L. — Commerce. Monnaie
1 . ,ï a-t-il des échanges commerciaux et quels en sont les ohjets ? — R. Relativement aux objets dont il est fait un certain commerce, à citer les blocs de sel gemme apportés à dos de Huma depuis les pampas de Uyuni, et servant à l'alimentation des Indiens habitant l'intérieur oà ce produit n'existe pas. Transport de callapos pour les boisaqes des galeries de mine [bois très dur, de forme tortueuse et d'assez petit diamètre , que l'on place sur les cadres de boisage des galeries). Commerce de l'alfa-alfa , que l'Indien arrive à cultiver même à de très grandes bailleurs ; de la cebada ou orqc, vendue dans des chipas [réseaux de cuir mince formant une espèce de filet où se trouve emprisonnée l'orge). Vente dans les centres miniers et dans les villes d'une certaine importance, où l'Indien est sur de trouver l'écoulement de ses produits, de toute denrée d'alimentation : fruits, légumes, œufs, poules, produits des vallées de l'Est, oà le climat permet la culture sur une plus vaste échelle.
2. Ces échanges se font-ils en nature? — R. Entre Indiens l'échange en nature est assez fréquent, surtout pour les denrées d'alimentation ou de première nécessité.
3. Y a-t-il une monnaie métallique avec ou sans effigie, ou des ohjets servant de monnaie? — R. La monnaie du pays esta l't'JJigie de la République. A constater la répugnance marquée pour accepter la monnaie-papier; certains n'en veulent à aucun prix. L'Indien, ayant en très souvent à souffrir de la dépréciation de certains billets de banque, s'en méfie et préfère l'argent; mais , quand il cannait bien un billet courant, il l'accepte volontiers.
4. Le commerce se l'ait-il seulement entre gens de même tribu ou entre
ANTHROPOLOGIE BOLIVIENNE. I. l5
tribus diverses? — R. Le commerce se fait entre les Indiens, les Cholos et 1rs étrangers. Il parle sur Ions les articles de première nécessité et même sur ceux de luxe. Se reporter à ce nui est dit plus haut.
5. Y a-t-il des lieux affectés aux échanges et aux marchés? — K. Il y a des lieux spécialement affectés aux marchés et aux échanges. Les deux grandes foires de Quillacas et de Iluari en sont deux exemples, celle de Huari non seulement pour les pelleteries, mais surtout pour le commerce des animaux de charge et du bétail. C'est principalement à la foire de Huari (/ne la Bolivie remplace ses animaux de selle, de charge et de trait, ainsi que les animaux de labour. Il n'est pas rare de voir à cette foire de 2,000 à 3,000 mules et de ù,000 à 5,000 têtes de bétail , sans compter les êines, chevaux, etc. Tous ces animaux viennent de la République Argentine. Une des curiosités de cette foire est de voir les gauchos, garçons argentins, lancer le lazo et les boladeras, pour prendre ces animaux à demi sauvages.
6. Qui s'occupe du commerce? Les hommes ou les femmes? — R. C'est généralement l'homme qui s'occupe du commerce; cependant, chez les Cholos, c'est souvent la femme, surtout pour les pulperias (épiceries).
7. Y a-t-il des mesures? — R. Vente par unités , par poignées , au poids [quintal indien = quintal espagnol-^- 10 livres). Le quintal espagnol vaut U6 kilogrammes.
8. Quelle eu est la base? — R. C'est la balance romaine qui est généralement employée pour les transactions. A signaler l'emploi de pierres dont la tare est déterminée, en remplacement de poids.
9. Y a-t-il loyauté ou mauvaise foi dans les transactions commerciales ? — R. Les ventes et échanges se font avec bonne foi, en général.
10. Y a-t-il des industries commerciales importées ou non, et quelles sont-elles ? — R. Cette question a été traitée dans des paragraphes antérieurs ainsi qu'au chapitre Démographie , p. 259. On peut ajouter cependant l'industrie du platero ou argentier (orfèvre); ce métier donne beaucoup de considération à celui qui l'exerce. C'est, à vrai dire, la seule manifestation artistique des Indiens avec les dessins des étoffes et les travaux de laine de llama tressée (cordes , frondes , chuspas, etc.).