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CHAPITRE IX

LES XOCHIMILQUES, LES TÉPANÈQUES, LES ACOLHUAS, LES TLALHLIQUES

ET LES TLAXCALTÈQUES.

Sommaire. — Migration des tribus nahuatlaques. — Les Xochimilques , les Chalques. — Les Tépaneques. — Crânes de Tépanèques d’Azcapotzalco et de Xochimilques d’Ajusco. — Crânes d’AcoIhuas de Iztapalapan, etc. — Les Acolhnas et les Tlalhuiques. — Crâne de Tlalhuique d’Acapancingo.

Migration des tribus Nahuatlaques. — C’est pendant la période chichimèque que, à divers intervalles, arrivent dans l’Analiuac les tribus collectivement désignées dans l’histoire sous le nom de Nahuatlacas ou Nalmatlaques. Ces tribus sont au nombre de sept, suivant les auteurs, qui s’accordent assez généralement sur le chiffre \ mais varient quelque peu dans la nomenclature. Certains noms de tribus disparaissent, pour faire place à d’autres, appartenant parfois à des groupes ethniques d’origine totite différente, comme les Tarasques du Michoacan dont nous traiterons séparément dans un de nos prochains chapitres. Les sept tribus nahuatlaques sont le plus ordinairement énumérées dans l’ordre suivant, qui marque leur arrivée successive dans la région des lagunes.

Les Xochmilques. — La première est celle des Xochimilques [Xochimilca) , venue d’Aquilazco sous la conduite de Huetzalin.

A-t-elle pris cette appellation de Xochimilques, comme le pense M. H. H. Baucroft^ de celle de la ville et de la contrée de Xochimilco où nous la voyons s’établir? A-t-elle, au contraire, imposé son propre nom à cette cité, qu’elle aurait fondée au sud-ouest des lagunes, et aux cantons qui l’entourent? C’est ce qu'il est absolument impossible de décider^.

' Bernardino de San -Francisco ne compte que cinq tribus en dehors des Aztèques : Suchmilco, Atitlahaca, Mizquique, Chalco et enfin Tacuba, Culuacany Auapuzalco a losqmks llamavan Tenpanecas. Toutefois, il ajoute que les gens de Tascuco, Tascala et Guejocingo se glorifiaient

de la même origine {Anales del Mus. nacioml de Méæico, t. II,p. 92).

^ Cf. H. H. Bancrofl, op. cit., vol. V, p. 807, 388.

’ La même question peut se poser, et elle n’est pas plus aisée à résoudre, à l’occasion du nom des Chalques, etc.

Quoi .qu’il en soit, voici en quels termes Duran^ raconte l’exode du groupe Xuchimilca, comme il le nomme^ : w Celui de Xuchimilca, comme premier dans son arrivée, apres avoir contourné tout le circuit de la grande lagune, le site qu’il possède encore maintenant lui paraissant bon et paisible, s’y établit et prit ce qui lui fut nécessaire, sans contradiction, ni préjudice de personne, les grands et seigneurs de cette tribu s’étendant par toute cette cordillière qui aujourd’hui s’appelle la nation Xuchimilca, qui arrive jusqu’à un pueblo qui s’appelle Tuchimilco ou d’un autre nom Ocopetlaijuca, de laquelle généalogie et génération sont ceux XOcuiluco, Tetelancyapan, Tlammiklpan , Xumiltepec, Tlacotepec, Çocualpa et Temoac, Tlayacapa et Totolnpc et T(puzllan, Chlmalhuacan, Ecatzlngo^ et Tepellixpan avec toutes les autres cabeceres et stations sujettes à Chimalhuacan, lesquelles sont toutes de cette Inhu Xuchmiilca, et ainsi s’appelle toute la partie et terre de la génération Xuchimilca, avec Cuitlauac, Mizquic^' et Culiacan. -n

