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LES CHICHIMÈQUES

Sommaire. — Les Chichimôques. — Mappe Tlotzin. — Squelette de Sanla-Fé. — Crânes de Tlahuac, de la Calera,

de Mezquitic, etc.

Les Chichimèques. — Le nom Chickimccas^ paraît s’être tout d’abord appliqué aux tribus nomades du Nord du Mexique prises en bloc, sans distinction d’origine ni de langue^. 11 y avait déjà des Cbichimèques à côté des Toltèques des premiers temps et les récits légendaires nous en montrent d’autres encore fondant Culhuacan au vif siècle sous le nom de Culhuas Chichlmecas. Mais ce n’est guère que vers le déclin de l’empire toltèque, que ces peuples interviennent d’une manière importante dans l’ethnologie de l’Anahuac et des contrées voisines. Leur principal centre d’habitat est alors une grande bourgade septentrionale appelée Amaqueme ou Amaquemccan , dont la situation exacte n’a pu être fixée jusqu’à présent.

Mappe Tlotzin. — Les peintures indiennes qui nous ont été conservées^ repré-

' On a atlribué divers sens à ce mot. Suivant Isllilxocliitl {Histoire des Chichimècjues , trad. Ternaux-Gompans, t. I, p. 34), il signifierait les aigles. On l’a aussi traduit fort souvent par les barbares. Duran (t. I, p. i3) rend ce mot par caçadores. (Cf. Cod. Rainirez, Cazadora.)

^ On trouvera un exposé très complet de toute la question des Chichimèques dans l’ouvrage, souvent cité déjà, d’Orozeo y Berra {Historia antigua. . . de Mexico, 1. 111, iib. Il, cap. Il, V, vi). — Cf. Brasseur de Bourbourg, op. cil, liv. IV, cli. U, ni; liv. VI, ch. i, ii, m et v. — H. H. Bancroft, op. cil., vol. V, p. aiS, 28g, etc.

^ Cf. Mappe Tlotzin, ap. Miss. Scientifi//ue au Mexique et dans l’Aménque centrale. Recherches historiques et archéologiques. 1" partie. Histoire, t. 1, pl. 1, Paris, i885 in-4°. — (f . . . vivian una vida bestial , sin ninguna puliefa ni

cousideracion bumana, buscando la comida como las bestias del mesmo monte, desnudos en cueros sin ninguna cobertura de sus partes verendas, andando todo el dia â caça de conejos, venados, liebres, comadrejas , topos , gatos montescs, pajaros, culebras, lagartijas, ratones, langostas, gusanos y ytrbas, raices, con lo quai se suslentaban, y toda la vida se les iba en esto. . . dormian en los montes debajo de las cuevas ... sin ningim cuidado de cojer, ni sembrar, ni cultiver. .. « (P. Fr. D. Duran, Historia de las Indias de la Nueva Espatia, éd. cit., l. 1. p. i3 et i4.) — Cf. Cod. Ramirez, éd. Vigil., p. ly. — Anales de Cuauhlillan. Noticias historicas de Mexico y sus contorim, compila dus por D. José Fernando Ramirez y traducidas por las senores F. G. Chimalpopoca , G. Mendoza y F. Sanchez Solis , Mexico, 1 885, in-4°, p. 8. — Etc.

sentent les Chichimèques amenés au xiii'" siècle par Amacin, Nopal et Tlotli dans la région des lacs, comme des troglodytes, vêtus de peaux de bêtes et armés de l’arc et de la flèche.

Ce sont ces Chichimèques, policés peu à peu par cc quelques Toltèques échappés à la ruine et les colons venus des bords du golfe de Californie ayant, dit Gomara, des figures pour lettres v, qui fondent à l’est des lagunes les trois royaumes d’Acolhuacan, bientôt réunis en un seul, dont la capitale Tetzcuco devient plus tard V Athènes de l'Anahuac^.

