IIOM.MES DE SACRIFICIOS
de
SACP.IF.
1 antéro-postérieur
1 oh
Si
Diamètre < traiisvorse maximum
ia8
( oblique
Indice du détroit supérieur j
Membre inférieur. — La plupart des caractères signalés sur le sujet de Tlaltelolco se retrouvent chez ceux de Sacrificios. La longueur du membre inférieur, comparée à celle du membre supérieur, donne des rapports presque identiques dans les deux séries: ^^=79.33 sur un des squelettes de Sacrificios, et 69.83 sur l’autre; on se rappelle que le meme rapport égalait 7 0.54 sur le squelette de Tlaltelolco. Les fémurs sont minces, le diamètre transverse minimum de sept diaphy^es fémorales est en moyenne de 2 5 millimètres, le diamètre antéro-postérieur au meme niveau n’en atteint pas 26. La convexité est représentée par une perpendiculaire de 61 millimètres et l’angle du col mesure 1 1 5 degrés.
Six diaphyses de tibias, larges au Heu d’élection de 91 à 26 millimètres, épaisses au même niveau de 29539 millimètres, donnent des indices de plattjcnémie s’abaissant jusqu’à 61 et atteignant en moyenne 66.
Les péronés sont remarquables à la fois par leur cannelure et leur tendance à s’équarrir. Les os du pied sont généralement courts et minces^.
Crânes de Sabine. — Les crânes offerts au Muséum d’histoire naturelle de Pans par l’amiral Reynaud, sous le nom de crânes de Sabine, golfe du Mexique^, ne diffèrent point sensiblement de ceux du second type de file de Sacrificios'*.
Ils sont au nombre de neuf, sept masculins et deux féminins^. Les mensurations
‘ Voir plus haut, p. ah.
■ Avec les ossements humains qui viennent d’être décrits, Fuzier avait trouvé un certain nombre d’anliquilés bien caractéristiques et des débris d’os d’animaux parmi lesquels i\l. Boule a reconnu un chien , un pécari , un ])elit cerf, un lamentin, plusieurs oiseaux indéteiaiiinablcs, un crocodile de jurande taille, une très grosse tortue marine, une tortue d’eau douce du groupe de VEmys oriiata et divers poissons, dont un très grand scare.
^ Ils ont été longtemps confondus sons le nom de
Sacrificios, mais leur étiquette primitive est bien telle que nous venons de la transcrire. Sabine est le nom d’un golfe et d’une rivière qui forment la limite entre le Texas et la Louisiane.
‘ Notre premier type de Sacrificios ne s’y rencontre point.
Deux de ces pièces, h l’état de voûtes crâniennes, ont pu être moulées à l’intérieur, et l’étude des épreuves ainsi obtenues met en évidence certains caractères assez remarquables, tels que la grosseur et la torsion du sinus
qu’ils nous ont fournies et qui sont consignées aux colonnes A et 5 du tableau de la page q2, font ressortir sur ces pièces, en moyenne, un peu plus d’élongation proportionnelle et un peu plus d’ampliation verticale. Les indices correspondants sont ainsi ramenés aux chiffres de 109.09, 81.10 et i33.33. Les caractères faciaux se reproduisent aussi à peu près les mêmes et l’indice orbitaire est le seul qui offre des variations dignes d'être signalées. De qA.yS cet indice s’abaisse, en effet, à 89. yA.
La torsion en arrière du condyle mandibulaire est particulièrement accusée sur un des sujets de cette série L
Crâne de Tolonaque moderne. — Ces pratiques spéciales de déformation sont-elles complètement tombées en désuétude chez les Totonaques et les Huaxtèques actuels? Ou bien les descendants de ces deux peuples ont-ils persisté dans leur emploi, en en modérant quelque peu l’application? Gratiolet opinait pour la première solution, lorsque, analysant les caractères d’un crâne totonaque moderne et constatant ses affinités morphologiques avec les crânes de Sacrificios^, il se rangea pourtant à l’opinion do M. Lucien Biart, qui affirmait que l’habitude de déformer la tête te était depuis longtemps tombée en désuétude parmi les Indiens'^».
Le crâne étudié par Gratiolet et que notre planche X reproduit sous ses différents aspects est cependant, sans aucun doute, légèrement déformé, à la façon de ceux dont nous venons d’exposer les caractères, et, ainsi que le fait observer Gratiolet lui-même, tren le considérant avec attention, en se pénétrant bien de sa physionomie, il est impossible de ne pas se rappeler à l’instant les crânes trouvés dans les vieux tombeaux de l’ile de 1 os Sacriliciosw. Le savant anatomiste a pris soin d’ailleurs de signaler dans sa description la «vallée ou dépression transversale qui parcourt le bord antérieur des pariétaux et sépare leurs parties saillantes de la saillie subordonnée des régions frontales proprement dites 55, et il insiste un peu plus loin sur l’abaissement brusque de la courbe médiane, dont il résulte en ai'rière un aplatissement très marqué du crâne «remarquable par une légère dépression médiane, laquelle se prolonge à sa partie antérieure entre les bosses pariétales'* 51.
longitudinal ou la profondeur et les inflexions des empreintes de la me'ninge'e moyenne, caractères manifestement placés sous i’induence de la compression déformatrice de la boîte crânienne.
‘ Mesures du maxillaire inférieur de deux crânes masculins de Sabine : distance biangulaire, gb millimètres, angulo-syrapLysaire, 77; hauteur de la symphyse, 36; hauteur de la branche montante, 48.
