IV. Par rapport aux sensations et aux sentiments
1^ Une sensation ne peut pas être rappelée à la rigueur , pas plus que le passé ne peut être présent» Le souvenir d'une sensation ne pourra donc être ; ou qu'une sensation nouvelle, ou que l'idée de la
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sensatioa passée sans sensation actuelle. Mais comment peut-on connaître une sensation , même son intensité, autrement qu'en réprouvant? et à quoi se réduit cette idée dont je parle? C'est qtie les sensations sont elles-mêmes des objets de connaissance. En tout cas, voici les faits :
a) Dans le souvenir d'une sensation, la conscience dit qu'il n'y a pas sensation, soit conti^ nuée , soit affaiblie.
b) On se rappelle l'intensité même de la sensation; et cependant, en fait, cette intensité est nulle dans le souvenir.
c) On compare le souvenir d'une sensation passée avec le souvenir d'une autre, ou avec une sensation actuelle.
Or , cependant , comme ces sensations passées n'existent plus, comme il n'en existe pas d'analogue , cette comparaison semble impossible : car^ d'une part, on ne compare que ce que l'on connaît ; d'autre part , si le souvenir d'une sensation passée était une sensation analogue, on ne ferait que comparer des sensations actuelles entre elles. Mais alors, pourquoi croirait-on comparer des sen^ sations passées? — ou, si ces sensations analogues représentaient les sensations passées, je demanderais comment on peut s'en assurer autrement que par la comparaison des sensations-souvenirs et des sensations passées ? Or, puisque toute comparaison est impossible là où il n'y a qu'un terme , il n'y a donc pas ici comparaison. D'un autre côté, il n'y a pas sensation actuelle. Restent donc les idées des sensations passées comparées entre elles.
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Pour ce qui est de la comparaison d'une sensation actuelle avec le souvenir d'une sensation an* cienne, non-seulenent elle a lieu sous le rapport de la qualité, mais encore sous celui de la quantité ou intensité. Et cependant Ton ne peut comparer que des choses de même nature. Reste donc à dire que Ton compare Fidée de la sensation passée avec ridée de la sensation actuelle.
Observations. V Cette théorie supposerait que dans toute sensation il y a deux faits fondamentaux :
a) L'affection ,
b) Et ridée de Taffection.
â^ Mais, dans ce cas même, il faudrait expliquer :
a) Comment cette idée ou cette connaissance diffère de la sensation elle-même? —Parla réflexion peut-être;
b) Comment cette idée peut se conserver sans son objet;
c) Ou comment, si elle ne se conserve pas, une autre idée analogue peut être suscitée plus tard , et tenir lieu de la première;
td) Comment nous savons qu'elle ressemble à la première ;
e) Comment nous savons que l'une et l'antre re-* présentent bien la sensation*