‹ Anthropologie du Mexique (volume 2)Chapitre 3 sur 18 · Jaunâtre n · texte numérisé non relu

Jaunâtre n

б. Brun rougeâtre n" ag.

^ On peut se demander, en ce qui concerne cet Etat, s’il n’y a point lien de faire intervenir, pour expliquer le phénomène, deux éléments ethniques aux caractères encore bien incertains, les Xiximes et les Acaxees. (Voir Alan. Orozeo y Berra, Caria etknoirràjka.) Les Guacbichils de San-Luis-Potozi, etc. no sont guère moins inconnus; aussi nous bornons-nous à les mentionner au même titre que les Acaxees et les Xiximes, sans nous y arrêter plus longtemps.

* Dans X'Esmi de carte ethnographique des groupes Oputa, Tarahumar-Pima et Cahita-TepehuaHe , que j’ai présenté en novembre i883 à la Société d’anthropologie de Paris, j’ai montré que rr tandis <pie les Opatas et les Tarahuraars, d’une part, les Tépéhuanes et les Cabilas, de l’autre, forment des masses relativement compactes, les Pimas se

montrent au contraire épars et disloqués, comme si, anciennement fixés dans les régions où l’on rencontre leurs établissements dispersés, ils avaient dû céder la place à quelque puissante invasion. Un vieux missionnaire que cite

Orozeo V Berra mentionnait des raueberias de Pimas éta-

blies dans les ravins les plus inaccessibles de la Sierra de Topia et au voisinage de Nabogamc et de Baboriganie en plein pays tépéhuanc. Le même auteur en indiquait d’autres encore dans la Sierra de Tubares, au milieu des Tarahumars, et Orozeo y Berra n lui-même signalé la présence d’un quatrième petit groupe isolé sur le cours inférieur de la rivière de Sinaloa. v

La Pimeria baja vient ensuite avec ses Nures et ses llios, scs iMovas et ses Onavns, scs Oornuripas et ses Simupapos, ses Albinos, etc. Puis noua rencontrons clos Patlapiguas sur la frontière orientale du pays Opata, les Sobas, les Piatos, les IVipagos, aux confins septentrionaux de la même contréen, enfin les Pimas de la Pimeria alla, nlont les éléments ethniques s’échelonnent principalement sur les rives du Rio Gila et du Bio de San-Pedro, son plus fort affluent de gauche», et parmi lesquels il faut mentionner les Sobaipuris, les Gelinos, les Cocomaricopas, etc. (E.-l. Hamy, Quelques observations sur la distribution géogt'aphique des Opatas, des Taruhumars et des Pimas [Bull. Soc. d’anthropologie de Paris, 3° série, t. Vt, p. 785 - 791 , carte, nov. i883]).

montagnards du Sud en ge'ne'ral et les Otomites en particulier des analogies assez marquées.

Sur vingt- trois sujets de la Pimeria alla mesurés par M. Ten Kate, à la réserve de Sacaton, Arizona, huit étaient l)rachycéphales ou soiis-brachycépliales (ind. céph., So.A à 8A.2), offraient des indices échelonnés entre 78.7 et 76.5 ; enfin quatre, très dolichocéphales, présentaient des indices descendant de 78.2 jusqu’à 68.6 L

Les indices céphaliques de six hommes de la trihu des Pâpagos, ohtenus par le même voyageur, oscillent entre 79.1 et 83.6 et donnent pour moyenne 81. A; deux femmes ont présenté, lune l’indice 79, l’autre l’indice 82.2 (moyenne 80.6)^.

Crânen de Pimas. — Le crâne pima recueilli par M. Ten Kate est, il est vrai, sousdolichocéphale à 7 7.8 A (d. ant.-post., 176 millimètres; d. tr. max., 187 millimètres); mais celui du Musée de Philadelphie accuse, en revanche, une hrachycéphalie représentée par l’indice 86.06^ (d. a.-p., 16b millimétrés; d. tr. max., 1A2 millimétrés). Je rappellerai d’ailleurs que les trois crânes pâpagos de la collection Ten Kate exhumés à San-Xavier-del-Bac (Arizona) ont respectivement pour indices céphaliques 76.21 (diam. ant.-post., i 85 millimètres; diam. transv., lAi millimètres), 76.96 (diam. ant.-post., 178 millimètres; diam. trausv. , 187 millimètres), enfin 78. Ai (diam. ant.-post., 176 millimètres; diam. transv., i 38 millimètres).

Les rapports de hauteur varient moins que ceux de longueur. L’indice de hauteurlargeur est, chez les deux Pimas, de 99.27 (diam. hasil. hregm., 1 36 millimètres), et 98.66 (diam. hasil. hregm., i 33 millimètres), et chez les trois Pâpagos, de ph.A.b (diam. hasil. hregm., i 36 millimètres), 100.72 (diam. hasil. hregm., i 38 millimètres) et 100.72 (diam. hasil. hregm., 189 millimètres).

Les proportions de la face sont caractérisées par des indices qui varient de 66.90 à 7A.63

' Cf. II. Ten Kale, Indiens de la Sonora et de l’ Arizona {Bull. Soc. d’anthrop. de Paris, 3 ' série, t. VI, p. 635 , i 883 ).

^ Idem, Visite chez les Pâpagos {Revue d’ethnographie, i. II, p. 89 , i 883 ).

En même temps que l’indice céphalique varie ainsi chez ces Pimas de Sacaton entre 68.6 et 8 Va, l’indice nasal, déterminé sur le vivant |)ar M. Ten Kate, oscille entre 65.5 et 98.1. I.a taille de dix-neuf Pimas est en moyenne de 1 mètre 73^; ileux mesurent moins de 1 mètre 65 ; cinq ont 1 mètre 65 et au-dessus; cinq autres 1 mètre 70 et au-dessus, en6n trois atteignent ou dépassent i mètre 80; le minimum de taille est 1 mètre 6ê et le maximum 1 mètre 83 . La taille élevée semble corrélative de la dolichocéphalie. (Ten Kate, Correspondance manuscrite.)

^ H. Ten Kate, Sur quelques crânes de l’ Arizona et du Nouveau-Mexique {Revue d’anthropologie , a' série, t. VIII, p. 491 , i884 ).

' Principales mesures du crâne pima de la collection Ten Kate : Cire, horiz. , 4 90 millimètres; d.-a. p., 176 millimètres; d. tr. max., i37 millimètres; d. bas. hregm., i 36 millimètres; ind. céph., 77 - 84 , 77.37, 99.37; front, max., 10a millimètres; min,, 85 millimètres; biorh. ext. , 103 millimètres; bizygom., i 38 millimètres; haut, face, io 3 millimètres; ind. facial, 74.68; nez, long. : 5 o millimètres; larg., 38 millimètres; ind. nasal, 56 . 00; orbite : haut., 36 millimètres; larg., 4 0 millimètres ; indice orbitaire , 90,00.

Mêmes mesures sur le crâne de Pima de la collection Morton : Cire, horiz,, 478 millimètres ; d. a. p,, i 65 milli-

Ces divers chiffres semblent bien dénoter la juxtaposition d’éléments ethniques variés, dans la composition desquels entrerait, pour une certaine partie, l’élément brachycéphale archaïque dont nous poursuivons l’analyse L

Portraits de Pirnas. — Nous n’avons pu nous procurer que deux portraits de Pimas et un portrait de Pâpago, exécutés pour l’Institution Smithsonienne^. Les deux premiers des trois individus ainsi photographiés, Luig Morague et Antonio Azul (n“ 65 A et 656), appartiennent très vraisemblablement au groupe brachycéphale; ils ont la figure relativement large et ramassée, les pommettes saillantes, le nez court, la mandibule dilatée et massive, etc.