Les Chalques. — «Les seconds qui arrivèrent, continue Diiran®, non beaucoup de temps après, furent ceux de la partition et génération C'/m/m®, laquelle dans son arrivée se joignit à celle de Xuchimilco et partagea les confins avec elle tranquillement et pacifiquement : elle prit pour capitale et principal siège Tlalmanalco, et do là se divisèrent les grands et principaux de cette génération pour vivre dans les lieux et cabeceres que tient ladite province; il convient à savoir : Amecaniecan, Tenango avec tous les Quaxiichpas, Ayolzmco, Chalco Alenco, San Martin avec tous ces pueblos, cabeceres et estancias qu’elle possède encore, ce qui est beaucoup moindre que ce que Xuchimilco occupe, pour être beaucoup plus grande la nation de cette tribu que celle de l’autre, w

Les Tépanèques. — «Derrière ceux de Chalco, dit toujours le Père Duran’, vinrent les Tecpanecas^, et faisant ce qu’avaient fait les autres, ils prirent pour principal siège Tacuba^, étant donnée cette circonstance qu Azcapotçalco était la résidence de la cour et principale gent; le temps marchant depuis et les seigneurs et principale gent faisant leur division , ils se répartirent entre Tacubaya^^, Acuyanca^^ , Azcapuzalco , Tlanepanlla^^, Tenayuca, avec toute cette cordillière qui court jusqu’aux confins des Otomies, w

poseedores de las bocas.n [Cad. Ramtrez, éd. cilde, p. i8.) ’ Ed. cit., p. 19.

* rrTepanecas, que quiere decir la genle de la piiente o pasadizo de piedra.i> [Cad. Ramtrez, p. 19.)

° Le nom indien est Tlacopan. Nous avons ddjà dit que ïaeuba est aujoiu’d’hui à moitié otoniite. (Voir plus haut, p. 35.)

Voir p. 35.

" Pour Ailacuihuayan.

Voir p. 33.

' P. Fr. D. Duran, éd. cit., 1. 1, p. 10 et 1 1.

^ Suchimilco (Bemardino de San-Francisco , ap. Anal. del Mus. de Mexico, l. II, p. 99). — tr Xuchimilca que quiere decir poseedores de las sementeras de Jlores. v ( Cod. Rnmirez, éd. Vigil., p. 18.)

^ Pour Ehecatzinco.

" On a vu plus haut que Mizquic faisait une tribu à part pour Bemardino de San-Francisco.

® Jid. cit., ti I, p. 11.

trChalcas, que quiere decir gente de las bocas. . . los

Crânes de Xochimilques et de Tépanèques. — Nous n’avons pu nous procurer auçun renseignement sur l’anthropologie des Chalques; mais le Muse'um possède une importante collection d’anciens crânes de Tépanèques et deux crânes de Xocliimilques, que nous allons brièvement faire connaître.

Crânes d! Azcapolzalco, — Les crânes de Tépanèques ont été recueillis par MM. Dornenech et Boban dans des tombes fouillées à Azcapotzalco, qui était capitale de ce peuple, ainsi que l’on vient de le voirL

Ces tombes tépanèques, de forme tantôt arrondie, tantôt quadrangulaire, sont creusees dans 1 alluvion à deux mètres environ de profondeur. On trouve avec les morts de grands masques sculptés en pierre dure, des amulettes en forme de cœur, d’écusson, etc., taillées dans des roches plus ou moins précieuses et polies avec beaucoup de soin, des vases de terre etc.

Les crânes, généralement bien conservés, ont des formes dilîérentes de toutes celles que nous venons de passer en revue (pl. XIX, fig. i à 8).

Au Mexique, plus on descend la série des âges pour se rapprocher de l’époque de la conquête espagnole, plus s’accuse la dolichocéphalie chez les indigènes. Les premiers habitants de la contrée étaient partout, nous l’avons surabondamment démontré, des brachycéphales vrais, dont l’aplatissement vertical de l’occiput exagérait encore quelquefois les indices céphaliques, déjà très élevés. Les Chichimèques se sont montrés mésaticéphales; les Tépanèques vont descendre à la limite de la sous-dolichocéphalie (ind. ceph. moyen, yy.Si) et les Xochimilques seront franchement sous-dolichocéphales.