^ P. Gratiolet, Description d’un crâne de Mexicain Totonaque des envirms d’Orizaha {Mcm. de la Société d’anihrop. de Paris, 1. I, p. 3gi-3g8 et pl, X et XI, i863).
— Cf. id.. Sur un crâne de Totonaque (Bull. Soc. d’anihrop. de Paris, i86o, t. I, p. 569-565); Sur la forme et la cavité crânienne d'un Totonaque, avec réflexions sur la sÿpnifieation du volume de l’encéphale (Ibid., t. fl, p. 66-71, 1861).
’ On trouvera plus loin d'autres exemples encore de déformations crâniennes chez des Indiens actuels du Mexique.
‘ On pourrait rapprocher, au moins à ce point de vue, du crâne de Totonaque de Gratiolet celui de Tlahuica publié par Morton. On croit reconnaître, en effet, sur ce second sujet, des apparences analogues à celles qui avaient
Ces caractères sont sans doute fort atténués sur notre sujet, mais assez nettement imprimés encore pour nous autoriser à rejeter l’hypothèse qui ferait de la conformation actuelle, suivant l’expression de Gratiolet, une conformation originelle des Totonaques et comme un prototype de la déformation devenue nationale et probablement aristocratique.
Les mesures^ prises sur le crâne de Totonaque de la collection Lucien Biart (cat. Mus. , rU 3oo i) nous apprennent qu’il est sensiblement plus petit que ceux des individus de même sexe exhumés à Sacrilicios. 11 est cependant à la fois un peu plus haut et surtout plus allongé, mais ses dimensions transversales sont considérablement réduites (99 millimètres). La face est tout à la fois moins large, en haut surtout, et moins haute, l’indice nasal est de 59 et les orbites, moins tiraillés dans la direction verticale parla déformation, sont plus bas, en conservant les mêmes dimensions en largeur.
Sommaire. — Les Mayas-Quicliés. — Portraits de Sokés. — Statues et statuettes de Palenque', etc. — Crânes de Mayas anciens. — Squelette de Ticui. — Crânes de Mâiida et de Puerlo-Progreso. — Face de Campêclie. — Portraits de Mayas et de Lacandons. — Crânes de la Jamaïque, de Haïti et de Cuba.
Les Mayas-Quichés. — Les Quichés et les Mayas ou, comme on dit souvent en réunissant ces peuples sous une appellation unique, les Mayas-Quichés sont depuis longtemps rattachés parles linguistes à la famille huaxtèque^, dont ils forment la branche méridionale. On groupe dans cet ensemble (outre les Mayas proprement dits, comprenant les Lacandons) les Gliontals de Tahasco, riverains de l’Uzumacinta, les Tzendals ou Sendals, leurs voisins au Sud, lesTsotsils, Zotzils ou Tsinacantèques, qui vivent au sud des Tzendals, les Chaneahals, encore plus méridionaux, les Chois de la Haute- Uzumacinta, les Trokeks, les Sokés ou Mixés, les Chortis des environs de Copan, les Kekchés et les Pocomehés de la Basse-Vera-Paz, les Pocomans, les Mams, les Quichés, les Ixils, les Cakchiquels et les Tzutuhils de la frontière du Guatémala^.
IVappé le cdlèbro physiologiste quand il dtudiait le premier. (Cf. Morton, Cran, amer., p. i56 et pl. XVIII.)
“ Principales mesures du crâne de Totonaque moderne de M. Lucien Biart : Cire, horiz. , â 85 millimètres ; d. a.-p. , 169 millimétrés; d. tr. raax. , i/i5 millimètres; d. bas.bregm. 129 millimètres; ind. cejih., 86.79; 76.38; 88.96; front. max., ii3 millimètres; min., 98 millimètres; biorb. ext., loa millimètres; bizygoni., i3o millimètres; haut, fac. , 89 millimètres; ind. fac. , 68.07 ! • long. , 5o milli-
mètres, larg., 26 millimètres; ind. nasal, Sa. 00; orbite: haut. , 36 millimètres, larg. , 89 millim.; ind. orbit. , 92.80.
Orozeo y Berra, Gcogràfia de las longuas, etc., p. 18. — Cf. Balbi, tabl. XXX. — Brasseur de Bourbourg, Ilisl. des liai, cwilis., 1. 1, p. 10. — Squier, Monographj of Anthors who hâve xvriuen on the Languages of Central America, etc., New-York, 1861, in-S”, passim. — Brinton (D. G.), The Maya Chronicles {Library of Ahoriginal American Lilei'alwe n° 1), Philadelphia, 1882, in-8°, p. 1 7. — Etc.
* Behrend (C. H.) ap. Brinton, op. cil., p. 17 et 18. — Cf. T. Maler, Mémoire sur l'Élat de Chiewa, Mexique (Bev. d’ethnogr., t. III, p. 396, i88â).
Ces seize tribus sont presque entièrement inconnues des anthropologistes. On n’en a point de crâne dans les muse'es d’Amérique ou d’Europe, et le nombre des portraits photographiés qui les représentent est extrêmement restreint.
Le Muséum de Paris ne possède que trois portraits de femmes Sokés photographiées à Tuxtla par M. T. MalerL Tout ce que ce voyageur nous dit de ce petit peuple, c’est quil se distingue par ses belles proportions; la tète est un peu grosse, le front est large et un peu fuyant, le nez droit, la bouche charnue, le menton fort et anguleux, et 1 ensemble de la face tend à prendre une forme suhtriangulaire.