Le Papago Ascension Rios, chef de la réserve du Rio Santa-Cruz, affluent du Rio Gila (n“* 65o et 65 1 ), est tout différent avec son crâne plus développé d’avant en arrière, sa figure toute en hauteur, son nez fort long et sa mâchoire inférieure latéralement comprimée. Ces trois personnages exagèrent, en somme, les traits extrêmes de la série composite dont les mesures de M. Ten Kate nous permettaient plus hautde chiffrer les principaux écarts.

Les Cahitas. — Les Cahitas, qui peuplent en masses plus compactes une partie de la Sonora et du Sinaloa, présentent des mélanges analogues. Des dix individus de la tribu Hiaqui dont M. Ten Kate a mesuré les têtes, deux étaient dolichocéphales, sept sous-dolichocéphales, un mésaticéphale, six sous-brachycéphales, enfin trois brachycéphales. T II y a au moins deux types primordiaux parmi eux, écrit ce voyageur^ : l’un

mètres; d. tr. max., i 42 millimètres; d. bas. bregm., i 33 millimètres; iud. cépb., 80 . o 6 , 80.60, 9.3.66; front, max., 109 millimètres; min., 92 millimètres; biorb. ext., 101 millimètres; bizygora., « ; haut, face, u ; ind. fac., // ; nez : long., 53 millimètres; larg. , //; ind. nas. // ; orbite : liant., 35 millimètres; larg., 4 i millimètres; ind. orb., 85 . 36 .

Mêmes mesures sur les trois crânes de Pâpagos de la collection Ten Kate : Cire, lioriz., n millimètres; d. a. p., 180 millimètres; d. tr. max., 189 millimètres; d. bas. bregm., 187 millimètres; ind. céph., 77.22, 76.11, 98.56; front. : max., ii 4 millimètres; min., 98 millimètres; biorb. ext., 108 millimètres ;bizygom., i 4 i millimètres; haut, face, 97 millimètres; ind. fac., 68.79; nez : long., 5i millimètres; larg., 27 millimètres; ind. nas., 59.94; orbite; haut., 36 millimètres; larg., 4 omillimètres ; ind. orbit., 90.00.

‘ T.es quelques lignes consacrées aux Yumas et aux Mohaves par M. Ten Kate dans la note déjà citée {Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, 3 ’ série, t. VI,

p. 636 ) viennent à l’appui de cette manière de voir. Notre collègue distingue en effet trois types primordiaux parmi ces Indiens, et l’un de ces types est brachycéphale.

te Je n’ai mesuré, dit-il, que trois Yumas; ils sont brachycéphales. L’indice céphalique de quarante et un Mohaves des deux sexes variait entre 77.8 et 98.8; la majorité était décidément brachycéphale.» Il est vrai que M. Ten Kate ajoute qu’ils ont, ttd’une manière générale, l’occiput extrêmement droit et aplati».

tt Leur taille varie entre 1 mètre 6 i 5 et 1 mètre 36 . La plupart ont la coulem’ de la peau égale h 3 o pour le visage , à 29/80 et à 42/43 pour les parties couvertes. Les Yumas , les Mohaves et les Pimas sont encore très intéressants au point de vue ethnographique; les Pâpagos de San-Xavier, au contraire, ont perdu presque toute leur originalité.» {Ibid., p. 636 et 687.)

^ Cf. W. IL Jackson, Descriptive Catalogue of Photographs of North American Indian, Washington, Gov. Prmt. Off. , 1877, in-8°, p. 91- ^ Loc. cit., p. 635 .

à la taille éleve'e, aux traits fortement marqués et au nez aquilin ou convexe; l’autre, de taille moyenne, plus trapu, au visage plus large et aux traits plus grossiers, ayant le nez droit ou légèrement convexe, mais un peu aplati. Les individus de ce type, ajoute M. Ten Kate, ont le plus souvent la couleur du visage des numéros 80/87 de l’échelle chromatique, la couleur des bras ou des cuisses du numéro 29.»

Les Tépéhuanes, — Des variations plus grandes encore se retrouvent chez les Tépéhuanes de l’Etat de Durango, apparentés de fort près aux Cahitas au point de vue linguistique. La collection anthropologique déposée par M. Domenech au Muséum d’histoire naturelle de Paris renferme deux crânes de Tépéhuanes de Durango : le premier, un crâne de jeune femme, est sous-dolichocéphale avec l’indice 77.08 (diam. ant.-post. , 170 millimètres; diam. transv. , 181 millimètres); le second, un crâne d’homme adulte, est brachycéphale avec l’indice 86.08 (diam. ant.-post., 179 millimètres; diam. transv., i 5 â millimètres)'. Ce dernier, dont on trouvera ci-dessous les principales mesures, rentrerait assez volontiers dans le premier des deux types décrits par M. Ten Kate. Le crâne de femme, que nous avons également mesuré^, correspondrait au premier type de la description du voyageur hollandais.

Portraits de Tépéhuanes. — M. Guillemin-Tarayre, qui a visité les Tépéhuanes de Milpillas, entre Durango et Mazatlan^ a obtenu la photographie de trois des indigènes de ce petit village. Cette photographie met en évidence quelques-uns des traits que nous venons d’énumérer et sur lesquels le voyageur a appelé l’attention , mais en les interprétant dans un sens qui nous paraît contestable.

Nous n’oserioiis pas affirmer qu’il n’y ait point chez les Tépéhuanes de Milpillas quelque chose qui rapproche ces montagnards de certains habitants de la côte nordouest; mais il y a sûrement de l’exagération à assurer, avec M. Guillemin-Tarayre, qu’ils ne ressemblent te en rien aux Indiens des autres parties du Mexique»

‘ Principales mesures du crâne tépéhuane 5 de la colleclion Domenech {Mvs. hisl. nal., n” âgSS) : Cire, horiz. , 5 a 3 millimètres; d. a-.p., 179 millimètres; d. tr. max., i 5 /t millimètres; d. bas. bregm., i 4 â millimètres; ind. céph., 8 G.o 3 , 80. 44 , 93.60; front, max., i93 millimètres; min., 100 millimètres; biorb. ext. , 112 millimètres; bizygom., i 45 millimètres ; haut, face, 88 millimètres; ind. facial, Go. 69; nez : long., 5 o millimètres; larg., 98 millimètres; ind. nasal, 56 . 00; orbite : haut., 35 millimètres; larg., 39 millimètres; indice orbitaire, 89.74.

^ Principales mesures du crâne tèpèhuane ç de la collection Domenech {Mus. hist. nat., n” 4987) : Cire, horiz., 48 o millimètres ; d. a.-p., 170 millimètres; d. tr.

max., i 3 i millimètres; d. bas. bregm. , 193 millimètres; ind. céph., 77.05, 79.35, 98.89; front, max., 118 millimètres; min., 87 millimètres; biorb. ext., 98 millimètres; bizygom., ii 3 millimètres; haut, face, 76 millimètres; ind. facial, 66.87; nez : long., 48 millimètres; larg., 20 millimètres; ind. nasal, 49.70; orbite : haut., 35 millimètres; larg., 36 millimètres; ind. orbitaire, 97.99.

^ Guillemin-Tarayre, op. cil., p. 445 .

‘ M. Domenech est d’ailleurs très éloigné d’accepter la comparaison formulée par M. Guillemin-Tarayre. Il trouve, par exemple, à l’un des Tépéhuanes dont il nous a communiqué les photographies des traits qui lui ttrappeUeiit les beaux types indiens de l’Amérique du Nordn. (Communicatton manuscrite. )

Sommaire. — Les constructeurs des Casas Grandes. — Squelette de la Casa Grande du Piio Gila.

— Pueblos anciens et pueblos actuels.

