‹ Anthropologie spéculative générale (volume 2)Chapitre 62 sur 70 · SECTION CINQUIÈME · texte numérisé non relu

SECTION CINQUIÈME

M* *W. JfMmUer.

Comme le travail de M. Millier est beaucoup plus physiologique que psychologique, nous suivrons le même ordre que l'auteur. S'il arrive qu'il y ait quelquefois opposition entre M. Mïiller et ses prédécesseurs, on voudra bien se rappeler qu'il a écrit le dernier. Nous ne voulons cependant voir dans cette circonstance qu'une présomption, et non une preuve, en faveur de la vérité des opinions de l'auteur le plus récent.

Le style des extraits de M. Miiller est en général celui du traducteur : si nous l'avons modifié quelquefois, c'est que nous avons cru pouvoir rendre la phrase ou plus coulante, ou plus concise, ou plus claire.

L Composition des nerfs. « Les nerfs sont com-

posés de faisceaux, les uns plus petits, les autres plus gros, disposés parallèlement les uns aux autres, ayant un névrilème membraneux, et s'unissant quelquefois, de distance en distance, sur la longueur d'un cordon, tandis que les fibres nerveuses primitives contenues dans l'intérieur du nerf ne sont qu'appliquées les unes contre les autres, et ne s'unissent jamais entre elles : car, dans les points où les faisceaux semblent s'anastomoser, elles ne font que passer de l'un dans l'autre pour s'accoler à d'autres fibres. » (P. 8.)

« Les fibres primitives des nerfs se ressemblent beaucoup, quant à la forme et à la grosseur, chez des animaux différents.... Les vaisseaux capillaires ne se répandent plus à leur surface, car ils sont plus gros qu'elles; ils ne font qu'étaler leurs réseaux entre ces filaments élémentaires. »

« Il peut y avoir, dit Magendie, jusqu'à 16,000 fibres dans un nerf cylindrique d'un millimètre de diamètre , tel que le crural d'une grenouille. »

« Les fibres tubuleuses du cerveau marchent la plupart en ligne droite, et ne s'anastomosent pas ensemble : on les voit rarement se diviser. On n'a pas encore pu se faire une idée nette du contenu des tubes, dont les parois membraneuses sont fort minces. A en juger d'après les apparences, il serait plutôt gélatineux que solide. »

« Les faisceaux des fibres nerveuses ont la plupart une teinte grise dans le nerf grand sympathique; tandis que ceux des nerfs cérébro-spinaux sont blancs. Mais les nerfs cérébro-spinaux euxmêmes contiennent aussi quelques petits faisceaux

gris parmi les autres de couleur blanche. Ils proviennent du grand sympathique, et marchent sur les nerfs cérébro-spinaux, du centre vers la périphérie. »

<( Il ne paraît pas que les fibres blanches primitives des nerfs cérébro-spinaux s'anastomosent réellement dans ce qu'on appelle les anastomoses des faisceaux, ou plutôt de leurs gaines. Ces fibres marchent les unes à côté des autres, ou les unes au-dessus des autres, et là même où deux petits faisceaux s'anastomosaient ensemble. Les fibres nerveuses primitives sont indépendantes depuis le cerveau jusqu'aux parties périphériques; elles forment comme des rayons de l'axe du système nerveux. »

<( Il est assez probable, au contraire, que les fibres grises s'unissent, du moins par le moyen des ganglions. »

II. Irritabilité des nerfs. « Les nerfs, faisant partie des corps organisés, sont irritables comme eux. Les irritations, tant intérieures et organiques qu'inorganiques, c'est-à-dire chimiques, mécaniques, caustiques, électriques, galvaniques, quand elles agissent sur des parties et des nerfs sensibles, donnent lieu à des sensations aussi long- temps que la communication entre les nerfs et l'axe cérébro-spinal demeure intact. »

« Les nerfs, en vertu de leur irritabilité, ont le pouvoir d'exciter des contractions dans les muscles auxquels ils se rendent; ils la conservent tant que ceux-ci vivent, ou, après leur mort, tant que dure leur irritabilité propre. Pour que les muscles

se contractent sous l'influence d'une irritation appliquée aux nerfs, il est nécessaire que la portion de ceux-ci qu'on irrite soit intacte jusqu'aux organes musculaires , quand même sa communication avec le cerveau ou la moelle épinière aurait été détruite. D'un autre côté, toute irritation qui s'exerce sur un nerf entier ou mutilé, produit une sensation tant que la portion de nerf sur laquelle elle agit demeure en relation avec la moelle épinière ou le cerveau. »

« Toutes les fois qu'on tiraille un muscle, qu'on l'irrite, il se contracte, lors même que le nerf en vertu duquel ce mouvement s'exécute, ne communique plus avec le centre cérébro-spinal. Mais il n'y a jamais contraction lorsque l'irritation mécanique porte sur le bout du nerf qui tient à la moelle épinière et au cerveau. »

<( La durée de la réaction ou mouvement des muscles soumis au nerf grand sympathique, comme l'estomac, le canal intestinal, la matrice, le cœur lui-même, se prolonge beaucoup au-delà de celle de l'irritation; tandis que dans les muscles de la vie animale, la réaction ne dure pas plus que cette dernière, et cesse même fort souvent avant qu'elle soit éteinte. »

« Lorsque les irritations mécaniques agissent avec une grande intensité, de manière à léser la substance délicate des fibres primitives, la faculté d'exciter des sensations se trouve abolie par-là, pourvu toutefois que le point lésé, comprimé, ou contendu, soit intermédiaire entre celui sur le-

quel porte l'irritation et le cerveau. Même chose pour les nerfs musculaires. »

« Jusqu'à quel point la libre communication des nerfs avec le cerveau et la moelle épinière est-elle nécessaire au maintien de leur irritabilité? Les muscles peuvent -ils conserver l'irritabilité sans qu'il y ait communication entre leurs nerfs et les parties centrales du système nerveux? Ces deux problèmes sont encore loin d'avoir reçu une complète solution. » — L'auteur semble cependant avoir dit plus haut que l'irritabilité avait encore lieu dans un muscle dont les nerfs ne communiquaient plus avec le cerveau.