Les crânes tepaneques du Muséum sont au nombre de neuf, dont six masculins et trois féminins. Ils forment une série relativement très homogène. Ce sont de petits crânes cubant, les premiers 1,895 centimètres cubes, et les seconds 1,270. Les circonférences des uns mesurent 5oi, 43 0 et kqk millimètres, celles des autres descendent à 482, 4o8 et 457. Les trois dimensions sont représentées dans rune des séries par les chiffres 176, i35 et i32, dans l’autre par les chiffres 168, i33, 127. Les indices céphaliques sont pour les hommes 77.14, 78.42 et 97.77; pour les femmes, 79.16,

‘ Le musée Broca possède , dans ta colicclion du docteur Fuzier, un autre crâne étiqueté : Indien mexicain ancien (vallée de Mexico)» et sur la voûte duquel on peut lire, en grosses lettres, le mot Azcapozalco. ]\e sachant pas si cette pièce venait des mûmes fouilles que les neuf autres dont il est question ci-dessus, je transcris ici ses principales mesures : Gap. crân., i,455 centimètres cubes; cire, lioriz., âgâ millimètres; d. a.-p., 178 millimètres; d. tr. max., i34 millimètres; d. bas.-bregm., 189 milli-

mètres; ind. céph., 77.45, 8o.34, io3.73; d. front, max., 112 millimètres, min., 90 millimètres; biorb. exi., 99 millimètres, bizygomatique, 128 millimètres; haut, face //; ind. fac. //; nez, long., 62 millimètres, larg., 25 millimètres, ind. nas., 48.07; oi'bite, haut., 36 millimètres; larg., 39 millimètres; ind. orbit., 92.80.

^ Le Musée d’etlmograpbie du Trocadéro possède la plupart des objets trouvés avec les crânes que nous décri- Yons ici.

75.69 et 96.48. Toutes les dimensions crâniennes sont réduites, sauf le diamètre bitemporal, relativement élargi par un certain degré de convexité des écaillés. La face est tout à la fois diminuée en hauteur et en largeur, mais ses indices n’offrent rien de bien remarquable.

Les angles faciaux sont défavorables; le sous-nasal se ferme par 72 et 68 degrés, et l’alvéolaire ne dépasse point 62 degrés.

Nous avons dû exclure de nos moyennes divers chiffres exceptionnels donnés par le squelette nasal de deux de nos sujets masculins, atteints l’un et l’autre d’affections polypeuses qui ont assez profondément déformé l’ouverture des fosses et les parois osseuses qui la circonscrivent. L’un de ces polypes, de nature spongieuse, est une pièce d’anatomie pathologique tout à fait intéressante et mériterait, croyons-nous, d’être minutieusement décrite par un homme de l’art.

Crânes d’Apisco. — Nos crânes de Xochimilques (coll. Domenech, n”* 26 et 27, cat. Mus., lU* 4966 et 4966), tous deux féminins, viennent d’Ajusco, ancienne bourgade, à quelque distance à l’est de Xochimilco, sur la route de Cuernavaca. Les mesures que nous avons groupées dans la première colonne du tableau de la page i45 montrent les analogies et les différences qu’ils présentent par rapport aux crânes de même sexe recueillis à Azcapotzalco. Ils ont la même capacité moyenne, les mêmes projections ou peu s’en faut, les mêmes dimensions en longueur; mais ils sont plus étroits et plus hauts , de sorte que leurs indices les font passer dans la catégorie des sous-dolichocéphales. A part cela, toutes les courbes crâniennes, les mesures faciales linéaires et angulaires se ressemblent généralement; toutefois, les pommettes sont moins saillantes, ce qui augmente l’indice facial , et le nez se dilate plus qu’il ne s’allonge , ce qui agrandit l’indice nasal .

