Anthropologie du Mexique
Sommaire. — Les légendes mexicaines devant la critique historique. — L’école de Prescott et celle de Brasseur de Bourbourg. — Les sokils de la terre, du feu, du vent, de l’eau. — Les premiers hommes dans la légende quiché. — Géants et éléphants. — Xelhua. — Les Quinamés. — Silex taillés quaternaires du Rio de Juchipila, du Rio Grande de Santiago et du plateau de l’Anahuac. — Leur comparaison avec ceux du Kansas, du Wisconsin et des Etats de New-Jersey et de New-York.
Les légendes mexicaines devant la critique historique. — Les renseignements nombreux et varie's qu’ont fournis, sur l’ancien Mexique, les premiers auteurs espagnols, et ceux que l’on a voulu tirer, plus lard, des manuscrits indigènes, sont très diversement appre'ciés par les historiens modernes.
Tandis que Brasseur de Bourbourg accepte sans réserve tout l’appareil légendaire que ces divers ouvrages nous ont transmis et s’efforce de reconstruire sur cette base fragile le passé presque entier de l’Amérique intertropicale', Prescott déclare que ces récits sont cesi pleins d’absurdités et de mensonges, qu’on a dû en rejeter les ' neuf dixièmes 55, et il ajoute que rila cause de la vérité aurait peu souffert du rejet des neuf dixièmes de ce qu’on a conservé ^ 55 . Le jugement de Prescott est assurément trop sévère Mais on sent que si le célèbre historien repousse aussi énergiquement
‘ Brasseur de Bourbourg : Histoire des nations civilisées du Mexique et de l’Amérique centrale durant les siècles antérieurs à Christophe Colomb, Paris, 1857, in-S", 1. 1 ; Popol Vuh. Le livre sacré et les mythes de l’antiquité américaine, Paris, 1861, in-S"; Quatre lettres sur le Mexique, Paris, 1868, in-8°; Mamiscrit Troano. Etudes sur le système graphique et la langue des Mayas {Mission scientijique au Mexique et dans l’Amérique centrale):
ZOOLOGIE DU MEXIQUE. l" PARTIE.
Linguistique, t. I et II, Paris, 1869-1870, in- 4 °. Etc.
^ W. Prescott, Histoire de la cotu/uête du Mexique. Trad. fr., Paris, i 864 , in-8% t. I, p. 9, note 12.
’ Voir, sur la valeur ethnographique des légendes, en général, l’introduction de Basent à sa traduction des contes populaires d’Ashjôrnsen [Popular taies from the Norse with an introductory Essay on ihe origin and diffusion of popular taies). 2"* ed. Ediiihiirgh, 1869.
IMPRIMERIE NATION.\l.E.
tout secours emprunte' aux traditions et aux livres indigènes, c’est qu’il a été' provoqué à cette extrémité par les regrettables écarts des adversaires qui compromettent à ses yeux les études américaines.
Il faut convenir, en effet, que l’école dont Brasseur de Bourbourg a longtemps été le chef pousse parfois jusqu’aux dernières limites l’absence de critique, attribuant à de simples légendes d’origine inconnue et quelquefois récente l’autorité de véritables témoignages historiques, ne tenant un compte sérieux ni des interpolations, ni des remaniements, ni des lacunes dans les documents sur lesquels elle appuie sa doctrine, et se laissant ainsi entraîner à des interprétations dénuées de toute espèce de valeur L
Cependant l’analyse scientifique des documents traditionnels du Mexique et de l’Amérique centrale, dont cette école a si singulièrement exagéré la portée, permet de saisir un certain nombre d’indications générales qui ne sont pas sans offrir un intérêt réel. Nous allons voir tout à riicuro que les études poursuivies de nos jours ont abouti à établir deux ordres de faits très importants, dont ces légendes avaient perpétué le souvenir, je veux parler de la haute antiquité de l’homme au Mexique et de la diversité des races humaines qui se sont succédé dans ce pays, dès les premiers temps de son occupation.
Les quatre soleils. — La tradition des Mexicains, consignée dans leurs manuscrits et dans leurs légendes, faisait assister l’homme à de grands phénomènes naturels, dont le nombre variable était au moins de quatre, et qui s’enchaînaient, suivant les récits, de différentes manières ^ Tantôt une inondation {)récédait des éruptions volcaniques; tantôt, au contraire, des pluies de pierres et de feu étaient placées avant les météores
* Cf. Brasseur de Bourbourg, Hisl. des nnl. civilisées du Me.rique, 1. 1 , p. 53 , 55 , et Mamtscril ïroano, l. I et II. — Tvlor, Aiiahuac, or Mexico and llie Mexicnns ancient and modem, I.ondon, iSbi , in-8°, p. 976. — Sime'on, Manuscrit Trminn {Rev. archéolo{j'. , nouv. sé’. , n' aunée. p. 91 3 et aSy, 1870-1871). Etc.