Les constructeurs des Casas Grandes. — Les Pimas et les autres tribus modernes qu’on leur juxtapose dans la classification offrent, nous l’avons vu plus haut, des traits assez confus, dont la variabilité rend l’étude de ces Indiens fort difficile pour l’observateur le mieux exercé.

En était-il de même avant les évènements qui ont amené le morcellement du groupe pima et la fusion de quelques-unes de ses tribus avec les débris de populations d’un autre sang, comme celle des Maricopas? Les ancêtres de ces Indiens, plus homogènes, ne se rapprochaient-ils pas aussi beaucoup plus des habitants primitifs des régions méridionales? Une observation, malheureusement unique, tend à démontrer qu’il en était bien ainsi et que les constructeurs des célèbres Casas Grandes, auxquels on rattache presque unanimement les Pimas actuels, étaient apparentés de très près aux premiers habitants des îlots de la grande lagune mexicaine.

Squelette de la Casa Grande du Rio Gila. — C’est à M. Alphonse Pinart que nous devons le fait qui vient déposer en faveur de cette manière de voir. Se trouvant en 187G dans le voisinage de la Casa Grande du Rio Gila, ce voyageur réussit à pratiquer à l’intérieur du monument une fouille assez étendue qui lui procura quelques pièces précieuses et entre autres une hache à gorge en diorite d’un type assez spécial '. Il j)ut éventrer ensuite un tumulus tout voisin de la Gasa, dans lequel il trouva, à côté d’un squelette malheureusement fort endommagé, une hache toute pareille à celle qu’il avait recueillie dans l’intérieur de l’édifice^ ; ce qui lui a prouvé l’origine commune du tombeau et de la forteresse.

Or le squelette de l’homme auquel a appartenu cette arme caractéristique ne diffère par aucun trait de ceux des niveaux inférieurs de Tlaltelolco ou de Téul.

Le crâne, dont il ne reste malheureusement que la voiite fort incomplète, est extrêmement brachycéphale : son indice céphalique, qu’on ne peut pas rigoureusement chiffrer, doit être bien voisin de celui du crâne masculin de Tlaltelolco ’b Son diamètre antéro-postérieur se réduit à 16/1. millimètres; ses courbes frontale et pariétale ont

‘ A. Pinaii, Letlres écrites de t’Anzona (Bulktiii de la Société de géographie de Paris, 6' série, t. XI, p. 660, 1876).

^ Ces bâches du Rio Gila sont des haches à gorge en dioi'ile, très semblables à quelques-unes de celles qu’on trouve aux Etats-Unis (Schoolcraft, vol. l, passim) et aux

bâches de Durango, Zacatecas, Santa-Ana, près Guanajualo, etc , recueillies par MM. Dugès, Vidal, Guillemin- Tarayre et Rohan, et dépose'es, comme celles de la Casa Grande, au Musée du Trocadéro. (Cf. Revue d’ethnographie, 1 . 1 , p. 35 i , fig. i 38 à 1 43 , 1882.)

^ Voir plus haut, p. 17.

respectivement 1 20 et 1 1 3 millimètres. L’ossature de la voûte est grossière, l’épaisseur en est relativement forte. Les os sont reliés par des sutures fort simples et encore toutes ouvertes.

La mâchoire inférieure indique cependant un âge assez avancé ; l’usure des quatre dents restées en place est considérable et l’atrophie des régions molaires assez grande pour que la branche horizontale ne mesure, à ce niveau, que 19 millimètres de haut.

Les autres os du sujet, deux humérus brisés, un demi-bassin fracturé, les fémurs, les tibias et un péroné incomplets, prêtent aux mêmes comparaisons que la voûte crânienne. Les deux humérus montrent notamment le développement exagéré de la lèvre antérieure de la coulisse bicipitale signalé dans les précédentes descriptions *, et celui de ces deux os dont l’extrémité inférieure est à peu près complète présente un trou olécranien de b millimètres sur 8.

Le sacrum, dont il n’existe plus qu’une moitié, était large, court et de faible courbure. L’iliaque gauche, malheureusement mutilé dans son tiers antérieur, rappelle bien son similaire de Tlaltelolco.

Les diaphyses fémorales sont moins minces en travers (2 B millimètres) et surtout plus épaisses d’avant en arrière (27 millimètres), et les tibias, relativement un peu moins comprimés que ceux dont la description a été donnée à la page 2â, ont pour indices de platycnémisme, le droit, 65 , et le gauche, 67. Le péroné a quatre faces bien distinctes.

Crânes de Pmblos anciens. — Les habitants des anciens villages ruinés que l’on rencontre en si grand nombre dans le Nouveau-Mexique, le Colorado et l’Arizona^, et qui ont gardé leur nom espagnol de Pueblos^, avaient le même type que ceux des Cases Grandes, s’il est permis de tirer une conclusion des faits très peu nombreux recueillis jusqu ici par les explorateurs américains, faits que nous allons résumer aussi nettement que possible.

Crânes d'Abiquiu. — Les premières observations relatives à la craniologie des anciens Pueblos sont dues à Em. Bessels''; elles portent sur quatre crânes exhumés par M. T. H. Holmes et MM. Yarrovv, Cope et Ainsworth, dans le voisinage d’une ancienne ruine près d’Abiquiu, vallée du Rio de Chaîna (Nouveau-Mexique).

‘ Voir plus haut, p. ai et ig.

^ Voir la carte publiée sous la direction de M. Haydeii. ( Tenlh annual Report of the U. S. geoloffical and geographical Survey of the Teiritories, Washington, Governm. Print. 00106,-1878, in-8“, pl. LXXIV.)

’ Les Américains emploient aussi pour désigner les Pueblos le terme de MesadweUers, habitants des Mesas,

ZOOLOGIE DU MEïKJCE. — T” PAIITIE.

ces Tables hautes et plates qui caractérisent si bien le paysage du Nouveau-Mexique.

“ Bessels (D' Ém.), The human Remaim fourni amoiig the aiicient Ruins of South Western Colorado and North New Mexico {Rtill. of the United States geol. and geogr. Survey of the Territories, vol. II, p. Ay-GS, pl. XXIII- XXIX. Washington, 1876).

IMPRIMERIE NATIO.XALL.

Le premier de ces crânes, presque Intact (il ne manque à la pièce que l’apophyse styloïde droite et les deux condyles), est un crâne d’homme adulte, qui répète la plupart des traits précédemment relevés L

L’auteur fait suivre sa description, que nous reproduisons ci-dessous en note, de quelques mesures, mais sans indiquer bien exactement les points de repère qu’il a adoptés pour les prendre. 11 résulterait des chiffres qu’il donne que la ca|)acité de la pièce atteindrait iBaS centimètres cuhes, que la circonférence horizontale serait de 5 o 8 millimètres, que les trois diamètres égaleraient 168, ikk et i 35 millimètres; que par conséquent les indices correspondraient à 85.71 , 80 . 35 et 93.76; que la largeur minimum du frontal s’élèverait à 1 19 millimètres et celle de la face à 166.

