‹ Anthropologie du MexiqueChapitre 7 sur 12 · SANTA-FÉ · texte numérisé non relu

SANTA-FÉ

[ antéro-postérieur

Diamètre < Iransverse maximum

1 ( oblique

ii5

Indice du détroit supérieur (■^’ ‘°°^

Membre inferieur. Le fémur (pl. XVII, fig. i, i a, t è) mesure, en moyenne, A35 millimètres de longueur. Le diamètre maximum de la tête atteint Ay millimètres, 1 angle du col sur le corps est de 121 degrés. La convexité fémorale, déterminée par la j)lus grande perpendiculaire obtenue en promenant l’équerre le long de la diapliyse du lernur couche, correspond a 69 ou jq millimètres. La diaphyse mesure, au lieu

d élection, 26 mdlimetres de large sur 29 d’épaisseur; l’extrémité inférieure dépasse S centimètres.

La rotule est large de AA millimètres.

Le tibia (pl. XVII, fig. 2 et 2 a), latéralement comprimé, a 2A millimètres au niveau du trou nourricier; son épaisseur au même niveau étant de 36, l’indice du platycnémisme est de 66. La longueur du tibia égale 867 millimètres, ou 356 si l’on déduit la malléole interne; par suite, l’indice tibio-fémoral est de 8A.3 ou 81.8, suivant que I on a appliqué l’une ou l’autre mensuration.

Le péroné (pl. XVII, fig. 3) est assez profondément cannelé. Le pied (pL XVII, fig- A), fort incomplet, ne présente à considérer que le volume et la saillie de son calcanéum et 1 élongation relative de ses phalanges. Un essai de restauration que nous avons tente nous a donne comme longueur totale 228 millimètres.

Crâne de Tlahuac. — Tlaliuac ou Cuitlahuac est une ancienne ville, assise sur le milieu de l’étroite langue de terre qui sépare les lagunes de Xochimilco et de Ghalco.

Son histoire remonte à la pe'riode toltèque', mais c’est seulement sous l’empire des Chichimèques que son nom est cité plusieurs fois dans le récit des évènements qui se déroulent en Analiuac^. C’est, pense-t-on, à cette époque, qu’une éruption volcanique vint ensevelir sous la lave une partie de la cité. Des fouilles pratiquées pendant l’occupation française ont fait retrouver dans la couche volcanique un crâne humain brisé (coll., Boban n" i, cat. Muséum, n° 6âa8) et les débris d’un squelette de femme et d’un squelette d’enfant^.

Le crâne humain est représenté vu d’en haut dans la figure 6 de notre planche XIV. II ne se compose malheureusement que d’une voûte très incomplète, comprenant une partie de l’écaille du frontal et des deux pariétaux. On peut néanmoins assurer que le sujet non déformé (sauf un pou de plagiocéphalie posthume) offrait un certain degré indéterminable de dolichocéplialie. On constate, d’ailleurs, que dans ses parties conservées il ne s’éloigne guère de la morphologie des parties correspondantes du crâne de Santa-Fé que nous venons de décrire.

Crânes de la Calera et de Mczquilic. — Le tableau de la page 127 donne, dans sa première colonne, les mesures moyennes du crâne de Santa-Fé et de deux autres crânes présumés de même origine, trouvés l’un à la Calera (Guanajuato)*, l’autre près de San-Miguel-Mezquitic, (San-Luis-Potosi).

Le premier vient d’un tumulus situé sur la grande route entre Guanajuato et Queretaro; il a été recueilli par M. l’abbé Dornenech (catal. Mus., n” ûq3i) pendant le cours de son voyage dans les provinces du Nord. Le second gisait sous un tumulus à San- Miguel-Mezquitic, près d’une autre grande route qui joint San-Luls-Potosi âZacatecas; il a fait partiede la collection Boban (catal. Muséum, n” Ces deux pièces ontavec

celle de Santa-Fé des ressemblances générales qui justifient, croyons-nous, le rapprochement que nous avons établi. L’air de famille, si l’on peut parler ainsi, est manifeste entre elles; cependant la grande capacité de l’une, l’allongement relatif de l’antre qui fait sensiblement baisser son indice, pour ne citer que les particularités les plus remarquables, constituent des différences individuelles que nous ne saurions passer sous silence.

