‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 92 sur 191 · LE JUGEMENT DERNIERS · texte numérisé non relu

LE JUGEMENT DERNIERS

Un jour de comble en fond les rochers crouleront,

Les monts plus sourcilleux de peur se dissoudront,

Le ciel se crèvera, les plus basses campagnes

Boursouflées croîtront en superbes montagnes,

Les fleuves tariront, et si dans quelque étang

Reste encore quelque flot, ce ne sera que sang,

La mer deviendra flamme...,

En son midi plus clair le jour s'épaissira,

Le ciel d'un fer rouillé sa face voilera,

Les étoiles cherront ; le désordre, la nuit,

La frayeur, le trépas, la tempête, le bruit

Entreront en quartier, et Tire vengeresse

Du juge criminel qui jà déjà nous presse

Ne fera de ce tout qu'un bûcher flamboyant.

Gomme il n'en fit jadis qu'un marais ondoyant.

... C'est alors, c'est alors, ô Dieu, que ton fils cher,

Qui semble être affublé d'une fragile chair.

Descendra glorieux des voûtes étoilées.

A ses flancs voleront mille bandes ailées.

Et son cliar triomphal, d'éclairs environné,

Par Amour et Justice en bas sera traîné.

Ceux qu'un marbre orgueilleux presse dessous sa lame,

Ceux que l'onde engloutit, ceux que la rouge flamme

Éparpille par l'air, ceux qui n'ont pour tombeaux

Que les ventres gloutons des loups et des corbeaux.

Éveillés, reprendront, comme par inventaire.

Et leurs chairs et leurs os : orront devant la chaire

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