PREMIER DENOMBREMENT OFFICIEL DE LA POPULATION EN BOLIVIE
Pour la première fois depuis que la République de Bolivie existe, il a été procédé le ior septembre 1900 à un dénombrement officiel de la population.
Jusqu'ici nous ne possédions que des évaluations plus ou moins autorisées, dont la dernière en date remontait à 1861. Toutefois des recensements de la population avaient été Jaits dans quelques villes, à La Paz notamment, en mai 1897.
La Commission nationale chargée de l'organisation du dénombrement de 1900 a été dirigée par M. Manuel V. Ballivian, auquel la science géographique est redevable des quelques données que nous possédons sur ce pays, qui occupe à lui tout seul à peu près la dixième partie de l'Amérique du Sud et qui est environ trois fois et demie plus grand que la France.
M. Ballivian a fait tout ce qu'il était possible de réaliser dans un pays où l'administration présente des lacunes aussi considérables.
Le dénombrement porta, bien entendu, sur la population de fait, et il y fut procédé à l'aide de registres présentant les colonnes suivantes qui ont été recopiées ensuite sur des feuillets individuels, puis dépouillées :
Nom et prénoms.
Sexe.
Race [blanche, mélisse, nègre).
indienne,
Âge.
Nationalité.
Religion.
Résidence.
Etat civil.
Profession.
Infirmités apparentes.
Observations.
Instruction
'sait lire,
sait écrire).
La population nominalement recensée dans les huit déparlements de la République et le territoire national de colonisation s'éleva au chiffre de 1,555,8 18 habitants.
Mais ce chiffre n'a pas paru suffisant à la Commission , cl elle l'a majoré des trois évaluations partielles suivantes :
i° 5 |). i no pour les omissions faites, soit 77w!)''
■)." Population non recensée pour différentes causes. . 91,661 3° Indigènes non soumis, évalués à 91,000
TOTAI 2(3o,/|.")3
Grâce à ce procédé , la population s'est élevée à 1 ,8 1 6,2 7 1 habitants, qui est le chiffre officiel déclaré seul authentique par le décret du 5 décembre 1902 du Président delà République.
En réalité, il faut reconnaître qu'en général le dénombrement n'a pu être effectué qu'avec une exactitude très relative. Il semblerait donc qu'il ne faut tenir aucun compte de ce dénombrement, étant données les conditions d'inexactitude si flagrantes avouées par l'administration elle-même. Je crois que, tel qu'il est, il contient cependant des informations qui vaudront tout de même mieux que l'absence complète de documents.
Nous allons donc parcourir les différentes rubriques des questionnaires et en tirer des chiffres et quelques conclusions.
Mais auparavant, peut-être ne serait- il pas inutile de rappeler en deux mots la situation géographique et l'aspect physique de la Bolivie, afin de faciliter plus tard l'explication de la répartition de la population
La Bolivie (1) a la forme d'un parallélogramme situé entre le 6o° et le 75e degré de longitude occidentale du méridien de Paris. Sa latitude s'étend dans la partie orientale entre 10" 20' et 26°54', et, pour la partie occidentale, entre 7°6'et 25° 39'.
"J La Bolivie s'appelait autrefois Char- Ce qu'il y a de certain, c'est que ni dans
cas. La dénomination de «Haut-Pérou» est les lois espagnoles, ni chez les historiens,
tout à t'ait impropre. Le Haut Pérou est on n'a donné à ce qui est aujourd'hui la
constitué par les montagnes qui s'étendent Bolivie un autre nom que celui de Charcas.
depuis Copiapo jusqu'à Quito et corres- La ville de Charcas, qui était autrefois la
pondent en partie au Pérou et à la Bolivie. capitale du pays, n'est aujourd'hui qu'une
liumholdt, ne voulant pas donner à la Bo- misérable bourgade faisant partie de la
livie actuelle le nom de «Haut-Pérou», la paroisse de Chayanta. désignait sous le nom de Pérou intérieur.
Les Andes occidentales forment la limite de l'Ouest. La ligne Madera-Yavari constitue la limite septentrionale. La rivière Itenez, qui coule vers le Nord pour se jeter dans l'Amazone, d'autre part la rivière Paraguay, qui coule vers le Sud pour se jeter dans la Plata, forment les limites de l'Est. La rivière Pilcomayo constitue la limite méridionale.
A l'intérieur de ce vaste parallélogramme, nous trouvons trois régions principales très différentes^ :
i° La région des Hauts-Plateaux, située entre la Cordillère de la côte et la Cordillère royale, est vaste, aride; c'est la région minière par excellence. Elle présente d'immenses plaines couvertes de dépôts salins et coupées de loin en loin de petites collines minéralisées. Le froid y est généralement intense, car les plus faibles altitudes sont de 2,5oo mètres.
2° La région centrale, comprise entre les Hauts-Plateaux et les derniers contreforts de la Cordillère royale à l'Ouest et au Nord, présente une terre fertile où la nature montre toutes les splendeurs des tropiques. Le climat y est tempéré ou tropical, suivant l'altitude, qui ne dépasse jamais 1,600 mètres.
3" La région orientale commence aux dernières ramifications de la Cordillère royale. Elle est constituée par des plaines fertiles, bien cultivées, coupées de forêts vierges. Le climat est agréable et le froid inconnu, car la plus grande altitude ne dépasse pas 8oo mètres. C'est la merveilleuse région des Yungas.
1 Dans un lies intéressant tracé gra- est à Ascotan , à une altitude de 3,g55 mè-
phique publié par M. Courty, pour montrer très, et qu'on atteint ce point après un
sur le profil général de la ligne du chemin parcours de 3(Jo kilomètres seulement;
de fer d'Antofagasla à Oruro [Explorations ce qui donne une pente moyenne de
géologiques dans l'Amérique du Sud, Paris, i.i p. îoo environ.
Impr. nat. , 1907, p. 26) les différents C'est à partir d'Ascolan que commence
terrains traversés, on voit (pie le point le Haut- Plateau qui se maintient à une
culminant du versant de l'océan Pacifique altitude de 3,8oo à 3, 600 mètres environ.
DENOMBUEMENT OFFICIEL.