‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 9 sur 191 · MARGUERITE DE NAVARRE · texte numérisé non relu

MARGUERITE DE NAVARRE

Marguerite de Valois, ou d'Angoulême, est née à Angoulême le 11 avril 1492, et morte à Odos,en Bigorre, le 21 décembre 1549. Elle a passé sa vie à s'instruire ; elle apprit l'italien, l'espagnol, l'allemand, le latin, l'hébreu ; à quarante ans, elle étudiait le grec. Elle épousa, en 1509, le duc d'Alençon et devint le centre de la cour de sou frère cadet, François I". Pendant la captivité de celui-ci en Espagne, elle se rendit auprès de lui pour le consoler (1525). Devenue veuve, elle se remaria, en 1527, à Henri d'Albret, roi de Navarre. Elle vécut, dès lors, presque constamment à Nérac, y protégeant ouvertement les réformés. Sans rompre officiellement avec le catholicisme ni adhérer de façon expresse aux Églises calvinistes, elle est franchement protestante d'esprit, à condition de ne pas réduire de parti pris tout le protestantisme au système particulier de Calvin, dont les idées essentielles, bien que teintées de platonisme, se retrouvent, d'ailleurs, chez elle. C'est dans son œuvre poétique qu'il faut chercher la révélation de cette âme religieuse : le Miroir de Vdme pécheresse (1531), les Marguerites de la Marguerite des princesses (1547). M. F. Franck a donné, en 1873, une nouvelle édition des Marguerites, et M. Abei Lefranc a publié, en 1896, les Dernières

poésies de la reine de Navarre. On consultera son étude : les Idées religieuses de Marguerite de Navarre d'après son œuvre poétique (1897). Il est impossible de trouver une âme dans laquelle les aspirations de la Réforme s'allient plus profondément à toutes les tendances de la Renaissance française.

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