Pris ensemble, les trois crânes des tumulus réputés ckicfimcqiies sont mésaticéjdiales à 78.65. Deux d’entre eux sont aussi hauts que larges; mais les moyennes d’indices

' Cf. H. H. Bancroft. , op. cit., l. V, p. aSS. — Elc.

® Ibid., p. 3i6, .368.

^ M. Boban, qui a assistd h cette fouille, nous assure que la femme rrtenait encore son enfanta; elle s’elail «réfugiée dans un angle de mur de son habitation» [Note mamtscrila).

' Il y a sur la route de Guanajuato à Queretaro deux Calera, l’une entre Silao et Irapuato, l’autre entre Celaya et la frontière. Nous ignorons dans laquelle de ces localités a été faite la fouille de M. Dornenech.

^ Ce crâne est représenté sous ses cinq aspects dans la planche XVIII de notre atlas.

de hauteur sont 76.96 et 98.18. Les circonférences médiane totale, transverse et horizontale atteignent A78, AA6 et 607 millimètres.

La hauteur de la face atteignant 96 millimètres et sa largeur maximum 187, findice facial se chiffre par 69.8/1. La hauteur et la largeur des orhites sont de 34 et 87 millimètres, et l’indice orbitaire est de 91.89. Enfin, les deux dimensions du squelette nasal (longueur. Sa millimètres; largeur, 29) déterminent un indice nasal de 55.77. l^ous renvoyons pour les autres mesures au lahleau de la page 127, en signalant toutefois au passage le prognathisme sous-nasal de nos trois sujets, dont les régions incisives et canines, fortement comprimées sur les cotés, se projettent assez en avant pour qu en moyenne la projection faciale atteigne 28 millimètres, tamlis que les angles sous-nasal et alvéolaire se ferment sous 78 et 63 degrés.

Crâne des environs de Tetzciico. — Les mesures prises par M. Ten Kale sur le crâne léminin qualifié (^cJicchemecan) dans la collection Morton (n° 1 oo5) s’écartent à peine, pour une ou deux d’entre elles, des moyennes que nous venons de calculer. Cette pièce, qui provient d’un tumulus des environs de Tetzcuco', est mésaticéphale avec l’indice 79.88 (diam. ant.-post., 174 millimètres; diam. Iransv., 189), et sa hauteur est égale à sa largeur. L’indice facial nous échappe, le diamètre hlzygomatique faisant défaut; mais les dimensions du nez égalant respectivement 48 et a5 millimètres, l’indice qui résulte de la comparaison de ces deux chiffres est 5 2.08. L’indice orbitaire est 92.50^.

Crânes de Taeuha, — - Les trois crânes de Taeuha dont il a été déjà question précédemment^, et que nous hésitions à classer dans l’une ou l’autre des séries anciennes de crânes ethniques antérieurs à la conquête espagnole, ressemblent si bien, en moyenne, a ceux que nous venons d’étudier, que nous nous décidons à placer ici, au moins à titre provisoire, les renseignements anatomiques qui les concernent''. L’ensemble de

‘ Cf. Ailken Mfig-s, Cal. cil., p. 88.

Principales niesiii’es du crâne de feninie cbichimèqiie de la colleclion Morlon , d’après M. Ten Kale : Cap. crân. « ; cire, boriz., 488 millinièlres; d. a.-p, , i y/i millimètres; d. Ir. max., 189 millimèlres; d. bas.-bregm. , 1.89 millimèlres;ind.ct<pli., 79.88, 7 9.88, 100.00; d. front, max., 116 millimètres, min., 90 millimètres; biorb. ext. //; bizygora. //; liant, face, 85 millimètres; ind. fac. »; nez: long., 48 millimèlres, larg., 26 millimètres; ind. nas., 82.08; orbite : liant., 87 millimètres, lai'g., 4o millimètres; ind. orbit., 92.80.

^ Voir plus haut, p. 35. — Ces crânes, nous l’avons déjà dit, proviennent de fouilles exécutées par M. Joseph

Smith dans d’amiennes tombes, de nature indéterminée, découvertes à Taeuha (cal. Morlon, p. 89).

