‹ Anthropologie bolivienneChapitre 59 sur 199 · I-IMMIIIIL -.Ani · texte numérisé non relu

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face surnage toujours une matière huileuse provenant de l'éballition de l 'eau avec la farine de maïs^K L'Indien, ou l'Indienne, quand on leur offre à boire, ne boivent jamais ni clocha, ni alcool , ni vin sans en répandre quelques (jouîtes à terre. Cela est pour la pachamama, ce qui veut dire : Notre mère commune, la terre!

(l) « Pour faire la chicha , il Paul du mais écrasé; mais un raffinement a fait croire aux amateurs que le maïs mâché en procurai! une infiniment meilleure. Les métis le préfèrent ainsi et les propriétaires de majorats ou d'haciendas ont encore aujourd'hui (i835) le droit d'exiger de leurs Indiens, suivant les conventions, un ou deux quintaux de maïs mâché (maiz mascadu) par année, afin de s'en faire de la chicha. A cet effet , les pauvres indigènes sont obligés, comme je le voyais, d'employer des journées entières à cet exercice, qui est ordinairement le partage des vieillards. Rien de plus singulier que de voir huit à dix personnes prendre constamment une poignée de grains de maïs, la mettre dans leur bouche, la broyer jusqu'à ce qu'elle soit bien écrasée et mélangée avec la salive. Elles l'oient ensuite et la posent à leur côté sur un cuir par petits las de mascadas (mâchées), au fur et à mesure des progrès de l'opération.

Les petits tas secs, on les réunit, à la lin de la séance, dans des sacs, jusqu'à ce que la quantité exigée soit atteinte. Avant appris par moi-même , dans certains moments de disette, combien il est fatigant de triturer ainsi des grains aussi durs, et curieux de voir jusqu'à quel point cet exercice continu pouvait user les dcnls, je priai la personne qui m'avait donné ces renseignements, que je vérifiai pleinement plus tard, d'obtenir, à titre de plaisanterie, que quelques-uns des mâcheurs à la journée voulussent bien me montrer leur bouche.

Les dents de tous étaient usées jusqu'aux gencives et offraient une surlace lisse, sur laquelle on reconnaissait leurs couches constitutives. Je fus aussi surpris de la perte énorme de salive que devait faire éprouver cette mastication forcée, faite pour l'estomac d'autrui. » (Alcide d'Orbigny, Voywje dans l'Amérique méridionale, t. 11, p. 466-7. i835.)

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