Le crâne n° 2 , recueilli comme le n° 1 par M. Holmes dans les ruines du puehlo d’AhiquIu, est un crâne de jeune femme ^ bien conservé, puisqu’il n’y manque que

' -fVu d'en haul, dit M. Ém. Bessels, le contour de la masse du crâne est à peu près cordiforme et tant soit peu irrégulier; cette irrégularité est due principalement à la dépression de la partie postérieure du pariétal gauche . Celte dépression s’étend aussi, mais moins marquée, à quelque distance sur le pariétal droit, dans un espace subtriangulairc. Elle s’avance également sur l’occipital, jusqu’à la protubérance. Les deuticulutions de la suture sagittale sont grossières, un petit wormien se voit dans la coronale près de l’arcade temporale gauche. Les tubérosités pariétales sont très prononcées. Sur le profil la hauteur considérable du crâne est très frappante, comme l’est aussi la dépression susmentionnée, si l’on tourne le côté gauche de la pièce vers l'observateur. L’occiput est droit, presque perpendiculaire , à partir d’un plan mené horizontalement à travers les bosses pariétales ; le centre de l'occipital est seulement un peu déjeté eu dehors. Les arcades temporales sont prononcées, les processus mastoïdes épais, le méat est plutôt allongé. La portion supérieure du frontal est fuyante à partir de la région des bosses ; les arcades susorbitaircs sont modérément convexes. L’angle naso-frontal est considérable, décelant un profil aquilin ; l’épine nasale antérieure est proéminente. On constate une légère tendance au prognathisme. La vue par devant montre un fi-ont modérément large ; la distance entre les orbites est plutôt considérable; le trou sus-orbitaire gauche est extrêmement petit; l’arcade droite est percée de trois ouvertures. Les insertions musculaires de la mâchoire inférieure sont très prononcées, mais la ligne oblique externe est comparativement peu développée. La hauteur de la branche atteint 71 millimètres. Les dents sont normales; leurs couronnes sont légèrement usées, spécialement celles des incisives, mais dans un excellent état de conservation.

Du côté de la base, la déformation apparaît aussi accentuée que sur le profil. L’apophyse mastoïde gauche, cpii est plus obtuse que la droite, est poussée en avant, et par suite le trou occipital est quelque peu tordu et asymétrique. Le trou condylien postérieur gauche manque; la dépression correspondante est peu apparente, et , comme dans d’antres cos semblables, les dimensions du trou existant sont plus grandes que de coutume. Les résultats de cette torsion se font sentir sur tout le côli; gauche à la base, et, de ce même côté, l’éruption de la dernière molaire ne s’est point cll'cctuée, tandis que la dent droite correspondante est percée.

ftVu par derrière, le j)rofil crânien est hexagone, les pariétaux obliquent considérablement de la sagittale aux bosses, à partir desquelles ils forment un plan perpendiculaire descendant jusqu’aux portions mastoïdes du temporal. Le profil inférieur de l’occipital est seulement un peu convexe. La protubérance occipitale n’est que faiblement indiquée, sui’loul si on la compare aux autres insertions musculaires, mais la ligne courbe est fortement empreinte. Tandis que la dépression qui donne insertion au muscle droit postérieur de la tête est profonde et bien développée à droite, elle est peu marquée à gauche. s {Op. cit., p. 5o et pl. XXllI-XXV, fig. i-5.)

^ Si chez CCS Indiens, dit M. Em. Bessels, l’éruption des dernières molaires a lieu au même âge que dans notre race, le crâne en question ne peut pas avoir appartenir à un sujet de plus ni de moins de dix-sepl ans. Puis il ajoute en note que comme la puberté se manifeste plus tôt chez les Indiens que chez les blancs, en général, on peut conclure de ce fait que l’éruption des dernières molaires est plus précoce dans la première race que dans la dernière.

ies arcades zygomatiques. Le texte de M. Bessels montre cette seconde pièce reproduisant, en les atténuant, les caractères de la première L

Sa capacité', mesurée par l’anthropologiste américain, ne dépasserait point 1020 centimètres cubes; sa circonférence serait de 3^2 millimètres; les trois diamètres égaleraient ibo, i 3 i et i 3 o millimètres; les indices correspondants se chiffreraient par 87.32, 86.66 et 09.26; enfin les largeurs maximum du frontal et du zygoma atteindraient 1 18 et 1 16 millimètres^.

Le troisième et le quatrième crâne d’Ahiquiu proviennent, nous l’avons déjà dit, de la mission de MM. Yarrow, Cope et Ainsworth^. L’une de ces pièces (n° 1178 du catalogue du Musée de l’armée) est la tête d’un enfant de dix ans environ, presque aussi déformée que celle de la femme dont il vient d’être question ; nous n’insisterons pas sur sa description, qui n’olfre qu’un médiocre intérêt. L’autre (n° 1 179 du même catalogue) est un crâne de femme adulte, qui a subi une déformation bien plus forte ; sa largeur (i 56 millimètres) est si grande qu’elle l’emporte sur sa longueur (i 53 millimètres), ce qui élève l’indice céphalique à 101.96. La capacité de cette tête, dont nous traduisons ci-dessous la description'*, est, suivant Em. Bessels, de i 38 o centimètres

' iT D’une manière générale, dit M. Éni. Bessels, lecrâne est de construction délicate, plutôt petit, et montre des surfaces adoucies et des insertions musculaires faibles.

ffVu de face, il présente des profils semblables à ceux du crâne décrit plus liant; mais, tandis que celui-ci était déformé du côté gaucbe, le crâne en question est comprimé à droite et asymétrique h un degré bien plus prononcé.

tfDans la vue de profil nous remarquons avant tout un prognathisme très développé, le front plutôt bas, et le contour de l’occiput presque droit. Ce dernier trait se manifeste d’une manière plus frappante lorsqu’on regarde le côté droit du crâne, sur lequel on peut conduire une ligne presque droite depuis le voisinage de la bosse pariétale jusqu’à l’apophyse mastoïde, en passant à quelques millimètres en dedans de la suture lambdoïde. Si l’on mesure la distance de la glabelle à la ligne courbe supérieure gauche de l’occipital, on la trouve de i 3 millimètres plus grande que celle que l’on aura mesurée entre les mêmes points à droite, ce qui montre clairement l’asymétrie du crâne.

CT La vue par derrière montre cette torsion avec moins de netteté que celle que l’on prend de la base ; cette dernière révèle une distorsion s'étendant à droite depuis le côté droit de l’occipital jusqu’à l’apophyse palatine rétrécie et allongée du maxillaire supérieur, qui est lui-même refoulé en avant. Comme dans presque tout exemple de prognathisme, le ti'ou occipital est reporté en arrière.»

Ém. Bessels, après avoir cherché à expliquer cette particularité, continue sa description en fournissant des détails minutieux et souvent inutiles sur les sutures, les apophyses , les bosses , etc. , de cette tête , qu’il finit par mesurer comme la précédente.

* Op. cil., p. 5 a et pl. XX.V-XXVII , lig. 6-1 o.

Report of Chief 0/ Engiaeem for i 8 y 5 , p. loGli. —

Cf. G. A. Otis, Clwek List of Préparations and Objecte in tiw Section of human Analormj of the United States Army medical Muséum, Washington, 1876, in-S", p. 91.

* rr Déformé d’une manière plus régulière que l’un ou l’autre de ceux dont il vient d'être fait mention , dit Bessels , ce crâne pourrait très bien être pris pour celui d’un ancien Péruvien. Cependant, ajoute-t-il , le frontal n’est pas aussi en retrait ipie cela se rencontre habituellement dans les crânes du Pérou, par suite de leur mode de déformation ; dans le cas dont il est ici question, la portion inférieure et antérieure du frontal monte très droite, presque perpendiculaire, et ce trait est bien plus marqué que dans aucune des pièces décrites plus haut.

ftVu d’en haut, continue l'anthropologiste américain, le crâne est cordiforme, raccourci, et a sa plus grande largeur environ à un centimètre au-dessus de l’insertion de l’auriculaire postérieur, dans un plan projeté perpendiculairement par les portions postérieures des processus zygomatiques. Les os nasaux et les processus alvéolaires de la mâchoire supérieure se développent considérablement en avant du profil général crânien , tandis que les

cubes; la circonférence horizontale mesure niilliinetres; la hauteur en atteint i/i2 , la largeur maximum du frontal est de 128 mdlimètres et celle de la face de i2 3 .

