‹ Anthropologie spéculative générale (volume 3)Chapitre 25 sur 69 · DES PASSIONS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES PASSIONS EN GÉNÉRAL

€ette matière est d^aiitant plus difficile à traiter, qu'elle Fa été plus souvent et plus mal. Tout le monde en a quelques idées plus ou motus fausses , parce qu'il y a des préjugés erronés po^ polaires et scientifiques en circulation depuis fort long-temps sur ce sujet. Le mot passion est d'un vague extrême : en sorte que les uns entendent plus, les autres moins, et que les uns et les autres ae savent ati juste ce qu'ils entendent par-là*. En effet, ce. mot comprend le plus sonventi les instincts, les inclinations, les habitudes, les émotions, et les passions proprement dites; d'autres fois il est restreint à une ou plusieurs classes de ces phénomènes; presque toujours^ même chez les auteurs les plus exacts , la passion £Bt confondue avec les. vices et les vertus. Ceux-là mêmes qui emploient ce mot avec le plus de précision, en-^ tendent par4à, les uns ui> phénomène incomplexe, d'autres un phénomène complexe il est vrai, mais dont ils n'ont pas déterminé l^ moments avec exactitude.

Il est donc nécessaire de revenir à Tétude des faits , afin de s'orienter dans ce dédale , et de mettre de l'ordre daiis ce chaos.

Nous rattachons la passion au sentiment, non-

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seulement parce que Tamour, la joie, la tristesse, Tespérance, la crainte, etcv, sent accom'pagnés de sentiment , mais encore et surtput parce que le phénomène total de la passion ne donne pleine conscience de lui-même qu'autant qu'il est consi* déré par rapport à la raison morale, son opp^s^é^^ son contraire, qui sert par conséquent à la faire res90rCir. La^rdson pragmatique, prenant ses mo-; tifs déterminants dans lar sensibilité, n'est que de la passion qui calcule, et ne suffit pas pour donner à cette dernière tout le relief nécessaire pour bien Tapprécier.

Il y a deux choses avec lesquelles on confand ordinairement le fait complexe de la passion , savoir : ses conditions psychiques, et ses déterminations diverses connues sous les noms de viees et de vertus.

1*^ Le$ passions peuvent bien avoir des antécé-dents dans l'instinct, dans l'inclination, dans l'habitude , et xnémè dans les sentiments proprement dits; mais, à moins de tout confondre, on ne peut appeler ees antécédents des passions.

2** Ce qu'on appelle yiee et vertu peut bien être mkocte émané de la passion; mais il n'est vice ou. vertu qu^autant qu^n l'envisage par rapport à la raison morale , aveo laquelle on le trouve en op* position ou en harmonie. Ainsi, le» notions devict et de vertu impliquent, outre les phénomènes constitutif de la passion, 1® la notion de bien et de mal moral ; g^ l'activité libre qui réalise une action; 3^ un jugement établissant le rapport de

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coayeuat)^^ ou de disconvenance entre l'action déterminée qualifiée moralement.

La passion , dans son essenee, ne se rapporte à aucun objet déterminé : elle n'est donc qualifiable par aucun nom pris d'un objet plutôt que d'un autre. jXous savons bien, du reste, que, dans la réalité, elle n'est point ainsi à l'état abstrait; qu'elle est,, au co||ttaire, toujours telle ou tellç; mais il n'en est pas moins vrai cependant que toutes les passions déterminées par leur objet ont un caractère général par lequel elles se ressemblent, et qui fot^me leur essence commune, la passion en général. C'est doue à ce caractère que la science doit s'attacher dans l'étude de la passion.

Or, si une passion complète doit avoir, comme tout grand phénomène, un commencement, un milieu et une fin, elle doit donc avoir une période d'accroissement et une période de%écroiâsement Voyons plutôt, et énumérom» avec s4Éi tous les moments d'une passion complète :

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