Crânes de Izlajuilapan et de Téohliuacan. — La quatrième colonne du mêmn tableau combine les mesures de deux crânes masculins provenant de tombes fouillées par M. Boban à Iztapalapan et à Téotihuacan (cat. Mus., n°^ 6487 et 6438), et contenant des objets assez analogues à ceux qu’ont donnés les sépultures d Azcapotzalco L Ces crânes, un peu plus volumineux, plus courts, plus larges et plus hauts que les crânes de Tépanèques du même sexe, se tiennent cependant presque toujours â courte distance de ceux-ci et ne font pas d’écart assez large pour que l’on soit tenté de les retirer du groupement historique dans lequel ils se trouvent ici rangés ^

' M. Boban, à qui nous devons ces crânes, signale parmi les pièces qui les accompagnaient des terres cuites et un objet en lave poreuse sculptée.

’ Ces deux crânes d’Acolluias ont leurs mâchoires inférieures, dont voici tes principales mesures : D. biang. ou bigonial, 89 millimètres: d. angulo-symph., 77 milli-

mètres; branche mont. : haut., 6â millimètres, larg. , 28 millimètres; épaiss. à la 2' mol., lâ millimètres; haut, symph. , 3 O millimètres?; épaiss. symph., i4 millimètres. — L’un de ces maxillaires, celui d’Iztapalapan , porte un énorme odontome dans la région molaire droite , développe principalement aux dépens de la deuxième grosse molaire.

CRÂNES DE XOGHIMILQÜES, DE TÉPANÈQÜES ET D’AGÜLHCAS.

iMrn[M£r.i£ nationai.e.

'Iâ6

Les Tetzcocans ou Acoihuas. — Les {jens d’Iztapalapan comme les derniers venus de Téotihuacan , apparliennent en effet à la quatrième des tribus nabnatlaques, désignée par les historiens sous les noms de Tetzcocane ou d’Acolhua.

üuran dit de cette tribu Tezcucam^ qu’elle n’était ni moins grande ni moins nombreuse que celle de Xochimilco et il cite parmi les localités qu'elle occupa UejuÜa, pour Huexolla, Coatlichan, Tcpellaozloc, Acuhnan, Chiaullatocas , TJanUfcchpa, Otonpan, etc.; sa capitale fut Tetzcuco, dont notre auteur vante la haute civilisation relative et qu’il compare à Tolède ^como Toledo en Espanan.

Les Tlalhuiques. — Les Tlalhuicas ou Tlalhuiques ^ (la cinquième des tribus nahuatlaques, dans l’ordre d’arrivée de ces tribus), trouvant toutes les rives des lagunes occupées parleurs prédécesseurs, se décidèrent à franchir les montagnes dans la direction du sud. Ils renconti’èrent sur l’autre versant l’admirable vallée de Quauhnahuac ou Cuernavaca, dans laquelle ils se fisèrent et prospérèrent. Yahulepec, Oaxtepec, Acapiclülon , Tlaqmllenmico furent, avec Quauhnahuac la capitale, les principales cités fondées par ces immigrants.

Crâne de Tlalhuique d'Acapaminpo. — Une tombe fouillée à Acapancingo, à une lieue et demie de Guernavaca, par William Maclure on i836, a donné le seul crâne Tlalhuica que l’on connaisse. Cette pièce, figurée et brièvement décrite dans les Cranla americana'\ parait ressembler beaucoup à nos crânes Xochimilques. Les mesures que \L Ten Kate a bien voulu prendre pour nous dans la collection Morton® ne permettent de démêler qu’une seule différence de quelque importance, tirée de l’indice nasal, qui descend à /i8 de 58, 56, 55 et 5 i qu’il atteignait sur les autres Nahuatlaques de notre tableau.

Âlorton dit quelques mots de la projection de la face, du retrait du front et du redressement de l’occiput de cet Indien, dont l’élongation céphalique le frappe (more cloniralcd thaniisual), et insiste sur les dimensions exceptionnelles que présente l’apophyse styloïde.