Statues et statuettes de Palenqué, etc. — Les monuments peuvent toutefois suppléer, dans une certaine mesure, à la pénurie des documents anatomiques. Si au Tahasco ils sont généralement trop grossiers^ pour être utilement consultés par les anthropologistes, dans la Haute-Uzumacinta, comme à Bellote ou à Palenqué, à Tikal ou à Copan ^ on a rencontré des statues, des terres cuites, des bas-reliefs surtout, en bois de zapote ou en stuc, qui représentent quantité de personnages bien dessinés, et dont l’étude permet de se faire une idée assez exacte des traits des constructeurs de toutes ces grandes choses. 11 se dégage de l’ensemble de ces sculptures et de ces modelages un type très homogène, bien différent du type plus ancien, encore aujourd’hui répandu dans toute la péninsule, et que nous avons distingué plus haut sous le nom vague de Vticatèque. Ce second type, qui est celui auquel nous réservons le nom de Maya, se caractérisé par un profil saillant, ou proéinine un très grand nez busqué, à fortes narines, dont l’artiste, par une bizarre recherche, prolonge parfois encore la racine audessus de la glabelle. Le front plat, parfois même concave, fuit bien vite en arrière et en haut; la bouche est forte, la lèvre inférieure souvent pendante; le menton, rarement pointu, est habituellement en retrait, les joues sont pleines et l’angle mentonnier est complètement effacé.
Squelettes et crânes de Mayas anciens. -
‘ L’un de ces porlrails a 6lé reproduit par M. T. Mater dans la Revue d’elhnoffraphie de i884, p. 997.
® M. D. Charnay a représenté à la page SSy de son ouvrage deux des nombreuses terres cuites du Gerro de los Idolos qu’il s’est procurées à Fronteras. Nous avons déjà signalé leur ressemblance avec celles du nord do l’État de Vera-Cruz. (E.-T. Hamy, Rapport sur le concours du prix Logêrot, pi-ésenté à la Société de géographie dans sa séance générale du 9 mai i884; Paris, i884, br. in-8°, P- 10-)
^ Cf. Antiquités mexicaines. Relation des trois expéditions du capitaine Dvpaix, ordonnées en i8o5, 1806 et 180^ pour la recherche des antiquités du pays , notamment celles
Ce type se retrouve dans une partie des
de Milia et de Palenqué, accompagnée des dessins de Cas- TA~NEDA, etc., par MM. Baradère, de Saint-Priest et plusieurs voyageurs qui ont parcouru l’Amérique ; Paris , 1 834 , 9 vol. ^ passim. — John Lloyd Stephens, Incidents of Travel to Central America, Chiapas and Yucatan, London,
1 854 , in-8°, passim. — De VValdeck et Brasseur de Bour- Itourg, Monuments anciens du Mexique. Palenqué et antres ruines de l’ancienne civilisation du Mexique; Paris, 1866 in-f, pl.XlI-XIV, XVl-XVIII, XXI-XXIV, XXIX-XXXII,' XXXIX, XL, XLll. — D. Charnay, Les anciennes villes du Nouveau Monde, Paris, i885, in-4°, p. i58, i83, i85, ^9^"'97> 2i3, 918, 391, 398, 899, 409, 4i8, etc. — Cf. Musée d’ethnographie. Galerie Lorillard. — Etc.
sculptures des grandes cite's ruiue'es des anciens Mayas, et il nous suffira de rappeler les curieux profils déformés de tant de monuments en pierre calcaire, en terre cuite, etc., provenant des Etats du Yucatan ou de Campéclie.
L’aplatissement de la tête que présentent toutes ces figures (cahezas-chalas) ^ était d’usage courant chez les Mayas; Landa et Herrera ont dit quelques mots de cette pratique ^ et les seuls crânes qui aient jamais été recueillis dans d’anciennes tombes yucatèques en montraient nettement l’action.
Squelelle de TicuL — La première de ces trois précieuses pièces fut rencontrée par le célèbre voyageur américain John L. Stephens dans un ancien tombeau de Ticul, ville en ruines à quelques lieues au sud de MéridaL Morton, à qui fut soumise la trouvaille, la décrivit de la manière suivante : rr Les os sont ceux d’une femme dont la taille ne devait pas dépasser 5 pieds 3 ou h pouces. Les dents sont parfaites et sans usure appréciable, les épiphyses viennent de se souder et indiquent que le sujet a atteint 1 âge adulte. Les os des mains et des pieds sont remarquablement petits et délicats, observation qui s’applique d’ailleurs à tout le squelette. Le crâne a été brisé en de nombreuses pièces, mais les portions postérieures et latérales ont pu être reconstruites. L’occiput est remarquablement plat et vertical, tandis que le diamètre latéral ou pariétal ne mesure pas moins de 5 pouces 8 (lây millimètres). . . A la partie supérieure du tibia gauche, il y a une bosse, ce que l’on appelle un nœud (a node) en langage chirurgical, mesurant de i pouce à i pouce 1/2 de long et s’élevant de plus d’un demi-pouce au-dessus de la surface naturelle. Cette condition morbide peut être le résultat de causes variées, mais possède un grand intérêt en raison de son extrême rareté chez la population indienne primitive de la contrée'*, n
Crâne de Me'rida. — Le crâne de Mérida, qui vient d’un tumulus fouillé entre cette ville et le cap Catoche, a été l’objet d’une brève étude de M. Virchow en 1887^. C’est un crâne d’homme dont la capacité ne dépasserait cependant pas i,38o centimètres
cubes, et dont la circonférence horizontale
‘ D. Cresccncio Carillo y Ancona, Los Cabezas-Chatas (Anales det Museo nucional deMéxico, L III,p. 279-978). — Cf. ici., llisloria antigua de Yucatan, g'écl. , Mérida de Yucalau, i883, c. xin, p. 977.