IIL Principe actif des nerfs. <( Il est bien certain maintenant que le galvanisme n'est point une électricité animale : la force nerveuse diffère essentiellement de l'électricité. »

« Il n'y a point de courants électriques dans les nerfs pendant les actions vitales. »

« Admettre un courant électrique dans les nerfs, c'est donc se servir d'une expression purement métaphorique, comme quand on compare l'action de la force nerveuse avec la lumière, ou avec le magnétisme. »

IV. Classification des nerfs en sensitifs, moteurs et organiques. « Il y a des nerfs qui ne possèdent pas de force motrice ou tonique, qui ne peuvent jamais par eux-mêmes exciter de convulsions, soit qu'on les irrite mécaniquement , soit qu'on les irrite galvaniquement, et qui ne font que conduire passivement le courant galvanique. »

« Il y a des nerfs moteurs ou toniques qui , à

la suite d'une irritation immédiate quelconque , manifestent leur puissance par la contraction des muscles. »

« Les racines antérieures des nerfs jumeaux sont toniques; les postérieures ne le sont point. »

« Ni les racines antérieures , ni les racines postérieures, lorsqu'on les garnit seules d'une armature simple, n'excitent, par un mouvement rétrograde, de convulsion dans les parties antérieures du corps de la grenouille, par exemple dans la tète. Il paraît donc que les fibres des nerfs ne communiquent point ensemble dans la moelle épinière. »

« Quelque définitivement démontrée que soit la différence entre les racines antérieures et les racines postérieures sous le point de vue de leurs propriétés sensitives et motrices, il s'en faut beau, coup qu'elle le soit de même en ce qui concerne les cordons antérieurs et postérieurs de la moelle épinière. Il paraît cependant que la région antérieure préside principalement, mais pas d'une manière exclusive, au mouvement, et la postérieure au sentiment. »

« Les nerfs qui président au tact dans les organes de la \ie et de l'odorat, ne sont pas les mêmes que ceux qui président à la sensation de couleur et à celle d'odeur. Ces sensations n'ont lieu qu'au moyen des nerfs optique et olfactif. »

» Le nerf ganglionaire possède la sensibilité. Il exerce une influence motrice , mais involontaire , sur les parties auxquelles il se distribue. Dire, comme on l'a fait long- temps, que ce nerf

est destiné au système organique des viscères, tandis que les nerfs cérébro-spinaux fournissent le système de la vie animale, et ajouter qu'il a pour destination d'unir les nerfs les uns avec les autres en un tout harmonique, qu'il est la cause des sympathies, c'est émettre des assertions bien peu satisfaisantes. Il a une composition analogue à celle des nerfs cérébro-spinaux. Il contient des fibres motrices, des fibres sensorielles, et d'organiques. Ces dernières seules sont destinées aux actes nutritifs et se rapportent d'une manière spéciale aux ganglions. Il est probable que les ganglions prennent aussi part aux mouvements involontaires. »

V. Mécanique dit pinncipe 7ierveux. L'auteur entend par-là l'ensemble des lois suivant lesquelles la propagation de l'effet a lieu dans les nerfs, ou, en d'autres termes , la théorie des mouvements du principe nerveux. « On ignore encore si, quand les nerfs agissent, une matière impondérable les parcourt avec une vitesse incalculable, alors même qu'après leur section elle vient à y être dégagée par un irritant quelconque ; ou si l'action du principe nerveux ne consiste qu'en une oscillation d'un principe impondérable déjà existant dans les nerfs, et que le cerveau ou une irritation quelconque fait vibrer. »

« Lorsque l'on compare entre elles les diverses parties du système nerveux, on voit que les unes jouent le rôle de conducteurs, et les autres celui de moteurs du principe nerveux. Les conducteurs sont les nerfs, les moteurs sont les organes cen-

Iraux. Cependant les nerfs ne se montrent pas simples conductem's : quand on les a séparés du cerveau, ils sont pendant quelque temps moteurs et conducteurs à la fois , mais peu à peu ils perdent cette double faculté.... »

« Aucune des tentatives qui ont été faites pour mesurer la rapidité de l'action nerveuse ne repose sur une base expérimentale solide. Il paraîtrait qu'elle varie suivant les organes et les individus. » (T. I, p. 144 et s.)

<( La force motrice n'agit dans les nerfs que suivant la direction des fibres primitives qui se rendent aux muscles, ou suivant celle dans laquelle les nerfs se ramifient, et jamais en sens inverse. »

« L'irritation mécanique ou galvanique d'une partie d'un tronc nerveux ne met point en jeu la force motrice du tronc entier, mais seulement celle de la partie qui reçoit l'irritation. »

« Un nerf rachidien qui entre dans un plexus, et qui contribue avec d'autres nerfs rachidiens à la formation d'un gros tronc nerveux^ communique sa force motrice non pas au tronc tout entier, mais seulement aux fibres par lesquelles il se continue depuis le tronc jusque dans les branches. »

L'auteur appelle mouvements associés « des mouvements musculaires qui ont lieu contre la volonté, en même temps que d'autres sont provoqués par elle. Tous ces mouvements ont leur origine dans le cerveau. »

« Pour qu'une sensation soit possible, il faut qu'un nerf tienne encore au cerveau (que l'auteur appelle l'origine de la conscience), soit immé-

diatement, soit médiatement par la moelle épinière. »