‘ Izlapalapan se trouvait jadis sur ie bord occidental do la presqu'île cpii séparait le lac de Xochimilco de celui de Tctzcoco ou de Mexico et était isolé, par la large communication tjui unissait ces deux masses d’eau, des territoires occu])és à l’ouest par les Xochimilques et les Tépanèques.

^ Cuihuas cque quierc decir gente de la tor 6 corva, porque en la lierra de donde vinieron esld un cerro con la punta encorvada». [Cad. Ilamirez , p. 19.)

Aiiilabaca (Bernardino de San-Francisco), Tlalhuica {Codex Bamivet) ffque signiiica gente de luizia la terra -n (P- i9)-

'* Morton, Cran, aineric., pl. XVlll A et p. i56 et loj. — Cf. A. Mcigs, Catalog., p. 87.

* Principales mesures du crâne d’ Acapancingo de la collection Morton, d'après M. Ten Kate : Gap. cran., // ; cire, horiz., âqo millimètres; d. a.-p., 17/i millimètres; d. tr. max., i3s millimètres; d. has.-hregm., i3(i millimètr(«; ind. ce'ph., 75. 80, 78. iG, io3.02; d. front, max., 1 1 It millimètres, min. ,9^1 millimètres; biniii. ext., 9O millimètres; liizygom., i3o millimètres; haut, face, qâ millimètres; ind. fac. , 79.80 ; nez, long. , 5o millimètres, larg. , üh millimètres; ind. nas., /18.00; orbite haut., Sâ millimètres, larg., 37 millimètres; ind. orbil. , 91.90.

Il n’a jamais vu un appendice semblable, assez long, dit-il, pour toucher la mandibule, de façon à empêcher presque le sujet d’ouvrir la bouche.

SoMMAiiiE. — Les TlaxcaUè:|ues. — Leurs affinités ethniques. Crânes de Tiaxcaltèques émigrés, de San-Lniz-l’olosi.

Les TlaxcaJlèqiics. — La nation Tlavcaltèque, restée indépendante, malgré les elforts souvent réitérés de ses puissants voisins de la région des lacs, est représentée dans la tradition comme apparentée de près à celles dont il vient d’être question, sortie des fameuses Sept Cavernes après les Tlalhniqnes et avant les Aztèques, et occupant par conséquent le sixième rang sur la liste des émigrants nabuatlaques L

Les habitants de la république de Tlaxcala se considéraient pourtant eux-inêmos comme issus d’une tribu chicliimèque, celle des Teochichimecas ou plutôt des Techicbimètpies^, et Ixtlilxochitl ne manque ])as de faire observer qu’ils étaient de la même race que Netzabualpiltzintli, lorsqu’il parle des services rendus par la république de Tlaxcala au père et à l’aïeul de cet empereur chicliimèque^.

Crânes de Tiaxcaltèques émigrés , de San-Luls-Potosi. — Nous n’avons eu entre les mains aucun crâne de l’Etat de Tlaxcala; mais M. E. Domenech a recueilli pour le Muséum, an cours de son voyage d’exploration, deux crânes de Tiaxcaltèques émigrés, de l’Etat de San-Luis-Potosi, l’un masculin et l’autre féminin; ces deux sujets avaient fait partie de l’une des missions fondées en i588 par les PP. Geronimo de Zarota et Ignacio de Cardona dans les districts de Alezquitic et de Venado, où les descendants de ces Tiaxcaltèques émigrés se sont perpétués jusqu’à nos jours'*. Leur examen conlirme la doctrine d’Ixtlilxoclîitl et des vieux Tlaxcallans.

