Anthropologie du Mexique
La hauteur du vertèx au-dessus du plan des trous auditifs est de 1 7 centimètres ; eüe est de 96 ceutimètres au-dessus de l’articulation de l’épaule'.
Le diamètre antéro-postérieur de la tète égalant 188 millimètres et le transverse s’élevant à 161, l’indice- céphalique atteint 85 . 6 q ; le biauriculaire, le bizygomatique, le frontal minimum, le biangulaire de la mâchoire ou bigonial mesurent respectivement lây, 1 59, 118 et 116 millimètres; mais la circonférence horizontale ne dépasse point 5 Al millimètres.
Les projections postérieure auriculaire, crânienne totale et cranio-faciale sont de 86, 178 et iq 6 millimètres; la longueur de la ligne faciale est de 77 millimètres: enfin l’angle facial a seulement 74 degrés.
Le nez est long de 58 millimètres, large de 48 ; l’indice nasal s’élève par conséquent à 89.75. La distance interorbitaire est de 4 i millimètres et la bouche mesure 63 millimètres d’ouverture horizontale.
Le diamètre des épaules égale 89 centimètres et leur circonférence 1 mètre 017 ; la distance des seins est de 901 millimètres; la circonférence prise à la hauteur de ces mêmes organes atteint 878 millimètres. La ceinture offre une circonférence minimum de 769 millimètres, tandis que le contour des hanches s’élève à 849 millimètres. Le diamètre des hanches est d’ailleurs de 990 millimètres; celui du bassin ne dépasse point 9 55 millimètres^.
Porlrails de la basse Mixtèque. — La population de la basse Mixtèque est moins accentuée dans sa morphologie que celle de la haute Mixtèque. Elle conserve néanmoins, mais atténuées, les caractéristiques que nous vouons de signaler très brièvement.
M. le capitaine Maler, dans le cours de son voyage de 1874 d’Acapulco à Tebuantepec^, a photographié dix femmes de Pinotepa, de Xamiltepec et de Tututepec, dont les traits l’avaient particulièrement frappé. Nous avons ces portraits sous les yeux'*, et si trois des figures qu’ils représentent se distinguent par leur nez presque droit, des pommettes à peine accusées, des lèvres relativement minces, etc., les sept autres ont en commun le front un peu bas, le nez concave de profil, court et relevé du bout, les narines dilatées, l’œil noir, un peu enfoncé, légèrement bridé du bas, mais toujours horizontal, les pommettes apparentes, l’intervalle naso-labial relativement élevé, les
' A la page precddeute , ligne /i, au lieu de centièmes, lisez centimètres.
' La longueur du membre supérieur donnée jrlus haut se décompose ainsi : bras, 270 millimètres; avant-bras, 935; main, lyi. M. Gharnay n’a pu prendre aucune mesure exacte du membre inférieur, pour les divers segments duquel ses feuilles d’observation sont restées blanches.
ZOOLOGIE DO MEXIQUE. — l" PAKTIE.
^ T. Maler, Notes sur la basse Mixtèque {Revue d’ethnographie, t. Il, p. i 5 /i-i 6 i et fig. 81 et 8a, mars-avril i883).
‘ Le laboratoire d'anthropologie du Muséum doit à la libéralité de M. le capitaine Maler une collection complète des magnifiques épreuves photographiques qu’il a obtenues pendant ce voyage.
IMPRIMERIE XATIOALK.
lèvres e'paisses, le menton triangulaire et les angles mandibulaires dessinant sous la peau de vigoureuses saillies.
Toutes ces femmes portent de longs cheveux noirs abondants, plus souples que ne les ont habituellement les Américaines, et capables, dans quelques cas, de se plier aux exigences des modes européennes, qui ont péne'tré jusqu’en basse Mixtèque, Leur teint a la couleur du cuivre enfumé. Le cou est court, la poitrine se dilate largement, les seins sont peu développés, ovales en travers, l’aréole en est fortement pigmentée et le mamelon saillant; enfin les bras sont maigres et un peu longs, et les mains, osseuses, sont assez finement attachées.
