‹ Anthropologie bolivienneChapitre 81 sur 199 · FILAGE ET TISSAGE · texte numérisé non relu

FILAGE ET TISSAGE

bâtons servant à enrouler les /ils de la chaîne; 2" de quatre piquets en bois solidement fichés en terre servant à fixer les bâtons à une faible hauteur du sol et à tendre (a chaîne; 3" de deux lattes de bois placées transversalement sur le métier servant à presser les fils pairs cl impairs. Une fois la navette (lanzadera) passée entre les deux /ils , l'ouvrière serre en arrière le fil qu'a laissé la navette sur ce morceau de bois du milieu et change alors les fils pairs avec les impairs. Celte opération du serrage du fil se fait à l'aide d'une pointe en bois dur, un os poli et pointu , ou encore une pointe de corne de laruca (cerf de la Cordillère) , et l'ouvrière appuie avec force chaque fil sur le précédent. Ce travail est, comme on voit, tout à fait primitif et très fatigant par la raison que l'Indienne tisse toujours couchée sur le ventre on à genoux. Les métiers sont les mêmes pour les tissus unis ou avec dessins. Seulement, pour les tissus à dessins , ily a des fils de différentes couleurs. Mais , étant donné le mode de travailler, on comprend que les dessins représentent toujours des rayures parallèles. Les pièces d'étoffe que tissent les Indiennes sont des rectangles de différentes longueurs, suivant leur destination et aussi suivant l'âge de la personne à laquelle elles doivent appartenir. L'Indienne tisse donc juste la longueur nécessaire au vêtement projeté.

7. Le tissage est-il réservé exclusivement aux femmes? — R. Le tissage et le filage sont généralement pratiqués par des femmes; cependant on voit quelquefois des Indiens s'en occuper. Il faut remarquer que les Indiennes ne savent pas tricoter et quelles n'utilisent jamais le tricot soit en bas, soit en gilet. Les Indiens n'en portent pas , sauf dans les villes , ci ces tricots proviennent des fabriques de La Paz et du Pérou.

8. Les makanas, ponchos, bayeloncs, barragan, etc. (voir page 260) se font-ils dans des manufactures mécaniques ou avec les métiers en usage dans les villages par les Indiens? — R. Dans certaines haciendas, on produit des étoffes de laine du pays qui se tissent de la même façon qu'il a été dit; mais les pièces ont de 25 à 30 mètres de longueur et quelquefois davantage; elles se nomment bayetones, jergas, barragan, etc. , et servent alors pour les vêtements des soldats et des Métis.

9. Les dessins sont-ils imprimés ou lissés? — R. Les dessins ne sont pas imprimés ; ils sont tissés avec des laines de différentes couleurs.

10. Quels sont les dessins les plus employés!' — R. // n'y a pas d'autres ilessins pour les étoffes que les rayures, cependant pour les ceintures on voit des dessins de Hamas, de poules (voir fig. 103), des inscriptions en espagnol, des ornements , etc.

I 1. Comment se fait la teinture : 1° des fils; •!" des étoiles? — R. La teinture des fils ou d'une pièce entière se fait parle même procédé. L'étoffe, dégraissée, puis probablement mordancéc , est plongée directement dans un bain de teinture. Outre les couleurs du pays aihampo, cochenille, etc., les Indiens emploient également les couleurs d'aniline qu'ils se procurent facilement.

22'j QUESTIONNAIRE ANTHROPOLOGIQUE.

12. Quels sont les mordants employés? — R. On ne peut dire aa juste

(jiiels sont les mordants dont se servent les Indiens; mais ce sont probablement des sulfates métalliques qu'ils se procurent facilement dans les exploitations minières et qui se nomment copajira.

13. Quelles sont les couleurs préférées? — Ce sont des couleurs royautés : rouge, jaune , bleu, vert, pour les vêtements de parade, surtout chez les Métis. Les Indiens préfèrent généralement le brun ou la couleur naturelle avec des rayures de couleur; quelquefois leurs vêlements sont bleus.

14. Quels sont les apprêts que Ton fait subir aux tissus? — R. Les tissus ne subissent aucun apprêt et sont portés aussitôt après le tissage ou la teinture.

15. Avec quelle matière se font les vanneries? — R. Les matières employées pour la vannerie sont : la paille, certains joncs et des branches d'arbustes comparables li l'osier.

16. A quel usage emploie-t-on les vanneries? — - R. Les vanneries serrent à fabriquer des paniers et corbeilles de toute espèce employés soit pour les usages domestiques, soit pour être chargés sur les animaux qui transportent les fruits, légumes, poulets, etc., des vallées où vivent les Indiens aux marchés des villes.

17. Sont-elles décorées et comment? — R. Certaines corbeilles sont décorées avec de la paille colorée de différentes couleurs. Ce sont généralement des bandes ou des inscriptions; on voit souvent écrit : Viva mi amor ! «Vive mon amour ! »

18. La décoration, la forme et l'usage des vanneries ressemblent-elles à celles des poteries? — R. Non.

19. Où et par qui sont faites les vanneries? — R. Les vanneries fines sont faites par les Métis qui habitent ordinairement les villes. Les vanneries communes sont faites par les Indiens pour leur usage particulier.

K. — Moyens de transport, routes.

1. Les fardeaux sont-ils portés à dos d'bomme ou de femme ou par des animaux domestiques? — R. Le plus souvent ce sont les llamas qui son/ chargés des transports; cependant les dues, les mulets et de maigres chevaux sont également employés. L'homme et la femme portent sur le dos une partie des vivres et des objets nécessaires au voyage.

2. Y a-t-il des routes tracées? Comment sont-elles construites? — R. // n'y a guère de roules tracées. Comme nous l'avons déjà dit, les routes ordinaires sont le lit des rivières. Le véritable chemin de l'Indien est le sentier laissé par le passage continuel au même endroit. Ces sentiers sont très judicieusement tracés, et existent en très grande quantité ; l'Indien les emploie de préférence aux routes existant actuellement.

3. Comment s'effectue le, passage des ruisseaux, des rivières, des montagnes? Sait-on construire des ponts? — - R. Le passage des ruisseaux et des rivières se fait à gué, à moins d'inondation ; on passe les montagnes en cherchant les cols. Une coutume curieuse des Indiens , et cela probablement afin de nettoyer les chemins, est de ramasser une pierre au bas de la côte et de la transporter au sommet du col ou apatcheta oà ils en font une pyramide; ils y jettent aussi leur chique de coca. Ils font des ponts très sommaires avec des troncs d'arbres et leurs branches tressées, et quelquefois aussi en pierres sèches.

4. Se sert-on de chariots? — R. La charrette est à peu près inconnue des Quéchuas. Les Hauts-Plateaux de la Cordillère étant très accidentés, les chemins n'existent pour ainsi dire pas ; ce sont les vallées profondes qui servent de chemins; on suit toujours le lit des rivières. En temps de pluie, du mois de janvier à fin mars, les chemins sont souvent impraticables et il arrive fréquemment qu'à la suite d'un gros orage on ne puisse traverser une rivière qu'après une attente de vingtquatre ou quarante-huit heures sur l'une des rives.

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