‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 77 sur 191 · VOIR ET DIRE LA VÉRITÉ · texte numérisé non relu

VOIR ET DIRE LA VÉRITÉ

Ceci doit être ferme et arrêté en l'esprit de chacun, que Dieu est auteur des gouvernements politiques, les ayant établis afin que par un bon ordre la société humaine soit conservée et entretenue en piété et justice : et que c'est lui qui les maintient en splendeur, force et dignité, jusqu'à tant que les hommes ayant méprisé les lois, et corrompu leurs mœurs, il vient à déployer son ire sur eux, dont s'ensuivent les changements et ruines des Monarchies et Républiques. Ceux-là donc se trompent grandement, qui cuident, sous l'ombre de quelque grandeur et puissance qui aura accompagné un État, ou pour la considération de sa longue durée, que cela le doive rendre comme perpétuel. Car cela ne suffit point, ni ne peut engendrer prescription contre la justice du Tout-Puissant, qui plante les bornes aux États publics, lesquelles ils ne peuvent outrepasser, quand le temps de châtiment est venu : comme les histoires (qui sont la lumière des temps et les registres des choses passées) en portent en assez suffisant témoignage. Même plusieurs dignes personnages, qui vivent encore et qui ont vu cette dernière beauté et splendeur de la France, sous les rois François premier et Henry second, se fâcheront d'être amenés à ce point, de faire mauvais jugement d'icelle à cause de tant de désordres survenus, et de confesser que les fonde-

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