‘ Principales mesures moyennnes des trois crânes de Tacuba de la colleclion Morlon, d'après M. Ten Kale : Cap. crân. /i i circorrf. boriz., 897 millimèlres; d. a,-p., 176 millimètres; d. Ir. mas., 189 millimèlres; d. bas.frregm., 188 millimèlres; ind. cépb., 78.97, 78.41, 99.28; d. front, max., 119 millimèlres, min., 102 millimèlres; biorb, ext., 98 millimèlres; bizygom., i4o millimètres; haut, face, 89 millimètres; ind. fac., 68.87; nez : long., 5o millimètres, larg., 27 millimètres; ind. nas., 54.00; orbite : haut., 35 millimèlres, larg., ,89 millimètres; ind. orbil., 89.74.

lU ZOOLOGIE DU MEXIQUE.

leurs mesures ne s’écarte guère, en effet, des chiffres consacrés aux Chichirnèques à la page 197.

Sommaire. — Les Cliichimèques actuels. — Crânes de Chicliimèques de la Sierra Corda et de Lagos.

Les Chichlmècpies acluels. — On appelait encore terre de Cltichimeca , au temps de Sahagun, une grande partie des territoires du Mexique septentrional habités au xvU' siècle rtpar cette race barbare qui vit de la cba.sse et qui ne forme aucun établissement». Ce terme de Chichimkjue est resté dans la nomenclature des conquérants espagnols^ pour désigner d’une manière générale les tribus mexicaines demeurées nomades ou barbares^, et encore aujourd’hui on nomme couramment Chickimèques^ les Indiens demi-civilisés qui habitent les terres hautes des Etats du Nord, et notamment la Sierra Gorda.

Crâne de San-Luiz-de~la~Paz. — Les trois crânes dont les colonnes 9 et 3 du tableau de la page 197 renferment les mesures viennent de cette Sierra, et en particulier de San-Luiz-de-la-Paz, dans le département de San-Miguel-Allende, qui forme le Nord de l’Etat de Guanajiiato.

Le crâne masculin (coll. Domenech, n“6, cat. Mus., n® àg3S) volumineux et pesant est un |)eu plus large et surtout un peu plus haut que ceux des tumulus dont nous le rapprochons. Les diamètres atteignent 179, iàa et enfin lâo millimètres, si bien que les indices se cbilfrent par 79.88, 81.00 et 109.1 t. Les mesures crâniennes n’accusent aucune variation importante; seul le diamètre bitemporal est sensiblement augmenté, mais cela tient à un léger décollement excentrique des deux écailles. À la

' Toutes ces différentes familles, dit Sahagun en parlant des Nahms, etc., se donnent le nom de Chichimeca et se vantent de celte dénomination. Cela provient de ce (jue toutes s’en vinrent errantes, comme des Chichimecas , à travers les pays dont nous avons parlé, pour aboutir à cette })nrtie-ci du pays. La réalité est cependant que les pays par où ils passèrent ne portaient point le nom de Œcliimeva, mais bien s’appelaient Tlaollapan, Tlucochcnlco et Micllainpa, ce qui veut dire rtcampagne unio et spacieuse qui se trouve située vers le Nord». Si on les appelle terres de Chichimeca, c’est parce que actuellement elles sont habitées par cette race, barbare qui vit de lâchasse et qui ne forme aucun établissement. (Sahagun, trad.cit., p. G78.) Dans un autre passage (p. 660), Sahagun subdivise les Chichirnèques en Otomi, Tamime et Teochichimeca. C’est, comme on le voit, une classification exclusivement fondée

sur l’état social. Tout barbare , à quelque groupe ethnique qu’il appartienne, est un Chichimeca. Tamime est un tireur d’arc; nous avons déjà dit que Teochichimeca signifie, pour Sahagun, entièrement barbu.

^ fc Chiebimèque , dit Torijuemada [Monarquia indiana con el oriffinen, etc., Prolog, al libro XXI, éd. cit., t. 111, p. 609), est le nom commun, entre nous autres Espagnols et entre les Indiens chrétiens, pour désigner certains Indiens infidèles et barbares qui n’ont point d’établissement fixe (spécialement en été) et vont courant d’un côté et d’un autre, ne sachant ce que sont richesses ni plaisirs, ni contrat de civilisation ...»