Crâne de Chaco-Cmon. — Le crâne découvert près du Pueblo del Arroyo dans le Chaco-Ganon, à lâ pieds anglais de profondeur, par M. W. H. Jackson, est encore un crâne déformé; mais la déformation en est beaucoup moindre que celle de la femme d’Abiquiu dont il vient d’être parlé. Son indice céphalique est exactement 90, ce qui le place, au point de vue des courbes céphaliques, au beau milieu de la série de Tlaltelolco, dont il a d’ailleurs presque tous les traits, à en juger par les photographies publiées par M. W. J. llolfman '. Les chilfres publiés par cet anthropologiste nous apprennent que les diamètres antéro-postérieur et transverse égalent respectivement i 55 millimétrés et 189,5 millimètres et demi, que le frontal maximum en mesure 118, que le frontal minimum descend à 87 millimètres, enfin que la circonférence horizontale est de A72 millimètres.

Nous donnons ci-dessous la traduction des pages consacrées à cette précieuse pièce

processus molaires et zygomatiques ne font que légèrement saillie, les premiers d’ailleurs plus que les derniers. De profil la portion occipitale du crâne semble perpendiculaire à quelques degrés près; seulement la moitié gauche de l’os proémine au niveau de la ligne courbe supérieure, plus développée de ce côté que de l’autre. Le processus zygomatique gauche est mince, le droit fait défaut, étant en partie brisé. Les os nasau.x sont très saillants et indiquent un nez romain.

frLa région faciale est comparativement petite; le front est étroit, les tubérosités frontales sont bien développées, les arcs sourciliei'S sont faiblement indiqués. Les molaires sont minces, l’épine nasale antérieure est proéminente et les mâchoires sont presque oi-Üiognathes. Les dents sont très irit’gulières ; les incisives gauches de la mâchoire supérieures manquent, la première droite est très large, tandis que la seconde est anormalement petite. Les canines sont très obliquement plantées, leurs couronnes inclinant considérablement vers la symphyse. La seconde bicuspide temporaire droite est encore en place, la dont permanente qui correspond n’ayant pas terminé son éruption ; les dernières molaires n’out pas encore pointé, grâce à leur position quelque peu anormale. Les dents de la mâchoire inférieure sont plus régidières ; les deux fausses molaires du côté gauche et la seconde du côté droit font défaut et la dernière molaire n'est point encore sortie. Le processus menlonnicr est bien développé ; la ligne oblique externe est faiblement indiquée; l’échancrure sigmoïde est peu excavée, les empreintes d’insertion des masséters sont faibles, enfui le bord antérieur de la branche est presque droit. rrLa base du crâne est presque triangulaire et seulement

un peu asymétrique. Le profil postérieur de l’occipital est presque droit et tombe à moins d’un demi-centimètre en arrière du bord postérieur du foramen nia^piurn. Les insertions musculaires sont très développées ; la protubérance occipitale est très allongée. Les condyles sont longs et étroits et leurs surfaces très inégales. Le trou condyloïdien postérieur droit est seul ouvert et très petit; la fosse correspondante est peu excavée, celle de gauche est profonde. f> [Op. cil., p. 5â et 55.)

‘ Hoffman ( W. J. ) , Report on the Cliaco Cranium ( Tentli annual Report of lhe United Siales geological and geographicnl Survey of the Territories, cmbracing Colorado and Parts of adjacent Territories, being a Report of Progress of lhe Exploration for lhe year i8j6 , by F. V. Hayden, U. S. Geolog. Washington , Govermn. Print. Office, 1878 , in- 8 ", p. /i53-â57, pl. LXXV-LXXVI).

Description du crâne de Chaco-Canon. — trCrùne asymétrique, paraissant être celui d’une femme. L éruption des dernières molaires ii’a point encore eu lieu. La cavité crânienne est totalement empâtée de sahie et de gravier, qui ont la consistance do grès agglutinés; toute tentative pour dégager la pièce pourrait être désastreuse. Depuis sa découverte le crâne a reçu dans le transport diverses injures, les maxillaires supérieurs ont été brisés, et comme les surfaces de fracture ont disparu par les frottements, on ne peut plus obtenir l’angle facial. L'os est fragile, d’une couleur grisâtre jaune -brun, et de consistance crayeuse par places ; la table externe est plutôt dure. La ligne ethmoïde, les processus zygomatiques et la mâchoire inférieure manquent, les extrémités des zygomas indiquent que ces apophyses étaient minces et déliées. La vue de face

par M. W. J. Hoffman, qui a eu le mérite d’en reconnaître, dès 1876, les affinités générales avec les anciens crânes mexicains, d’une part, et, de 1 autre, avec ceux des Clijf-DweUers , dont il sera question un peu plus loin.

Crânes de Puehlos actuels. — L’aire géographique des Pueblos s’est considérablement rétrécie depuis l’époque indéterminée, mais relativement ancienne, ou ces peuples étendaient leur habitat jusqu’au delà du Rio San-Juan, dans le Colorado du Sud . Il ne reste plus aujourd’hui de Pueblos que dans 1 Arizona, le Nouveau-Mexique et le nord du Texas; ces survivants ressemblent d’ailleurs exactement à leurs ancêtres.

On les divise en A-shi-wi ou Zufiis, Hopites ou Moquis, Toltos, Sandia, Queres et .lemez. Ceux des deux premiers groupes sont seuls assez bien connus; on rencontre les uns dans le bassin supérieur de la rivière Zuni, les autres dans le desert de Tusayan.

Crâne de Zuni — Les Ziuiis sont aujourd’hui localisés dans trois puehlos du Nouveau-

montre un front ëtroit, sVUargissant en haut et en arrière, (le manière à donner le maximum de largeur au niveau des pariétaux; des orbites de forme ovale; un nez large, à en juger par les courbes de la partie inférieure de l'éminence nasale et de la partie antérieure et supérieure du maxillaire. Les éminences frontales s’unissent et forment une arête médiane qui se prolonge jusqu’à l’éminence nasale, élargie et proéminente. Les arcs sourciliers sont très peu marqués et portent un trou et une encoche audessus de l'orbite gauche, et deux trous a droite. La particularité la plus frappante est le grand aplatissement de la portion postérieure du crâne, comprenant la partie antérieure de l’occipital et les parties supérieures et postérieures des pariétaux; la plus grande surface aplatie appartenant au côté gauche de cette région. La compression, étendue ainsi vers la gauche, a exercé aussi une inllueiice considérable sur les portions antérieures des os pariétaux, supérieures et latérales dufi-ontal. Prenant en considération les courbures et les convexités, telles qu’elles se produisent <lans les tentatives d’aplatissement que pratiquent les races aborigènes, je ne pense pas qu’il y ait eu ici déformation yosi niortem, mais, au contraire, que nous avons sous les veux une manifestation d’une coutume passée.

«Dans l’état incomplet de la pièce, on peut prendre une idée de la déformation en mesurant l’angle <[uc font deux lignes dont l’iinc suivrait la surface aplatie du crâne postérieur, l’autre étant tirée de l’éminence nasale le long du frontal, qui est à peu près droit entre les éminences frontales. Ces deux lignes interceptent un angle de 27 degrés. r.e frontal, en arrière des apophyses externes, présente une dépression modérément profonde, qui s’accentue en se prolongeant sur la grande aile du sphénoïde. Cette der-

nière est plus saillante à gauche qu’à droite. Les fosses glénoïdes sont extraordinairement profondes et bien délimitées. Le diamètre antéro-postérieur du trou occipital est le plus grand, ce qui est dù à l’existence d’une encoche postérieure, du milieu de laquelle part une crête qui se prolonge irrégulière jusqu’aux lignes courbes inférieures qui sont médiocrement visibles. Celte crête est proéminente, tranchante, et limite nellcraent de chaque côté les dépressions profondes et remarquablement développées où s insèrent le grand et le petit droit postérieurs.

tfLos lignes courbes supérieures manquent et les surfaces d’insertion des muscles complexus sont irrégulières, raboteuses et ridées. La serration de la suhire sagittale est plutôt grossière. La suture coronale, eu se dirigeant vers l’occiput, devient plus line et reiderme plusieurs petits vvorrniens; la latnhdoïde est remnr([uable par ses denticulations et par la largeur qu’elles occupent; plusieurs grands vvorrniens existent à gauche; à droite la serration est moins large, mais plus intriquée. L’extrême longueur du point le plus large, pris à gauche de l’angle antérieur de l’occipital, mesure 1 pouce 12.

trLes masses de sable contenues dans la cavité crânienne ayant une tendance à l’expansion, les sutures se sont trouvées légèrement distendues ; il faut tenir compte de ce fait en prenant les mesures. . . . ’» Suit le tableau analysé plus haut.

