DÉTROIT SUPÉRIEUR
FEMME
de
TLALTELOLCO.
FEMME
(le
PARIS
f antéro-postérieur ^ .
Diamètrel transverse maximum
( oblique
Indice du détroit supérieur
Le détroit inférieur ne saurait malheureusement, en raison de diverses pertes de substance, être exactement mesuré dans ses trois dimensions. Nous pouvons seulement con-
stater que le diamètre transverse (i 3 /i millimètres) est de 8 millimètres plus grand chez la femme de Paris que chez celle de Tlaltelolco (126 millimètres).
Membre inférieur. — Les fémurs (pi. V, fig. 1 et 1 a) sont relativement un peu courts; leur longueur, qui atteint 4 o 3 millimètres chez la femme de Paris, reste à 396 chez la femme de Santiago. La tête fémorale est moins volumineuse, le col est plus mince, plus ramassé et l’angle que forme sou axe avec l’axe du corps de l’os (118 degrés) est de 8 degrés moins ouvert que celui que je trouve sur le fémur de la blanche, qui est de 126 à 127 degrés. La convexité fémorale n’oIFre rien qui distingue les deux sujets mis en présence; chez tous les deux d’ailleurs elle est considérable. Cette convexité est mesurée par la plus grande perpendiculaire (61 millimètres) obtenue en promenant une équerre graduée avec curseur le long de la diaphyse du fémur couché. Dans la même attitude, c’est-à-dire quand le bord postérieur du grand trochanter et les faces postérieures des deux condyles s’appliquent exactement sur le plan horizontal, l’angle cjue fait le plan de l’extrémité supérieure de l’os avec ce plan horizontal est seulement de 7 à 8 degrés, tandis que sur la Parisienne à laquelle je compare la femme olmèque, il atteint environ 22 degrés.
L’amincissement des diaphyses fémorales est assez considérable pour que le diamètre minimum de l’os, mesuré dans le sens de la largeur, descende à 28 millimètres, de 27 qu’il atteignait sur le fémur de la femme blanche. L’épaisseur, au meme niveau, s’abaisse de 29 à 28 millimètres, si bien que le fémur est exactement aussi épais que large en ce lieu d’élection (pl. V, fig. 1 à).
L’extrémité inférieure offre presque la même largeur (7/1 millimètres) sur les deux sujets mis en présence. Le condyle interne, pris à part, est un peu moins volumineux.
Les rotules sont un peu réduites dans le sens de la largeur (87 millimètres, au lieu de 4o); cette réduction porte naturellement sur la moitié de l’os qui correspond à ce condyle interne dont nous venons de signaler le moindre développement. Les tibias sont comprimés latéralement (pl. V, fig. 2, 2 « et 2 à); la largeur, prise au niveau du trou nourricier, est de 22 millimètres; l’épaisseur, au même niveau, en mesure 3o, et l’mdfce du plalycnémisme est, par conséquent, de 78; il est plus faible encore chez la femme blanche qui nous fournit nos termes de comparaison : la largeur égale 21 millimètres sur cette dernière, l’épaisseur 3 i et l’indice est représenté par 67 seulement.
La longueur du tibia est de 34 /i. millimètres, et de 38 o seulement, si, à l'exemple de Broca, on déduit la longueur de la malléole interne; sur la femme blanche, ces deux mesures égalent respectivement 34 o et 826 millimètres. Le tibia est donc absolument plus long chez la femme de Tlaltelolco, comme le fémur est, en meme temps, absolument plus court; le rapport de l’un des os à l’autre est, par suite.
un peu tliIFérent ; ce rapport est de 86.8 chez la Mexicaine, de 8A.3 chez la blanche. Si l’on de'duit la longueur de la malle'ole, les deux chiffres deviennent respectivement 83.3 et 8 0 . 8 . Les membres inférieurs, ou plutôt les deux premiers segments de ces membres, que nous pouvons seuls rigoureusement mesurer, sont tà peu près égaux sur les deux sujets; l’excès de longueur du tibia étant presque exactement compensé par le raccourcissement fémoral chez la femme de Santiago. Mais comme le bras et 1 avantbras de ce sujet dépassaient de 5 centimètres les mêmes rayons osseux chez la femme de Paris, le rapport de l’un des membres à l’autre = 70 . sur la femme olmèque, tandis que, sur la française, il est de 63.66 seulement.
Le péroné de la femme de Tlaltelolco (pl. V, fig. 3) est surtout remarquable par sa tendance à prendre quatre faces au lieu de trois.
Son pied (pl. V, fig. h) est plus fin et plus court que celui de la Parisienne. La grandeur exacte est difficile à déterminer rigoureusement, parce que les phalangettes font défaut sur le squelette envoyé par M. Domenecb; il est néanmoins aisé de constater que si le métatarse est à peu près égal chez les deux individus que nous comparons, le tarse de la femme de Tlaltelolco le cède de 5 millimètres à celui de la femme de Paris.
Sépultures de la couche superficielle de Santiago-Tlaltelolco. — La terre meuble superposée au dépôt qui contenait les ossements dont il vient d’être parlé renfermait ellemême, à 60 ou 80 centimètres de profondeur, des sépultures bien différentes de celles dont nous venons d’examiner le contenu.