“ Orozeo y Berra fait observer cjue cette expression, honorifique chez les Indiens, est devenue chez les auteurs espagnols une expression dépréciatrice (despreciativa) ( Geogriifa, p. (j5).

face, les diamètres orbitaires sont presque égaux, ce qui fait monter l’indice correspondant au delà de 97. Par contre, l’indice nasal s’abaisse à Bo.gà. La projection faciale atteint 3i millimètres, et les angles sous-nasal et alvéolaire descendent à 68 et à 60 degrés.

Les deux crânes féminins (coll. Domenecb, n“* 5 et 18, cat. Muséum, n°" àpBA et àqày) se tiennent très généralement à fort courte distance du crâne masculin de même source. Leurs diamètres crâniens sont, en moyenne, de 166, 1 82 et 126 millimètres, et leurs indices céphaliques sont exprimés par les rapports 79. 7^.90 et Les indices faciaux sont presque identiques à ceux de l’homme; mais la projection faciale descend de 3i à 2à millimètres et les angles sous-nasal et alvéolaire montent de 68 et 60 degrés à 72 et 65 degrés'.

Crânes de Lagos. — D’autres Ghichimèques vivaient à l’ouest de l’Etat de Guanajuato, dans les hautes vallées du Rio Verde. Francisco Martel fonda pour les civiliser, en juillet i563, la ville de Lagos ou Santa-Maria-de-los-Lagos“, qui est aujourd’hui peuplée, ainsi que presque tout le partido du même nom, de descendants des Chichimecas blancos. La collection Domenech comprend deux crânes de femmes, l’un de Santa-Maria-de-los-Lagos (cat. Mus., 11“ àqdd), l’autre de San-Juan-de-los-Lagos (cat. Mus., n“ Z1932), dont les chiffres moyens figurent à la quatrième colonne du tableau de la page 127.

On se rendra aisément compte des variations qu’ils présentent, comparés à ceux de la Sierra Gorda : ils sont notamment un peu plus dolichocéphales, mais leur hypsicéphalie est identique à celle de l’homme de la colonne 2 ; l’indice facial et l’indice orbitaire sont sensiblement inférieurs à ceux des Chicbimèques de San-Miguel-Allende, mais l’indice nasal est presque identique à celui de ces mêmes sujets.

Sommaire. — Indiens des Étals de Dui'ango, de Ghilmaliiia , etc. pouvant être rapprochés des Ghichimèques.

— Grâiies deGomanches, deNavajos, d’Apaches.

A en juger par les observations que nous avons pu faire sur quelques pièces osseuses recueillies dans le nord du Mexique par nos explorateurs, le type du Chichimèque de

' Je crois pouvoir rapprocher, au moins à titre provisoire, des crânes de Ghichimèques de la Sierra Gorda un autre crâne, inatheureuseraent très mutile', trouvé à Villachualo et conservé au musée du collège de Guanajualo. Les figures, réduites à peu près au quart, que nous devons à M. Dugès, montrent les mêmes courbes que nous

venons de signaler. Le diamètre antéro-postérieur mesurerait 178 millimètres, d’après noire correspondant. Le diamètre transverse atteindrait 182 millimètres et, par suite, l’indice céphalique serait de 76.80.

^ Man. Orozeo y Berra, Geognifia de las lenguas, etc., p. 279.

Guaiiajualo et de Jalisco se retrouverait bien au delà des limites indiquées dans le précédent paragraphe, et il deviendrait possible d’expliquer par sa dissémination une certaine partie des variations très étendues que les mensurations crâniennes révèlent chez les Indiens des Etats deDurango, de Chiliuahua, etc. Malheureusement ces observations sont très clairsemées, le nombre des sujets examinés est extrêmement restreint, et à côté de ressemblances qui nous frappent nous relevons des différences qui ne nous frappent pas moins. Aussi est-ce sous les réserves les plus expresses que nous groupons ici, à la suite des renseignements positifs qui se rapportent aux Chichimèques anciens et modernes, les Indications plus vagues concernant les tribus demi-sauvages du Xord mexicain qui ont conservé jusqu’à nos jours le genre de vie des immigrants de la mappe Tlotzin.