« Lorsqu'un tronc nerveux est irrité, toutes les parties qui en reçoivent des branches ont le sentiment de l'irritation, et l'effet est alors le même que si les dernières ramifications de ce nerf avaient été irritées toutes à la fois. »

« L'irritation d'une branche de nerf est accompagnée d'une sensation bornée aux parties qui reçoivent des filets de cette branche, et non d'une sensation dans les branches qui émanent plus haut, soit du même tronc nerveux, soit du même plexus. »

« Lorsqu'une partie reçoit, par le moyen d'une anastomose, des nerfs différents, mais de même espèce, après la paralysie d'un de ces nerfs, l'autre ne peut pas entretenir la sensibilité de la partie entière, et le nombre des points qui demeurent sensibles correspond à celui des fibres primitives demeurées intactes. »

« Des parties différentes de l'épaisseur d'un nerf sensitif produisent, quand on les irrite, les mêmes sensations que si des ramifications terminales différentes de ces parties du tronc venaient à être irritées. »

« Les sensations des fibres nerveuses les plus déliées sont isolées comme celles des troncs nerveux; et elles ne se mêlent point entre elles, depuis les parties extérieures jusqu'au cerveau. »

» Quoique la sensation semble avoir lieu dans les parties externes lorsque l'on comprime un tronc nerveux, cependant une forte compression

de ce dernier parait être sentie en même temps dans le lieu où elle s'exerce. »

« Lorsque le sentiment est complètement paralysé dans les parties extérieures, par le fait de la compression ou d'une section, le tronc du nerf peut encore, dès qu'il vient à être irrité, éprouver des sensations qui semblent avoir lieu dans les parties extérieures auxquelles il aboutissait. D'où la théorie, confirmée par l'expérience, conclut que la section des nerfs n'est généralement d'aucune utilité dans les névralgies. »

« Lorsque le membre dans lequel se répand un tronc nerveux, a été enlevé par une amputation, ce tronc, attendu qu'il renferme l'ensemble de toutes les fibres primitives raccourcies, peut avoir les mêmes sensations que si le membre amputé existait encore, et cet état persiste pendant toute la vie.» (P. 173-177.)

a De même que la situation relative des fibres primitives dans le lieu de leur origine au cerveau et à la moelle épinière , où elles déterminent des sensations, ne subit aucun changement lorsque leur situation relative à leurs extrémités périphériques change, de même les sensations d'emplacement que procurent les fibres dépendent de l'ordre dans lequel celles-ci naissent, et non de la situation relative qu'affecte leur extrémité périphérique. »

« Il arrive quelquefois qu'une sensation en excite une autre. C'est ce que l'auteur appelle des sensations associées. Il explique ce fait par l'irradiation de la sensation consécutive à celle de

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l'irritation dans la moelle épinière ou dans le cerveau. » (T. i,p. 179-184.)

Il y a aussi des sensations mélangées ou coïncidentes (p. 184). La précision et la netteté des sensations paraissent dépendre du nombre des fibres primitives qui se répandent dans une partie: plus ces fibres sont rares dans un organe, plus les impressions, reçues par des parties diverses, mais voisines, tendent à n'agir que sur une seule fibre primitive , et plus il doit être facile de confondre les unes avec les autres les impressions faites par divers points de la peau. (P. 184-188.) — Un exemple de la coïncidence et de l'identification des sensations, suivant l'auteur, c'est celui de la vision unique avec deux yeux. L'explication de ce phénomène est celle de Newton, de Wollaston, et de Reid.

M. Millier appelle mouvements de réflexion ceux qui succèdent aux sensations. Il ne les attribue point à un conflit entre les fibres sensitives et les fibres motrices, mais à la réaction de l'excitation sensorielle reçue par le cerveau et la moelle épinière sur des fibres motrices : la moelle épinière est ici l'intermédiaire entre l'excitation sensorielle ou centripète, et l'excitation motrice ou centrifuge ; mais il y a beaucoup de cas où l'irritation locale des nerfs se borne à provoquer des convulsions partielles qui ne peuvent pas toujours être expliquées par la moelle épinière comme intermédiaire entre les fibres sensorielles et les fibres motrices (v. ces cas, p. 199-206). Dans un grand nombre de cas, la sensation prend part aux mou-

vemeiits réfléchis , par exemple dans rocclusiou des paupières sous l'influence d'une vive lumière; mais si l'on fait attention que toutes les parties d'une salamandre terrestre qui renferment encore un peu de moelle épinière, montrent des mouvements réfléchis, il devient difficile de considérer le fait comme étant susceptible d'une apph'cation générale.

« Il n'est pas prouvé que l'action des fibres sensitives soit purement centripète, et celle des fibres motrices exclusivement centrifuge. Mais on sait, en tous cas, que les muscles n'ont point de contractilité sans le concours des nerfs, et que les fibres sensorielles ne procurent des sensations que quand leur communication avec la moelle épinière et le cerveau est intacte. »

<( Nos connaissances à l'égard de la mécanique du nerf grand sympathique sont encore extrêmement incomplètes : c'est à peine si la physiologie s'est élevée sous ce rapport jusqu'à imaginer quelques hypothèses dont aucune ne saurait être ni démontrée, ni définitivement renversée. » L'auteur préseate ensuite comme un programme de questions à résoudre sur la mécanique de ce nerf. (P.|22C.)