' Cf. Map of lhe Région occupied by the ancient Ruins on Southern Colorado, Utah and Northern New Mexico and Arizona , also showing the Location of most of the modem Pueblos {Tenth animal Report of the United States geological and geograpliical Survey, Washington, Governm. Print. Off., 1878, in.8“, pl. LXXIV).

Mexique, Zuni, Nutria et Pescaclo U Ils ont été longuement étudies à divers égards par MM. J. et T. Stevenson, Cushing, Poweli, Bourke^ etc.; mais on ne connaît qu’une seule pièce anatomique recueillie chez eux. C’est un crâne exhumé par M. Cushing à He-sho-ta-u’-thla, ruine ancienne située à environ 9 milles dans l’est de Zuni, et offert par ce voyageur à M. Ten Kate, qui en a publié une description sommaire dans la Revue d’anthropologie^. Ce crâne'*, qui appartient maintenant au Musée Broca, est excessivement brachycéphale, fortement aplati et légèrement asymétrique en arrière : le frontal est haut et large (front, max., 128 millimètres); la ligne courbe occipitale supérieure est extrêmement accusée.

Les caractères les plus accentués de la face sont la largeur de l’espace interoi’bitaire, la saillie des os propres du nez recourbés en forme de bec à leur extrémité inférieure, la projeclion assez accusée de l’arcade dentaire, enfin l'usure notable des dents. Les orbites sont à peu près carrés, et leur hauteur atteint presque leur largeur; l’arcade dentaire est demi-circulaire.

Crâne de Moqui. — Les Moquis ou Hopite forment une tribu de 1,800 âmes environ, répartie en six pueblos dans la région de Tusayan (Arizona). C’est encore à M. Ten Kate que nous devons les seuls renseignements anatomiques publiés sur ces Indiens^. M. Ten Kate a donné, en effet, la description d’une tête d’adulte exhumé d’un tombeau moqui par M. Sullivan. Le crâne est plus long et moins haut que celui du Zuni, dont nous venons de faire connaître les dimensions ; l’absence presque complété de déformation pariéto-occipitale suffit à expliquer ces différences. Le frontal est droit, les arcs sourciliers y sont de dimensions moyennes, et les insertions musculaires assez fortement marquées; les pariétaux offrent dans leur moitié postérieure un méplat assez

* Au moment de la de'couverte, ils occupaient sept pueblos, les fameuses sept villes de Cibola.

^ Stevenson (Tilly E.), Zufii and theZuniatis. Washington , Governm. Priiit. Off. , 1 88 1 , br. in-8'’, fig. — Cushing (Fr. H.), My Adocnlures in Zuiii {The Century ^illustraled Munlhly Magazine, Dec. 1 88a , p. 191, etc. ). — Id. , Zuni Fétiches {Animal Report of lhe Bureau of Ethnology, 1880- 1881, Washington, Governm. l’rint. 0 (f., i 883 , in- 4 °, p. 9-45). — Ten Kate (D'), Reizen en Onderzoeking in Nord Amerika , Leiden, i 885 , in-8'’,paA's. — J. G. Bourke, The Snake-dance of lhe Moquis of Arizona, heing a Narrative of a Journey from Santa Fé, New Meanco lo lhe Villages of the Moque Indians of Arizona, etc. London, i 884 , in-8°, 33 pl. — Etc.

^ Ten Kate (D' ), Sur quelques crânes anciens de l’ Arizona et du Nouveau- Mexique {Revue d’anthrop., a' série, t. Vil, p. 486 - 49 a, i 884 ). — Ce crâne aurait appartenu

à un guerrier zuni surpris par Tennemi , qui , selon la tradition, dévastait la ville de He-sho-ta-u’-lhla. Je le crois bien plutôt féminin, il a appartenu à un sujet avancé en âge; toutes les molaires sont tombées et les alvéoles des grosses molaires sont résorbés à la mâchoire inférieure.

^ Principales mesures du crâne de Zuni de la collection Ten Kate: Gap. crâu., // centimètres cubes; cire, horiz., 470 millimètres; d. a. p., i 54 millimètres; d. Ir. inax., 107 millimètres; d. bas. bregin. , i 44 milhmètres; ind. céph. , 95.45, 93.50, 97.9.5; front, max., 128 millimètres; biorb. ext., io6 millimètres; bizygom., i 3 o millimètres; haut. fac. , 86 millimètres; ind. facial, 66 .i 5 ; nez ; long., 46 millimètres; larg., 2 4 millimètres; ind. nasal, 62.17; • haut., 36 millimètres; larg., 67 mil-

limètres; ind. orbit. , 97-29.

^ Ten Kate (D'), Description d’un crâne d’Indien Moqui {Archives néerlandaises, t. XX, p. 188).

accusé qui se continue sur l’angle supérieur de l’occipital occupé par deux gros wormiens de forme triangulaire, à peu près symétriques. La face, à peine un peu prognathe et relativement peu large, est surtout remarquable par le développement du maxillaire inférieur, dont les branches montantes, hantes et larges, se redressent presque à angle droit h

Mesures prises sur vingt Maquis. — Pour M. Ten Kate, la morphologie de ce crâne n’est autre que la résultante du mélange des deux formes qu’il a distinguées sur le vivant dans les pueblos des Moquis et qu’il considère comme fondamentales. L’un des types observés lui a rappelé, par ses traits anguleux et son nez aquilin ou busqué, le type indien par excellence ; mais l’autre lui a paru cf caractérisé par une physionomie rappelant à la fois des caractères mongoliques et celtiques, tels que la face large et aplatie, le nez droit ou légèrement retroussé et plus ou moins épaté, l’œil bridé 77, etc. Ce second type de M. Ten Kate n’est autre, en somme, que celui dont nous poursuivons la distribution géographique en ce moment; il est très général chez les femmes moquis.

Qu’ils appartiennent d’ailleurs à l’un ou à l’autre de ces types, les Moquis sont brachycéphales avec l’indice 87.69 chez les hommes, l’indice qo.oâ chez les femmes et l’indice moyen 88.27^. Ils sont en même temps petits : quinze hommes mesurés par le voyageur hollandais avaient 1 mètre 61; cinq femmes restaient au-dessous de 1 mètre â8, donnant en somme comme taille moyenne 1 mètre 078. Leur couleur est, pour la face, celle du numéro 33 de l’échelle chromatique de Broca; pour les bras, elle correspond aux numéros 29 et 87.

Les photographies de Pueblos de San-Juan, de Taos, etc., des albums qui appartiennent à l’Institution Smithsonienne, confirment dans une certaine mesure les appréciations que nous venons de résumer^.

Sommaire. — Cliff-Dweliers et Mound-Builders. — Squelette de Hoven-Weep. — Crânes de Scioto, etc.