^ Her rera , liisl. general de los keckos de los Castellanos en las Islas y Tierra firme del niar Oceano, docad. IV, lib. X, cap. ni, Madrid, 1 780 , in-4“, p. 909. — Diego de Landa , Eclation des choses de Yucatan (trad. Brasseur de Bonrbourg, Paris, i864, in-8°, p. ii.5).
* J. A. Stephens, Incidents of Travel in Yucatan, New- York, i843, vol. 1, p. 276 et suiv.
atteint néanmoins 5o5 millimètres. Le dia-
'* J. A. Stephens , Incidents of Travel in Yucatan , vol. I , p. 981.
^ R. Virchow, Ubereinen Schâdel von Merida, Yucatan (Verhandl. der Gesellsch.für Anthrop. Elhnolog. und Urgesch., 1887, .s. 45 1). — Ces tumulus sont construits en terre et en pierres ; suivant M. Cursebmann , leur hauteur varierait avec iïraportance des sujets qui y sont inhumés. Us contiennent, outre les corps, des vases de terre, des figurines d’argile et des haches de pierre. Un masque d’argile accompagnait le pre'sent squelette, dont on a recueilli le crâne, les bras et les jambes (s. 45 1).
mètre ante'ro-postérieur mesure 178 millimètres et le transverse en atteint i56; l’indice ce'phalique est, par suite, de 90.17.
«Le front, dit M. Virchow, montre un aplatissement énergique, avec un tel refoulement en arrière de la partie supérieure, que les protubérances sont entièrement effacées; l’écaille inférieure de l’occipital est si déprimée, que le crâne, lorsqu’il est posé dessus, se maintient dans cette attitude. Il est, du reste, partout épais et pesant à proportion. n
M. Virchow signale sur sa pièce divers caractères pathologiques : une synostose double naso-maxillaire et une hyperostose éburnée de la région fontanellaire antérieure, que nous allons retrouver sur le crâne de Progreso que vient de publier M. Franz BoasL
Crâne de Puerlo-Progreso. - — Cette pièce, découverte en décembre i883 dans un tombeau qu’ont mis au jour les travaux de voirie de Puerto-Progreso a été comparée par VP'' Crescencio Carillo, qui l’a vue un des premiers, à une tête de reptile [caheza d’un reptil), tellement elle lui paraissait aplatie et élargie^; elle a été successivement la propriété du docteur Fr. Rubio et de M. Ybarra Ortoli; ce dernier l’a envoyée à M. Stephens Salisbury, et elle est aujourd’hui conservée dans la bibliothèque de l'Anierican Anliquanan Sociely de Worcester; Mass. C’est un crâne do femme encore jeune, mais adulte; la suture spbéno-basilaire est parfaitement close, mais les molaires ne sont pas entamées par l’usure. Il est bien plus déformé encore que celui de Mérida; 1 aplatissement de l’occiput est surtout remarquable. «Le crâne est petit, dit M. Boas, et épais en bien des points. Près du bregma se trouve une large hyperostose qui parait setendre un peu en arrière de la suture coronale, ejui a quelque peu l’apparence dune rainure approfondie. L’hyperostose forme sur le front une élévation médiane triangulaire; ses limites sur les pariétaux sont mal définies; elle a quelque peu l’apparence de l’ivoire. On rencontre de petites exostoses autonr des trous pariétaux, dont la surface est raboteuse; le gauche a un diamètre de i3 millimètres environ; le droit, un diamètre de i5 millimètres. Toutes les sutures normalement ouvertes sur un sujet jeune sont encore visibles ici; la suture médio-frontale elle-même est ouverte dans
‘ Fr. Boas, Craiiimn from Progreso, Yucatan [Proceetl. of the Americ. Antiquar. Sociely, April 3o, 1890), Worcesler, 1890, br. ia-8’, 2 pl.
^ Le tombeau renfermait , avec le squelette, un joli vase de terre élégamment décoré, dans l’intérieur duquel se trouvaient trois flûtes d’os. (Crescencio Carillo, Los Cabezas-Ckatas , p. 276.) Une grande partie de la voûte et, en particulier, le pariétal gauche et la portion voisine du frontal étaient couverts d’une épaisse incrustation qui
semblait être de carbonate de chaux. Les os contiennent encore beaucoup de matière animale, et M. Boas ne paraît pas éloigné d’admettre, avec M. Ybarra Ortoli, que le sujet avait été momilié. (Fr. Boas, Cranium from Progreso, p. 8 et 9.)
® trAl verla no se puede menos que pensar, como involuntariamente, en una raza de hombres-serpientes, aunque constitutida en tal por su proprio artificio y voluntad.71 (C. Cai'illo, loc. cil., p. 272-27 û.)
toute sa longueur L Le front est étroit, étant donnée surtout cette dernière particularité. On trouve un large wormien dans le milieu de la coronale droite, qui paraît déprimée à ce niveau; il est probable qu’un osselet semblable existe à gauche sous 1 incrustation qui le dissimule en partie. Le crâne est d’ailleurs remarquablement mince à ce niveau. L’écaille occipitale est paraboloïde; la protubérance est large, la région basilaire inégale. Le plan du trou occipital coupe vers son centre l’ouverture des fosses nasales. Le palais est plat et large; le processus alvéolaire est bas et prognathe. L’ouverture du nez est large, ovale; l’orbite est arrondi. L’orifice auditif est rond -n
Cette description un peu désordonnée, et que nous abrégeons, montre en somme les plus grandes analogies entre les pièces de Mérida et de Progreso, et le tableau des mesures dressé par M. Boas accentue en.core la ressemblance^.