Mesures prises sur un sujet de la basse Mixtèque. — Un soldat des environs d’Atoyac, un peu au nord de la route suivie par M. Maler, a été mesuré par M. D. Cliarnay. Sa taille est un peu plus haute (i mètre SqS) que celle des quatre soldats de la haute Mixtèque étudiés par notre voyageur. Il mesure assis 8 i 3 millimètres; la tête et le tronc pris ensemble égalent donc un peu moins des 5 i centièmes de la hauteur totale. Les membres supérieurs ont 7 1 5 millimètres, c’est-à-dire les hh centièmes de la taille; mais la grande envergure ne dépasse plus la taille que de 5 cenlièmes environ. La hauteur du vertex est toujours de 17 centimètres au-dessus des trous auditifs; elle surpasse de 98 les articulations des épaules. Les diamètres céphaliques sont de 19b et 160 millimètres, et l’indice s’abaisse à 89. o 5 . Le bizygomatique reste à 159 millimètres; le biauriculaire, le frontal minimum, le bigonial s’élèvent à i 5 o, 190 et i 3 o millimètres, et la cli’conférence horizontale de la tête atteint 545 millimètres.
Les projections postérieure auriculaire et crânienne totale montent à 90 et 187 millimètres, mais la longueur de la ligne faciale descend à 70 millimètres, et l’angle facial, gagnant 4 degrés, s’élève 578.
Le nez a 6 centimètres de haut, 5 de large, et l’indice est de 83 . 33 ; la distance interorbitaire est de 49 millimètres et la largeur de la bouche de 60,
Le diamètre des épaules atteint I12 centimètres, et leur circonférence 1 mètre o 4 . Toutes les autres circonférences, tous les autres diamètres du tronc sont sensiblement inférieurs aux mêmes dimensions prises sur les Mixtèques du haut pays; mais les divers segments du membre supérieur sont tous un peu plus allongés, et la circonférence du bras, qui était de 9 5 centimètres et demi chez les quatre hauts Mixtèques, atteint chez le bas Mixtèque un centimètre de plus L
' Les Mijes ou Mixis, voisins des Mixtèques de l'Oaxaca, et presque leurs homonymes, a|)pnrlieniieii(-ils au même groupe ellmique que ceux-ci? Cette question, plusieurs fois posée, n'a point encore été résolue.
Au temps de la découverte de l’Amérique, ces Mijes, chassés autrefois du Tehuantepec par les Wahis, refoulés
depuis par les rois Zapotèques dans les parties les plus inaccessibles de la Sierra d’Oaxaca, vivaient au milieu des forêts de Cempoaltepec dans un étal demi-sauvage. Leur langue, leurs croyances, leurs usages, leurs mœurs, témoignaient d’une aiiliquc origine, que leurs caractères physiques ne démentent d’ailleurs en aucune laçon.
Porfraits (hiZàpotèques. — Nous ne possédons aucune mensuration prise sur un Zapotèque, nous ne connaissons aucun crâne exhumé de tombeaux appartenant incontestablement au peuple de ce nom b que les linguistes ont depuis longtemps juxtaposé att peuple mixtèque. Nous avons pu seulement étudier plusieurs belles photographies prises par iM. Maler à Tebuantepec, et l’examen de ces épreuves nous a surtout montré que la population de cette ville est, suivant l’expression de Brasseur de Bourbourg, mine des plus mélangées qu’il y ait au Mexique^:?. Les métis et les créoles y ont été longtemps en nombre considérable^, et le sang espagnol prédomine d'une manière très nette chez quelques-uns des sujets des deux sexes photographiés par M. Maler. Ceux dont le type indien est le moins altéré se rapprochent plus ou moins des Mixtèques, auxquels ils sont, du reste, très supérieurs par les formes et par les proportions 'b
Les Chochos, les Y opes, les Popolocos, etc. — Les Chochos, Cbuchones ou Choebontis, qui peuplent encore douze puehlos du département de Iluajuapan, dans l’Etat d’Oaxaca; les Yopes ou Yoplmes de Yopilzinco, aussi nommés Tlapanèques; les Popolocos, Popolocas ou Popoloques'^ du sud de l’Etat de Piiebla; les Cuicatèques, les Tecos, les Amiicbos etc., appartiennent au même groupe ethnique que les Mixtèques
‘ Berlhold a publié, il est vrai , un crâne de jeune sujet, exhumé d’une tombe à Mitla (A. Berlhold, Ueber einen Sckàdel ans den Grubern der allen Palâsle von Milia [Nov. Act. Acad. Cars, l.eop. Carol. Nul. Cur., t. XIX, p. a, i8âa]); mais ce crâne est artificiellement déformé et nous paraît devoir être classé dans un autre groupe. Milia , ou Mictlan, était d’ailleurs un centre funéraire privilégié, et il peut se rencontrer dans les nécropoles de cette grande cité disparue toute espèce de morts.