M. l’abbé Fischer y avait le premier, en 18 Ô 6 , recueilli des crânes en assez bon état de conservation. En i865, M. Domenecb a exhumé de cette même couche superficielle diverses pièces osseuses intéressantes. Mais c’est M. Eug. I3oban qui a le premier fixé les conditions de gisement de ces sépultures du niveau supérieur^.
Nous allons rapidement étudier les documents anatomiques rapportés en France par ces trois collectionneurs et les comparer à ceux du niveau inférieur, qui nous sont maintenant bien connus.
Des quatre sujets du niveau supérieur de Tlaltelolco, dont nous avons les têtes sous les veux^, les trois premiers sont masculins, le quatrième seul est féminin.
L’un des crânes d’homme (pl. I, fig. 6 ), qui porte le numéro 3 de la collection
‘ Le crâne donl le nonmi verliculis se voit sous le n" 7 de la planche II fait partie de la collection acquise de M. Eug. Bohan par le Muséum d’histoire naturelle de Paris, trll a été trouvé à 80 centimètres de profondeur, dit M. Bohan, dans une sépulture de Santiago-Tlaltelolco dont voici la description. Ifintérieur du tombeau mesurait un mètre cuhe ou environ; les parois étaient formées de lave poreuse [lzonlli);\a base, composée de pierre et de cbaux très dure, avait été brunie avec beaucoup de soin. Le défunt était
assis sur un petit siège très bas fait avec les paillassons roulés appelés tiatzazicpalloHlli. J’ai trouvé auprès des restes du squelette des armes d’obsidienne, dos amulettes en pierre dure et des débris de vases en terre cuite. *
“ J’ai à peine besoin de faire remarquer qu’il s’est rencontré bien plus de quatre crânes dans le cimetière supérieur de Tlaltelolco. Nos quatre [lièces sont les seules dont l’intégrité presque complète ait assuré la conservation dans les collections parvenues à l’ai'is.
ZOOLOCIE Uü .MEXIOUB. l" PAnTIE.
IMPRIMERIE XATION.M.E.
Fischer, rappelle, par l’ensemble de ses traits, celui de la première planche de notre atlas. Il est cependant beaucoup plus volumineux dans sa région crânienne, puisque ses trois diamètres atteignent 178, iBy et i 4 o millimètres, que ses trois circonférences égalent 627, et âqi millimètres, et que sa capacité n’est pas inférieure à 1 635 centimètres cubes.
Les rapports du crâne avec la face et les proportions faciales générales varient peu d’un sujet à l’autre. Seulement, le nez est un peu plus large et son indice monte à 61.92.
Un second crâne de la collection Fischer (n° 8) atténue légèrement les caractères du premier. Il est moins volumineux, parce qu’il est à la fois moins large et moins haut. Sa face est aussi réduite dans ses deux dimensions; les mensurations du squelette nasal fournissent un indice de âg.oi.
Des deux autres têtes exhumées des tombes superficielles de Santiago-Tlaltelolco par M. Domenech (n° ^960) et par M. Boban (n" 6^29 des collections du Muséum de Paris), la première (pl. Il, lig. 6) est assez voisine du numéro 8 de la collection Fischer; mais la seconde (pl. H, fig. 7), sortie de la tombe décrite dans la note que l’on a lue plus haut, n’est plus que sous-brachycéphale (d. a. p., 169 millimètres; d. tr. max., 187 millimètres; ind. céph., 81.06). Son diamètre basilo-breginatique descend à i 3 i millimètres; ses circonférences ne dépassent point â.91 , 1^20 et ^69 millimètres, et la mesure de la face en largeur diminue considérablement, tandis que le prognathisme alvéolaire augmente au point de donner un angle de 61 degrés seulement.
En moyenne, les quatre pièces de la série supérieure de Tlaltelolco l’emportent par toutes les dimensions de la boîte crânienne sur celles des sépultures inférieures du même groupe funéraire, et les caractères spéciaux y sont moins marqués. La face est relativement moins développée, mais le prognathisme s’y maintient avec toute son exagération L
‘ La colleclion Morlon contient un crâne de Santiago- Tlaltelolco (jue le cdlcbre craniolngnc pensait avoir appartenu à un (les nombreux Mexicains qui ont succombé eu défendant la ville contre Gorlez [Procecd. of lltc Acad, of liai. ,<ic. of Plnladelpliia, ) 845 , vol. Il, p. a 3 . 3 ), ce qui donne à supposer que la pièce stirait d'aspect relativement moderne. Elle rentre par ses diverses mesures dans la catégorie de celles que nous avons étudiées. Voici ces men-
surations, telles que M. Ten Kate a bien voulu les prendre pour nous h Pbiladelpbie : Cire, lioriz. , /igo millimètres; d. a. p., 168; d. tr. max., lâo; d. bas. bregm., ind. céph., 83 . 33 , 79.1 G, gS.oo; front, max., 117 millimètres; min., 95 ; orbit. ext., 97; bizygom., n ; haut, fac. , //; ind. fac. , //; nez; long. Itj millimètres; larg. , 23 ; ind. nas., âS.gS; orb. : haut., 3-2 millimètres; larg., 37; ind. orbit., 86 . 48 .