A?^TI1R0P0L0GIE
memes (haut, nez, 5 o et 5 2 millimètres; larg., 26 et 26; indice 5 o) et que les orbites se différencient seulement un peu dans leur largeur (orb. : larg. , ho et ^2 millimètres; long., 38 ; indices, et 90.^7). M. Krause a fait ressortir, avec raison, certaines variations <[ue présentent les maxillaires supérieurs, dans leurs formes, leurs dimensions et leur degré d’inclinaison en avant. Les incisives sont particulièrement remarquables sur un des deux sujets par les entailles verticales qui déchiquettent leur bord décomposé en trois dentelures égales et également espacées. C’est là un genre de mutilation dont nous ne connaissons pas d’autre exemple dans le Nouveau Monde.
A côté de ces Totonaques à l’aspect archaïque, qui sont peut-être les descendants du second fils d’Iztac MizcohiiatP, en vivent d’autres qui présentent tout à fait l’apparence de leurs voisins septentrionaux, les Huaxtèques, dont il était question dans le paragraphe précédent.
Sahagim du reste rapprochait les deux nations l’une de l’autre"*, et les fouilles pratiquées en certains points de l’ancien pays totonaque ont fait parfois découvrir des crânes, des statuettes, etc. qui offrent les plus étroites analogies avec les objets similaires d’origine hiiaxtèque. La plus remarquable de ces pièces est, sans contredit, la tête modelée que nous avons fait connaître ailleurs sous le nom de lête du Téjar^.
Tête du Téjar. — En creusant au lieu dit k Téjar, près de Medellin, un réservoir pour les eaux du Rio Jamapa, que l’on détournait vers Vera-Cruz, on avait recueilli un assez grand nombre de terres cuites anciennes. Parmi ces céramiques il s est trouvé une tête qui a fait longtemps partie de la collection Fuzier'*. Transversalement dilatée (pi. XXI, fig. 1 et 2), aplatie d’avant en arrière, elle mesure environ 17 centimètres de largeur et 6 à 7 d’épaisseur. Elle a la face triangulaire, les yeux largement fendus, mais à demi clos, le nez volumineux et aquilin; la bouche, entrouverte, est encadrée de lèvres épaisses et retroussées, et laisse voir les incisives supérieures perforées de trous cylindriques réguliers ayant 3 millimètres environ de diamètre et 1 millimètre de profondeur®. Ces trous correspondent manifestement à une mutilation spéciale aux Huaxtèques, décrite par Sahagun et de la Mota Padilla. Le premier de ces historiens parle des irous que ces Indiens faisaient dans leurs dents, et Mota Padilla ajoute que
‘ Voir ]:)lus haut, p. 1 3 , n. 3 . — Rappelons brièvement que, suivant Torqiiemada (liv. III, chap. xviii), les Totonaques, venus du Nord au nombre de vingt familles, ont vécu d’abord h Téotihuacan, vallée de Mexico, et qu’ils se sont de là transportés à Tenainilic, pour gagner enfin le pays qui a pris leur nom et dont Mixquibuacan était la capitale.
’ «Les Totonaca, écrit le savant franciscain, habitent vers le nord du pays. Ils se disent Guastèques. Ils ont le visage long et la tête aplatie. Et il ajoute plus bas, en
ZOOLOGIE DU MEXIQUE. l” PARTIE.
parlant des femmes : «Parce qu'elles se disaient Guastèques, elles avaient l’habitude d’orner d’oripeaux leurs jupes et leurs chemises . ji (Sahagun, Irad. cit., p. 669.)
^ E.-T. Hamy, Les tmiltlations dentaires au Mexique et dans le Yucalan [Bull. Soc. d’anthropologie, 3 ' série, t. V, p. 883 , 188a).
* Après la mort du docteur Fuzier, cette curieuse pièce, vendue à la Salle des ventes avec le reste de la collection, est devenue la propriété de M. le comte de Lestrange.
* E.-T. Hamy, loc. cit., p. 883 et 883 .
IMPBIMKP.IE NATIC^iLB.
et non seulement ils taillaient leurs dents en pointes aiguës, mais encore y creusaient des trous et les mastiquaient de noirw.
Il y avait encore au Téjar d’autres figurines à têtes déformées. Nous mentionnerons particulièrement trois plaquettes qui faisaient partie de la collection Fuzier : décorées d’appliques en pastillage, elles représentent des personnages dont le crâne est extraordinairement aplati dans le sens antéro-postérieur.