^ Brasseur de Boni-bourg, Voyage dans l’isthme de Tehuantepec , dans l’Elal de Chiapas el la République de Guatémala, exécuté dans les années i 85 y et 1860, Paris, 186a , in-8‘', p. liy.
* Ibid., p. i 48 . — C’est incontestablement à l’influence de celte population créole qu’il faut attribuer les cheveux de couleur pâle, la peau claire, la figure ovale, etc., que quelques voyageurs assignent aux Tehuantepèques. (Cf. Bancroft, op. cit., 1 . 1 , p. 646 .)
Une des épreuves de M. Maler associe, par exemple, à une métisse en costume de bal , qu’on prendrait volontiers pour une Castillane, une jeune Indienne pur sang, vêtue de même, mais bien dilTérente de sa jolie voisine. Elle a le front étroit, les yeux bridés, quoique horizontaux, le nez concave dans sa partie osseuse et relevé à son extrémité, les lèvres pleines el saillantes, les mâchoires robustes, etc. D’autres photographies de la même collection
montrent juxtaposées une bourgeoise de Tehuantepec et sa servante; celte dernière, qu’on distinguerait difficilement des Mixtèques dont il était question plus haut, contraste vivement avec la première, qui ofli-e presque un type européen. Les autres femmes du peuple que nous montre M. Maler ont les traits plus on moins accentués des deux Indiennes dont nous venons de parler. Deux jeunes garçons , dont l’un a d'ailleurs des formes un peu grêles mais fort élégantes, se font remarquer par des traits tout semblables.
“ Ou trouve d’autres Popolocos à Gongnaco et à Yayan- Icque, en Guatémala. Les indigènes de ces deux localités ne sont point d’ailleurs les seuls Guatémaltèques qui se rapprochent des Chochos. M. Alph. Pinart a déposé dans les collections du Muséum une série de photographies faites au Guatémala, dont plusieurs sont très rernai-quables au point de vue auquel nous nous plaçons en ce moment. Mous citerons spécialement le portrait d’une femme de Xocotenango, celui d’un homme de Momostenango , plusieurs photographies d’indiens de San-Juan, enfin diverses reproductions d’indiens de los Altos et de San-Pedro-Ampucal. Ces deux derniers villages sont d’ailleurs habités par des individus de deux types, dont Tun appartiendrait, à notre avis, au groupe ethnique dont nous achevons l’élude.
“ Cf. Orozeo y Berra, Geogràjia, p. 26-29 el
et les Zapotèques. Nous ne savons malheureusement presque rien de leur anthropologie '.
Mesures prises sur un Cliocko. — M. Charnay a toutefois mesure' un Chocho, natif de Huajuapan et soldat à Mexico. Les chiffres obtenus sur ce sujet figurent à la troisième colonne du tableau de la page ho. On voit qu’il est plus petit que les Mixtèques, que son tronc est proportionnellement un peu plus court, que son envergure est relativement un peu plus grande (^), et que sa tête et son cou sont un peu moins développés en hauteur.
Le diamètre antéro-postérieur du crâne égalant 190 millimètres et le transverse s’élevant à i 5 o millimètres, l’indice céphalique devient 78.90. Le biauriculaire, le bizygoraatique, le frontal minimum, le bigonial, mesurent respectivement i45, i5o, lab et i 9 0 millimètres, et la circonférence horizontale de la tête s’élève à 5â5 millimètres.