En elfet, le premier de ces crânes (coll. Domenech, n° i 6, cat. Mus., n“ AqâS), dont nous avons donné les figures sur notre planche XXI et les mesures dans la quatrième colonne du tableau de la page ta y, un peu plus long et plus étroit que les crânes cliicbimèques de même sexe est exactement de même longueur que le crâne moderne de San-Luiz-de-la-Paz et de même hauteur que les crânes des tnmulus de Santa-Fé, etc. Ses trois dimensions égalent 179, 1 38 et 1 87 millimètres, et les indices correspondants

' P. D. Durai! , fhstorin de tas Indias de la Nueva Espnîia y Islas de Tierra firme, ëd. ciL, t. t, p. i3. — Cf. II. H. Bancroft, The native Races of the Pacific Siales of North America, vol. V, |). 807. — Le mot Tiaxcultèque serait (l’origine nalmalt, suivant le Codex Barnirez : rtquiere deeir ta genle dcl pan, coniponese de Tlaxcalli que es pan. y desta particula lecall-n (p. 19).

Les Tecbichimecas , les Chiehimèques de pierre (Orozeo

y Berra , Geogrâfia, etc. p. 92), sont les fondateurs de la rëpnblique de Tlaxcala. Sahagun dit que ce nom , (jii’il (‘cril rr Teochichimeca , signifie entihremenl barhusn [irad. cil., p. O60). — Cf H. IL Bancroft, op. cil., t. V, p. 387. /187.

^ Ixtlilxochitl, Histoire des CJiichiinè'jties , Irad. cit., t. II, p. 129.

'' Orozeo y Berra, Geogn'fia, p. 988,

se chiffrent par les nombres 77-09, 76.58, 99.97. Tous ses diamètres crâniens sont un peu amoindris, toutes ses courbes sont diminuées. Son indice facial et son indice orbitaire se placent entre ceux des Cbicbimèques anciens et du Chicbimcque moderne; mais son indice nasal, par suite d’un pincement notable de l’orifice pyriforme, est un peu inférieur à celui des quatre sujets auxquels nous le comparons. C’est la seule particularité un peu appréciable que nous ayons à relever dans la morphologie faciale, le sujet exagérant encore le prognathisme des Cbicbimèques caractérisé à la fois par l étroitesse et parla saillie tout exceptionnelle de l’arcade alvéolaire. La projection faciale est de 87 millimètres, c’est-à-dire quelle dépasse celle des Namaquois, qui sont les sauvages les plus prognathes que Ton ait jusqu’à présent mesurés'. L’angle facial sousnasal est de 65 degrés, l’alvéolaire descend à 57, et le dentaire, qui faisait défaut siales crânes de Cbicbimèques, s abaisse a 5b degres.

Le crâne de femme tlaxcaltèque émigrée (coll. Dornenecb, n” 1 à, cat. Mus. , n" àqàd) est encore un peu plus dolichocéphale que celui de l’homme (pi. XXI, fig. 6); mais en même temps qu’il est proportionnellement plus allongé, il abaisse son diamètre vertical au cbilfre obtenu par les crânes féminins de la Sierra Corda. Ses diamètres étant respectivement de 17/1, 188 et 126 millimètres, ses indices sont représentés par 76.48, 72.41 et 94.78. Des diverses mesures faciales, l’indice orbitaire seul

ofl're quelque écart; il descend en effet 5871/2.

Tlaxcaltèques émigrés et Cbicbimèques de la Sierra Corda se ressemblent fort, on le voit, dans leur ossature céphalique, et si les pièces, malbeureusement beaucoup trop rares, sur lesquelles nous opérons, reproduisent exactement les traits des populations modernes au sein desquelles elles ont été recueillies, la similitude ainsi établie entie elles sera intéressante à invoquer à l’appui des origines communes assignées aux deux populations par les historiens mentionnes précédemment.

Ce que l’on vient de lire justifiera, en outre, le jugement que nous avons porté plus haut^ sur les idées de M. fabbé Fischer en matière de craniologie cbichimèque.

Cf. Crania etimica, )). 898.

Voir p. 128.

EXPtDITIOiV SCEENTIFIQÜE

ZOOLOGIE

l" PARTIE.

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