M. Fuzier a trouvé, en outre, à Medellin un des types de la statuaire du Gerro de las Palmas.
Enfin M. H. Strebel figure dans son bel atlas ‘ les photographies d’un certain nombre de têtes rentrant plus ou moins dans les formes que nous avons cherché à distinguer ci-dessus^.
Mais la collection la plus remarquable de représentations céphaliques que l’on ait recueillie en ces parages est celle qui a été exhumée par M. J. M. Melgar du Cerro de los Idolos à l’Estanzuela, à âo lieues environ au sud-ouest de Vera-Cruz, et qui fait aujourd’hui partie du Musée d’ethnographie du Trocadéro ^
Têtes de rFÜstanzuela. — Ces têtes, au nombre de dix-sept, dont treize grandes et quatre plus petites, sont surtout remarquables par un caractère que nous allons retrouver très accentué dans le gisement de Sacrificios dont l’étude suit. Ce caractère tout spécial consiste dans un enfoncement extrêmement accusé du front au-dessus des arcs sourciliers : la dépression circulaire ainsi produite comprend presque toute la région frontale \ Au-dessus se profile le vertex, horizontalement dirigé entre les bosses pariétales, fortement projetées en dehors. Au-dessous la face prend la forme d’un triangle; les arcs sourciliers dessinent un fort relief, les pommettes sont saillantes, les yeux plus ou moins obliques; le nez affecte une courbe aquiline; enfin, la bouche se dilate sous l’action d’un large rire, à la fois gai et cruel. Une de ces têtes surmonte un corps massif et trapu, remarquablement carré des épaules.
Nécropole de ïîle de Sacrificios. — La célèbre nécropole de lîle de Sacrificios, dans la baie de Vera-Cruz, nous met en présence de sujets qui ont, en partie, le frontal si singulièrement enfoncé des statuettes de l’Estanzuela.
> H. Strebel, op. cit., taf. II, III, etc.
La plupart de ces pièces sont aujourd'hui devenues la propriété du Muséum für Vollcorkunde de Berlin, ou nous avons eu occasion de les examiner pendant la réunion du dernier congrès des Améi’icttnisics.
^ Ces pièces ont longtemps appartenu à M. Eug. Bohan , qui les a décrites sommairement dans une note insérée au Musée archéologique de 1870 . (E. Boban, Anliqukés mexi-
caines. Terres cuites reprodtdsanl des déformations crâniennes [loc. cit., p. 45-5 1 ].)
‘ La tête déformée est presque toujours coiffée : tantôt c’est un panier renversé [lenalle), tantôt c’est un bonnet qui se moule sur le front. Ce bonnet est ornée de crêtes latérales, de crosses simples ou doubles, d’un plumet retombant ou d’un large bandeau transversal. (Cf. E. Boban, op. cit., fig. i-iü et pl.)
Cette nécropole, qui paraît avoir été découverte lors de la construction d’un fort élevé dans l’îlot après la guerre de l’Indépendance, est surtout connue par les fouilles qu’y ont pratiquées Brantz Mayer, puis DumanoirL ,
Ce dernier y avait recueilli des ossements, dont la description n’a point été publiée^. Le docteur Fuzier, pratiquant à son tour, pendant l’occupation française, des excavations à Sacrificios, en a tiré un certain nombre de crânes plus ou moins endommagés qu’il a donnés au Muséum. Quelques-uns de ces crânes font partie de squelettes incomplets.
Crânes déformés de Sacrificios. — Premier type. — Les têtes de ces squelettes sont déformées suivant deux types différents. Le premier est surtout caractérisé par une excavation profonde du frontal et la dilatation exagérée des pariétaux séparés en même temps l’un de l’autre par une dépression antéro-postérieure assez profonde.
Le frontal est enfoncé, dans toute sa portion centrale, suivant une dépression transversalement ovale dont le centre est à 3 millimètres en contre-bas des bords. Comme cet enfoncement, d’origine artificielle, commence immédiatement au-dessus des arcs sourciliers, la ligne basilo-susnasale, qui atteint habituellement au moins i centimètre de plus que la ligne naso-basilaire, est à très peu de chose près de même longueur que celle-ci.
Un bourrelet limite en haut et en arrière la dépression frontale, que les arcades temporales, doucement relevées, circonscrivent en dehors.
Les pariétaux, déprimés et comme pliés en dedans vers leurs angles antéro-inférieurs, sont très raccourcis d’avant en arrière et très largement dilatés au niveau des bosses, et le diamètre transverse maximum du crâne s’élève à lyâ millimètres. La moitié postérieure de la suture sagittale est fortement concave, ce qui donne à 1 ensemble de la région l’apparence naliforme, pour employer une expression dont s’esl souvent servi Parrot.