Les projections postérieure auriculaire, crânienne totale et cranio-faciale sont de 88, 179, 196 millimètres; la longueur de la ligne faciale mesure 70 millimètres; 1 angle facial ne dépasse point 78 degrés. Le nez atteint 65 millimètres de longueur et 5 o de largeur; 1 indice qui se lire de la comparaison de ces deux dimensions est donc de 76.99. La distance interorbitaire s’élève à â 5 millimètres et la bouche atteint 65 millimètres d’ouverture horizontale.
Le diamètre des épaules du Chocho est de Bph millimètres et leur circonférence de 1 mètre 09 0; la distance des seins est de 9 00 millimètres, la circonférence correspondante en a 8âo ■. La taille offre une circonférence minimum de 700 millimètres, tandis que le contour des hanches se chiffre par 85 o millimètres; le diamètre des hanches est, du reste, de 995 millimètres et celui du bassin, de 9 35
' Les seuls renseignemenls posilifs l'ecueillis jusqu'à présent consistent, en edét, dans la constatation faite par M. Ciharnay de l’existence, sur quelques points de l’Etat de Piiebla, d’individus rrà la peau foncée, aux cheveux gros, raides et noirs, h la télé globuleuse, au nez court et plat, à la face large, aux mâchoires massives et quelque peu saillantes», très différents par conséquent des Mexicains qui peuplent aujourd'hui le reste de la contrée. (Désiré (lharnay. Communication manuscrite.) M. Charnay a été fort longtemps embarrassé pour s’expliquer ce phénomène. Habitué à imputer exclusivement aux agents atmosphériques les colorations de la peau, il s’étonnait fort, me dit-il, de trouver sur les hauteurs des individus beaucoup plus foncés que ceux qui habitent les Terres chaudes. 11 s est expliqué la chose en pénétrant plus tard chez les Otoinites. Le crâne d’Indien de Puehia que représente notre planche VII (n"' i à .S) doit donner une assez bonne idee du type de la race, tel qu’on le renconti’c le plus
souvent, c'est-à-dire modifié par les croisements, qui ont été nombreux dans ces parages. Voici les principales mesures de celte pièce : Gap. cran., 1,875 centimètres cubes; cire, horiz., â8a millimètres; d.-a. p. , i 65 millimètres; d. tr. max., i 38 millimètres; d. bas. bregm. , iSa millimètres; ind. cépb., 8 . 3 . 6.8, 80.60, qS.tio; front, max., 107 millimètres; min., 88 millimètres; biorb. ext., 10a millimètres; bizyg. , 1.3.3 millimètres; haut, face, 91 millimètres; ind. facial, 68.43; nez : long., 5 o millimètres; larg. 37 millimètres; ind. nasal, 54 . 00 ; orbite ; haut., 36 millimètres; larg., 38 millimètres; indice orbitaire, 94.78.
” La longueur du membre supérieur se décompose, ainsi qu’on peut le voir au tableau, en bras, a6 centimètres; avant-bras, a 4 centimètres; main. 17 centimètres. Nous ne savons rien du membre inférieur, omis sur la feuille d’observation.
’ Dans les mêmes montagnes qu’babilent les Ghochos
Sommaire. — Les Mèques en général , les Pâmes et les Téuls. — Crânes de Pâmes.
description des ossements qui y ont été rencontrés.
Nécropole antique de Téii) ,
Les Mèques. — Le groupe mèqtie prolonge vers le nord les groupes otomite et chocho, auxquels il est apparenté de près. Il se compose actuellement d’un certain nombre de tribus disséminées dans cinq Etats et dont la distribution géographique, fort analogue à celle des tribus chocbos, semble bien indiquer que, comme ces dernières, elles ont formé, à une époque reculée, tout un ensemble ethnique, dont les éléments ont été dissociés par les invasions de la période historique.
Les linguistes ont compris, nous l’avons déjà dit', sous le nom de Mèques, les Pisones, les lanarnbres, les Pâmes, les Téuls, les Coras et les Tepecanes. Les Pisones et les lanarnbres, qui habitent le Tarnaulipas entre Victoria et Santa-Barbara, sont entièrement inconnus au point de vue de leurs caractères ethniques; il en est malheureusement de même des Goras et des Tepecanes de Guadalajara, Colotlan, etc. Mais Antomarchi et Parrott ont recueilli pour la collection Morton^ deux crânes supposés pâmes, sur lesquels M. Teii Kate a bien voulu nous fournir des indications précises; et les fouilles de M. Franco dans la nécropole de Téul ont procuré au Muséum de Paris une nombreuse collection d’ossements que nous allons rapidement examiner.