Nous n’avons malheureusement à rapprocher de ces deux pièces qu’un fragment de face, dont le front, artificiellement déprimé et très oblique, est bien celui d’une cahezachata. Il est vrai que le maxillaire que ce frontal surmonte présente une mutilation dentaire du plus haut intérêt, puisqu’elle reproduit celle du Téjar précédemment décrite.
Face osseuse des environs de Campêche. — Ce fragment osseux (coil. Fuzier, cat. Muséum, n° qBfib), qui comprend une partie du frontal et la face presque entière, a été trouvé, avec quelques figurines d’un bon travail, dans un tombeau ancien des environs de Campêche. Comme on peut le voir dans les figures i et 2 de la planche XXII de notre atlas, la face antérieure des incisives et des canines se montre habilement creusée, vers le centre de figure, de trous cylindriques qui mesurent 3 millimètres de diamètre et dans lesquels ont été insérées des pierres dures, de couleur bleu-verdâtre, qualifiées turquoises par le docteur Fuzier, et dont la partie visible est régulièrement convexe et a reçu un assez beau poli. Une des incisives médianes fait actuellement défaut sur notre pièce; elle se trouvait encore en place au moment de la trouvaille, car M. Fuzier, dans un dessin exécuté d’après nature, montre lessîÆ dents perforées.
Deux des pierres ont disparu des alvéoles, celles de la canine droite et de l’incisive médiane gauche, et il est aisé de constater que la perforation, qui atteint sur ces deux dents une profondeur d’un millimètre, a dû être opérée à l’aide d’un emporte-pièce semblable à ceux que l’on employait avant la conquête dans toutes ces régions, pour excaver la diorite, la serpentine, le chalchiuitl ou le cristal de roche. Le percement.
' Elle aboutit sur la coronale à i centimètre à droite de la sagittale (flg. 3 de M. Boas).
^ Nous cmprunlons au tableau de M. Boas les mesures qui suivent : Capacité crânienne, Mérida , 1 38o centùnètres cubes; Progreso, laSo centim. cubes; circonférence borizonlale, M., SoSmillira.; P., â63; diam. ant.-post. max. ,
M., 178; P., 170; d. transv. max., M., i56; P., i48; indice céphalique, M., 90.17; P., 87.06; diam. basil.bregm., M., » ; P., 1 35 millimètres; front, min., M. , 98; P., 87; bi zygomatique, M., lâa; P., lâo?; orbite : larg., M. , 4o ; P. , 38 ; haut. , M. , 34 ; P. , 35 ; nez : larg. , M. , 26 ; P., 27; haut., M., 53; P., 5i. (Boas, op. cù., p. 7018.)
opéré par la rolalion d’un petit cylindre creux manœuvrant indéfiniment sur une mince couche de poudre siliceuse, devait nécessiter un temps considérable, et l’on conçoit aisément qu’une opération aussi prolongée ne pouvait être pratiquée avec succès que bien
exceptionnellement sur un individu vivant.
L’examen de la pièce de la collection Fuzier prouve d’ailleurs nettement que le travail que nous venons de décrire a été exécuté post morlem, aucune alteration pathologique ne se montrant au voisinage de la perforation dentaire.
Quelle se pratiquât d’ailleurs sur les vivants ou sur les morts, la mutilation est exactement la même au Téjar et a Campêcbe, chez 1 ancien Huaxteque et chez le vieux Maya ', et cette ressemblance vient s’ajouter à tant d autres traits ethnographiques, précédemment recueillis, pour affirmer une fois de plus 1 imite première de ces peuples .
Portraits de Mayas et de Laca7idom. — Parmi les portraits photographies a Papacal et à Caiikal par M. D. Charnay^ et dont nous avons parlé déjà'*, il s’en trouve plusieurs où l’on croit retrouver quelque chose des types des monuments mayas-quiches, et notamment le nez en saillie et le front fuyant. Mais c’est surtout le chef Lacandon du Paso Yachilan® qui rappelle la physionomie Maya; vu de face, il présente en effet une tête en triangle, dont le front large et fuyant est étroitement serré dans une sorte de mouchoir. Son nez est droit, mince, relativement saillant, et ses yeux comme sa bouche reproduisent, sans effort, certaines expressions du visage des pontifes palanqiiéens. Des six Lacandons photographiés en même temps, un seul des quatre hommes est comparable à son chef sous ce rapport. Il reproduit, lui aussi, en les adoucissant toutefois, les traits des anciennes sculptures.
CîYmcs des Gravides Antilles. — La linguistique a depuis longtemps démontré la parenté d’une partie des anciens habitants des Grandes Antilles avec ceux du Yucatan , etc. ; les langues cubaine, haïtienne, borique et jamaïque appartiennent, en effet, à la famille huaxteque maya-qulché. La craniologie apjiorte à son tour un certain contingent de preuves en faveur de l’origine commune des anciens Haïtiens, Cubains et Jamaïquains, et de certains de leurs voisins de la presquile yucateque, du Chiapas, etc.
' La seule différence, en somme, que l’on puisse conslaLer entre ces deux pièces, c’est que la mutilation, restreinte aux incisives sur la pièce de Médellin, s’étend aux canines sur celle de Canqiêchc.
* Si l’on étudie de près les objets découverts au sein des ruines yucatèques, disions-nous en i884 en résumant les travaux de M. D. Cbarnay, on leur trouve souvent des affinités très étroites, non point avec les antiquités de Tollau ou de Cholollan, mais avec celles de l’ancienne Huaxtèque et de l île de Sacrilicios dans la baie de Veia-
ÏOOIOOIE DU MEXIQUE. — l” l'AKÏIE.
