‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 87 sur 191 · Le Théâtre d'Agriculture, éd. Paul Fabre, pp · texte numérisé non relu

Le Théâtre d'Agriculture, éd. Paul Fabre, pp

Par telle correspoadance la paix et la concorde se nourrissant en la maison, vos enfants en seront de tant mieux instruits et vous rendront tant plus humble obéissance que plus vertueusement vous verront vivre ensemble.

Gela même vous fera aussi aimer, honorer, craindre, obéir de vos amis, voisins, sujets, serviteurs. Et par telle marque étant votre maison reconnue pour celle de Dieu, Dieu y habitera, y mettant sa crainte, et la comblant de toutes sortes de bénédictions, vous fera prospérer en ce monde, comme est promis en l'Écriture :

Si à ton souverain tu rends obéissance.

En la ville et aux champs ta auras abondance

D'huiJe, de blé, de vin, de bétail à jamais.

Hésiode, Gaton, Yarron, Columelle et autres anciens auteurs de rustication, quoique païens, ne se peuvent soûler de nous recommander d'implorer l'aide de Dieu en toutes nos affaires, comme article fondamental du ménage. Et puisqu'en notre agriculture nous recherchons leurs enseignements pour notre uti-, lité, à plus forte raison devons-nous faire profit de leurs saintes amonitions, conformes à la piété et religion chrétienne. Par là nous apprendrons de policer notre maison, spécialement d'instruire nos enfants en la crainte de Dieu, nos serviteurs aussi : afin qu'avec la révérence qu'ils nous doivent, chacun fasse sa charge, sans bruit, vivant honnêtement et religieusement, sagement se comportant avec les voisins. Et pareillement d'aimer les pauvres, pour exercer charité envers eux, leur départant de nos biens, selon nos moyens et leurs nécessités, desquelles nous nous en-

querrons surtout en temps de famine et de cherté. Gomme aussi en toute saison des pauvres malades, nécessiteux et désolés, pour leur assister opportunément, de vivres, d'habits, de deniers, de consolations, ayant au cœur

Que Dieu accroît et bénit la maison Qui a pitié du pauvre misérable.

Le père de famille aimera aussi ses sujets, s'il en a, les chérissant comme ses enfants, pour en leur besoin les soulager de ses crédits et faveurs : même en cas de nécessité, du passage des gens de guerre et autres occurrences, les gardant de foules et surcharges, d'exactions indues et semblables violences, que les temps diversement produisent. Leur fera faire bonne justice par ses officiers, du déportement desquels s'enquerra souvent : ne souffrant jamais que sous ombre de justice ni autre occasion, son nom et sa réputation soient aucunement souillés. Sera sévère punisseur des vices, à ce qu'extirpés de sa terre, Dieu y soit seul servi et honoré.

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