Clijjf-Dwellers. — On nomme aux Etats-

' Voici, suivant M. Ten Kate, les principales mesures de cette pièce : Gap. cran., i 353 centimètres cubes; cire, boriz-, 485 millimètres; d. a. p., 168 millimètres; d. tr. max., i 4 o millimètres; d. bas. bregm., i 3 a millimètres; ind. cépb., 83 . 33 , 78.67, gâ.aS ; front, max., n millimètres; min., 93 millimètres; biorb. ext., n millimètres; bizygom., 128 millimètres; haut, face, 91 millimètres;

Unis Cliff-Divellers ou Cave-Divellers , ce qui

ind. face, 71.09; nez : long., 5 o millimètres; larg., 23 millimètres; ind. nas., 46 . 00 ; orbit. : haut., 35 millimètres ; larg., 37 millimètres; ind. orb. , 94.69.

^ Ces indices ont été' pris sur les quinze hommes et les cinq femmes dont M. Ten Kate a également pris la taille.

^ Cf. W. H. Jackson, Cat. cit., p. 107, n" 1 5 , 17, 20, 6 i 4 - 6 i 8 , etc.

veut dire habitants des falaises ou des caves, les Indiens qui peuplaient autrefois les curieux villages découverts en si grand nombre par le Geological and Geographical Survey dans les berges du Rio de Cbelly, du Rio San-Juan ou de ses affluents Mac- Elmo, Mancos, la Plata, du Rio Dolores^ etc.

Ces Indiens, sur lesquels toute tradition est muette, ont formé, sur les confins de rUtah, du Colorado, de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, des agglomérations assez importantes pour que, dans certaines vallées occupées jadis par eux, l’explorateur ne puisse voir aujourd’hui, cependant des journées entières r, que des falaises à pic percées de toutes parts par la main de l’iiomme. Le major Powell compare ces habitations, tant elles sont nombreuses et rapprochées, aux alvéoles d’une ruche.

L’ethnographie de ces Cliff-Dwellers est assez bien connue, grâce aux beaux travaux de MM. W. H. Holmes, W. H. Jackson, E. A. Rarher, etc. Mais on sait encore très peu de chose de leurs caractères physiques. Un seul squelette a pu être recueilli par M. Chittenden, un des agents du Survey. C’est cette pièce que Bessels a fait connaître sous le nom de crâne de Hoveii-Weep, dans le mémoire déjà cité plus liautL

Crâne de Hoven-Weep. — Le Hoven-Weep est un affluent du Mac-Elmo, et c’est à 10 railles environ au-dessus de la jonction de ces deux cours d’eau et sur les bords du premier que le squelette de CUJf-Diveller a été découvert^.

Le crâne, tout incomplet qu’il est en arrière et en bas, prete neanmoins a des comparaisons intéressantes 11 rappelle en effet, à bien des égards, une partie des pièces anciennes que nous avons décrites au commencement de cet article. Il est à la fois court, large et relativement élevé; sa face est large et massive et ses mâchoires puissantes font en avant une saillie fort accusée.

Crânes de Mound-Builders. — Ém. Bessels, qui a donné de ce crâne la description traduite ci-dessous®, a le premier rapproché les ossements découverts dans les anciens

' Bitll. ofihe United States geolog. and geogr. Survey oj ihe Territories, vol. II, p. 4 , 7, 10, etc., 1876. — Cf. Map of lhe Région occupied by lhe ancient Ruiiis on Southern Colorado, Ulah and Northern New Mexico and Arizona {Tenth annual Report of lhe United States geological and geographical Survey of ihe Terrilories. . . by F. V. Hayclen. Washinglon, Govenim. Print. Off. , 1878, in-8’).

’ Rull. of the United States geolog. and geogr. Survey of the Terrilories, vol. II, p. 5 a, pl. XXVIII et XXIX, %. i3.

^ L’emplacement exact de la fouille de M. Chittenden se trouve à 3 o railles au nord de la frontière du Nouveau- Mexique et à 6 milles à l’est de celle de l’Utah. crLes os du squelette, écrit M. Holmes, se projetaient de côté dans la

profondeur de l’alluvion et semblaient indiquer par leur position que le corps avait été enseveli dans une attitude accroupie. Le crâne était à environ 4 pieds de la surface. » {Ibid., p. 47.)

‘ L’absence presque complète d’occipital a empêché Bessels de prendre la longueur et la hauteur du crâne. {Ibid., p. 53 .) La largeur pariétale atteint, suivant lui, ]36 millimètres, la largeur li-on taie enmesui'C 119, enfin le diamètre bizygoniatiquc est de )44 millimètres. Les autres chiffres donnés correspondent à des mensurations qui sortent du cadre habituel.

® Quoique l’occipital, dit à peu près Bessels, ait complètement disparu, on peut voir aisément que le crâne a subi une déformation analogue à celle des deux autres

puchlos et dans le voisinage des cliff-divellmgs , de ceux que l’on a rencontre's ensevelis sous les tumulus ou mounds des grandes vallées du Mississipi, de l’Oliio, etc., et qui sont considérés comme ayant appartenu à un ensemble de peuples habituellement désignés aux Etats-Unis sous le nom de Mound-Buîldprs ou constructeurs de lumuhts.

Crâne de Scioto. — Le plus célèbre de tous les crânes connus de Mound-Builders est celui qu’ont découvert MM. Squier et Davis au fond d’un jiiound des environs de Cbillicothe (vallée de Scioto, Etat d’Ohio). Ce crâne de Scioto, Sciolo sknll, exhumé dans des circonstances qui ne pouvaient laisser aucun doute sur sa contemporanéité avec le monument qui le recouvrait, a été décrit et figuré dans le célèbre ouvrage des deux archéologues américains sur les monuments anciens de la vallée du Mississipi il appartient aujourd’hui au Musée de l’Académie des sciences naturelles de Philadelphie. La brachycéphalie en est exagérée : le diamètre antéro-postérieur égale i65 millimètres; le transverse en atteint iSa, et l’indice s’élève à qa.i 2. Mais, en même temps qu’il est tronqué en arrière et qu’il se dilate brusquement dans scs régions pariétales, le crâne de Scioto se relève verticalement, et la hauteur semble l’emporter quelque peu sur la largeur^. Le front est développé en haut et en arrière suivant une longue courbe

ceux d’Abiquiu), mais plus sensible du côté droit, comme le montre la vue d’en haut ; toutefois la dépression de la région occipitale ne paraît pas avoir été aussi grande que dans aucun des cas ci-dessus mentionnés. I.e contour du crâne est plus ovale, mais semble quelque peu aplati, près’ de la ligne médiane , sur les pariétaux. Les arcs sourciliers font une saillie considérable en dehors du contour général du frontal et dans la même vue d’en haut les os zygomatiques, nasaux et maxillaires supérieurs se voient eu saillie. Il ne reste pas de traces de la suture sagittale; mais la coronale est bien visible. . . La paroi droite du crâne est de la couleur brun foncé fréquemment obsei’vée sur les os exhumés des marais tourbeux; l'examen a appris que cette coloration était surtout due h la présence du fer. Gomme le reste de la surface, cette paroi droite, outre sa coloration, porte de nombreuses et fines craquelures produites soit par l’eau qui a dissous le carbonate de chaux du tissu osseux, soit par les racines des plantes qui se sont assimilé les sels des os. La face que nous considérons a conservé la portion externe de son mastoïde , qui est très massif. L’arcade temporale est très développée et le processus zygomatique robuste. Le frontal, continue Bessels, fuit presque autant que sur d'anciens crânes péruviens qui sont là devant moi et qui ont été artificiellement déformés. Les arcs sourciliers sont très proéminents, les os nasaux courbés et aquilins. La mâchoire supérieure est prognathe à un degré considérable.

ZOOLOGIE DU MEXIQUE. l" l'AUTIE.