L’occipital, irrégulièrement aplati de haut en bas et d’arrière en avant, revient vers la base en suivant un plan oblique, généralement parallèle à celui qui a reloulé le frontal en arrière et en haut. Le diamètre antéro-postérieur, très diminué, ne dépasse pas i5i millimètres et l’indice céphalique atteint le chiffre tout à fait exceptionnel de 1 1 5 . 2 3 .
‘ Anliq. mex., l. I, cliv. 9, p. 35 . — Mayer, Mexico an it was, p. 98-97, el Mex. Aztec. , vol. II, p. 272, etc.
Cf. II. Bancroft, The natives Races of lhe Pacific States
of Norlh America , vol. IV, p. 248 .
^ L’un des crânes ainsi l'ecueillis paraît être devenu la
propiiété du docteur üubreuil, qui l’a offert à la Société d’antliropologie. 11 est compris dans nos mesures. C’est peut-être avec une autre des pièces de la collection Duinanoir qu’a été exécuté le moulage fortement remanié qui a servi à la description de Gosse.
CRÂNES DÉFORMÉS DE SACRIFIGIOS Eï DE SABINE.
\NTIIR0P0L0G1E.
Le diamètre basllo-bregmatique étant, en même temps, peu élevé (lai millimètres), l’indice de bauteur-largeur monte au chiffre non moins inusité de i/i5./i5.
La déformation du crâne se répercute sur la face, dont les orbites, tirés en haut et en arrière, deviennent aussi élevés cpve larges, et dont la projection atteint âh millimètres. L angle facial sous-nasal s’abaisse à Sy degrés et l’angle alvéolaire se trouve réduit à 5 1 .
Deuxième type. — La seconde variété de Saerificios, bien plus commune que la première, est celle que Gosse a cru devoir décrire à part sous le nom de tête trilohée \ Vue d en haut, cette tête est, en effet, à peu près triangulaire, et les trois angles émoussés, les trois lobes, si l’on veut accepter la nomenclature de Gosse, correspondent au sommet surélevé du front et aux bosses pariétales. Le frontal, déprimé, mais sans concavité aucune, fuit d abord obliquement en arriéré et en haut, pour se relever hrusquement en une sorte de loupe ovoïde à grand diamètre transversal. Il fuit également sur les côtés pour gagner les régions temporales, progressivement dilatées en arrière. Les pariétaux, comprimés sur leur bord interne dans les deux tiers postérieurs de la suture sagittale, comprimés aussi le long de leur bord antérieur, voient diminuer leur étendue dans le sens antero-postérieur et surtout saillir d’une manière tout exceplioiinelle leurs bosses, reportées à la fois en dehors, en avant et en haut. L’occipital est large et un peu aplati vers son angle supérieur, mais sa convexité demeure presque normale dans le reste de son étendue.
Le trou occipital nest donc point aussi reculé en apparence que le pensait Gosse : la projection postérieure reste, en effet, considérable.
La base du crâne est vigoureusement sculptée; les mâchoires sont robustes, les dents de moyenne taille, saines et généralement bien alignées. La mandibule, proportionnellement lourde et volumineuse, se fait remarquer par une déformation spéciale, conséquence de la deformation céphalique; la moitié supérieure de la branche montante et le col du condyle subissent un certain degré de flexion en arrière, destiné à compenser la propulsion en avant de 1 appareil masticateur, éloigné d’autant des surfaces articulaires.
Les trois autres crânes masculins de ce type que nous avons pu étudier ne diffèrent de celui que nous venons de décrire que par l’atténuation de leurs caractères artificiels. La saillie hregmatique, les sillons et les hosses des pariétaux, l’échancrure sagittale, tout cela diminue notablement, et les chiffres moyens fournis par les quatre pièces accentuent, par suite, beaucoup moins les particularités de la série.
' L.-A. Gosse, op. cil., p. 38. — La description de Gosse a malheureusement élé faite sur un détestable moulage de la collection Guy aîné, et elle serait à modifier en plusieurs points imporlants.
Les diamètres transverses restent neanmoins beaucoup plus grands que les autres et les indices se maintiennent àiio.25,87.i7eti96.4'7.
La projection postérieure est de 84 millimètres et l’antérieure en atteint loq, dont 4 o pour la face. Les angles faciaux mesurent seulement 66, 56 et 5 1 degrés L
Un crâne de femme, déformé comme les crânes masculins, mais avec moins d’exagération, a gardé ses bosses frontales visibles et montre la voussure bregmatique à la fois plus étalée et plus refoulée en arrière. Les sillons coronaux sont très peu apparents, mais l’échancrure interpariétale est beaucoup plus profonde.