Cruz ( Zlît/fcim de laSociélé degéogr., i884 , p. ayC et 277.)
^ Cf. D. Cbarnay, op. cil., p. 2 33.
* Voir plus haut, p. yS.
‘ Cf. D. Cbarnay, op. cil., p. 377. — Les clichés des Lacandons, comme tous ceux dont il a été précédemment question, recueillis par M. Cbarnay pendant ses longues explorations mexicaines, ont été déposés au laboratoire d’antbropologie du Muséum de Paris. Des épreuves de ces clichés sont exposées dans les galeries du Muséum et au Musée d’etbnographie du Trocadéro.
IMIT.IMEHIE >ATrOXALB.
Crânes du Fort-DaupJun {Haxli). — Les têtes déformées, par exemple, trouvées jadis par Auvray dans les Jrédoches à.\x Fort-Dauphin, aujourdhui hort-Egalite, et dont lune a été décrite et figurée par Arthaud dans le journal de Rozier, Monges et de la Methrie\ ne différaient par aucun point essentiel de celles dont il vient detre question. Arthaud avait d’ailleurs parfaitement saisi les caractères imprimés au crâne et à la face par la déformation^, et l’on ne peut que s’étonner qu’il se soit refusé, au nom d’une certaine philosophie sentimentale, à accepter l’existence de pratiques dont les historiens et les voyageurs ont si solidement démontré la réalité. Une autre erreur d’Arthaud consistait à qualifier de Caraïbes les anciens insulaires dont il décrivait les restes; nous ferons seulement observer à propos de cette épithète que si certains indigènes des îles caraïbes, ceux de Saint-Vincent par exemple, se mutilaient le crâne suivant un type analogue à celui qui nous occupe ici, du moins est-il tout a fait impossible d attribuer avec vraisemblance a une population caraïbe la deformation en usage au Fort- Dauphin. On sait, en effet ^ que les peuples collectivement désignés, dès le premier voyage de Christophe Colomb, sous les noms de Caniba, Canlma, Cariba, Caribes, Carib\ n’ont pas dépassé dans leurs excursions maritimes la moitié orientale de Haïti
' Arlliaiid , Sur la coi^ortnalion de la tête des Caraihes el sur quelques usages bizarres altribués à des nations sauvages ( Observations sur la jdiysique , sur l’histoire naturelle et sur les arts, l. XXXIV, p. 95o-ü55, 1789, in-h”).
® «Dans la lèlc [caraïbe] rpic nous avons, dit Arthaud (p. a53), le coronal est applati , exceptd dans la partie supérieure qui pre'sentc une espece de tuhéi'osité; son applalissement est plus marqué dans le centre (juc sur les bords ; les pariétaux paraissent plus élevés dans leur cerilre et dans leur partie postérieure ([ue pi'èa de leur bord. L’occipital est convexe dans sa partie supérieure, et il paroit applati et déprimé inféi-icurement au-dessous de la première lif;ne transversale qui marque l’altaclie des muscles. Les fosses orbitaires n’ont pas une profondeur proportionnée ii leur ouverture, le plancber orbitaire siqiérieure se porte en avant par une inclinaison marquée.
rr Celte disposition de l’orbite , l’applalissement du front , le renvcrseraenl de la tète par l’applatissemenl de l’occipilal et la voûte relevée des pariétaux, l’élévation des arcades zigomatiques, la dépression des maxillaires, la distance des apopbises orbitaires, l’excavation des os du nez, leur l)eu d’étendue, l’ouverture des narines nous font croire que les yeux éloienl gros et saillans, que la face étoit plate et large, que le nez étoit gros et court, que la position de la tête étoit renversée et que sa conformation n’avoit rien <pie de naturel.
tiLes dents qui restent à cette tête, ajoute encore Artliaud, sont belles et d’un émail très blancn (p. 2.5A).
Cf. Bni-on Em. ÏNau, Histoire des Caciques de Haïti, Port-au-Prince, i855,i vol.in-8“, p. A8. — Il n’y avait de Caraïbes ni dans le .Marien, tout h fait au nord, ni dans le Xaragua, qui formait l’ouest el la bande sud de file.
D. Al. F. de Navarn’te, Coleceion de los Viages y Descubrimieiitos que hicieron por mnr los Espauoles, 9' éd., 1. 1 , p. 918, 935,937,963, 969, 983, Madrid, i858,in-A". — Leur pays est désigné sous le nom lYimula Charis dans la lettre de Colomb. [Ibid., p. 338.) Il a aussi le nom de Caribata. [Ibid., p. 9/18.)
^ Au moment où nous imprimons ce paragraphe, notre cbei- et vénéré maître, M. de Quatrefages, veut bien nous communiquer los photographies de face et de profd d’un autre crâne de vieux Haïtien, déformé suivant le type de ceux de Progreso et de Mérida. Ce crâne, qui apj)arlient à M. Llamas, a été récemment trouvé dans une caverne frprès des hauteurs de la chaîne du Nord, dans cette partie do file qui, au dire des historiens de la découverte, était peuplée par la tribu belliqueuse des Ciguayosn. (CI. Navairete, 1. 1 , p. aSa, n. 1 .)
