‹ Anthropologie spéculative générale (volume 2)Chapitre 61 sur 70 · II. Des Sensations 'particulières · texte numérisé non relu

II. Des Sensations 'particulières

V Odorat. «La sensibilité générale de la pituitaire cesse par la section de la cinquième paire, dans les quatre classes des vertébrés ; dès qu'elle a eu lieu, aucun contact, aucune piqûre, aucun corrosif même, ne produisent d'impression visible sur la membrane du nez, et, sous ce rapport, la pituitaire ressemble à la conjonctive. Mais ce qui est plus remarquable, la même insensibilité se manifeste pour les odeurs les plus fortes et les plus pénétrantes, telles que celles d'ammoniaque ou d'acide acétique. Il semblerait donc que le nerf olfactif est dans le même cas que les nerfs optiques et acoustiques : il ne peut agir si la cinquième paire n'est point intacte. Si l'on détruit dans un chien les deux nerfs olfactifs, et qu'on présente à l'animal des odeurs fortes, il les sent parfaitement, et se comporte comme s'il était dans son état ordinaire ; mais il n'en est pas de même des odeurs faibles. Il serait donc possible que le nerf olfactif ne fût pas le nerf de l'odorat, et que la sensibilité olfactive fût confondue avec la sensibilité générale dans le même nerf. »

2° Goût. (.\ La sapidité des corps n'est point en rapport avec leur solubilité. Les dents s'imbibent promptement (on ne sait de quelle nîanière) des liquides avec lesquels elles sont en contact. — Le nerf lingual est l'organe principal du goût. Mais le palais, les gencives, la face interne des joues, sont aussi sensibles aux saveurs. Si le tronc de la

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cinquième paire est coupé dans le crâne, la capacité de distinguer les saveurs est alors complètement perdue pour toute espèce de corps, même les plus acres et les plus caustiques; la langue, les lèvres, les joues^ les dents, les gencives, le palais, etc., sont insensibles sous ce rapport.»

3^ Ouïe. « La grande sensibilité de l'oreille est à la partie extérieure. Elle est déjà fort obtuse dans la caisse, et le nerf acoustique est subordonné, pour ses fonctions, à la cinquième paire. Quand ce nerf est coupé ou malade, l'ouïe est faible, et souvent abolie. Beaucoup de personnes ont l'ouïe fausse, c'est-à-dire ne distinguent pas nettement les sons. Si l'on se bouche exactement une oreille, et que l'on fasse produire à quelque distance de soi un bruit léger dans un lieu obscur, il sera impossible de juger de la direction du son. »

4" Vue. « L'action réunie des deux yeux est absolument nécessaire pour juger exactement de la distance. La rétine est peu ou point sensible; et c'est à tort que sa sensibilité passe pour excessive. Elle ne peut concourir à la vision que sous l'influence de la cinquième paire, laquelle étant coupée, la vue devient presque nulle. Ce n'est qu'au concours d'un autre nerf que la rétine est encore redevable d'être sensible à la lumière après la section de la cinquième paire. Elle n'est donc point le principal organe de la sensibilité de l'œil. Il est probable que le nerf optique transmet au cerveau, dans un instant indivisible, l'impression que la lumière fait sur la rétine , mais on ignore absolument par quel mécanisme. Le nerf optique

soumis à l'expérience, présente les mêmes résultats que la rétine, avec dépendance de la cinquième paire. Son entrecroisement avec celui du côté opposé est certain. »

« La section du nerf ophtalmique est constamment suivie, chez les animaux, d'une violente inflammation avec suppuration abondante de la conjonctive; mais la surface de l'œil n'en reste pas moins insensible. C'est la conjonctive qui rend l'œil si sensible : si les nerfs qui y aboutissent sont coupés, elle n'est pas même sensible à l'action délétère de l'ammoniaque. »

<( On a observé que chez les individus affaiblis par les excès vénériens, la pupille est très-large, ainsi que chez les personnes qui ont des vers intestinaux, un engorgement abdominal, une hydrocéphalie , etc. ; qu'une application , pendant quelques heures, de plantes narcotiques sur la conjonctive, particulièrement de belladone, dilate la pupille; que souvent dans les affections cérébrales la pupille est ou très- élargie, ou trèscontractée. »

« L'harmonie des yeux est ce qui fait que nous ne voyons pas les objets doubles. Dans le strabisme, on reçoit deux impressions d'un même objet. »

5® Tact « Il faut distinguer le tact du toucher : le tact est, à peu d'exceptions près, généralement répandu dans tous nos organes, et particulièrement sur les surfaces cutanées et muqueuses. Dans l'exercice du tact, nous pouvons être considérés comme passifs, tandis que nous sommes essentiel-

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lenient actifs quand nous exerçons le toucher

Le tact existe chez tous les animaux, tandis que le toucher n'est exercé que par les parties évidemment destinées à cet usage. Il n'existe pas chez tous les animaux, et n'est autre chose que la contraction musculaire dirigée par la volonté. Jusqu'ici les physiologistes avaient considéré tous les nerfs comme pouvant concourir au tact, et même au toucher. Cette idée est loin d'être exacte : l'expérience montre, au contraire, qu'un grand nombre de nerfs ne paraissent pas doués de cette propriété; et, dans le même nerf, tous les filets ne la présentent pas. »

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