Op. cit., pp
proposer choses plus excellentes, pour servir à un si bon effet. Je contribue seulement à cet ouvrage ce que je puis, selon ma petite capacité ; et pour la grand'crainteque j'ai, que nous ne tombions es dangers qui nous menacent : je m'efforce de les montrer de bonne heure, pource qu'il est plus aisé de donner ordre aux maux qu'on a prévus qu'à ceux qui adviennent inopinément...
... Que rien ne se fasse contre les lois et coutumes, spécialement qu'on pourvoie au mal commençant, quelque petit qu'il soit. Que ceux qui sont établis en charge publique se conduisent modestement, tant envers ceux qui n'ont aucun maniement d'affaires qu'envers ceux qui en ont, en ne faisant point d'injure aux uns, et vivant doucement avec les autres. Que ceux qui ont soin du salut de l'État veillent toujours et soient sur leurs gardes, en proposant souvent craintes, pour rendre les citoyens plus prompts et ententifs à faire ce qui convient pour la sûreté publique. Prendre garde qu'il n'advienne contentions et débats entre les grands, et soient prévenus les autres, qui ne sont encore de la mêlée, avant qu'ils y entrent. Qu'il soit pourvu par les lois que personne ne s'agrandisse outre mesure. Que les privés accommodent leur manière de vivre à la forme de l'État, dont ils sont sujets.
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