« Mais si Ton ne connaît pas la loi de son action, l'on en connaît un grand nombre d'efl"ets, soit sous le rapport du mouvement, soit sous celui de la sensibilité, soit enfin sous celui de l'organisation ou de la nutrition. »

A — a) « Aucune des parties soumises au nerf

grand sympathique n'est susceptible de mouvements volontaires.

b) Les parties auxquelles le nerf grand sympathique distribue ses filets, continuent encore de se mouvoir, mais à un plus faible degré, lorsqu'on a détruit leurs connexions naturelles avec le reste du sympathique, et qu'elles ont été séparées de l'organisme.

c) De là vient que toutes les parties mobiles auxquelles se rend le nerf grand sympathique sont indépendantes jusqu'à un certain point du cerveau et de la moelle épinière.

d) Cependant les organes centraux du système nerveux exercent une influence active sur le nerf grand sympathique et sur la puissance motrice.

e) D'après les expériences de Wilson Philip, ce ne sont pas seulement telles ou telles parties du cerveau et de la moelle épinière qui influent sur telles ou telles parties du système sympathique et des organes placés sous sa dépendance, comme le cœur entre autres; mais le cerveau en totalité et toute la moelle épinière, ou une portion quelconque de celle-ci , peuvent modifier les mouvements du cœur.

f) Les contractions que déterminent dans les organes qui dépendent du grand sympathique les irritations de ces organes eux-mêmes ou de leurs nerfs, ne sont pas passagères et momentanées: ce sont ou des contractions qui persistent pendant un certain laps de temps, ou des modifications prolongées des mouvements rhythmiques ordi-

naires : de sorte qu'ici la réaction l'emporte de beaucoup en durée sur l'irritation.

g) ha. cause première des mouvements involontaires et de leur type n'est ni dans le cerveau, ni dans la moelle épinière , mais dans le nerf grand sympathique; et ces mouvements conservent leur caractère, sans l'influence des ganglions, et même lorsque le nerf sympathique appartenant à un organe a été détruit jusqu'aux branches qui se distribuent à ce dernier, et dont le conflit avec les fibres musculaires parait suffire, à lui seul, pour les entretenir.

h) Quelque certain qu'il soit que les ramifications extrêmes et les plus petites du nerf grand sympathique peuvent encore régler les mouvements des parties non soumises à l'empire de la volonté, cependant, non-seulement le cerveau et la mo(^lIe épinière, mais encore les ganglions euxmêmes , quand ils sont irrités , exercent la plus puissante influence sur le mode de ces mouvements, tant que les organes sont liés avec eux par des nerfs. Le cerveau et la moelle épinière doivent aussi être considérés comme la source de l'activité du nerf grand sympathique, sans laquelle cette activité s'épuiserait bientôt.

i) Des faits qui ont été exposés jusqu'ici, il suit que le nerf grand sympathique peut en quelque sorte être chargé par les parties centrales du système nerveux , le cerveau et la moelle épinière , comme sources du principe nerveux; mais qu'ayant une fois reçu cette charge, il la conserve et la laisse écouler à sa manière accoutumée, alors

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même que l'afflux du principe nerveux vers lui diminue, et ne se renouvelle avec force qu'au bout d'un certain laps de temps. Ceci explique une partie des phénomènes du sommeil.

j) L'application locale des narcotiques sur le grand sympathique ne détermine pas le narcotisme au loin dans les organes dont le mouvement n'obéit point à la volonté; mais ces organes peuvent être paralysés par la narcotisation des derniers filets du grand sympathique qui se distribuent dans leur intérieur.

k) Les lois des mouvements réfléchis, établies précédemment à l'occasion des nerfs cérébro-spinaux, s'appliquent aussi aux nerfs sympathiques: c'est-à-dire que de vives impressions sensorielles dans les parties auxquelles se rendent des fibres du nerf grand sympathique peuvent, en se propageant à la moelle épinière, provoquer desjmouvements dans les parties qui reçoivent leurs nerfs du système cérébro-spinal.

/) Les impressions sensorielles reçues par les parties dans lesquelles se distribue le nerf grand sympathique, se réfléchissent aussi sur la moelle épinière et le cerveau, puis de là sur l'activité motrice du nerf sympathique lui-même, tout comme il arrive pour les nerfs cérébro-spinaux, mais à un moindre degré.

m) Il arrive assez fréquemment aussi que des effets qui partent des nerfs cérébro-spinaux, et se propagent jusqu'à la moelle épinière, sont réfléchis de celle-ci sur le grand sympathique.

n) On ne peut pas encore répondre d'une ma-

DU PHYSIQUE ET DU MORAL. i77

iiière précise à la question suivante : Des phénomènes de réflexion peuvent-ils avoir lieu dans le nerf sympathique lui-même, au moyen des ganglions, et indépendamment du cerveau et de la moelle épinière?

o) On ignore encore complètement si le nerf grand sympathique peut, à l'occasion de Tirritation d'un organe, déterminer des mouvements sympathiques dans un autre organe.

p) Il n'est pas prouvé, et plusieurs observations empêchent de l'admettre, que les ganglions agissent comme isolants, et arrêtent l'influence motrice qui part du cerveau et de la moelle épinière.

q) Il n'est pas encore constaté que le défaut d'influence de la volonté sur les parties auxquelles se rend le nerf grand sympathique, dépende de la nature des ganglions.

r) Il parait que, dans certaines parties dépendantes à la fois du nerf grand sympathique et des nerfs spinaux, l'influence de la volonté ne se fait sentir qu'à la suite d'une impression sensorielle ou centripète prolongée.

s) Certaines parties soumises au grand sympathique ne sont susceptibles, il est vrai, que de mouvements involontaires; mais elles se meuvent néanmoins par association lorsque d'autres parties placées sous l'empire de la volonté viennent à se mouvoir : de sorte qu'une certaine influence motrice volontaire leur est transmise contre le vœu de la volonté, absolument comme il y a des parties soumises à la volonté qui, malgré nous, se meuvent en même temps que d'autres.

t) Le mouvement des organes motiles auxquels se distribue le grand sjmpathique, a un type péristaltique. II suit une certaine direction; et les causes de cette marche résident non - seulement dans le cerveau et la moelle épinière, mais encore dans les nerfs des organes eux-mêmes.