cr Comme ces hauteurs ne reçoivent que rarement la visite des monteros, la caverne est restée à l’abri des rapines des voyageurs . . . Sur los parois de cette cavei'ne, a quelque hauteur au-dessus du sol, on a trouvé, non enterrés, mais simplement étendus h l’air libre, plusieurs squelettes. Parmi ces débris assez détériorés , on a recueilli quelques os bien conservés, un iliaque, un fémur et un crâne. . . Ils appartiennent h la race indienne, comme findiquent
c’est seulement à Goanin, c’est-à-dire sur la presqu’île qui ferme au nord la baie de Samana, que Colomb, revenant de l’ouest vers l’est, a pour la première fois éprouvé les mœurs féroces d’une tribu que l’on pourrait considérer comme appartenant à leur race’. Encore Las Casas conteste-t-il la présence à Haïti de toute tribu caraïbe
Crâne de Pedro-Bluff Cave (^Jamaïque). — Ce peuple n’a point non plus créé d’établissements à la Jamaïque, et cependant le seul crâne indien connu, trouvé dans cette île, qu’on puisse considérer comme ancien, est un crâne analogue à ceux de Progreso et du cap Catoebe. Cette pièce, qui provient d’une caverne dite Pedro-Bluff Cave, a été montrée à la séance du 1 1 mars dernier de VAnlhropological Instilute de Londres, et M. W. H. Flower l’a décrite à peu près en ces termes ’^ :
«C’est le crâne d’une personne, probablement du sexe masculin, ayant dépassé l’âge moyen, car un grand nombre de dents ont été perdues durant la vie du sujet et les sutures sagittale et lambdoïde sont en partie oblitérées; les apophyses mastoïdes, la glabelle et les arcs surciliers sont fortement marqués. Le crâne a été artificiellement déformé pendant l’enfance à un degré tout à fait remarquable, suivant le type usité le long de la côte occidentale d’Amérique, c’est-à-dire au moyen de la dépression de la région frontale ou compression fronto-occipitale, avec expansion latérale correspondante. Ce type de déformation est connu pour avoir été pratiqué chez les habitants des West Indlan Islands. . . La plus grande longueur est de 172 millimètres, la plus grande largeur de i5o, la hauteur hasilo-hrcgmatique de i2à, et tout cela donne les indices de largeur [breadth index) 89.6, et de hauteur (Jieighl index) 72.1 ... La face est remarquablement caractéristique par la hauteur de l’orbite (largeur, 36 millimètres, hauteur, 87; indice, 102.8) et la forme des os nasaux... La hauteur du nez est de 53 millimètres, sa largeur de 26, ce qui donne un indice de A9.1 . . . Le palais est large et arrondi. ^
Crânes de Cuba. — D. Felipe Poey a publié en 1 866, dans son Beqmâorio jisico-nalural, la description et la figure d’un crâne trouvé vingt ans auparavant par D. Miguel
les objets trouvés à l’entour et la forme caractéristique du j)lus intéressant de ces os, c’est-à-dire du crâne. n (Extrait traduit par M. le D' Viaud Grand-Marais, de Nantes, d’un article de M. Llamas inséré dans le Poraenir de Puerto- Plala.)
M. Llamas continue son article en établissant que le crâne a appartenu à un sujet de moins de vingt ans, du sexe masculin, de petite taille (son fémur n’a que 4 0 centimètres, ce qui correspond, suivant Ocfda, à ime taille de i"56), présentant un aplatissement occipito- frontal très remarquable , d’où résultent une brachycépbalie artificielle
considérable et un prognathisme qui diminue sensiblement l’angle facial.
' Navarrete, op. cil., p. 282.
^ «No cran Caribes, écrit-il, ni les liobc en la Espamlu jamâs. n
^ W. 11. Flower, Exhibition of two Skuls J'rom a Cave in Jamatca [The Journal of the Anlhropological Instilute of Gréai Brilain and Ireland, vol. XX, pages 110 et 111. 1890). — Le second crâne de Pedro-Bluff Gave , probablement bien postérieur au premier, était un crâne de nègre africain.
Rodriguez Ferrer dans une caverne toute voisine du cap Maïsi, a 1 extrémité orientale de Cuba K Ce crâne, aussi bien que tous ceux qu’on a recueillis alors et depuis dans la même localité^ rentre, par toutes ses formes crâniennes et faciales, dans le type de celui du Fort-Dauphin, relié ainsi géographiquement à ceux dont il a été question dans les précédents paragraphes.
Imitant Arthaud à son insu, Poey a désigné, lui aussi, sous le nom de Caraïbes les anciens indigènes du cap Maïsi, et ce même nom, associé par M. Montané au mot Cubain (Caribe Cuhano) a récemment soulevé une polémique assez vive au sein de la Société d’anthropologie de la Havane ^ Le terme de Caraïbe est moins encore applicable à l’extrémité orientale de Cuba qu a 1 ouest de Haïti.
La déformation en usage au Fort-Dauphin et à Maïsi se retrouve, du reste, bien plus loin encore des limites occidentales des influences caraïbes, puisque M. Montané a recueilli de nouveaux cas de déformation dans le centre et l’ouest de l’île, entre El-Vedado et El-Carmelo, d’une part, et, de l’autre, au fond de la grotte des Indiens, à quelques lieues de Sancti-Spiritus, vallée de l’Igiianojo. Le crâne d’El-Carmelo présentait une déformation analogue à celle du crâne de Maïsi, mais moins accusée. Les crânes de la grotte des Indiens seraient comparables à ceux de Sacrilicios, si nous en croyons les. documents encore un peu vagues que nous avons reçus de Cuba.
Les autres crânes anciens des Grandes Antilles que nous connaissons sont naturellement conformés. Nous citerons notamment le crâne sous-dolichocéphale et hypsisténocéphale extrait par M. Alphonse Pinart d’une grotte de la baie de Samana (N. E. de Haïti) et dont on trouvera les principales mesures dans le tableau ci-contre^.