Dans la vue de face les sillons sourciliers apparaissent très marqués, les arcs sus-orbitaires puissants, les trous larges; l’épine nasale antérieure est en saillie; la cloison oblique, reportée h droite en annère. La première incisive gauche est en partie disparue; les couronnes des dents, et principalement des molaires, sont usées. Les insertions des muscles de la mandibule sont puissantes, plus développées à gauche qu'à droite; les processus du menton sont proéminents. [Op. cit., p. 53.)

Suivent cjuelques mesures parmi lesquelles nous citerons le diamètre transversc maximum, i36 millimètres; le frontal maximum, iiij millimètres; la courbe frontale , ia6 millimètres; la pariétale, iSa millimètres; et le diamètre bizygomatique, iUh millimètres.

' Squier (E. G.) et Davis (E. IL), Ancienl Monuments of the Mississipi Valley comprising the Resulls of exlensice original Surveys and Explorations (Smithson. Contrib. lo Knowledge, vol. I, p. aSS-aga, pl. XLVIl et XLVIII, i848, in-4°). — Gf. Wilson (D.), op. cil., p. a44.

“ Nous ignorons malheureusement la mesure exacte du diamètre basilo-bregmaliipie, remplacé par un diamhtre vertical, dont les extrémités ne nous sont point exactement indiquées. Ge diamètre vertical atteint i55 millimètres; le diamètre frontal est de 1 1 3 millimètres ; l’arc intermastoïde en a 4oo ; la ligne du même nom, 1 1 3 ; l’arc occipitofrontal égale 345 millimètres; enfin la circonférence horizontale eu mesure 495 . ( Wilson, op. cit., p. aây.)

IMPRIMERIE KATION.4I.E.

assez régulière, les arcs sourciliers sont bien dessinés et se rejoignent en une forte glabelle : c: Ajoutez à cela, dit M. D, Wilson, les orbites larges et carrés, les mâchoires hautes et massives, la région maxillaire saillante et lourde, et le nez proéminent», et vous aurez les traits qui caractérisent, suivant l’expression de Morton, tOe type de crâne qui prévaut chez les tribus brachycéphales américaines anciennes et modernes » , type dont cet auteur a, comme on sait, abusivement généralisé la distribution à tout le nouveau continent.

Aiilres crânes de Mound-Buildcrs. — Ce type de Mound-Builder primitif s’est retrouvé au Grave Creek Mound : deux crânes de ce fameux monument, étudiés l’un par Morton ' , l’autre par J. C. Warren^, reproduisent le profil de celui de Scioto. Le crâne du mound de Nashville (Tennessee), celui de la rivière Huron (Ohio) et quelques autres encore offrent le meme type^. Les mandibules qui accompagnent plusieurs de ces pièces sont remarquables par leurs formes massives\

Le Muséum de Paris possède, des mêmes régions, un crâne fort ancien trouvé par Al. Lesueur en 1829 dans le Bony Bone Bank, sur les bords du Wabash. Nous ne nous arrêterons pas à l’examen de cette pièce, qui rappelle plus ou moins le type des précédentes.

Mais nous voulons au moins indiquer en passant les analogies que présente avec les crânes de Scioto, Grae Crevek, etc., celui d’un Moimd-Biiilder des bords de Wortb Lake, côte sud-est de la Floride. Ce crâne, que nous tenons de M. Ward , offre toute la morphologie de ceux dont il vient d’être parlé; il est malheureusement fort incomplet et l’on n’y peut prendre qu’un très petit nombre de mesures. Nous constatons toutefois que les diamètres antéro-postérieur et transverse égalent 16A et 1A6 millimètres; que l’indice s’élève par conséquent à 89.02 ; que le front mesure 122 millimètres de largeur en haut et 89 en bas; enfin que la circonférence horizontale ne dépasse pas ^82 millimètres.

' Morton (G.), Crama americana, p. aaS et pl. LUI.

^ Procecdiiigs of Boslon mt. Ilist. Soc., vol. IV, p. 33 1.

■’ Morton (G.), Cranta americana, p. aaù et pl. LV. — Wilson (D.), op. cit., p. atiS, etc.

^ Mesures moyennes de cinq crânes de mounds, d’après M. D. Wilson : Diam. mit.-posl., 167 millimètres; diatn. (ransv. max., 1/18; ind. cèpli., 88.62; diam. verlictd (i), 1 4 o millimètres; front (?), 1 o 4 ; arc occipito-frontal, 3.55 ; circonférence horizontale, 5o2. Deux crânes de femmes trouvés dans deux mounda de l’Oliio donnent pour mesures correspondantes 1 60 et 1 36 millimètres ; 8 1 .92 ; 1 3 2 , 101, Blfj et 475 niillimètr'es.

Morton a fait connaître dans ses Cranta americana trois

autres cr ânes, extraits, le premier d’un mound des Lords de l’Alabama (p. 162 et aaS, pl. LIV), le second d’un mound fouillé dans le voisinage de Circleville, Etat de rOhio (p. 219, pl. Ll), le troisième d’un mound du haut Mississipi (p. 220, pl. LU). 11 est pltm que probable , disent Sqnier et Davis (p. 290), que ce sont des ci’âiies de quelqu’une de ces tribus d’indiens qui ont enterré leurs mords dans les anciens tumulus, à une époque relativement récente. Ges auteurs ont eux-mâmes découvert nombre de ci'ânes semblables dans des mounds de la vallée de Scioto , et l’on trouvera dans leur gi'and ouvrage des indications précises sur quatre de ces sujets inhumés après coup dans les monuments primitifs (p. 291).

Des douze crânes plus ou moins complets de même provenance que renferme le Musée médical de l’armée des Etats-Unis, huit rentrent dans le même type et offrent des indices échelonnés de 8o à 86 h

Le Musée de Frihourg contient une vingtaine de crânes anciens de Cedar Key (Floride), qui ont été décrits par Alex. Ecker^ et dont les indices s’échelonnent entre 89 et 7^1.7 ; quatorze de ces crânes sont brachycéphales.

C’est d’ailleurs en Floride, et plus généralement dans les Etats-Unis du Sud-Est, que se sont surtout perpétuées jusqu’à nos jours les formes céphaliques des MounêrBmldevs primitifs. Nous citerons, entre autres documents qui confirment cette assertion, la description du crâne uchie du Collège des chirurgiens de Londres (ind. céph., 83 . 85 ), et celle du crâne attapaka du Muséum d’histoire naturelle de Paris (ind. céph.,

Le type ne s’étend guère au nord de l’hahitat ancien des Muskogies, des Uchies, etc. C’est à peine si, au milieu des centaines de crânes d’indiens modernes du versant atlantique décrits par G. Morton et par ses successeurs, il s’en rencontre quelques-uns qui, par leurs caractères généraux, se rapprochent plus ou moins du Scioto ou de ses analogues. Aitken Meigs n’en a trouvé que dix-huit, sur les deux cent vingt ou environ de la collection Morton, qui pussent passer pour cuboïdes ou pour globuleux'', et M. D. Wilson a rencontré seulement dix-neuf têtes brachycéphales dans les grandes collections de Philadelphie, de Boston, de Toronto, etc.; encore faut-il dire que, sur ces dix-neuf têtes, dix seulement sont brachycéphales au sens véritable du mot.

‘ Deux pièces seulement de celte série sont mésaticépliales à 76 et à 7/1. (Olis, op. cit., p. 26 et 56 .)

^ Ecker, Zur Kennl. d. Kôrperhmies früherer Eimrohner d. Ilalbmsel Florida (^Archivf. Anthr,, X, 101 et 187).

■' Cf. Crania ethnica, p. 466 .

‘ Nous trouvons trois de ces crânes (igurés dans les Crania americana. (Georges Morton, op. cit., pl. XIX, XXXIetXCI.)

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