* Iliimlioldt e.xpligue une partie de ces inversions de la manière suivante : rDans le Commentaire du père Bios (il s’agit du commentaire lait à la copie du manuscrit mexicain dit du Vatican, par le P. Padro de los Bios, en i 566 ), l'ordre d’après lequel les catastrophes se sont .succédé est entièrement conl'ondu : la dernière, qui est le déluge, y est regardée comme la jn'emière.s d-a même erreur (c'est toujours Huraboldt qui parle) se trouve dans les ouvrages de Gomara, de Clavigero et de la plupart des auteurs espagnols, qui, oubliant que les Mexicains rangeaient leurs hiéroglyphes de droite 5 gauche en commençant par le bas de la jiage, ont nécessairement interverti l’ordre des quatre destructions du monde.» L’ordre suivi
par Humboldt, d’après la peinture du Vatican et le texte d’Ixtlixochilt, est le suivant :
1” Age de la terre ou des géants ; 3“ âge du feu ou âge rouge ; 3 ° âge du vent ou de l’air; /i° âge de l’eau. (Al. de Humboldt, Vues des Cordillères et Monuments des peuples de l’Amérique, p. ao^i et pl. XXVI, Paris, gr. in-f, 1810.)
M. Cbavero, qui a consacré à cette dilliciie question des soleils plusieurs chapitres de sa dissertation si remarquable sur h pierre du soleil (Alfredo Chavero, La piedra del sol, seguudo estndio [Anales del Masco nacional de México, t. I, p. 353 , 38 ü]), a adopté un ordre diiïérent : Atonatiuh «le soleil de l’eau» est suivi de Eliecatonatinh trie soleil du vent» et de Tktonatiuk trie soleil du feu»; le Tlachitonatiuli r soleil de la terre» termine la série. Nous l’envoyons à cette savante étude les lecteui's qui voudraient se rendre un compte exact des différentes o|)iuions exprimées par les chroniqueurs sur la durée de chacun des soleils, sur les divers noms tpii ont été donnés à ces soleils et sur l’ordre respectif dons lequel ils se classent.
aqueux; tantôt encore les deux ordres de faits se juxtaposaient et se confondaient L Mais toujours ces diverses périodes, appelées soleils au Mexique, soleils de la terre, du feu, du vent, de l’eau, voyaient paraître et disparaître autant d’humanités successivement détruites ou dispersées.
Une seule de ces générations avait conservé un nom spécial, celui de Quinamés ou géants; nous verrons tout à l’heure ce que ces êtres semblent représenter. Chez les Quichés, les géants ont joué aussi un rôle considérable, mais qui ne se lie pas directement à l’histoire de la création.
Les premiers ho^mnes dans la légende qwehé. — Dans le livre sacré de ces derniers peuples, les premiers hommes sont dits hommes de terre glaise^ et les dieux les détruisent; les hommes de bois leur succèdent et sont submergés par une inondation^; puis naissent les hommes de. liège et de moelle de sureau, que les pluies de résine et les tremblements de terre anéantissent, à l’exception de quelques-uns d’entre eux, qui sont transformés en singes dans les bois**.
L’existence du groupe humain pendant une longue succession d’évènements antérieurs à la période actuelle et la multiplicité des premières races qui le représentent ne ressortent donc pas moins clairement du texte quiché que de tous les autres textes. C’est d’ailleurs tout ce que l’ethnologie peut demander aux fragments qui constituent ce livre.
La légende des hommes-singes n’est pas spéciale au centre de l’Amérique. On en a déjà signalé l’existence en plusieurs points fort éloignés, et si elle se justifie, dans une certaine mesure, par la laideur relative des anciens occupants du sol, elle s’explique bien plus aisément encore par le mé[)ris que ceux-ci ont inspiré à leurs vainqueurs.
Quant aux géants, les récits qui les mettent en scène sont encore bien plus généralement répandus; ils tirent leur origine, dans l’Amérique intertropicale, des mêmes sources qui, partout ailleurs, leur ont donné naissance.
Géants et éléphants. — L’abondance des débris fossiles des grands mammifères quaternaires, dans les deux Amériques, paraissait à Humboldt® avoir eu la principale influence sur les traditions mythologiques qui concernent les géants. Au Mexique, en effet, comme en Colombie®, dans l’Amérique centrale^ et une partie des Etats-Unis®,
‘ Brasseur de Bourbourg : Histoire des nations civilisées du Mexique, t. I, p. 53, 55; Popol Vuh, p. lxv.
^ Popol Vtih, p. 19 .
^ Ibid. p. a3, a5.
* Ibid., p. 97 , 3i.
^ Alex, de Humboldt, Vues des Cordillères, p. 2 o 5 .
“ Ibid.
’ Juarros, Compendio de la historia de la ciudad de Gua-
temala, t. II, p. 1 58 et 35i , ap. A. Dolfus et E. de Montserrat, Voy. fféol. dans les républiques de Guatemala et de Salvador (A/*.ss. .scient, au Mexique et dans l’Amérique centrale : Géologie, p. 985 , Paris, 1868 , in-4”).
