‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 88 sur 191 · ÉditioH Paul Favre, pp · texte numérisé non relu

ÉditioH Paul Favre, pp

sières, aux plus spirituels celles où l'engin est plus requis que la force, et les autres mêlées de ces deux qualités à ceux qui ont et du savoir et du pouvoir... Il est force que le père de famille s'accoutume à se lever ordinairement de grand matin, à telle heure se faisant voir à ses domestiques : à ce qu'étant exemple de diligence, dès lors chacun se range â sa besogne pour jouir de l'effet de ces maximes, que la matinée avance la journée ^ que le lever matin enrichit, et que le lever tard appauvrit. Pour ce faire se couchera-t-il de bonne heure. Sur <« propos dit le sage ménager :

Si tu te couches tard, tard tu te lèveras : Tard te mettras en œuvre, aussi tard dîneras.

Ne se mêle donc de ménage celui qui ne se résoudra à ce point que de conduire lui-même ses domestiques et manœuvres, comme le capitaine ses soldats, de peur que, cuidant épargner sa peine, il ne tombe en honteuse confusion : car non seulement au ménage telle grande sollicitude et vigilance est requise, mais aussi en toutes actions du monde : n'étant même les rois exempts de s'employer en personne en leurs affaires, qu'ils font d'autant mieux aller queplus curieusement les voient et entendent, ainsi que cette maxime se trouve utilement vérifiée au rétablissement de ce royaume, par la vertueuse conduite de notre roi Henri IV, heureusement régnant. Mais, comme le capitaine a des lieutenants pour le seconder, aussi pour son soulagement notre père de famille se pourvoira de quelque habile homme, homme de bien, de moyen âge, comme de trente à cinquante ans (un plus jeune ou plus vieil ne lui est propre, à l'un défaillant le sens, à l'autre la force), sur lequel il se reposera aucunement,

non enlièrement de toutes ses affaires, desquelles retiendra pour soi la principale administration : mais lui commettra les choses qu'il ne pourrait exécuter lui même sans trop de travail : dont souvent se fera rendre compte et avec lequel conférera tous les jours de ses besognes, afin qu'aucune chose n'en demeure en arrière par faute de prévoyance. Et gardant son autorité sur tous les siens, parlera souvent avec ses mercenaires, plus privément toutefois aux journaliers qu'aux domestiques, louant ceux qui auront bien fait et redarguant les autres.

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