Crânes de Pâmes. — Disons quelques mots d’abord des crânes de la collection Morton attribués au groupe pâme par Antomarchi et Parrott : ces crânes, qui proviennent du hameau de San-Lorenzo, non loin de la capitale, sont l’un et l’autre féminins^, et, malheureusement, assez indifférents tous deux au point de vue des caractères ethniques.
Les mensurations nous les montrent en effet mésaticépbales, mais voisins de la sousbrachycéphalie. Ils sont plus larges que hauts, étroits du front, dilatés des pommettes, avec un nez et des orbites de proportions très ordinaires.
vivent les débris de quelques autres peuples, tels que le.s Chinantèques, les Mozalèques, les Cliatinos, les Papabucos, les Soltccos, dont la place n’est point encore fixée dans la classification. (Cf. Orozeo y Berra, Geogrâjia, p. 6o et 196.)
' Voir plus haut, p. Sa, n. 1.
^ Morton, Crania amerieana, p. i 54 etpl. XVII A. — Cf. Aitken Meigs, Cat. cit., p. 89.
^ Principales mesures des deux crânes de femmes pâmes
de la collection Morton (11°’ 681 et i 3 t 3 ) : Cire, horiz., 489 millimètres; d.-a. p., lyâ millimètres; d. tr. max., i 38 millimètres; d. bas bregm., i 33 millimètres; ind. céph., 79.3t, 76.^3, 95.37; front, max., 109 millimètres ; min. , 89 millimètres; biorb. ext., gâ millimètres; bizygoni., 1 36 millimètres; haut, face, 90 millimètres ; ind. lac., 66.17; = long-. 5 o millimètres; larg.,
25 millimètres; ind. nas., 5 o.oo ; orbit. haut., 82 millimètres; larg., 38 millimètres; ind. orbit., 84 . 2 1.
CRÂNES DES SÉPULTURES ANCIENNES DE TÉUL ET DE LA CASA GRANDE DU RIO GILA.
Nécropole antique de Téul. — Les crânes de Te'ul sont bien autrement accentués, ceux surtout qui, recueillis dans les profondeurs du cimetière indien fouillé par M. Franco S appartiennent à une période relativement archaïque.
La couche qui renfermait ces pièces est fort semblable à celle qui composait le niveau inférieur de Tlaltelolco et les ossements y ont pris, comme dans ce gisement, une coloration d’un gris violacé. Leur description serre d’ailleurs de très près celle des pièces similaires de Santiago dont on a lu plus haut le détail^.
Crânes et faces. — Trois têtes incomplètes, deux d’hommes et une de femme, un certain nombre de débris de crânes et de faces, des os des membres supérieurs et inférieurs, provenant aussi de sujets des deux sexes, composent la collection envoyée par M. Franco à la Commission du Mexique.
L’état de ces pièces ne permet point toujours d’y prendre des mesures bien rigoureuses. Le tableau qui suit coordonne les résultats obtenus sur les trois têtes :
Les voûtes en sont tout à la fois larges et courtes ; le diamètre antéro-postérieur atteint 169 millimètres seulement chez l’un des hommes (n" 6446 de la collection du Muséum) et 1 58 millimètres chez la femme (iC 6445); les diamètres transverses correspondants s’élèvent de part et d’autre à i46 millimètres ou environ^; les indices atteignent par suite 88.48 et 92 . 40 .
La circonférence horizontale est fort médiocre, inférieure en moyenne de 27 millimètres à celle des crânes de Tlaltelolco inférieur. Cette réduction semble surtout produite par le rétrécissement de l’occipital, les dimensions trfinsversales du frontal se maintenant à peu près égales, d’une série à l’autre. Si l’occipital se rétrécit, en revanche il s’allonge quelque peu, et la courbe antéro-postérieure gagne i4 millimètres sur nos deux sujets mâles comparés à celui de la couche profonde de Tlaltelolco.
Les mesures des faces n’offrent rien de bien remarquable. Nous complétons cidessous \ à l’aide des débris ramassés par M. Franco, les indications que fournit à
‘ Guilleinin-Tai'ayre, Rapp. cil., p.