‘ F. Poey, (À-aneo de un liidio ùirihc {Repertorio faiconalural de la Ma de Cuba, l. I, p. i5o, lara. 2, .3), Ilabana, i865-i866, in-8“.
^ Doux de CCS crâues onl été, paraît-il, envoyés à Madrid, où ils ont fait l'objet d’un rapport présenté h l’Académie de Madrid le ai inai’s 1871 par MM. Graells , Villanova et Ferez Areas. G’ost peut-être un troisième crâne de la même caverne qui ligure au Collège royal des cliirurgiens de Londres sous ce titre : A mutilaled cranium of a Caribfound in a cave in Cuba (W. II. Flower, (klalog., p. i5a).
Le Muséum de Paris possède un crâne et ti’ois moulages de crâues de Maiisi, envoyés récemment par M. le docteur Montané. On pourra étudier, dans la première colonne du tableau ci-contre, les mesures du crâne original (cat. Muséum, n° 986 A ).
M. Montané nous a aussi envoyé deux fragments de tibia (n“ 9868, 9869), qui mesurent, au lieu d’élection, 29 et 19 millimètres de largeur, 78 et 33 millimètres d’épaisseur, et dont, par conséquent, les indices de platyc-
némie se cliilfrent par 69. A et 87. 5 (moyenne, 58.5). • “ L. Montané, Consideracioiies sobre un craneo defor-
mndo (Boletin de la Soctedad Anthrojmlojjica de la Ma de Cuba, vol. 1, p. 99, i885); Un Caribe Cubano, esludio crnniologico , Ilabann, i885, br. in-8'’, avec planches. Ignacio de Armas, Les crânes dits déformés , mémoire lu en espagnol à la Société anthropologique de la Havane le 1 novembre 1 885 (Havane, i885, br. in-8'’). Cf.id., La fabula de los Caribes, Habana, 188A, br. in-8’. — M. Ign. de Armas s’est donné le tort, dans celte publication, d’aller jusqu’à nier l’existence de toute déformation crânienne en Amérique, en môme temps cpi’il cherchait dans los confusions g’éographiques de Christophe Colomb, au sujet des Chalibes d’Asie , l’origine du nom de Caraïbes des Antilles.
Cependant, dès ses premiers pas dans le Nouveau Monde , Colomb remarquait la frente y cabeza miiy ancha mas que olra generacion que fasta aqui baya visto, qui correspond très bien à la déformation décrite ci-dossus. (Navarrele, 1. 1, p. 17A.)
" M. Pinart a recueilli avec ce crâne une partie du
CRÂNES DE CAMPÊCIIE, DE MAÏSI, DK SAMANA Eï DE LA DOMINIQUE.
H en est de même des crânes des Petites Antilles, au milieu desquels apparaît, comme une exception, le type de Saint-Vincent de'crit par Gall et par Spurzheim, par Lawrence et par Morton \ et sur la véritable origine duquel nous sommes loin d’être bien fixés, encore aujourd’hui.
squelette, dont les os, bien conservés, indiquent un sujet assez petit (i"' 62 environ) et relativement assez robuste ; les humérus mesurent, le droit 298 millimètres; le gauche 295. la largeur minimum delà diaphyse est de 16 millimètres, l’épaisseur au même niveau de 18 à 19. Un radius droit, relativement fort allongé, mesure 245 millimètres,
ce qui donne le rappoj’t g = ~; un cubitus du même côté atteint 268 millimètres. Les fémurs ont, le droit 43 1 millimètres, le gauche 426; ils montrent bien accusé le méplat sous-lrochaiitérien, si fréquemment observé dans les squelettes américains. La convexité fémorale se traduit par le chitfre de 63 millimètres. Le diamètre minimum des deux os est de 2 4 et 26 millimètres; l’épaisseur, au même niveau, de 28 et 29; la largeur de l’extrémité inférieure atteint 82 et 83 millimètres. Un tibia mesure 36o millimètres de longueur maximum (354, malléole déduite) et l’indice tibio-fémoral dépasse 83 ou 82, suivant que l’on compare l’un ou l’autre de ces chiffres avec le maximum de longueur du fémur. La largeur et l’épaisseur de l’os, prises à la hauteur du trou nourricier, égalent 21 et 28 millimètres et le rapport entre ces deux dimensions est de 63.3.
Un deuxième sujet était représenté, dans la sépulture fouillée par M. Pinart, par un humérus gauche, long de 294 millimètres, large de 16 (largeur minimum), épais de 20 , et par deux tibias, longs de 3i3 millimètres (3o5 , malléole déduite), larges de 20, épais de 27 et 26; rapport, 74.
' Morton, Crania americaua, p. 238-24o et pi. LXV. — Le crâne dont a parlé Hunauld {Recherches sur les causes de la structure sîngidière qu’on rencontre quelquefois dans différentes parties du corps humain {Mémoires de l’Académie royale des scienees, tqho, p. 873) est sans provenance précise; il le tenait de Reneaume, qui lui avait certifié d’une manière générale son origine caraïbe. Les deux Caraïbes de la collection de Hunier, au Collège des chirurgiens de Londres (W. H. Flovver, Catalog., p. 162 et i53), ne sont pas mieux déterminés.
Le seul crâne caraïbe authentique que j’aie étudié était normalement conformé; il venait de la Dominique, et M. le profcsseiir Le Dentu l’avait offert h Broca. On trouvera les principales mesures de celte pièce dans la quatrième colonne du tableau qui précède.