Le seul indice que l’état de mutilation de cette intéressante pièce permette de prendre est identique à l’indice moyen correspondant des crânes d’hommes; la projection de la face, qu’on ne peut pas apprécier exactement, diminue encore les angles sous-nasal et alvéolaire, qui se fermenta 6i et à 55 degrés’^.
Colonne vertébrale et cage thoracique. — Les caractères signalés plus haut à propos du squelette de Tlaltelolco^ se retrouvent bien parfois à Sacrificios, mais ils n’apparaissent qu’à l’état sporadique, pour ainsi dire, et sans corrélation nécessaire les uns avec les autres. Ainsi tel sujet dont toutes les lombaires répéteront, non sans quelque exagération, les dispositions que reproduit la figure 3 de la planche 111 de notre atlas, présentera en même temps la bifidité de toutes ses apophyses épineuses cervicales, y compris la septième. Ce sujet est d’ailleurs le seul à montrer une telle accentuation dans la morphologie de ses lombaires; deux autres portent de petits processus mamillaire, accessoire et transverse; deux autres n’en offrent aucune trace. Le même sujet est aussi le seul dont la colonne vertébrale soit relativement assez volumineuse.
Les côtes sont relativement fortes, mais leur courbure générale n’offre rien de particulièrement remarquable'*.
Membre supérieur. — Une clavicule d’homme mesure t47 millimètres; les clavicules de la femme en atteignent 197 à droite et 1 25 à gauche. La largeur de l’extrémité externe est de 2 4 millimètres chez le sujet masculin, de 22 chez le féminin; et l’épaisseur de l’os au même point atteint sur le premier 10 millimètres et sur le second 8'*.
Une seule omoplate, venant d’un squelette d’homme, est assez bien conservée pour permettre de prendre quelques mesures. Elle est relativement très large, elVmdice sca-
' Voir pour ptus de détails la colonne du tableau ci-dessus.
^ Voir la colonne 3 du même tableau. — Voici les mesures prises sur les mandibules de ces dilTcreutes pièces : Hommes: Distance biangul. 97 millimètres; angulo-sympbysaire, 89; haut, symphyse, 36 ; haut, branche montante, 47. Femme: Dist. biangul., 82 millimètres; an-
gulo-symphysaire, 79; haut, symph., 26; haut. br. mont., 4 i.
^ Voir plus haut, p. 19.
Voir plus haut, p. 20.
^ On voit que chez la femme de Sacrificios les dimensions de la clavicule sont les mêmes que chez celle de TIaltololco. — Voir plus haut, p. ao.
pulaire, ou le rapport centésimal de la largeur à la hauteur, est de plus de 7 A L IJindice Hous-cpmeux , c’est-à-dire le rapport centésimal de la même largeur totale à la hauteur de la fosse sous-épineuse, est aussi très élevé (79.8 5 ); mais neuf des quarante et un sujets exotiques examinés à ce point de vue par Broca donnaient des chilfres encore plus forls'^.
Deux de nos sujets seulement, tous deux masculins, offrent certains os du membre supérieur à peu près intacts. Les humérus mesurent chez l’un 289, chez l’autre 3 o 2 millimètres; les radius correspondants en atteignent 227 et 28/1, et les rapports centésimaux des deux segments osseux sont représentés par les chiffres très élevés de 78.5/1 et 77./1.8. Humérus, radius, cubitus sont à la fois fins et robustes. Les humérus se font remarquer, comme ceux de Tlaltelolco, par l’accentuation des empreintes deltoïdiennes : un des deux a 19 millimètres de largeur minimum, tandis que les extrémités supérieure et inférieure ont l’une A 7, l’autre 87 millimètres. L’autre humérus, plus grêle de diaphyse (16 millimètres), atteint en haut /19, en bas 07 millimètres de largeur maximum.
Sur huit extrémités inférieures d’humérus, tous masculins, quatre sont perforées, et les dimensions des trous olécraniens mesurent respectivement 5 , A, 8 et 8 millimètres de largeur, 8, 8, 8 et 5 millimètres de hauteur^.
Les os de la main sont généralement petits et leur ossature est sèche, mais robuste.
Bassin. — Quatre bassins seulement des fouilles de Sacrificios sont suffisamment conservés pour permettre un examen utile. Trois de ces bassins proviennent de sujets masculins, un autre est féminin.
Les bassins d’hommes sont loin de présenter un type homogène; ils diffèrent même tellement qu’on ne saurait tenter de les rapprocher en aucune façon.
