaurant de jour en jour, elle lui donne vigueur assidaelle pour persévérer.

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