® D. Wilson, Prehistoric man. researclws into the origin 0/ civilisation in the old and new World, 9 ”^ ed. London, 1 865 , in-8° , p. 44 et 45. — Revue américaine, 1 866 , 1 . 1 , p. 74 .
Zi ZOOLOGIE DU MEXIQUE.
les légendes relatives à ces êtres fabuleux sont en connexion intime avec les découvertes des ossements ou des dents des mastodontes, des éléphants, etc.'.
Nous savons, par exemple, que le vice-roi D. Àntonio de Mendoza conservait dans son palais, à Mexico, les petits os du pied d’un prétendu géant^ qui mesuraient chacun presque une palme de haut et qui ne pouvaient avoir appartenu qu’à quelque grand mammifère disparu. Mendieta, qui cite ce fait d’après Olmos, ajoute qu’à sa connaissance on avait apporté au vice-roi D. Luis de Velasco d’autres portions de squelettes et des molaires de géants non moins terribles.
Bernai Diaz avait pu voir à Tlaxcala des os énormes que les chefs tlaxcaltèques lui donnaient pour ceux des géants que leurs ancêtres avaient détruits et Humholdt n’hésite pas à croire que si les Olmèques, suivant Torquemada ", se vantaient que leurs pères eussent vaincu les Quinamés sur le plateau de Tlaxcala, c’est parce qu’on y trouve des molaires de mastodontes et d’éléphants, que dans tout le pays le peuple prend pour des dents d’hommes d’une stature colossale ^
Nuno de Guzman a recueilli à Tala, dans l’État de Xalisco, une légende de géants venus des côtes du sud-ouest et dont l’intervention dans les traditions locales sexplique très aisément par les abondantes exhumations d’ossements d’animaux de grande taille faites dans la vallée de los Cuicillos®.
Acosta, Torquemada, José Arlegui, Hernandez mentionnent à Jesus-del-Monte, San-Agustin, etc. des découvertes de molaires dont la grandeur les émerveille et sur
‘ L'Elephan Colombi, qui est l’espèce mexicaine, remonte au nord jusqu’en Géorgie, et descendrait vers le sud jusqu’en Guyane. (A. Murray, The geographical distribution of Mammals , London, 1866, in- 4 °, p. 188.)
* Fr. G. de Mendieta, Ilistoria eccksiiiMica imliana, obva escriln a fines del siglo xvi... la publico por la primera vez joaqidn Garcia J cazbalcela , Mexico, . 4 nliqua libreria, 1870, gr. in-8", lib. II, cap. .xiii. De como hubo gigantes en esta tierra, p. 96.
^ trils (les ’l’lnscaltèques) répondirent qu’ils avaient su par leurs aïeux que, dans les temps anciens, avaient vécu au milieu d’eux des hommes et des femmes dune stature très élevée, possédant des os d’une grande longueur; comme d’ailleurs ils étaient fort méchants et avaient de mauvaises habitudes, on en fit périr la majeure partie dans les combats, et ceux qui restèrent finirent par s’éteindre. Pour que nous pus.sions juger de leur taille, ils nous présentèrent un fémur d’homme de cette race. Il était très gros, et sa longueur dénotait un homme de haute stature. Il était bien conservé depuis le genou jusqu’à la hanche; je le mesurai sur moi et je reconnus qu’il représentait ma taille, qui est des plus avantagées. Ou ap[)orta d’autres fragments d'os, mais ils étaient déjà rongés et
défaits. Nous restâmes d’ailleurs fort surpris à leur vue et nous fûmes convaincus que ce pays avait été habité par des géants. Cortès nous dit qu’il serait convenable d’envoyer le grand os en Castille, pour le faire voir à Sa Majesté. Il y fut, en effet, adressé par l’intermédiaire des premiers commissaires qui firent le voyage. {Histoire véridique de la conquête de la Noiwelle-Espagne , écrite par le capitaine Bernai Diaz del Castillo, 1 un de ses conquérants. Traduction de Jourdanet, Paris, 1876, in-8% t. 11 ,
‘ F'r. Juan de Torquemada, ci. cit., t. 1 , p. 37.
Alex, de Iluraboldt, op. cit., p. qo5.
“ Ce qui donne une certaine vraisemblance à cette légende, dit I). Matias de la Mota Padilla, c’est que, dans la vallée de los Cuicillos , on a découvert beaucoup d’ossements paraissant avoir appartenu à des hommes de forte corpulence, quoiqu’il y ait des personnes qui disent que ce .sont des os de poissons ou d’autres animaux marins, tels que des haleines, qui ont pu, nu déluge universel, rester sur la terre quand les eaux se retiraient dans leur lit. (D. Matias delà Mota Padilla, Historia de la conqiiista de la provincia delà Nueva Galicia, cap. vu [Bol. de la Socied. de geograf. y estadist., 3 ‘ ep’].)
la presence desquelles ils se fondent pour admettre, comme le faisaient les Indiens, l’existence de géants, à une époque reculée, dans l’Analiuac, le Zacatecas, etc. '.