B — a) Les sensations sont faibles, obscures et non circonscrites dans les parties auxquelles le nerf grand sympathique se distribue; elles ne deviennent plus nettes et plus précises que quand les irritations ont de l'intensité.

h) Les impressions sensitives qui ont lieu dans le nerf grand sympathique parviennent rarement à la conscience, quoiqu'elles arrivent à la moelle épinière.

c) Dans les mouvements réfléchis que suscitent les impressions sensitives du grand sympathique, cette impression n'arrive généralement point à la conscience, qui est, au contraire, toujours informée des impressions sensitives éprouvées par des nerfs cérébro - spinaux , lesquels donnent lieu à des mouvements réfléchis.

d) Les ganglions du nerf grand sympathique n'empêchent pas les effets centripètes de ce nerf de se transmettre à la moelle épinière ; ils ne jouent point le rôle d'isolants à leur égard.

c) Les ganglions ne peuvent donc pas être la cause qui empêche les irritations du nerf grand sympathique d'arriver à la conscience.

f)\\ est des cas où. de violentes irritations dans les parties auxquelles aboutit le grand sympathique déterminent des sensations dans ces parties elles-

mêmes: il en est d'autres où, l'irritation étant plus faible, les sensations sont vagues dans les parties affectées, mais accompagnées de sensations bien distinctes dans d'autres parties pourvues de nerfs cérébro-spinaux.

g) Ces sensations secondaires dans des nerfs cérébro-rachidiens, après des irritations du grand sympathique, se manifestent surtout aux parties terminales des appareils affectés. Ainsi, les vers de l'intestin grêle causent des démangeaisons au nez; ceux du gros intestin, du prurit à l'anus; les maladies des reins et des voies urinaires, des démangeaisons et des douleurs au gland.

h) Il n'est pas prouvé que les ganglions jouissent du pouvoir réfléchissant dans les sensations sympathiques, et plusieurs faits annoncent qu'ils ne le possèdent point.

C — a) Lorsqu'après des sensations il survient, par réflexion, des sécrétions dans des parties éloignées, le cerveau et la moelle épinière servent probablement d'intermédiaire.

h) Les différentes parties d'une membrane sécrétoire sont en consensus les unes avec les autres, de manière que l'état d'un point de cette membrane exerce de l'influence sur l'état de toute son étendue. Dans ce cas, il est plus simple d'expliquer les phénomènes par une communication entre les fibres organiques.

c) Quelquefois l'état végétatif d'un organe, son inflammation, sa sécrétion, agit de manière à appeler l'inflammation, la sécrétion dans d'autres parties. Ce cas nous offre un exemple de la ré-

flexion des fibres organiques d'une partie sur les fibres organiques d'une autre partie, sans le concours des nerfs cérébro-rachidiens.

d) Les ganglions paraissent être les parties centrales d'où l'influence végétative s'écoule vers les diverses régions du corps.

e) Cette influence irradiante des ganglions paraît être, jusqu'à un certain point, indépendante du cerveau et de la moelle épinière.

f) Cependant le cerveau et la moelle épinière semblent être la source principale à laquelle le système nerveux organique puise aussi ses moyens de réparation, puisque certaines paralysies cérébrales et rachidiennes sont accompagnées d'atrophie. »

YI. Des sympathies. « Le grand sympathique ne joue plus qu'un bien faible rôle dans la théorie des sympathies, en comparaison de celui qu'on lui attribuait autrefois. Les phénomènes de l'irradiation et de la coïncidence des sensations, ceux de l'association des mouvements, et ceux de la réflexion, n'ont point lieu par son intermédiaire; et cependant ils embrassent la plus grande partie des phénomènes de sympathie qu'on plaçait, naguère encore, sous son influence. »

«La fine anatomiefaitvoir que, quoique le grand sympathique s'unisse avec les nerfs cérébraux et rachidiens, ce n'est point là une preuve absolue qu'il y ait une liaison physiologique entre les deux parties périphériques de ces deux classes de nerfs».

« Il y a des sympathies : 1'' entre les diverses parties d'un même tissu, c'est même une espèce des

])liis fréquentes ; elle se rencontre donc dans le tissu cellulaire, dans la peau, dans les membranes muqueuses, dans les membranes séreuses, dans le système fd^reux, dans le tissu osseux et le tissu cartilagineux, dans le tissu musculaire, dans le système lymphatique, dans les vaisseaux sanguins, dans le tissu glandulaire; 2^ entre les tissus différents, par exemple entre la peau et les membranes muqueuses et les séreuses; entre le tissu glandulaire et les membranes muqueuses; entre les membranes muqueuses et les séreuses; entre les membranes fibreuses, la membrane médullaire des os, et les tissus osseux et cartilagineux; 3*^ entre des tissus et des organes entiers; 4*^ entre des organes entiers; 5^ entre les nerfs, telles que les sympathies entre des nerfs et les parties centrales du système nerveux; les nerfs du mouvement et ceux du sentiment, des nerfs pairs, des nerfs moteurs entre eux, des nerfs sensitifs. »

VII. Pï-oj)riétés de chaque espèce de neî^fs en particidier. «Une même cause, telle que l'électricité, peut agir sur tous les organes des sens à la fois : tous ont de la réceptivité pour elle; et cependant chaque nerf sensoriel la sent d'une manière particulière. Elle fait que l'un voit de la lumière, qu'un autre entend un son, qu'un troisième sent une odeur, qu'un quatrième éprouve une saveur, qu'un cinquième ressent de la douleur et une secousse. Ce qui a fait dire à quelques physiologistes qu'un nerf sensoriel n'est point un conducteur passif, et que chaque nerf d'un organe spécial dos sens possède certaines forces ou qualités inaliénables.

que les causes de sensations ne font qu'exciter et rendre apparentes ou phénoménaliser. La sensation est donc la transmission à la conscience, non d'une qualité ou d'un état des corps extérieurs, mais d'une qualité ou d'un état de nos nerfs, état auquel donne lieu une cause extérieure. Nous ne sentons pas le couteau qui nous cause de la douleur, mais l'état douloureux de nos nerfs. L'oscillation, peut-être mécanique, de la lumière, n'est point en elle-même une sensation de lumière; les vibrations des corps ne sont point, par elles-mêmes, des sons, etc. Ainsi, c'est uniquement par les états que des causes extérieures suscitent dans nos nerfs, que nous entrons en rapport avec le monde du dehors, quant aux sensations.»