Leur domination s’exercait d’abord sur la contrée, de forme irrégulière, délimitée par les monts de Yocotl ou Xocotl (c/ Cerro de ÂocotUlan) , Chiuhnauhtecatl (Nevado de Toluca), Malinalco, Iztzocan [Matamoros Izucar), Atlixcahuacan (^Allixco), Temelacayocan, Poyauhtecatl (Pico de Orizara), Xuihtecuhtitlan , Zacatlan, Tenamitec, Cuauhchinanco, Tototepec, Meztitian, Cuaxquetzaloyan, Atotonilco et Cahuacan, c’est-à-dire que les premiers Chichimèques occupaient l’Etat de Tlaxcala entier et une partie des États actuels de Puebla, Morelos, Mexico et le District fédéraUA

Leur empire .s’est étendu beaucoup plus loin encore par la constitution des Etats feudataires successivement fondés par les tribus nahuatlaques ^ qui descendaient du Nord et acceptaient les uns après les autres la suprématie des empereurs chichimèques.

Nous retrouverons ces dernières tribus, ou du moins quelques-unes des plus importantes d’entre elles, dans le chapitre qui va suivre.

L’anthropologie des Chichimèques primitifs nous est un peu connue par quelques fouilles exécutées pendant l’occupation française, et dont la plus complète a été conduite par Doutrelaine dans un fumulus élevé près de la route de Santa-Fé, à 3 lieues environ au sud-ouest de la capitale.

Squelette de Santa-Fé. — On peut considérer comme un bon type de Chichimèque le squelette, à peu près complet, découvert au cours de cette touille. La sépulture est en effet bien caractérisée par la présence de pointes de flèches en chéri, toutes semblables à celles des anciens Indiens du Far-West, et le sujet, masculin et adulte, se présente à l’observateur sous des traits bien accusés.

‘ Aubin , Mémoires sur la l'eiiUure clidaclique et l’écriture figurative des anciens Mexicains {op. cit., p. 5.3). — Gf. Ixflilxochill, Ilist. des Chichimèques , l. I, p. 35, etc.

■ Orozco yBcrra, Geognifia, p. 91. — Ces diAails gro-

grapliiques sont empruntés à IxlliLxochill [Uist. des Chichimèques, Irad. cit., t. I, p. Sa).

’ tfIVahuallaca que quiere decir gente que se eœplicay Imita daro.D [Cod. Ramirei, éd. Vigil., p. 17.)

CRÂNES JJE CIIIGHIMÈQUES ET DE TI..VXC4ETÈQUES.

Crâne. — Le crâne de Santa-Fé (pL XIV, fig. i à 5), qui provient d’un sujet ayant atteint le commencement de la vieillesse, est mésaticéphale; sa longueur et sa largeur mesurent respectivement 17/1. et i38 millimètres, et son indice égale 79-3 1. La hauteur de la voûte est exactement égale à sa largeur. Les arcades sourcilières dessinent des reliefs accusés et se rejoignent en une glabelle saillante; les bosses frontales, assez bas placées, se distinguent bien; mais le haut du front est un peu fuyant de chaque coté, en arrière et en dehors. Les courbes temporales sont en relief et les régions du même nom fortement renflées en avant. La région pariétale, légèrement asymétrique, est plutôt courte et offre des bosses assez détachées. L’occipital triangulaire, relativement développé en hauteur, est asymétrique comme les pariétaux et adhère fortement par ses sutures presque closes au reste du squelette crânien; il porte des empreintes musculaires très saillantes et son articulation condylienne semble comme refoulée vers la base du crâne par une vigoureuse pression. Les écailles temporales sont subtriangulaires et leurs apophyses mastoïdes atteignent de grandes dimensions.

La face est large (diam. bizyg. , lûo millimètres) pour son élévation (haut. fac. , 89 millimètres); les orbites sont presque ronds, leur hauteur est égale à leur largeur, à 1 millimètre près. Le nez est proportionnellement dilaté en travers; ses os propres forment au-dessus de l’ouverture pyriforme une voûte à peu près régulière, sans aucun pincement latéral, et le plancher des fosses s’évase en un large vestibule arrondi qui se prolonge, sans aucune ligne de démarcation, avec la face antérieure de l’intermaxillaire projetée en un prognathisme sous-nasal très accusé. Les pommettes sont lourdes et massives, les fosses canines sont cependant profondément excavées, et ce qui reste de dents est fortement usé de haut en bas et de dedans en dehors. La mâchoire inférieure est remarquable par son menton massif, de forme subtriangulaire, et par ses branches montantes très larges, aux angles presque droits et fortement extro versés ’.