On se rappelle que les chilfres recueillis par M. Ten Kate à Sacaton ^ dans une des réserves de la Pmerta Alla, se décomposaient très nettement, au point de vue de l’indice céphalique, en trois séries. Les brachycéphales, qui forment la première de ces séries, ont été mis à leur place, les mésaticéphales ou sous-dolichocéphales de la seconde ‘ sont [)eut-être à rapprocher de nos Chichimèques du Sud, et cette manière de faire pourrait être étendue à une partie des Gahitas, des Tépéhuanes, etc., que le même voyageur nous a le premier fait connaître '^.

Le Muséum d'histoire naturelle et le musée Broca possèdent chacun un crâne d Indien du Nord du Mexique, sans provenance bien assurée, et qui ont l’un et l’autre des traits qui les rapprochent de ceux qui ont été décrits et étudiés dans les paragraphes précédents. L’un de ces crânes, recueilli à Durango par M. Domenech, garnit de ses mesures la première colonne du tableau qui va suivre. C’est un gros crâne mésaticéphale (ind, céph., 78. à5), plus haut que large, à la face volumineuse, modérément prognathe. L’autre, donné par M. Fischer comme Taralmmar ancim, est une tête toute moderne, à laquelle adhèrent encore des fragments d’aponévrose et de petites plaques de cheveux, et qui n’est peut-être pas plus sûre comme provenance ethnique que comme antiquité relative. Ce second crâne, un peu moins ample, tant en travers qu’en long, que celui de la collection Domenech, en diffère surtout par son prognathisme relativement considérable et qui affecte la face à peu près en totalité. Le nez est saillant, arqué, proportionnellement mince et long (ind. nasal, à6.à3), et les alvéoles antérieurs dessinent très vigoureusement leurs bourrelets.

Crânes de Comancim. — Nous avons juxtaposé à ces deux crânes deux crânes de Comanches, l’un masculin, rapporté de Chihuahua par M. Domenech, l’autre féminin.

‘ Voir plus haut, p. 53. — ^ Le mot onze a été' oublié à la ligne 5, où il est question de cette seconde série. Il faut ainsi rétablir le texte : rtonze olTraient des indices» , etc. — ^ Voir plus haut, p.

provenant de la collection Dumontier (cat. Mus., n''® et 483o). Si mélangées

que soient aujourd’hui les tribus comanches qui errent encore dans le Nord du Mexique ou qui ont été placées en reHervation dans le territoire indien*, elles ont conservé, certaines d’entre elles au moins^, quelque homogénéité^. Ainsi sur dix crânes comancbes mesurés par Otis au Musée médical de l’armée des Etats-Unis, six se trouvent sur les limites de la mésaticéphalie. Nos deux pièces du Muséum ont pour indices céphaliques, l’une 76.75, l’autre 79.87; leur indice moyen, 78. aâ, est donc tout voisin de celui de nos crânes d’indiens de Durango.

Mais, tandis que l’une de ces pièces offre, comme celles de Durango, plus de hauteur que de largeur, l’autre s’aplatit de près d’un centimètre dans le sens vertical. L’indice facial fait également ressortir d’un sujet à l’autre des différences considérables.

Crânes de Navajos. — L’un des deux crânes de Navajos, rapporté par M. Ten Kate, au musée Broca'*, offre des proportions analogues. Son diamètre antéro-postérieur

'■ li n’y a plus aujourd'hui sur le sol des Élats-Unis que 1,600 Comanches , canlonnds dans une réserve du sud-ouest de ïindian Tetrilory avec 1,100 Kiowas et S&o Apaches de l’Est. (Ten Kate, Notes elhnojp'aphiiiues sur les Comanches [Revue d’etlmogr., t. IV, p. 121, i885].) On ignore le nombre des Mezcaleros et des autres Indiens qui errent encore dans le Chihuahua, etc. Ces derniers formeraient une subdivision spéciale, sous le nom de Comanches du Loup jaune, par opposition avec leurs frères du Nord, les Comanches de la Bosse de bison. (L. de Cessac, Renseignements ethnographiques sur les Comanches, recueillis de la bouche d’un trappeur qui fut treize ans leur prisonnier [Rev. d’ethnogr., t. I, p. 100-109, 1889].)

