Les vues de pleine face antérieure et postérieure
5-6. Enfin des vues représentant : l'une, la face supérieure du crâne [norma verticalis des auteurs) , et que je propose d'appeler, par abréviation, vue sincipitale; l'autre, montrant la face inférieure du crâne [norma injerior) , c'est-à-dire la base du crâne, et que je propose d'appeler vue de la base du crâne ou, par abréviation , vue basilaire.
Cela revient, en somme, à projeter le crâne sur les six faces d*un cube. Pour bien comprendre le dispositif qui permet de réaliser avec précision ces six poses, il faut raisonner comme s'il existait dans l'espace six appareils photographiques identiques disposés autour du crâne et orientés suivant les six faces de ce cube théorique.
Les plans de projection choisis sont :
1*" Le plan de symétrie antéro-postérieur pour les vues de profil;
2*" Le plan de la vision horizontale (déterminé au moyen de l'orbitostat de Broca) pour les vues sincipitales et basilaires;
3** Quant aux vues des faces antérieure et postérieure, elles sont naturellement projetées sur un plan vertical perpendiculaire aux deux précédents : on a achevé d'en fixer la position en le faisant passer par le basion.
Rappelons que Broca désigne sous le nom de basion le point médian du bord antérieur du trou occipital, et qu'il le considère comme occupant à peu près le centre de la base du crâne [Mémoire de la Société d'Anthropologie de Paris, t. II, 2*^ série. Paris 1876. — Instructions craniologiques, p. 17).
Ainsi les plans de projection des vues opposées se confondent; il n'y a que trois plans de projection pour les six poses, et les choses se passent comme si les axes des six objectifs théoriques étaient dirigés suivant les intersections de ces plans pris deux à deux. Il en résulte que les axes des vues opposées se trouvent dans le prolongement l'un de l'autre, et qu'ils passent aussi près que possible du centre de figure dans les six poses (fig. 8). Pour préciser, l'axe commun des vues des faces antérieure et postérieure, dirigé à la fois dans le plan de symétrie antéro-postérieur et dans le plan de vision horizontale, passera au milieu de l'interoculaire, point central de la face. L'axe commun des vues de profil, placé à la même hauteur que le précédent, traversera le crâne un peu au-dessus des trous auditifs, et l'axe vertical des vues supérieure et inférieure passera par le basion, centre approximatif de la base du crâne et
de ses projections horizontales. On peut faire remarquer que ces trois axes se rencontrent en un point unique qui semble devoir être très voisin du centre de gravité du crâne.
vr
c/* profil (éHU droit)
, Ax« d« lj^bj»ctif ^oc/r /a vue c/m proA'/ (cMi gauck«)
Fi g. 8. — Plans de projection.
Axes optiques. — Les centres optiques des appareils théoriques sont placés à une distance uniforme des plans de projection ainsi définis. Cette distance a été fixée à deux mètres. Chaque pose est projetée sur un fond régulièrement réticulé (fig. i4), de grandeur et d'emplacement calculés de telle façon qu'il représente sur les épreuves photographiques (supposées amenées à la grandeur nature) le carré de i centimètre carré de côté, comme s'il ex^istait réellement à cette dimension sur
chacun des plans de projection. On obtient ce résultat en écartant les réticules proportionnellement à la distance du fonds au centre optique; par exemple, si le fonds est situé à 2 m. 2 5 de l'objectif, soit à 26 centimètres en arrière du plan de projection, les réticules seront tracés avec un écartement de i*^ x — t
soit 1 cent. 126.
Ces dispositions sont nécessaires et suffisantes pour permettre la détermination métrique complète du crâne directement, d*après les épreuves photographiques. On voit que nous n'avons pas parlé de la longueur focale des objectifs employés. C'est qu'en effet ce procédé de mensuration est indépendant de l'échelle de reproduction photographique [ou tirage de ï objectif)^ qui dès lors peut être modifiée ou altérée selon les besoins de l'étude ou les convenances de la publication, sans que les mesures prises sur les images en soient le moins du monde affectées. C'est grâce à ce réticulage invariablement centimétrique, qui sert à mesurer les épreuves et leur donne pour ainsi dire en même temps Y authenticité métrique, qu'il n'est plus nécessaire de fixer d'une manière absolue l'échelle de la reproduction. Les photographies originales pourront être faites au laboratoire, à l'échelle de i/4, par exemple (voir pi. 26), et les spécimens intéressants pourront ensuite être agrandis à la demi-grandeur (voir fig. 2 2-2 5), trois quarts de grandeur (voir pi. 27 à 33) et même à la grandeur naturelle (voir pi. 36, n** i5). Pour la publication de séries nombreuses (voir les planches 34 à io5) , on pourra de même être amené à réduire les originaux à 1/7 ou même à 1/10 (voir pi. 38, 4o, 45); l'échelle de la reproduction, quelle qu'elle soit, pourra toujours être contrôlée ou même retrouvée en mesurant sur l'image l'écartement des réticules '^l
^'^ Il résulte de ces dispositions que le du crâne). Pour faciliter ce changement
tirage de Tobjectif peut varier à volonté d'échelle, M. Lacour-Berthiot, opticien,
suivant la grandeur d*image que Ton dé- rue Saint- Antoine , 61, à Paris, a établi,
sire obtenir, pourvu que le centre optique sur les indications de M. Bertillon, des
reste à une distance fixe du centre du trousses d'objectifs dites à point de vue
cube théorique (ou de Taxe de rotation constant, ainsi nommées parce que le
CRANIOMETRIE.
Fig. 9.
Vue d ensemble.