« Les nerfs non sensoriels sont : les nerfs oculaires, le nerf trijumeau, le nerf facial, le glossopliaryngien, le vague, l'accessoire de Willis, le grand hypoglosse, le grand sympathique. Quelques-uns contiennent cependant des fibres sensitives. »

Vin. Parties centrales du système nerveux. « C'est dans les organes centraux du système nerveux que s'exerce l'activité réunie de toutes les fonctions nerveuses, soit en dehors de la domination de l'ame, soit sous l'empire de cette dernière. Ce sont ces organes qui réunissent tous les nerfs ou conducteurs en un seul tout. En leur qualité d'excitateurs, ils sollicitent, tantôt d'une manière automatique, continue ou intermittente, tantôt d'après des déterminations volontaire.^ émanées du scnsorium commune, les nerfs moteurs à agir pour pro-

voquer le mouvement des muscles. Dans certains cas, ils réfléchissent les effets des nerfs sensitifs sur les nerfs moteurs, sans que la conscience en soit informée; et dans d'autres, ils en avertissent la conscience du sensorium commune.W?, maintiennent l'intégrité des effets nerveux organiques, produisent et reproduisent continuellement le principe nerveux, enfin ont seuls le pouvoir de rendre durables l'activité et l'irritabilité des nerfs. »

« Les organes centraux réunissent tous les nerfs. Ils jouent le rôle d'excitateurs à l'égard des nerfs moteurs, qui conduisent aux muscles la décharge motrice du principe nerveux. Cette activité motrice se manifeste ou par une irradiation continue, ou par des mouvements rhythmiques, ou par des décharges qui partent du sensorium commune soumis aux actions spontanées de l'ame Les organes

centraux ressentent lès effets des nerfs sensitifs, et tantôt les reversent, sans que la conscience en soit instruite, sur les origines des nerfs moteurs, ce qui donne lieu à des mouvements réfléchis; tantôt les transmettent au sensorium commune, de manière que la conscience en soit informée. — Ils maintiennent dans son intégrité l'énergie des effets nerveux organiques. — Ils produisent et reproduisent le principe nerveux.»

a) « La moelle éjnnière est conductrice du principe nerveux ou de ses oscillations. — Elle fait partie des organes centraux Elle possède la faculté

de réfléchir sur les nerfs moteurs les irritations sensorielles de ses nerfs sensitifs. — Elle est susceptible de réfléchir une action des nerfs sensitifs sur

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les nerfs moteurs, sans sentir elle-même (p. 362). — Elle forme un appareil chargé de force motrice, qui, même après avoir été séparé du cerveau, peut, sans excitation du dehors, déterminer des mouvements automatiques, par le seul fait de sa décharge. — Quoique apte à produire des effets automatiques sur les nerfs du mouvement, elle les laisse cependant la plupart en repos dans l'état de santé, surtout ceux de la locomotion; mais elle exerce une influence motrice continuelle sur beaucoup d'autres, et tient les muscles auxquels ils se distribuent dans un état non interrompu de contraction involontaire, qui ne cesse que quand elle tombe en paralysie. — Les parties de la moelle épinière ont une grande aptitude à se communiquer réciproquement leurs états. Cette particularité établit entre elle et les nerfs une différence

bien prononcée Quand elle est atteinte d'une

grande irritation, par exemple sous l'influence des narcotiques, elle participe tout entière à cet état, et opère des décharges continuelles vers tous les muscles soumis à la volonté. — Les mouvements spasmodiques provoqués par des poisons narcotiques ont leur cause dans la moelle épinière, et non dans les nerfs. — La moelle épinière est la cause de l'énergie de nos mouvements. — Elle est la cause de la puissance et de la tension sexuelle. L'exercice du penchant à la reproduction est régi par elle, etc.

b) Toutes les parties du cerveau ne marchent pas, dans le règne animal, d'un pas égal avec le développement des facultés intellectuelles (p 381).

Les nerfs, une fois séparés du cerveau, sont soustraits à l'influence de la volonté, et l'animal n'a plus conscience de leurs états. — Tout trouble lent ou soudain des fonctions du cerveau, change aussi les aptitudes intellectuelles.

— On ne peut pas nier les rapports entre les viscères et les passions; mais tout ce qui les concerne est encore enveloppé d'une grande obscurité.

L'ame, bien qu'elle n'agisse que dans le cerveau, n'est pas entièrement bornée à cet organe. Ce qui le prouve , entre autres faits , c'est que les animaux inférieurs sont divisibles, et l'ame avec eux (p. 388 et suiv. Il faut voir et discuter tout ce chapitre). Que l'ame soit une émanation du principe vital, ou qu'elle tienne à un principe indépendant lié à la vie, les phénomènes de la vie morale sont attachés d'une manière absolue à l'organisation du cerveau; sans l'intégrité de cette structure fibreuse si complexe , il n'y a point d'action de l'ame sur les organes vivants des corps. En d'autres termes, l'ame n'apparaît point dans ces derniers organes, mais elle peut y être latente , de même que la source existe, mais à l'état latent, dans les liquides procréateurs des animaux. (P. 390 et suiv.)

La moelle alongée met le cerveau en rapport avec la moelle épinière. Elle participe en général aux propriétés de la moelle épinière. Elle se distingue de toutes les autres parties des organes centraux, en ce que : 1** elle est la source de tous les mouvements respiratoires ; 2° elle est le siège de l'influence de la volonté et de la sensibilité.

