‹ Anthropologie spéculative générale (volume 2)Chapitre 3 sur 70 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

n'est que par condescendance pour l'usage que nous avons employé ce terme impropre, voir 1. 1, p. 110), c'est que nous devons en faire une étude beaucoup plus spéciale dans deux autres ouvrages (dans la Théorie de la Connaissance, et dans la Cosmologie rationnelle).

Nous aurions également pu entrer dans beaucoup plus de détails sur le langage; mais ce sujet est si intéressant, qu'il mérite une étude toute spéciale. Nous la donnerons sous le titre A'' Essai sur la Philosophie du Langage. Les con- . ditions organiques de cette fonction ' de l'entendement y seront aussi exposées avec plus d'étendue.

On nous reprochera peut-être d'avoir réduit en tableaux la majeure partie de ce que nous avons dit sur la vie animale : on trouvera que c'est trop ou trop peu. — Notre intention ne pouvait être de donner un traité d'anatomie et de physiologie ; mais elle n'était pas non plus de ne pas dire un seul mot dti Corps, ou de n'en dire que des banalités insignifiantes. Nous étions donc réduit à supposer au lecteur quelques connaissances anatomiques et physiologiques, ou à lui faire sentir la nécessité d'en acquérir. Le temps nous semble venu, où celui qui veut recevoir une éducation un peu complète, ne peut ignorer complètement

< Je dis fonction, et non faculté. Une faculté peut avoir plusieurs fonctions. Si l'on avait fait plutôt cette distinction, peut-être se serait-on plus facilement entendu sur la question du nombre des facultés de l'ame. Peut-être même aurait-on fini par n'admettre qu'une faculté ou force (ces deux mots sont synouymes dans la terminologie philosophique de l'Allemague), et seulement différentes fonctions de cette faculté, différence qui se serait expliquée par les circonstances au sein desquelles l'ame agit.

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la coustitution de l'homme physique. Quant à ceux qui sont appelés à l'enseignement de la philosophie, ils ne peuvent absolument plus rester étrangers aux sciences naturelles, surtout à l'anatomie et à la physiologie humaines. Ils seraient d'autant moins excusables, que les éléments d'histoire naturelle sont enseignés dans les collèges, que les écoles de médecine se multiplient, et qu'il existe un grand nombre d'ouvrages qui peuvent, jusqu'à un certain point, dispenser de suivre des cours d'anatomie pour acquérir des notions suffisantes sur la structure du corps humain et sur le jeu de ses organes. Mais l'enseignement acquis dans l'amphithéâtre sera toujours beaucoup plus .net, plus sûr et plus solide. L'utilité des gravures n'est même tout ce qu'elle peut être, qu'à la condition qu'on ait vu la nature.

Nous croyons donc avoir suffisamment insisté sur la partie anatomique et physiologique, pour être facilement suivi de ceux qui ont quelques notions de ces deux sciences. Quant aux autres, nous ne pouvons que les renvoyer aux ouvrages spéciaux.

Si nous avons rattaché à la vie animale la question de l'ame des bêtes, quoiqu'elle fasse naturellement partie de la psychologie rationnelle, puisqu'elle ne peut être résolue qu'à l'aide du raisonnement, fondé cependant sur l'observation, c'est que nous avons voulu parler de la cause immédiatement après avoir parlé des effets. Placé dans la nécessité de commettre une faute de méthode, nous nous sommes décidé pour celle qui ne brisait point l'unité du sujet.

Quelques explications sont encore nécessaires sur la par-

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tie de cet ouvrage qui traite du rapport du physique et du moral. Nous avons pris à tâche de concentrer dans le moindre espace possible la substance des principaux ouvrages sur la matière. Nous avons lu et analysé à ce sujet plus de 25 volumes. Le lecteur n'a qu'à voir maintenant s'il peut nous reprocher d'avoir été trop long. En général, nous laissons parler les auteurs eux-mêmes ; ils sont ainsi responsables de leur doctrine, et de la manière dont ils l'exposent, de même qu'ils en ont aussi tout l'honneur. Nous avons un scrupule logique et moral invincible à substituer nos expressions à celles des auteurs que nous analysons : nous craindrions de dénaturer leur pensée, et de ne pas assez rendre à chacun le sien. Un mot de plus ou de moins dans une phrase, un mot pour un autre, et l'idée n'est plus la même. Aussi croyons-nous pouvoir assurer le lecteur que s'il ne connaît pas toute la doctrine d'un auteur, au point de vue du rapport entre le physique et le moral, après avoir lu notre analyse, au moins ce qu'il en sait est parfaitement authentique. Cette qualité d'une analyse en vaut peut-être bien une autre, surtout à une époque où l'on se joue si facilement, quelquefois même si impudemment, de la pensée d'un écrivain en rendant compte de son œuvre.

Mais aucune analyse ne nous a plus coûté que celle du livre si décousu de Lavater. Il nous a fallu, pour mettre un peu d'unité dans ce chaos, prendre successivement dans chaque volume ce qui appartenait au même titre. Nous ne répondons pas que l'auteur ne soit pas tombé quelquefois en contradiction avec lui-même d'un volume à l'autre; mais nous pouvons affirmer qu'il a dit, ici ou là, tout ce que nous

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lui avons fait dire. Notre travail sur la physiognomie du célèbre pasteur de Zurich était terminé, lorsqu'on nous a communiqué une analyse manuscrite de son grand ouvrage, faite par lui-même. Nous l'avons lue, et nous avons pu nous assurer que la nôtre est beaucoup plus complète. Une partie s'est trouvée entièrement semblable : c'est celle comprise dans notre ouvrage sous le § II, t. 2, p. 97 — 109. L'auteur paraît y avoir attaché une grande importance. Aussi est-ce presque la seule partie de son livre que nous n'ayons point abrégée, parce que c'est la seule qui nous a semblé la plus heureusement exécutée, et, sinon la plus vraie, du moins celle dont l'application est le plus facile. Nous croyons donc avoir réduit en quelques feuilles tout ce qu'il y a d'essentiel dans les dix volumes de Lavater. Nous avons, en outre, signalé un assez grand nombre de points de vue qui lui ont échappé. Mais nous ne nous sommes pas permis de remplir ces lacunes, notre but étant beaucoup moins de faire de la physiognomonie nous-même, que de faire connaître celle de Lavater. Aussi n'entendons-nous point assumer la responsabilité des vues et des opinions de cet auteur. On distinguera facilement ce qui nous est propre de ce qui lui appartient.

On remarquera peut-être les extraits que nous avons donnés des Caractères des Passions du sieur de la Chambre (1655). Quand on compare cet ouvrage avec celui de Descartes sur le même sujet (1650), on est étonné qu'il soit tombé dans un si grand oubli. Nous n'hésitons pas à dire qu'il est bien supérieur, pour le fond et pour la forme, à celui du grand|réformateur de la philosophie au 17« siècle. Nul, à notre connaissance du moins, n'a mieux saisi

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