V. VIE SOCIALE
A. — Famille.
1. La famille est-elle constituée, ou se perd-elle dans la tribu? — R. La famille est bien constituée avec des termes précis pour désigner les oncles, cousins, beaux-frères , etc. Elle ne se perd pas dans la tribu.
2. L'enfant est-il considéré comme appartenant à la tribu ou à sa mère, ou à son père, ou à ses deux parents, ou à son oncle? — R. L'enfant appartient an père et à la mère.
3. La parenté suit-elle la ligne directe ou la ligne collatérale? la ligne masculine ou la ligne féminine ? — R. La ligne directe et masculine.
h. Recueillir soigneusement les mots désignant les degrés de parenté et en préciser le sens. — R. Voir le Vocabulaire quechua.
5. Jusqu'à quel degré la parenté est-elle reconnue en ligne directe et en ligne collatérale? — R. Le degré de parenté un peu éloigné est assez difficile à établir chez les Indiens; l'amitié entre pour beaucoup dans certaines parentés.
6. L'adoption est-elle pratiquée ? Si oui, comment? — R. L'adoption peut se faire.
7. L'béritage se transmet-il à la communauté ou aux parents? Dans ce dernier cas, à quel parent et dans quelle ligne ? — R. L'héritage va au plus proche parent. Beaucoup d'Indiens enterrent leur argent dans des cachettes connues d'eux seuls , et cet argent est souvent perdu pour les héritiers.
B. — ■ Amour. Mariage.
Y a-t-il simple accouplement sexuel ou bien le sentiment de l'amour existe-t-il? Est-il fréquent? Y a-t-il des chants d'amour? — R. L'amour existe avec ses manifestations : cadeaux, visites. Les rapprochements ne sont pas fréquents sur les Hauts - Plateaux ; la grande altitude parait diminuer la virilité. D'après des personnes parlant très bien la langue quechua, il y a des poésies sur l'amour, et elles sont — parait-il — très belles.
2. Le baiser est-il connu? — R. Connu, mais peu employé. Le plus souvent il est usité pour baiser les genoux, les mains ou les pieds de son patron ou d'un étranger qu'il estime. Salut consistant à se toucher l'épaule mutuellement, la main
fermée ou en tenant le chapeau à la main.
3. Le sentiment de la pudeur existe-t-il? — R. Le sentiment de la pudeur existe, et l'Indien ainsi que l'Indienne sont pudiques, à moins d'être en état d'ébriété.
208 QUESTIONNAIRE VNTHROPOLOGIQ1 I.
4. La masturbation et le sodomisme sont-ils pratiqués? Si oui, sont-ils blâmés? — \\. La masturbation et le sodomisme n'existent pas. A signaler l'habitude de l'Indien d'avoir des rapprochements avec les Hamas , au moment où il réunit les troupeaux de mâles et de femelles pour régler la reproduction. Loi du gouvernement obligeant l'Indien à amener sa femme lorsqu'il préside à celte opération.
5. ^ a-t-il un contrai quelconque méritant d'être appelé mariage? Les femmes sont-elles communes? — R. Oui, il y a acte de mariage; celui-ci est inscrit dans le registre </ue tient le curé du village.
6. La communauté intervient- elle pour sanctionner le mariage? — R. La communauté n'intervient pas pour sanctionner le mariage; les parents et les amis accompagnent le marié et la mariée.
7. Quelle est la cérémonie du mariage? — R. Le mariage à l'église.
8. Y a-t-il monogamie, polygamie, polyandrie? — R. Monogamie.
9. Le mariage est-il exogamique, endogamique, ou indifféremment l'un ou l'autre ? — R. Endogamique.
10. Y a-t-il mariage par capture, ou des traces d'un antique mariage par capture se sont-elles conservées dans la cérémonie du mariage:' — R. // n'y a pas de mariage par capture, ni rien qui indique qu'autrefois il en ait été ainsi ; les nouveaux mariés disparaissent pendant deux ou trois jours sans que personne essaye de les suivre. On dit en espagnol : se pierden [ils se perdent).
11. La femme est-elle consultée, lors du mariage? Est-elle achetée à sa tribu ou à ses parents? — R. La femme est consultée lors de son mariage, et peut refuser de se marier si cela ne lui convient pas. Elle n'est acheter ni à sa tribu, ni à ses parents ; elle se marie selon sa volonté.
12. Y a-t-il des fiançailles? Si oui, à quel âge? — R. lly a des fiançailles, <pii durent quelquefois assez longtemps. L'Indien est fidèle et abandonne rarement sa fiancée. Ils se marient en général vers 20 ans.
13. La virginité de la femme est-elle exigée ou estimée? — ■ R. Elle est très appréciée.
14. Le mari a-t-il le droit d'entretenir des concubines dans la maison conjugale ? — R. Non , et l'Indien n'y songe même pas. S'il en avait, il serait la risée des autres.
15. Y a-t-il divorce? Les deux époux ont-ils le droit d'y recourir ou un seul d'entre eux? Qui prononce le divorce? Quels sont les motifs, les conditions et les formalités du divorce? — R. Il n'y a pas de divorce, aucun des époux n'a le droit d'y recourir; ils sont mariés pour la vie.
16. Y a-t-il seulement répudiation de la femme? — R. Jamais l'Indien ne répudierait la femme qu'il a choisie.
17. Que deviennent les veuves? Qui les recueille? Le lévirat est-il en vigueur? — R. Les veuves peuvent se remarier même avec leur beau-frère, en obtenant une dispense; le cas doit être assez rare.