En supprimant le cervelet par couches successives, on remarque que l'ablation des premières couches est suivie d'un peu de faiblesse et de désharmonie dans les mouvements; à l'enlèvement des couches moyennes, une agitation presque générale , mais sans convulsions, se manifestait; au retranchement des couches inférieures et dernières, l'animal perd la faculté de sentir, de voler, de marcher, de rester debout, de se tenir en équilibre. Placé sur le dos, il ne sait plus se relever, il s'agite follement et presque continuellement, sans donner une marque de stupeur; il voit le coup qui le menace, veut l'éviter, mais ne le peut pas. Donc la volonté, le sentiment et la conscience persistent (p. 409). — L'hypothèse de Gall, que le cervelet est l'organe central de l'instinct de la propagation, ne repose point sur des faits certains. (P. 411).

La gradation dans le développement des hémisphères cérébraux jusqu'à l'homme, et la coïncidence de leur atrophie ou de l'absence de leurs circonvolutions avec l'idiotisme, démontrent déjà que c'est dans cette portion de l'encéphale qu'il faut chercher le siège des facultés supérieures de l'ame. (Voir, pour la preuve, p. 413etsuiv.) C'est là, diton, que les sensations, non -seulement arrivent à la conscience, mais encore sont transformées en idées (p. 415 et suiv,). — Il paraît que l'un des hémisphères peut suppléer l'autre dans les fonctions intellectuelles (p. 418). — Les usages de la glande pituitaire et de la glande pinéale sont encore totalement inconnus.

La mécanique du cerveau et de la moelle épi-

nière est encore couvei'te d'obscurité. » (P. 421, 434.)

IX. Des mouvements. « Les fibres musculaires ne sont pas les seules qui soient susceptibles de contraction, et par conséquent capables d'occasioner le mouvement (p. 435, 441). On distingue une autre espèce de mouvement, appelé vibratile ou oscillatoire, et qui a lieu à la peau, dans le système respiratoire, dans le canal intestinal , dans les cavités nasales , dans les organes génitaux et urinaires. Cette espèce de mouvement ne s'aperçoit, cbez la plupart des animaux, qu'à l'aide d'un fort grossissement. — Il dure après la mort, autant au moins que l'irritabilité persiste dans les parties animales, et souvent bien plus long -temps Il n'est

pas placé sous la dépendance immédiate du système nerveux. (P. 450.)

La contractilité est l'énergie essentielle du muscle, consécutive à l'irritabilité. Elle se manifeste encore quelque temps après la mort, quand on irriCe les muscles ou les nerfs qui leur appartiennent.

La contractilité tient par les liens les plus intimes à deux influences diverses, celle du sang et celle des nerfs.

Les mouvements musculaires se distinguent en volontaires et en involontaires.

Le mouvement automatique des muscles organiques dépend d'abord, comme tout mouvement volontaire, de l'impulsion du principe nerveux. La cause durhytbme de ce mouvement n'est pas dans la nature des fibres musculaires, mais dans celle

du système nerveux appartenant en propre aux muscles organiques. Le ganglion cœliaque peut, quand il est irrité , déterminer les mouvements péristaltiques de l'intestin. La nature ganglionnaire du grand sympathique parait se continuer sur toutes les ramifications de ce nerf, et l'aptitude de l'intestin aux mouvements péristaltiques persiste alors même que cet organe a été détaché du mésentère. Donc les fdets du grand sympathique qui se distribuent au canal intestinal lui-même, ont encore le pouvoir de provoquer des mouvements périodiques. Ce qui est vrai des mouvements péristaltiques de l'intestin, l'est aussi des mouvements rhvthmiques du cœur : le premier mouvement d'un cœur, quand il est encore réduit à la simple condition d'un sac, est péristaltique. Il paraît donc que l'aptitude du grand sympathique à déterminer des mouvements périodiques, appartient non -seulement à ses gros ganglions, mais encore à ses moindres parties, qui se distribuent dans l'intérieur des organes : ce qui explique pourquoi le cœur , le canal intestinal, l'ovaire de la tortue, continuent d'avoir un rhythme déterminé de mouvement après qu'on les a séparés du corps — L'action automatique des muscles est ou intermittente ou continue.

Les mouvements qui dépendent de l'état de l'ame sont de trois sortes, suivant qu'ils sont la conséquencîe d'idées, de passions, ou de déterminations de la volonté.

Les nerfs du système animal, les cérébraux et les rachidiens, sont seuls capables d'exciter les

mouvements volontaires. On ne sait pas comment il arrive que les origines centrales des fibres nerveuses entrent en action lorsque la volonté jirononce ses déterminations dans la moelle alongée : comment il se fait que des courants ou des oscillations s'établissent instantanément en elles. La solution de ce problème sera peut-être toujours impossible. (P. 572.)

Les mouvements volontaires sont simples ou complexes, suivant qu'ils appartiennent à un ou à plusieurs muscles. Les mouvements complexes se composent ou de séries simultanées de mouvements, ou d'association de mouvements.

Les mouvements instinctifs sont aussi volontaires. La cause finale de l'instinct ne réside pas dans un organe particulier; elle ne fait qu'un avec la force de l'organisation agissant d'après une loi nécessaire et un principe raisonnable. Cependant c'est dans le sensorium que les effets de cette force se révèlent d'abord. Cuvier dit que les animaux, en exécutant leurs actions instinctives, obéissent à une idée innée qui les poursuit comme un songe L'intérieur et l'extérieur de l'animal dépendant de la même cause finale, la forme de l'animal correspond parfaitement à ses penchants; il ne veut rien que ce qu'il peut exécuter au moyen de ses organes , et ses organes ne le sollicitent à rien dont il n'éprouve le penchant. (P. 594 et suiv.)

