OBSERVATIONS GÉNÉRALES SDR LES CRANES DE LA MISSION
La Mission a rapporté une très belle collection de pièces anatomiques composée de près de 5oo crânes, de 4 squelettes, dos longs et de bassins dépareillés, plusieurs momies, etc., qui ont été recueillies depuis le nord de l'Argentine jusqu'aux bords du lac Titicaca. La plupart de ces crânes ont été trouvés dans des nécropoles très manifestement antérieures à la découverte de TAmérique. C'est la plus belle collection qui ait jamais été rassemblée dans les régions parcourues par la Mission. Malheureusement il n'a été rapporté ni cerveau, ni cœur, ni poumon. Ces organes eussent présenté un très vif intérêt, les viscères surtout, en raison de la très grande altitude des régions où vivent les populations étudiées.
Il a été pris des précautions particulières pour la récolte et le transport des crânes. Je me permets de les signaler, car elles ont donné d'excellents résultats et sont peu coûteuses.
Broca insiste, avec raison, dans ses Instructions anthropologiques générales, sur les précautions à prendre lors de la récolte des crânes pour que les dents, les maxillaires appartenant à un sujet ne se mélangent pas avec ceux d'autres sujets. Les desiderata du maître ont été réalisés de la manière suivante :
On a fait fabriquer 5oo sacs de toile grossière (o m. 3o Xo m. 5o), mais cependant très résistante; on a placé dans
ANTHROPOLOGIE fiOUTIENflE. — UI.
IMFBIMeRII RâTIOaAll.
chacun deux étiquettes de fort papier parcheminé pourvues de longues ficelles. La ficelle de la première étiquette sert à attacher solidement le maxillaire inférieur à larcade zygomatique et Tétiquette à recevoir les annotations indispensables sur la provenance du crâne. La ficelle de la deuxième étiquette sert à fermer le sac, et l'étiquette à recevoir (en double) les annotations sur la provenance du crâne et donne les renseignements d'une manière apparente afin qu'on ne soit pas obligé d'ouvrir le sac pour savoir ce qu'il contient. De sorte que chaque crâne était accompagné de deux étiquettes du modèle ci-dessous avec mention de quelques observations rédigées en langue espagnole pour être mieux compris des collaborateurs bénévoles boliviens.
De cette façon, rien n'était perdu et les pièces ne risquaient pas de se mélanger. Les crânes, placés dans des sacs où l'air circule facilement à travers les mailles très larges dû tissu, séchaient tranquillement et sans danger; si les dents se détachaient, on les retrouvait, plus tard, au fond du sac.
Lorsque les sacs étaient pleins, on les plaçait dans des caisses de carton ondulé qu'on avait fait fabriquer ad hoc, et qui ont l'avantage d'être à la fois très solides et très légères. Vides, elles sont faciles à transporter en vrac, parce qu'elles se démontent. Elles présentent, en masse, sous un petit volume, en forme de planches de carton, une grande quantité de boîtes. Une fois reconstituées, les boîtes ont une forme régulière (hauteur, o m. 35; largeur, o m. 20; longueur, o m. 26), qui permet leur placement facile, sans perte de place et sans risque d'avaries dans les caisses de bois qui servent à les expédier au siège de la Mission ou au laboratoire d'études.
Les crânes sont parvenus intacts, chacun dans son sac, muni de sa double étiquette d'origine. Il y avait quelquefois deux ou trois sacs dans une boîte de carton, mais cela ne présentait aucun inconvénient, puisqu'il n'y avait aucun danger de mélanger des pièces diflFérentes.
D'autres fois, un seul crâne occupait une boîte et on y
CRANIOLOGIE.
BEGTO.