“ Nous n’avons aucun renseignement sur l’attitude des corps et nous ne connaissons point les objets qui tes accompagnaient. Il y avait à ïéd deux couches de sépultures appartenant à des temps différents, et M. Franco n’a point distingué les objets qui se rapportaient à l’une ou à l’autre de ces couebes. M. Guillemin-Tarayre veut bien nous apprendre qu’il s’est rencontré dans la fouille trdes débris de vases appartenant h plusieurs époques n ; il ligure en outre ttune hache en pierre lydienne polie, qui ne peut pas, dit-il, être l’œuvres de la population trà demi barbare 51 de Téul, et qu’il se montre disposé a attribuer au "passage des migrations mexicaines n (p. 898 et 894). Nous
ferons voir plus loin que le type de la couche supérieure se confond, en effet, avec celui des véritables Aztèques.
’ Ces deux cbiffi-es ne peuvent être donnés qu’avec une certaine réserve , les voûtes crâniennes ayant été en partie mutilées.
'' Mesures moyennes prises sur quatre faces incomplètes de la couche profonde de Téul : Biorb. ext., 108 millimètres; interorbit., aS millimètres; bimaxill. miniin., 65 millimètres; orbites: larg. , 89 millimètres; haut., 86 millimètres; ind. orbit., 9^.80; larg. des os nasaux: Slip., i 4 millimètres; min., 10 millimètres; inf., 19 millimètres; larg. max. de l’ouverture, 26 millimètres ; long, totale du nez, ây millimètres; ind. nasal, 55 . 3 i; haut.
cet égard le tableau joint à ce paragraphe. On trouvera également en note, au bas de cette page les mesures des maxillaires inférieurs.
Il résulte de l’examen des chiffres obtenus sur ces diverses pièces que les traits qui nous ont frappé sur les pièces de Tlaltelolco se reproduisent à Téul, mais avec moins d’exagération^.
Colonne vertébrale et cage thoracique. — La colonne vertébrale et la cage thoracique ne sont représentées que par un petit nombre de vertèbres et quelques débris de côtes. Une troisième cervicale se fait remarquer par son apophyse épineuse, qui ne présente presque point de bifidité; une cinquième cervicale est toute semblable à la vertèbre correspondante du squelette décrit plus haut^. Une troisième lombaire enfin montre très distincts les processus figurés dans notre planche III.
Membre supérieur. — Trois clavicules d’aspect féminin, dont une seule est intacte, rappellent par leurs formes et par leurs dimensions celles de Santiago. La plus longue mesure i 3 o millimètres, une seconde atteint 197 millimètres. L’extrémité externe en est large (93 à 90 millimètres) et aplatie (1 centimètre).
Six omoplates reproduisent partiellement notre description de la page 90; leur mauvais état interdit d’y prendre des mensurations précises.
Sur sept humérus* d’adultes, plus ou moins entiers, cinq se font remarquer par la saillie du V deltoïdien signalée sur les humérus de Santiago-Tlaltelolco et deux présentent la perforation de la cavité olécranienne assez vaste pour atteindre, sur le premier, 8 millimètres de large et 5 de haut; sur le second, 7 millimètres de large et 3 de haut.
Il est à remarquer que ce sont les deux plus longs de ces os qui s’écartent le plus du type auquel nous rattachons l’ensemble de la série®.
sous-cérébr. du front, aS millimètres; intormaxill. , 9 1 millimètres ; lot. de la face, 90 millimètres; de la pommette, 96 millimètres ; orbito-alvèol., 89 millimètres ; voû le palatine : long., 58 millimètres; larg., à 5 millimètres.
‘ Mesures comparées des maxillaires inférieurs de Tlaltelolco et de Téul : D. biangulaire ou bigonial : Tlallelolco inférieur, io 4 ; Téul, 99; d. angulo-symphysaire : Tlaltelolco, 90; Téul, 80; bi’auche montante, hauteur: Tlaltelolco, 65 ; Téul, 63 ; larg. : Tlaltelolco, . 36 ; Téul, 35 ; épaisseur à la seconde mol. : Tlaltelolco, 17; Téul, 16 ; hauteur de la symphyse : Tlaltelolco, 34 ; Téul, Sa ; épaisseur symph. : Tlaltelolco, 1 5 ; Téul, i5.
