C. — - Odorat
Odorat très diminué pour deux raisons : 1° l'altitude qui diminue les facultés olfactives [exemple sur les chiens de chasse); 2" habitude de l'Indien de vivre dans des huttes, où ion brûle la lola et la taquea, sans cheminée pour l'évacuation des fumées. Ces deux combustibles exhalent une très forte odeur. Tola : plante très résineuse. Taquea : fente de llama.
L). — Sens de l'ouïe.
En général, ouie assez fine. Exemple : chant de certains oiseaux entendu par les Indiens et non perçu par des oreilles européennes.
Fiâtes toutes exactement accordées sur la même note. Les Indiens envoient chaque année une dépulation aux cascades de Pilcomayo afin de prendre la tonalité du bruit produit par l'eau.
E. — Sens de la vue.
1. Affections delà vue rares, excepté pour les Indiens très vieux. Les seules affections de la vue chez les Indiens sont la cécité et l'ophtalmie. Nombre d'Indiens sont aveuglés par la variole, qui fait des ravages chez eux, car elle se propage très facilement dans ce milieu de saleté. L'ophtalmie leur vient de la réverbération du soleil sur la blancheur des pampas en temps de neige. J'ai vu des Indiens se noircir au charbon le dessous des yeux en temps de neige afin d'éviter l'ophtalmie, qu'ils appellent surumpi.
L'Indien a une vue extraordinairement perçante; souvent à la chasse les In diens qui accompagnaient Mr. Galland lui montraient un tarucca, un guanaco ou une vigogne à au moins I kilomètre plus loin que l'endroit où il commençait à les voir. Vue 1res perçante favorisée par la très grande transparence de l'air aux grandes altitudes.
2. Quelles sont les couleurs préférées:' La couleur préférée est-elle un symbole, une sorte de totem adoptée par la communauté ou la famille? — H. Les couleurs voyantes, surtout jaune, vert et rouge. [Voiries tissus du pays rapportés par la Mission et exposés au Musée d'ethnographie du Trocadéro.) dépendant la couleur ordinaire des tissus servant à leurs vêtements, soit pour les hommes, soit pour les femmes, est le brun.
3. Supporte-t-on la lumière solaire directe plus ou moins bien (pie nous autres Européens? — R. L'Indien vivant toujours au grand air, à voyager avec ses Hamas, à garder ses troupeaux ou occupé des travaux de la terre, supporte la lumière solaire directe beaucoup plus facilement que nous.
4. ^1 a-t-il des différences sexuelles dans la délicatesse de la vue, dans la sensibilité spéciale pour les couleurs, dans tel ou tel goût particulier pour certaines d'entre elles? — R. L'Indien préfère des couleurs sombres, l'Indienne des couleurs plus vives. Il n'y a pas de différence sexuelle dans la délicatesse de la vue; l'Indienne a le regard aussi perçant tjuc l'Indien. C'est clic qui garde les troupeaux de Hamas femelles, qui ne travaillent jamais, pendant que l'Indien voyage avec les Hamas mâles, ijui servent d'animaux de charge et qui portent jusqu'à 100 livres espagnoles. L'Indienne se place toujours sur une hauteur, d'où elle surveille les environs ; aussitôt qu'un étranger passe, elle l'aperçoit de très loin et se dissimule en profilant du premier obstacle.
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