De nos jours, M. le docteur Weber a constaté que les os des proboscidiens fossiles portent, parmi les indigènes de l'Etat de Nuevo-Leon, le nom de /mcms de giganle - 1 M. Guillemin-Tarayre, dit qu’au sud-ouest de Chihuahua, «avant d’atteindre le Bolson de Mapimi, on voit dans l’alluvion de très grands ossements qui ont lait nommer cette partie du territoire Llano de los giganies Les mêmes rapprochements sont habituels aux Indiens du district de Sahuaripa, en Sonora'*, et jusque dans ces dernières années, la légende des géants a trouvé des échos à Mexico même^.
Xellma, les Quinaniés. — Tous les géants américains ne tirent point d’ailleurs leur origine de la présence des ossements fossiles dans les terrains superficiels. Plusieurs d’entre eux sont la personnification de grands phénomènes naturels, comme Zipacna et Cabrakan dans le livre des Quichés®. Ailleurs, l’existence de ces êtres extraordinaires sert à expliquer l’exécution de certains travaux, comme ceux de Cholullan, qu’il paraît impossible au peuple d’attribuer à des hommes ordinaires et dont 11 fait l’œuvre du gigantesque Xelliua
Presque tous ces personnages mythologiques périssent de mort violente. Les géants du premier soleil meurent par la famine et par les bêtes féroces®. Ceux de la tradition quiclié sont successivement massacrés. Enfin les Quinamés sont détruits par les Olmèques, comme nous le rappelions plus haut avec Humboldt®.
Ces Olmèques ne sont plus des êtres imaginaires, comme les Quinamés ou Tzocudloques, les fils de Xelhua et de Vukub-Cakix. Avec les Xicalanques, les Mixtèques, les Zapotèques, ils ont formé une première couche ethnique étendue sur presque tout le Mexique, et dont on retrouve l’équivalent en bien d’autres régions américaines.
Mais ces Olmèques sont-ils les premiers indigènes qui aient peuplé le nouveau monde? Leur existence au Mexique remonte-t-elle assez loin pour qu’ils aient vécu aux côtés de YElephas Colombi et des mastodontes? Les restes humains ont toujours fait défaut, jusqu’à présent, dans les alluvions qui renferment les débris de ces animaux;
‘ Acosta, Historia natiiraly moral de losindias, lib. Vil, c. III. — Torqumiiada, op. cit., lib. 1 , cap. xiir. — Fr. José Arlegui, Clironica de laprovincla de N. S. P. S. Francisco de Zamtecas, cap. ii. — Cf. Man. Orozco y Berra, Historia anligiia y de la conquista de Mexico, Mexico, 1880, iii-8°, t. Il, |).
^ Weber, Note sur les ossements fossiles trouvés dans le nord-est du Mexique [Archives de la Commise . scient, du Mexique, l. III, p. 58 , 1867).
^ Guillemin-Tarayre : Rapport stir l’exploration
minéralogique des régions mexicaines {op. cil., t. III, p. /joo).
' Ibid., p. Aü8.
‘ M. Payno, Cuadro synoptico de la historia antigua de México de lus tiempos fabnlosos , México, 1869, in-8°.
“ Popol Viih, p. .87 et suiv.
’ Cf Brasseur de Bourbourg, Hi.st. des nat. civilisées du Mexique, t. I , p- Soa.
* Alex, de HumboldL, lue. cil.
’ Voyez, plus baul, p. l'i.
il est, par conséquent, impossible de répondre à ces deux questions, dans l’état actuel de la science.
fout ce que Ion j)eut affirmer, cest que, conformément à la tradition mexicaine, un homme dont les caractères anthropologiques sont encore indéterminés vivait avant les derniers évènements géologiques qui ont donné à l’Amérique sa conformation actuelle, et qu’au Mexique, en particulier, cet homme fut le contemporain des animaux gigantesques dont, suivant les récits indigènes, les Olmèques ont achevé la destruction.
Silex tailles epiateriuwes du Mexieiue. — Nous savons, en effet, depuis les recherches des explorateurs français, que des silex manifestement travaillés par la main de riiomme se rencontrent, de temps à autre, dans les dépôts qui contiennent les dents et les os de lElephas Colombi. M. Guillemin-Tarayre a même consacré à l’exposé rapide de quelques laits se rapportant à cette intéressante question plusieurs pages de l’important mémoire que nous avons déjà cité.
Au moment où ce voyageur parcourait le nord du Mexique, les localités dans lesquelles la coexistence do l’homme et des mammifères éteints avait été observée notaient déjà plus rares dans les départements septentrionaux de ce pays. Seulement, les renseignements qui se rapportaient aux découvertes que l’on y avait faites manquaient encore généralement de précision.