Colonne vertébrale et cage thoracique. — La colonne vertébrale, en partie seulement conservée (la région cervicale manque tout entière) montre de nouveau quelquesunes des particularités morphologiques signalées précédemment sur le squelette de Tlaltelolco^. On retrouve notamment sur les vertèbi’es lombaires (pl. XYI, fig. 6), à un moindre degré toutefois, la tendance à la décomposition des éléments qui entrent dans la composition des apophyses transverses.

Les côtes sont épaisses et vigoureuses, et un fragment de sternum, qui a seul échapj)é à la destruction, dépasse 12 millimètres d’épaisseur.

' Mesures du ninxillaire inférieur de l’homme de Santa- larg. , 43; «ipaiss. h ia a' mol., iC; haut, à la symphyse,

Fé : Diam. biangulaire ou bigonial, io4 millimètres; d. 35; épaiss, symph., i8.

a»gulo-sympbysaire, 88; branche montante : haut., 76, ’ Voir plus haut, p. 1 <j.

Meinbre supérieur. — La clavicule, ou du moins ce qui en reste (pi. XVI, fig. i), est assez robuste, mais proportionnellement plus élancée que chez le sujet de Tlaltelolco. L omoplate (pi. XVI, fig. 2), que son état fragmentaire ne permet pas de mesurer, est également plus étroite et plus longue, et l’acromion se relève bien plus en dehors et en haut.

L humérus (pl. X\'I, fig. 3 , 3 n, 3 mesure 3o8 millimètres. C’est un os épais dans sa moitié supérieure, plus mince au contraire au-dessous du V deltoïdien; il porte des inseitions musculaires bien marquées, mais sans aucune des exagérations rencontrées à Tlaltelolcoou à TéulL La largeur minimum de la diapliyse liumérale, située très bas, est de 2 centimètres environ; l’épaisseur maximum, qui se rencontre vers la pointe de l’insertion du deltoïde, atteint 2 A millimètres. La tête de riiumérus a A5 millimètres sur 5o; l’extrémité inférieure en mesure 29 sur 60. L’épitrochlée, bien accusée, atteint 12 millimétrés; mais 1 épicondyle s’efface, comme nous l’avons déjà signalé chez certains sujets de race nègre ^ et sa saillie n’est guère de plus de 4 millimètres. La cavité olécranienne est large et imperforée.

Le radius (pl. XVJ, fig. 4 et ha), moins massif et plus incurvé que celui de Tlaltelolco, est aussi proportionnellement plus long; il mesure 242 millimètres, et le rapport centésimal des deux segments osseux du membre supérieur s’élève ainsi à 78.5 : c’est exactement le chiffre que nous a donné l’un des sujets de Sacrificios ^

Le cubitus, que nous n avons pas complet, est aussi plus Incurvé, et son extrémité supérieure est relativement volumineuse. Nous ne savons rien de la main.

Basmi{[)]. XV, fig. 1 et 2). — Le sacrum est moins large, plus haut et plus courbé que celui du sujet de Tlaltelolco. Sa hauteur atteint io3 millimètres, sa largeur maximum n est que de 109; au détroit supérieur, il mesure io4 millimètres et 90 seulement au niveau de l’extrémité inférieure de la surface auriculaire. Enfin, la plus grande perpendiculaire abaissée de la face antérieure de l’os, ou la flèche de la corde qui relie les deux extrémités de cette face, est de 21 millimètres\

L’os coxal, considéré isolément, diffère surtout de ceux que nous avons précédemment décrits par l’accroissement de ses dimensions en hauteur. Il est aisé de s’assurer que les mesures verticales du tableau qui précède sont toutes sensiblement plus grandes que celles des tableaux antérieurs.

' Voir plus haut, p. 21 et 48.

® Gf. Nouvelles Archives du Muséum, 2' série, t. Il,

’ Voir plus haut, p. pS. — L’indice des vingt-cinq nègres que nous avons mesurés est de 78.80. On sait que

ce même rapport tombe à 72.19 chez nos races d’Europe. (E.-T. Hamy, Recherches sur les proportions du bras et de l’ avant-bras aux différents âges de la vie [Revue d’anthrop., t. I, p. 80, 1872].)

‘ Voir plus haut, p. ai.

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