* Les Comanches du Sud , c’est-à-dire ceux qui nous intéressent plus directement ici , ont contracté de fréquentes alliances avec les Indiens sédentaires plus ou moins métissés des provinces frontières.

tr Quand les Comanches pénètrent sur le territoire mexicain, dit M. de Cessac {loe. cii., p. 117), ils mettent tout h feu et b sang; ils égorgent les habitants qu’ils rencontrent, sans distinction de sexe. Us n’épargnent que les jeunes garçons de trois à quatre ans et les fillettes de dix à douze , qu’ils emmènent avec eux et traitent aussi bien que leurs propres enfants. Ces captifs oublient leur origine et, plus tard, lorsqu’ils ont grandi, ils deviennent partie intégrante de la tribu et à leiu’ tour font souche de Comanches. Ces rapts maintiennent et accroissent d’une manière notable le nombre des individus qui composent la nation comanche; mais ils ont contribué , depuis plusieurs siècles, à modifier profondément, au point de vue anthropologique, la race primitive de laquelle dépendent ces peuplades.

ZOOIOOIE DO HEIIOLK. — 1™ PARTIE.

trll en est résulté que si, au point de vue ethnographique, le Comanche est de tous points semblable à ses ancêtres, ses caractères physiques, grâce à l’infusion du sang étranger, ont été profondément modifiés. Il s’est ainsi formé de nouveaux types, dans lesquels le sang indien se trouve mêlé dans une notable proportion avec le sang des peuples liispano-mexicaiu et anglo-saxon.

trOn peut se convaincre aisément de la réalité de ce mélange de races diverses en examinant les crânes de Comanches, malheureusement eu petit nombre, qui sont conservés dans nos collections et qui présentent des variations extrêmement étendues.» (L. de Cessac, loc. cil., p. ny et 1 18.)

^ Le nombre des métis mexicains parmi eux ne dépasse certainement pas une cinquantaine. (H. Ten Kate, Indiens des Etats-Unis du Sud-Ouest [Bulletin Soc. d’anthrop. de Paris, 5” série, t. VI, p. 899].) — M. Ten Kate n’a mesuré que deux têtes comanches, dont une, au moins, devait être artificiellement déformée (les indices qu’il nous donne sont 81. 36 et 87,99). 11 en est, sans doute, de même du crâne coraanche de la collection Bernard Davis, qui atteint l’indice 86 [Thés, cran., p. a34).

* II. F. C. Ten Kate, Sur quelques crânes de l’ Arizona et du Nouveau-Mexique ( Revue d’anthropologie , 9' sér. , t. VIII , p. 489, i884). — Le second crâne de Navajo de la collection Ten Kate est sous-brachycéphale (89.56) verticalement aplati et diffère beaucoup, en somme, du premier.

Nous ajouterons que, sur les trois crânes de Navajos mesurés par MM. M. S. Severance et H. C. Yarrow, deux sont sous-brachycéphales, comme le iT 9 de M. Ten Kate (ind. céph., 81.11 et 81.89), lundis que le troisième est

jMrr.iMEniE natioxale.

atteint iy8 millimètres, le transverse et le vertical en mesurent chacun i38, et les trois indices égalent yy.bS, 97-53 et loo. L’indice facial a 70.66, l’orbitaire 99.68: mais le nasal s’abaisse, comme sur l’Indien de Durango de Fischer, à 66.67.

Crânes d’ApacJm, etc. — Les mêmes formes se rencontrent aussi, mais à titre tout à fait exceptionnel, chez d’autres Indiens nomades qui hantent les frontières septentrionales du Mexique, nous voulons parler des Apaches^ représentants méridionaux de la race Athapaska, autrement appelée Chippewyan, Tinneh, etc.; ils sont généralement plus brachycéphales encore que leurs frères du NoiaP, dont ils exagèrent en moyenne les proportions^. L’indice céphalique des dix-neuf crânes d’Apaches du sexe masculin déposés dans les collections de l’armée des Etats-Unis, s’élève à 85.88; celui de neuf femmes du même musée est encore plus élevé, 86.06. M. Ten Kate a constaté, d’autre part, la brachycéphalie des Apaches et des Tontos quil a visités dans l’Arizona'*.

