‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 30 sur 191 · LE PROCHAIN · texte numérisé non relu

LE PROCHAIN

Quiconque sera l'homme qui se présentera à nous, ayant à faire de notre aide, nous n'aurons point cause de refuser de nous employer pour lui. Si nous disons qu'il soit étranger : le Seigneur lui a imprimé une marque, laquelle nous doit être familière. Si nous alléguons qu'il est contemptible et de nulle valeur : le Seigneur réplique, nous remontrant qu'il l'a honoré, en faisant en lui reluire son image. Si nous disons que nous ne sommes en rien tenus à lui : le Seigneur nous dit qu'il le substitue en son lieu, afin que nous reconnaissions envers icelui les bénéfices qu'il nous a faits. Si nous disons qu'il est indigne, pour lequel nous marchions un pas : l'Image de Dieu, laquelle nous avons à contempler en lui, est bien digne que nous nous exposions pour elle, avec tout ce qui est nôtre. Même quand ce serait un tel homme, qui non seulement n'aurait rien mérité de nous, mais aussi nous aurait fait beaucoup d'injures et outrages : encore ne serait-ce pas cause suffisante pour faire que nous laissions de l'aimer et lui faire plaisir et service. Car si nous disons qu'il n'a pas mérité cela de nous, Dieu nous pourra demander que c'est que lui a mérité. Car, quand il nous commande de remettre aux hommes les offenses qu'ils nous ont faites, il les reçoit

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