Une sorte d'harmonie préétablie parait avoir lieu entre certaines parties des organes centraux du système nerveux et les groupes de muscles.

ainsi que leurs conducteurs nerveux. Comment expliquer sans cela les mouvements coordonnés de certains animaux après la décapitation? Ainsi, les sangsues qu'on coupe en deux, marchent de même que quand elles étaient entières. La moelle épinière, et surtout le cervelet, dominent Faction coordonnée des muscles pour la locomotion.

Les différents mouvements locomotifs consistent dans la natation, la reptation, la progression, la marche, la course, le saut, le vol, Faction de grimper, de faire le vide pour marcher en sens contraire de la gravitation. Tous ces mouvements s'exécutent par un mécanisme uniforme, qui consiste en ce que certaines parties du corps décrivent des arcs dont les branches s'étendent, après s'être appuyées sur un point fixe. »

X. De la voix et de la parole. « Les observations recueillies sur l'homme vivant, et les expériences faites sur le larynx humain , démontrent que la voix se produit dans la glotte même, ni au-dessus ni au-dessous. L'organe vocal de Fhomme est une anche à deux lèvres membraneuses.

Les sons que Forgane de la voix est apte à produire peuvent se succéder ou d'une manière monotone, ou en montant et en baissant sans intervalles , ou par les intervalles admis en musique. Le rhythme est commun à la musique et à la poésie.

L'étendue de la voix d'un individu est de une, deux ou trois octaves.

La principale différence entre les voix d'hom-

mes et de femmes est généralement celle qui tient à l'élévation.

On distingue les sons de la voix en sons de poitrine, et en sons de tète ou de fausset.

Le timbre de la voix est ce qui la fait distinguer comme individuelle.

On peut distinguer les consonnes en deux ordres physiologiques, suivant qu'elles sont soutenues ou qu'elles sont explosives.

Les premières sont h, m, n, ng, f, ch, sch, s, rj.

On peut les ranger en trois classes : l'* les consonnes soutenues orales, dont l'émission exige que le canal oral soit entièrement ouvert (Ji); 2** les consonnes soutenues nasales, dont l'émission exige que le canal nasal soit entièrement ouvert [m, n, ng); 3** les consonnes soutenues orales, dont l'émission exige que certaines parties de la bouche se mettent en opposition les unes avec les autres, comme des espèces de valvules {f, ch, sch, s, r ,

Vh manque à la langue italienne; le ch aspiré, le th aspiré, à la française; l'r, à la chinoise; 1'/, à la zend.

Les consonnes explosives sont C,y, S- , et leurs modifications fortes sr, ;t, t.

Dans la parole à haute voix, quelques consonnes restent muettes, c'est-à-dire bornées à de simples bruits, parce qu'elles ne sont pas susceptibles de s'allier à la consonnance de la voix : telles sont les explosives h, d, g, et leurs modifications p, t, h, etc.

Le bégaiement tient à une affection spasmodique de la glotte. »

XI. Des sens en général « 1° Nous ne pouvons avoir, par l'effet des causes extérieures, aucune manière de sentir, que nous n'ayons également sans ces causes et par la sensation des états de nos nerfs.

2° Une même cause interne produit des sensations différentes dans les divers sens, en raison de la nature propre à chacun d'eux.

3^ Une même cause externe produit des sensations différentes dans les divers sens, en raison de la nature propre à chacun d'eux.

4**Les sensations propres à chaque nerf sensoriel peuvent être provoquées à la fois par plusieurs influences internes et externes.

b^ La sensation est la transmission à la conscience, non pas d'une qualité ou d'un état des corps extérieurs, mais d'une qualité, d'un état, d'un nerf sensoriel déterminé par une cause extérieure , et ces qualités varient dans les différents nerfs.

6** Un nerf sensoriel paraît n'être apte qu'à un mode déterminé de sensations; un sens ne peut donc point être suppléé par un autre sens.

7° On ignore si les causes des énergies diverses des nerfs sensoriels résident en eux-mêmes,ou dans les parties du cerveau et de la moelle épinière auxquelles ces nerfs aboutissent; mais ce qu'il y a de certain, c'est que les parties centrales des nerfs sensoriels, leurs parties cérébrales, sont susceptibles d'éprouver, indépendamment des cordons

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OU conducteurs nerveux, les sensations déterminées propres à chaque sens.

S** Les nerfs sensoriels ne sentent immédiatement que leurs propres états, ou le sensorium sent les états des nerfs sensoriels. Mais comme ces derniers, en leur qualité de corps, participent aux propriétés d'autres corps , comme ils occupent de l'étendue dans l'espace, qu'un ébranlement peut leur être communiqué, et qu'ils sont susceptibles d'éprouver des changements chimiques de la part de la chaleur et de l'électricité, il suit de là que, quand ils viennent à être modifiés par des causes extérieures, ils indiquent au sensorium non -seulement leur état propre , mais encore les qualités et les changements du monde extérieur, et cela d'une manière propre à chaque sens, en raison des qualités ou des énergies sensorielles.

9" Il n'est pas dans la nature même des nerfs de placer actuellement hors d'eux le contenu de leurs sensations : l'imagination, instruite par l'expérience qui accompagne nos sensations, est la cause de ce déplacement.

lO** Non-seulement l'ame reçoit le contenu des sensations acquises par les sens, et les interprète de manière à produire des représentations ou des idées ; mais encore elle a de l'influence sur ce contenu , en donnant plus de précision et de netteté à la sensation. Cette intention peut s'isoler, pour les sens qui distinguent l'étendue, aux diverses parties de l'organe sensible; et pour ceux qui distinguent le temps, aux divers actes de la sensa-

tion. Elle peut aussi faire acquérir à un sens la prépondérance sur les autres. »

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