Op. cit., pp
Urne qu'oui, moyennant que les sachions prendre à temps, car en la tourmente où nous sommes, il ne faut pas hausser les épaules, et dire : tout est perdu ; ains vigoureusement s'entr'aider. Mais à quels remèdes aurons-nous recours ? sera-ce aux préceptes des philosophes, ou aux expériences faites au passé, des moyens qui ont servi à redresser ce royaume ébranlé, ou au conseil politique des sages, qui à présent y sont, qui connaissent nos maladies ? car c'est ce que la prudence peut enseigner. Je dirai, sur cette question, qu'on peut tirer profit de tout cela, mais qu'il est nécessaire de commencer par plus haut. Et puisque nous voyons qu'à l'occasion de nos fautes, Dieu a rappelé sa faveur de nous, il convient le rapaiser, afin qu'il nous la renvoie, autrement tous les remèdes humains ne nous sauraient profiter : car où serait le conseil, la force et la sagesse, qui pourrait changer ce qu'il aurait décrété contre nous ?... Combien de fois le peuple judaïque a-t-il senti ses admirables compassions, quand pour ses impiétés et dissolutions ses fléaux frappaient déjà pour eux? Lors eux et leurs rois se retournant à lui, par une vraie repen tance, il avait pitié d'eux, et changeait leur état lamentable en prospérité. Dont il s'ensuit que le souverain et unique moyen d'éviter les maux, qui nous assaillent et menacent, est d'imiter ceux que j'ai nommés. Et c'est encore une grande consolation, quand on sait que son mal n'est incurable, et qu'il y a remède pour le guérir, laquelle se doit redoubler quand on l'aperçoit facile. Icelui est en nous, et gît en connaissance, volonté et exécution, dont un chacun peut être rendu capable par saintes persuasions, et par l'exemple des grands. Et quand on verra le Roi le premier, les Princes, et ceux qui sont élevés, ^tant es charges Jciviles qu'ecclésiastiques, faire
paraître à bon escient, et sans hypocrisie, en général et en particulier, que c'est à Dieu auquel faut avoir tout son recours, et avec cela montrer par les effets une haine du vice et une amour de vertu, embrasser l'union politique et fuir la discorde, indubitablement les inférieurs s'étudieront à faire de même.