On avait signalé, par exemple, à M. Guillemin-Tarayre, dans les alluvions des environs de Chihuahua, la rencontre de «dents d’éléphant ayec quelques indices de la présence de l’homme ' n, sans l’éclairer sur la nature et sur la valeur des preuves de la contemporanéité des deux espèces. M. Calvo, vice-consul de France à Guaymas, M. Etchegeuren, consul d’Espagne à Mazatlan, M. le curé de Xalisco, près Tepic, lui avaient montré des pierres taillées provenant de la Sonora, du Sinaloa et du Xalisco, dont quelques-unes passaient pour avoir été extraites des alluvions anciennes, mais sans que le gisement en eût été scientifiquement établi.
A Durango, on lui affirmait, sans plus de précision, que des restes de grands éléphants avaient été trouves près de cette ville avec des «haches d’une belle dimension», finfin on lui apprenait que quelques instruments de pierre avaient été «accidentellement rencontrés» au pied de la Serrania de Zacatecas, dans les terrains de Cieneguilla, non loin d’une tête entière d’éléphant avec ses défenses.
Absorbé, durant ses courses rapides à travers le nord et le centre du Mexique, par les etudes spéciales qui lui avaient été confiées par le Gouvernement français, M. Guillemin-Tarayre dut se borner à enregistrer les faits qui lui étaient indiqués; il ne put en approfondir 1 étude. Mais l’attention de quelques chercheurs avait été éveillée par
' Guillemin-Tarayre, loc.cil., p. Uoo.
l’espèce d’enquête archéologique et ethnographique que notre compatriote avait instituée tout le long de sa route, et, peu de temps après son passage, les provinces centrales étaient témoins de deux découvertes qui venaient mettre à peu près hors de doute le gisement dans les alluvions quaternaires d’instruments travaillés suivant les formes considérées, en Europe, comme les plus anciennes.
M. Franco expédiait à la Commission scientifique française, en 1869, parmi d’autres objets recueillis dans le département de Xalisco, une petite hachette découverte dans l’alluvion ancienne du Rio de Juchipila', affluent de droite du Rio Grande de Santiago, près de la vieille ville de Téul. Cette hachette, faite de ce silex grisâtre, à l’aspect un peu gras et à la cassure esquilleuse, qu’on nomme chert aux Etats-Unis, mesure ây millimètres de long sur 3 t de large et un peu moins de 10 d’épaisseur. C’est une réduction des instruments si connus en Europe sous le nom de haclu^s de Sainl-yicheul. Profondément cacholonguée, elle a dû longtemps subir Faction des agents atmosphériques, ou du moins se trouver à une profondeur médiocre dans le dépôt d’où l’a fait sortir le pic du fouilleur. Elle ne porte aucune trace de roulis. Les deux faces en ont été obtenues à l’aide de quelques grands éclats; de petites cassures secondaires ont donné assez régulièrement aux bords, rendus partout tranchants, la forme dite eit langue de chat^.
C’est dans le Guanajuato qu’a été faite la seconde découverte relative aux habitants primitifs du Mexique central. M. Guillemin-Tarayre avait mentionné la trouvaille, dans le ht des ruisseaux qui débouchent des caiiadas supérieures de la Sierrania de Guanajuato dans la Canada de Marfil, cde nombreuses haches de grandeurs variées 55 et de débris fossiles, parmi lesquels il citait une dent ayant appartenu à un individu du genre bos^. L’admirable collection américaine de M. Alphonse Pinart, qui fait partie du nouveau Musée ethnographique du Trocadéro, renferme une pièce qui, au lieu de s être rencontrée, comme les pièces dont parle M. Guillemin-Tarayre, roulée dans quelques cours d’eau, gisait, au moment de sa découverte, en plein dépôt quaternaire, non loin de la ville de Guanajuato. Ce n’est plus une hache, comme dans le Xalisco; c’est une lance du lijpc du Momtier qu’a mise cette fois au jour la pioche des mineurs mexicains. J’ai donné dans la Nalure du 20 mars 1878'* le dessin de cette belle pièce.
Un seul coup l’a détachée du nucléus et la surface conchoidale ])roduile par le choc, et au départ de laquelle se voit nettement conique le bulbe do percussion, compose à elle seule la face inférieure, comme dans toute pièce appartenant à ce
‘ C’est à (juelqiies lieues au sud de rembouchure de ce rio dans le fleuve, entre les lagunes de San-Marcos et de Zacoalco, qui dépendent du bassin du Hio de Vlixtan, alfluent de gauche du Rio Grande de Santiago, que le capitaine Nicolas a découvert les deux gisements de Proboscidiens fossiles qu’il a décrits dans une lettre à M. Dou-
Irelaine, iuipriinée dans les Arclikes de la Commission scientifique du Mexique, i8ü6, t. 1, p. ai.5 et aïO.
“ Voy. pl. lit, lig. 5 et 6.