Cette brachycéphalie peut être parfois exagérée, comme chez les Comanches, par la déformation, et c’est le cas pour les crânes d’Apaches Chiricahuas recueillis au camp Rowie, soit par M. Alph. Pinart (ind. céph,, 90.96)^, soit par MM. H. C. 6arrow etM. S. Severance (ind. céph., 92.30)®.

Nous avons introduit dans le tableau de la page 189 les mesures d’un crâne de Coyotero rapporté du camp apache par M. A. Pinart (cat. Mus., n“ 5262) et dont les formes serrent de près celles de nos deux Comanches.

sous-clolichocépliale avec Iviidice yS.gS. (M. S. Severance et H. C. Yarrow, Notes upon human Cranta and Skeletons collected hy the expédition of iSja-tS'jy [Rep. upon U. S. Geoffr. Sun. West of the one Imndredtk Meridian, vol. VII , Archmology, Washington, 1879, iu-i", p. Sgi-.^gy]). En dehors des crânes manifestement déformés (88 h 96 d’indice), le Musée médical de l’armée des États-Unis contient 17 crânes de Navajos : 4 brachycéphales, 6 sous-hrachycéphales, 2 mésaticéphales , 5 sous-dolichocéphales ou dolichocéphales. (Otis, toc. cil., p. 66.)

‘ On comprend parmi les Apaches, les Cdiicalmas, les Goatos, les Mimhrègues, les Gilègnes, les Mescaleros, les Sacramentègues , les Garizalègnes , les Xicarillas, les Mogollones, les Faraones, les Lipanes et parfois aussi les Navajos.

* ttll existe dans les musées d’Amérique et d’Europe un ceidain nombre de pièces, relativement homogènes, provenant de quelques-unes de leurs tribus , depuis le crâne de Kenaitze delà collection Doroshin à Saint-Pétersbom-g et celui de Lièvre du Musée de Washington, jusqu’aux crânes Chippewyans du fort Churchill cl du fort Resolu-

tion des musées Retzius et Davis. Tous ces crânes (nous en connaissons sept) sont sous-brachycéphales à 82.02 (d. a.-p., o'",178; d. tr. max., o'",i46), un peu aplatis du verlex (d. bas.-bregm., o'",i34), larges des pommettes, longs du nez, assez bas des orbites, « etc. (Cran, ethnie., p. 470.)

^ Principales mesures de 19 crânes d’Apaches mâles, de Moyaves, de Yumas, etc., d’api-ès Otis ; Cap. ci’ân., i345 centimètres cubes; cire, horiz., 5o3 millimètres; d. a.-p., 170 millimètres; d. tr. max., i46 millimètres; d. bas.-bregm., i3q millimètres; ind. céph., 8.i.88, 77.64, 90.4i ; diani. hizyg. , i38millimèti’es; angle fac. , 77 degrés. Mêmes mesures sur 9 femmes : 1260 centimètres cubes; i65 millimètres; i42; 12.3; 86.06; yâ.Sâ; 86.62; 127 millimèti'es et 78 degrés. (Cran, ethnie., p. hyo.)

* Bull. Soc. d’anthrop. de Paris, 3* sér., t. VI, p. 802, i883.

^ Cran, ethnica , ^. hyo.

® M. S. Severance et H. C. Yarrow, loc. eit. — Deux autres Apaches de la même collection ont pour indices 90.62 et 86.44.

CR Anes de comanches, d’Apacïïes, etc.

Des cinq crânes de Lipans que nous connaissons \ deux rentrent dans le même type, avec des indices de 79-34 et de 8i.46, mais deux autres sont brachycéphales à 84 et 86. Le cinquième est dolichocéphale à 78.48; nous y reviendrons, comme aussi sur les Navajos et les Comanches dolichocéphales, en parlant des squelettes découverts dans les grottes sépulcrales de l’Etat de Goahuila.

‘ Otis, Cat. cil., p. 90. — A. Meigs, Cal., p. 89 et 90.

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