Le premier semble tout d’abord avoir appartenu à une femme; la direction de la branche ischio-pel vienne, la seule qui reste en place, indique, en effet, un angle extrêmement ouvert. Mais si l’on considère la forme franchement ovoïde du détroit supérieur dont le diamètre transverse maximum est situé fort en arrière; si l’on tient compte de l’indice de ce même détroit, qui atteint presque 82, si l’on note, enfin, l’étroitesse relative du sacrum et la saillie que forment dans le petit bassin les épines sciatiques, on reste convaincu avec M. Verneau, qui a fait tout ce diagnostic, qu’il s’agit bien ici d un bassin de sexe masculin. L’individu était un sujet peu robuste, offrant
' Une seule observation de Broca, dÇjà mentionnée plus liant, dépasse la nôtre et la série dos maxhm connus se trouve ainsi composée : Sacrificios (Hainy), 70.45; nègre ^Broca), 76.64 ; Tlaltelolco (Harny), 78.71.
^ Notre observation et celle, toute semblable, qui a été insérée plus baut à la page 20 s’intercalent, dans la série des mesures publiées, entre celles d’un tibinois (97.17)
et d’un nègre (97.22) d’une part, et celles d’un Annamite (97.89) et d’un Galibi (98.18) d’autre part. (Cf. P. Broca. Sur les indices de largeur de l’omoplate [Bull. Soc. d’aathrop. de Paris, 3 ' série, t. 1 , p. 92, 1878].)
^ Un de ces huit radius est déformé par une fracture eu dos de fourchette , sise au lieu d’élection de ce genre de fracture.
un aspect ellemliie', cpii se ti'atluit surtout par la gracilité de 1 ossature et cet élargissement de l’arcade pubienne que nous venons de mentionner *.
En dehors de cette apparence bien spéciale, notre premier bassin de Sacrificios se fait encore remarquer par ses affinités tontes européennes. C’est à peine, en elfet, si l’on peut noter, en passant, le peu de courbure des os Iliaques d’avant en arrière, qui entraîne un écartement énorme (adS millimètres) des épines iliaques antérieures et supérieures. ^ Moins évasé en haut et par suite plus eleve que le pelvis mexicain tj"pique, dit M. Verneau, il présente un sacrum qui ne prend en aucune façon la forme de triangle court qui imprime aux pièces de cette provenance un cachet si spécial. 5?
Notre deuxième bassin de Sacrificios rappelle, par quelques-uns de ses traits, le bassin du squelette chinois que possède le Muséum". On constate sur 1 un et sur l autre la même petitesse du détroit supérieur, le même développement d avant en arriéré, la même forme plane de la face antéro-externe des ischions et des branches de 1 arcade pubienne, la même saillie en dehors des sourcils cotyloïdiens, saillie qui fait lemaïquei plus encore la disposition des ailes iliaques, relativement droites et peu developpees en tous sens. Il existe pourtant aussi des dilféreuces entre les deux bassins ainsi mis en parallèle : sur le bassin chinois, par exemple, les ailes sont relativement hautes et toute la région inférieure est sensiblement plus large.
Le troisième bassin masculin de Sacrificios est le seul à montrer les caractères ethniques déjà détaillés au commencement de ce volume. Réduit dans ses dimensions verticales et antéro-postérieures, dit M. Verneau, il s étalé au contraire en travers dans sa partie marginale. Ses ailes, planes, ne se recourbent guère en dedans au niveau des épines iliaques antérieures. Le petit bassin olfre, par son etroitesse, uii contraste frappant avec l’ampleur de la marge. Le sacrum est pourtant encore relativement large en haut; mais les dimensions des os iliaques, a partir du détroit supérieur, sont tellement réduites, que les diamètres du détroit tombent extrêmement bas. Cette diminution porte principalement sur le diamètre antero-postericur, de sorte que 1 indice s’abaisse à yi.aB, un des cliilfres les plus bas que ce rapport puisse atteindre dans toute l’espèce humaine.
Le bassin féminin de Sacrificios rentre également dans le type mexicain habituel. Les caractères sexuels y sont très accusés et l’inlluence s en fait sentir non seulement dans le petit bassin, mais encore jusque dans les ailes iliaques, à la fois très aplaties et très réduites. La seule particularité à noter est le grand développement du pelvis d’avant en arrière, développement qui ne saurait d’ailleurs être mis uniquement sur le compte du sexe.
‘ M. Verneau a ddjà signalé dans sa thèse, plusieurs fois citée précédemment, cette dernière particulaiité sut des bassins de Charruas, de Péruviens et de Mexicains. — " Cf. Verneau, tk. ciL, pl. V, fig. i et 2.