^ Guillemin-Tarayre, loc. cit., p. /io:)
’ E.-T. Harny, L’ancienneté de l’homme au Mexique [la Nature, 6' anne'e, i" sem., n° abi, p. aO/i).
type d’iiislruruents primitifs. La face supérieure est déterminée par deux plans à angle très obtus; la hampe montre quelques encoches destinées à favoriser l’emmanchement, la pointe est extrêmement aiguë et les bords, adroitement retaillés à petits coups, divergent, puis convergent d’une extrémité à l’autre avec une remarquable régularité, de manière à donner à peu près à l’ensemble les contours de la feuille du laurier. La longueur de cette pointe de lance est de 107 millimètres, sa largeur de 46 et son épaisseur maximum n’a pas moins de 1 centimètre. Elle est en chéri, comme la hachette du Rio de .luchipila. Sa couleur est d’un gris brunâtre légèrement veiné de brun et de blanc sale ; elle est très faiblement translucide sur les bords èt l’aspect en est un peu cireux; les cassures sont esquilleuses, mais à un moindre degré que nous ne venons de le voir.
Dans le mémoire précité, j’ai représenté le troisième témoin qu’il m’a été donné d’interroger sur la contemporanéité de l’homme et des grands animaux éteints dans l’Amérique espagnole. Sa déposition n’est ni la moins nette, ni la moins concluante. C’est un gros fragment de chert d’un gris bleuâtre et noirâtre par places, auquel l’ouvrier primitif a laissé, sur près d’un tiers de ses faces, l’écorce naturelle blanchâtre ou brune, rugueuse et tourmentée. Il est taillé en forme de grattoir et offre une de ses faces brutes; mais il est assez régulièrement travaillé sur l’autre pour présenter, dans les trois quarts au moins de sa circonférence, une courbe obtenue en enlevant obliquement une série d’éclats excentriquement allongés et en retouchant à petits coups les contours ainsi déterminés. Cette pierre, qui devait fournir un outil d’une certaine puissance, ne pèse pas moins de lAy grammes et mesure 77 millimètres de longueur, 68 de largeur et 38 d’épaisseur. Elle a longtemps ffguré dans la collection de M. Rohan, acquise en 1876 par M. Alphonse Pinart et annexée en 1878 au Musée d’ethuographie du Trocadéro.
M. Rohan s’était procuré ce grattoir pendant une fouille pratiquée dans les dépôts quaternaires non remaniés du Cerro delasPalmas, près de Tacubaya, pour creuser les fossés d’un petit fort qui devait défendre la route de Toluca. Le terrain du Cerro de las Palmas est presque en tout semblable à celui qui, à Huehuetoca à Toluca^, à Texcoco^, dans le même bassin de l’Anahuac, contient les nombreux débris A'Elephas Colomhi signalés par M. H. Milne Edwards à la Commission scientifique du Mexique en 1860 et en 1866. La tranchée ouverte dans ce dépôt manifestement quaternaire avait déjà plus de 8 mètres de profondeur, quand la pierre taillée y fut découverte
' Milne Edwards, Rapport sur des notes relatives
à des ossements fossiles (j4r«/i. de la Conimiss. scientif. du Mexique, 1. 1, 4o3, i865).
^ Milne Edwards, Rapport sur diverses communications relatives à la paléontologie et à la faune actuelle du Mexique (ibid., l. Il, p. 2 i5 , 186G).
Ibid. — Les de'bris d’animaux fossiles de Texcoco, recueillis par M. Boban et acquis de ce collectionneur par M. Alpb. Pinart, ont été donnés par ce dernier au Muséum d’histoire naturelle. M. Albert Gaudry doit en publier prochainement la description.
‘ E. Boban, Communication orale.
Le regretté général Doutrelaine avait aussi trouvé une pointe en chert dans le loess, au fond des mêmes fossés du Cerro de las Palmas. Cette pointe, qui est déposée dans une des vitrines du Musée d’ethnographie, à côté des trois autres pièces que je viens de décrire rapidement, est longue de 63 millimètres, large de 33, épaisse de lo, de couleur grisâtre, taillée à larges éclats, et elle se rapproche beaucoup de celle de Téul dont il était question plus haut.
L’existence d’un homme contemporain des grands proboscidiens aujourd’hui disparus semble donc établie plus solidement encore pour l’Anahuac que pour la vallée du Rio Grande de Santiago.
Comparaison des silex taillc's du quaternaire mexicain avec ceux des Etats-Unis. — On sait que, depuis quelque temps déjà, des faits de même nature ont été signalés en divers points des États-Unis. Je rappellerai seulement ceux qu’ont fait connaître le professeur Daniel Wilson et M. Charles C. Abbott É et qui révèlent l’existence, à une époque fort reculée, dans le Kansas, le Wisconsin et les Etats de New-Jersey et de New-York, d’un être humain fabriquant des instruments de pierre qui rappellent presque toujours, comme ceux que nous venons de mentionner, les silex taillés quaternaires de la Somme ou de l’Ouse.