Un seul fragment de maxillaire supérieur de Téul porte en place une incisive médiane gauche ; le bord tran-
chant de cette dent est entamé par une perte de substance qui commence à i millimètre du bord du côté interne, pénètre brusquement à i millimètre et plus de profondeur, tourne doucement en dehors et aboutit enfin au bord externe tei-miné en pointe aiguë. L’incisive externe manque et la canine qui existe est intacte; sur un autre fragment, l’incisive externe en place est aussi sans découpure. Il n’y a aucune trace de mutilation mandibulaire.
’ Voir plus haut, p. j g.
* Il y a deux autres humérus dont nous n’avons que la moitié inférieure.
° Un humérus de jeune sujet non épiphysé se fait déjà remarquer par sa tendance à prendre la morphologie de la pièce type de notre planche IV.
Deux radius, Puii droit et l’autre gauche, mesurent, le premier 228, le second 207 millimètres. Si l’on compare ces os aux humérus de la même fouille, on trouve qu’ils sont proportionnellement très allongés : le rapport de leur longueur moyenne à celle des humérus ~ atteindrait yg-oi.
Un cubitus intact mesure 226 millimètres. 11 ne reste rien d’utile à étudier des squelettes des mains.
Bassin. — Un sacrum complet reproduit, en les atténuant, les formes décrites plus haut (page 21). Il mesure io 4 millimètres au détroit supérieur, 77 au niveau de l’extrémité inférieure de la sui’face auriculaire, 70 au sommet des apophyses transverses; sa largeur maximum atteint 108 millimètres, et comme sa hauteur égale 100 millimètres, l’indice est de 92. Ce sacrum, relativement court et large, n’a guère plus de courbure que celui auquel je le compare ; la flèche de la corde qui joint les extrémités de la face antérieure de l’os mesure seulement 16 millimètres'.
Un second sacrum, auquel manque sa première vertèbre, est tout pareil à celui dont il vient d’être question ; il n’en diffère que par une large ouverture du canal qui en découpe la face postérieure jusqu’au niveau de la deuxième vertèbre sacrée.
Les nombreux fragments d’os iliaques se font seulement remarquer par l’exiguïté relative de toutes leurs dimensions.
Membre inférieur, — Trois fémurs, à peu près entiers, ont été recueillis dans les fouilles de Téul. Leur longueur moyenne (887 millimètres) est inférieure de g millimètres à celle que nous avons déterminée sur notre squelette type de Santiago-Tlaltelolco, mais l’un des trois dépasse cette même longueur de 4 millimètres; il atteint, en effet, 4 o centimètres environ.
Les caractères tirés, sur le sujet de Tlaltelolco du volume médiocre de la tête, de la minceur et de la brièveté du col, de la moindre ouverture de l’angle que fait l’axe de ce col avec celui de la tête, de l’amincissement des diaphyses fémorales, se retrouvent d’ailleurs chez les individus de Téul. L’angle du col, par exemple, est en moyenne de 1 15 degrés au lieu de 1 18.
La diaphyse fémorale mesure 28 millimètres et demi de largeur minimum, et son épaisseur, au même niveau, ne dépasse guère 2 4 millimètres. Mais la convexité fémorale est moindre; la perpendiculaire qui la mesure, ainsi que nous l’avons indiqué, ne dépasse pas en moyenne 82 millimètres, et l’angle que fait le plan de l’extrémité supérieure de l’os est beaucoup plus ouvert.
' Voir plus haut, p. 21. — " Voir p. üh.
ZOOLOGIE DU MEXIQUE. T* PARTIE
liirriMERlE XATlO.NAh£.
L’extrémitë inferieure des fémurs n’atteint pas 7 centimètres; le condyle interne est un peu moins volumineux que l’externe.
Deux tibias mesurent, malléoles comprises, l’im 62^, l’autre 298 millimètres; leur longueur, sans les malléoles, se réduit à 3 i 8 millimètres pour le premier, à 280 pour le second.
Les os du pied ne présentent rien de particulièrement intéressant.