Si l’instrument de pierre du drift de Pike’s-Peak (Kansas) n’a pas une forme bien caractéristique^, la hache de Lewiston (New-York), trouvée en creusant un puits à une profondeur qui n’a pas été déterminée, est absolument identique aux bâches de Saint- Acheul, d’Abbeville, etc. désignées par M. Evans sous le nom de hachettes amygdaloïdes‘‘. Les nombreux instruments découverts par le docteur Hoy à 9 pieds i/a dans l’argile, immédiatement sous une couche de tourbe, près Racine (Wisconsin), et dont deux exemplaires figurent dans les collections de l’Institution Smithsonienne, à Washington, ressemblent à l’instrument de Lewiston Les hachettes tirées par M. C.-C.
'■ D. Wilson : Physical ethnology {Annnal report of lhe board of regents of tho Smilhxoman Institution, 1862, J). 99G-.3ot, Washington, i 86 . 3 , in-8”); Prehistoric man, p. /i6 cl bj. — Charles C. Abbott, Second report on the paleolithic implemcnts front the glacial drift in the valley of the Delaware river, near Trenlon (New-Jersey) (Eleventh animal report of the trustées of the Peabody Muséum of americaii arehœology and ethnology, Cambridge, 1878, in-8", p. 220-257).
® D. Viihon. Physical ethnology, fig. 10, p. 297. — Cet outil avait ëté tiouvé par un Canadien, P.-A. Scott, en cherchant de !’or à i 4 pieds de la surface du sol. «Le lieu où celte decouverte a été faite , dit M. Wilson , est dans la chaîne bleue des montagnes Rocheuses, dans un lit d’alluvioiis et à une distance de quelques centaines de pieds
ZOOLOGIE Bü MEXIQDE. — I™ PAHT1E.
d’un petit cours d’eau appelé Clear-Creelc. » La coupe se composait de tt h pieds d’un riche sol noirâtres au-dessous duquel se trouvaient trio pieds de graviers, d’argiles rouges et de cjuarlz rouléss.
“ Ibid., p. 998 et fig. 11. — La hache de Lewiston a à pouces . 3/4 de long sur 3 pouces 1/2 de large; elle est faite d’une sorte de silex noir, et le travail en est entièrement seinhlable 4 celui des pièces du même genre des collections Boucher de Perthes, Rigollot, d’Acy, etc.
‘ Evans, Les âges de la pierre, instruments, armes et ornements de la Grande-Bretagne. Trad. fr., Paris, 1878, in-8°, p. 628.
® D. Wilson, op.cif.,p. 998. —La plus grande des haches de Racine décrites par M. Wilson mesure 5 pouces i /4 de long et 3 pouces 3/4 de large. 11 y en avait une qua-
IMPRIMERIE KATIONALE.
Abbott du drift de la Delaware, aux environs de la ville de Trenton, et présentées par ce géologue au Peahody Muséum de Cambridge, ont avec les précédentes d’incontestables analogies L Enfin l’instrument du Texas déposé au musée de l’Institution Smithsonienne reproduit le même type avec une certaine rudesse et des irrégularités de fabrication
Aux Etats-Unis, comme au Mexique, les premiers vestiges de l’homme sont donc exactement semblables à ceux qu’il a laissés en Europe, et ce n’est pas le côté le moins saisissant de cet ensemble de découvertes que celui qui nous montre, au nouveau monde comme dans l’ancien, l’humanité, placée dans des conditions de milieu à peu près pareilles, aborder, avec des moyens presque identiques, la lutte pour la vie.
SoMMAiHE. — La période néolithique au Mexique. — Haches polies trouvées à la surface du sol. — Grottes funéraires de Mispayantla et d’Escamela. — L’honune néolithique du Mexique n’est pas plus connu dans ses caractères physiques que riionime paléolithique.
Période n-éolühique au Mexique. — La période paléolithique dont nous venons d’établir lexistence au Mexique, à l’aide des documents recueillis par le général Doutrelaine, MM. Franco, Boban, etc., a été suivie, sans aucun doute, d’une période néolithique plus ou moins comparable à celle qui porte le même nom dans l’archéologie préhistorique de l’ancien monde.
Haches polies recueillies à la surface du sol — On découvre, en ellet, de temps en temps, surtout dans l’Anahuac, des haches polies fabriquées avec des roches dures de natures diverses et qui, si elles étaient ramassées sur notre sol, seraient considérées, sans la moindre hésitation, comme néolithiques par nos archéologues.
Mais ces instruments n’ont été jusqu’à présent rencontrés qu’à l’état sporadique sur le territoire mexicain. On ne les a jamais trouvés accumulés dans des stations ou dans des ateliers plus ou moins semblables à ceux que l’on a si fréquemment signalés dans nos contrées ^ On ne connaît pas non plus de sépultures présentant, bien franchement, les caractères attribués chez nous aux sépultures néolithiques.
rantaine ensemble, et leur dépôt rappelait assez bien celui de Charbonnières, que les recherches de M. de Ferry ont rendu célèbre. Les pierres travaillées de quelques mounds de lOhio, dont on a voulu rapprocher celles de Racine, seraient d un tout autre ordre et pourraient bien ne représenter que des ébauches préparées comme objets d’échange et destinées à subir ultérieurement un travail plus paidail.
‘ Charles C. Abbott, loc. cit., fig. i à /i,p. 229 et suiv.
■ D. Wilson, op. cit., p. 3 oi, lig. 12.
^ Les seuls ateliers de fabrication d’ustensiles de pierre connus jusqu’à présent au Mexique se rapportent à des temps bien postéi’ieurs. Ce sont ceux où l’on confectionnait ces innombi'ables instruments en obsidieime {izlU) dont l’usage était encore si général au temps de la conquête. (Barnal Diaz del Castillo, op. cil., ch. xvi, xiiv, lxu.
Grottes funéraires de Mispayantla et d’Escamela. — Tout au plus pourrait-on citer quelques cavernes plus ou moins remaniées des Etats de Vera-Cruz, de Puebla et de Mexico où gisaient des haches polies, associées d’ailleurs à des objets de date bien postérieure.
Ainsi M. Lucien Biart a exhumé d’une grotte ouverte vers le sommet de l’Escamela, montagne isolée, de 608 mètres de hauteur, qui domine Orizava, une hache polie en pierre verte, dont la nature minéralogique n’a pas été déterminée, et deux fragments de haches en granit. Ces trois instruments étaient engagés dans ctun terrain gras et d’une odeur infecte», que surmontait une couche meuble renfermant des amas de débris de figurines brisées L
Mais, avec les haches, M. Biart trouvait trois petites écuelles et un vase à deux anses en terre cuite, avec pastillage sur le col et sur le haut de la panse, qui sont assurément des produits industriels sortis de la main de l’un des peuples qui habitaient cette province au commencement des temps historiques'^ .
Les fouilles de M. Désiré Charnay dans les abris de Mispayantla, au pied du PopocatepetP, ont révélé des associations plus disparates encore. La surface du sol présentait, dans ces abris, quantité d’objets fragmentés en terre cuite, manches de cassolettes, fragments de vases, de flûtes, etc., relativement peu anciens, avec lesquels, grâce à des remaniements considérables se retrouvaient des écuelles de terre toutes semblables à celles de l’Escamela et une hache de pierre dont la disposition rappelle volontiers les formes que M. Evans a désignées sous le nom de celts à section ovale.
L archéologie de la période néolithique ne possède jusqu’à présent, on le voit, cjue des constatations tout a fait insulEsantes Les renseignements anthropologiques sont moins explicites encore. L homme néolithique, qui polissait les plus anciennes des haches dont nous venons de parler, nous est aussi peu connu que son devancier, le contempo-
r.xxvm, xci, etc.). Les plus célèbres de ces ateliers sont ceux de Tulancingo et de ïéotihuacan, où se fabriquaient les outils à l’aide des blocs extraits des célèbres mines exploitées par les Mexicains au Cerro de ton Niwajos (montagne des couteaux), à la limite nord du bassin de Mexico. (Guillemin-ïarayre, op. cil., p. 4o3, 4o4. — Cf. Gourtis, Note relative à la fabrication des couteaux aztèques en obsidienne [Archives de la Cominiss. scientif. du Mexique, 1. 1, p. 402 et 4.'i3]).
’ L. Biart, Sur la grotte d’Escamela, près Orizava (^Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, i863, t. IV, p. i53; i864, t. V, p. 438 ; i865, t. VI, p. 135).
^ Le vase de l’Escamela, qui appartient à la Société d’anthropologie de Paris, me paraît présenter tous les ca-
ractères de la céramique des Olmèques. Cette céramique est engobée de brun, grossièrement lustrée, et le décor, lorsqu’il existe, se borne à quelques appliques rudimentaires faites à l’aide du pastillage.
^ D. Charnay, Mes découvertes au Me.vique et dans l’Amérique du Centre [le Tour du monde, t. XLIl, p. QqS et 294 , 5 nov. 1881 ). ^
* ffDes trous et des éminences nous prouvèrent immédiatement, dit M. D. Charnay, que nous avions été depuis longtemps précédés par d’auti'es chercheurs. n [Ibid., p. 394 .)^
11 n’est pas inutile de faire remarquer ici que les grottes de la Sierra Madré dont parle M. Guillemin-Tarayre n ont pas été jusqu à présent l’objet de recherches scientifiques. (Gnillemin-Tarayre, op. cil., p. 4 o 8 et 409 .)
rain des grands mammifères éteints. Nous ignorons absolument tout ce qui le concerne, et ses alBnités ethniques nous échappent d’une manière complète.
Aussi allons-nous aborder, sans plus tarder, l’élude des races qui se sont superposées dans l’Anahuac et les régions voisines, depuis les origines de l’histoire de ces curieuses contrées. Ces races forment des groupes bien distincts, offrant des caractères différentiels accusés avec beaucoup de netteté. Le premier de ces groupes, dans l’ordre chronologique, comprend l’ensemble des populations qui, sous les noms d’Olmèques, de Xicalanques, d’Otornites, etc., habitaient le Mexique avant l’invasion des Toltèques et la fondation de l’empire de Tula.