‹ Anthropologie spéculative générale (volume 3)Chapitre 27 sur 69 · PE01%SV]^T .DITE · texte numérisé non relu

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le plaisir, pasce qu'il ne péu^ "réfléchir sur sest états.

Les passions avortées n'arrivent pas jusque la jouissance , jusqu'à la satisfaction : elles expirent dans Tespoir ou dans l'effort , ou se détrompent déjà da^S'le sucées quand l'objet obtenu est jugé (avant même de l'avoir mis à l'épreuve) ne pouvoir procurer la jouissance qu'on s'en était pro»mise,

7^ La passion peut se terminer à la jouissance, au du moins à la satiété, et ne pas passer par tous les autres degrés de la période de déeroiêsance ^ mais il faut, pour qu^il en soit ainsi, que la jouissance soit modérée : le moyen de faire durer le plaisir, ^e'est d'en jouir sobrement; Sans la m^dérar tion, l'appétit , peut encore dégénérer en une irritation maladive qui devient im^ frénésie, laquelle est suivie d'une faiblesse et d-tmc atonie mortelle.

Il n'y a guère., du reste, que les objets capables de notis impressionner souvent, et qui permettent par conséquent l'intermittence du plaisir et Ift succession alternative du besoin et de lA satisfaction du besoin , qui puissent occasioner des passions; c'est-à-dire qu'en général l'habitude est une condition de la passion. Si nous pouvions désirer avec une ardeur passionnée un objet dont nous ne devrions jouir qu'une seule fois et un instant, il y aurait f)lutôt alors inclination violente que passion.

8^* La conservation n'est un moments de la passion qu'autant que l'objet n'est point susceptible d'être consommé par un premier usage (fongible).

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Pans le c^ contraire, c'est moins Tobjet qu'on aime, que Fespèce à laquelle il appartient : Tindi* vidu n'est donc alors aimé, désiré que comme espèce.— La conservation emporte l'idée de l'avenir, de la prévision de la continuité ou de la périodicité du besoin de la chose conservée. L'uMge de cette chose est alors réitéré; et s'il s'agit d'un besoin naturel, et non d'un besoin factice, la satiété arrivera toujours sans4égoût, à moins d'un grand excès. Mais, dans ce cas-là même, le temps pourra encore réconcilier la sensibilité et l'organisme avec l'objet pour lequel on s'est senti d'abord une plus ou moins grande aversion : alors la passion renaîtra, et reprendra son cours accoutumé. Si l'on ne prévoit pas le retour de la passion, et qu'on croie, au contraire, qu'elle ne renaîtra pas, la seconde .période de cette passion peut prendre fin à tous lea degrés, depuis la satiété jusqu'à la joie de la délivrance. Mais le dernier moment , celui de la satisfaction, a toujours lieu : seulement, il est d'autant moins vif que les moments précédents ont été moins nombreux et ont reçu moins de développement.

9® La répugnance, l'éloignement, dont nous n'avons pas parlé, ne sont que des espèces de dégoàts. Vhorreur n'est que l'aversion portée à un très-^haut degré»

1 0^ Tous les moments de la passion Ja plus complète peuvent être conçus d'une manière plus large^ et ramenés d'abord à trois grands points capitaux :

a) Le plaisir positif ou négatif qu'on se promet»

JPaOPAEMENT DITE. 301

par conséquent un malaise actuel : — but dé la passion ;

6) Les moyens qu'on emploie, ou Tobjet de là passion;

c) L'appétit de ces moyens, et l'action propre À se les procurer : — activité intelligente ou calculatrice.

D'où l'on voit que la sensibilité est comme le point de départ et la fin de la passion. Ce sont les deux extrémités de la ligne qu'elle décrit. La senisibilité sort pour ainsi dire d'elle - même pour y revenir : il y a là principe, fin et milieu. Le principe et la fin ne font partie de la passion que dans le sens le plus large du mot; le milieu seul en forme Fessence; encore faut- il y disttpguer trois choses :,

a) Les états de l'ame qui constituent la passion dans le sens le plus strict et le plus propre du mot;

6) Les mouvements du corps (quand ils ont \ieù)i mouvements qui ne sont que l'expre$sion des états de l'ame; •

c) Enfin, l'objet de la passion : c'est le moyen proprement dit.

Nous pouvons donc classer les phénomènes de la passion de la manière suivante :

1^ Conditions sensibles de la passion, ou principe :

'a) Besoin,

6) Connaissance ;

2^ Milieu, ou essence de la passion :

a) Amour,

d02 DB LA VIS HUMAINE

6)i Appétit intelligentiel; ou désir,

c) Espoir et crainte , — ou impatience dans Tat- 4enie,

• d) Effort (persévérance, courage), plaisir et peine qui raccompagnent;

3^ La fin de |a passion; sa première période consiste dans :

a) La joie,

b) La jouissance positive.

La conservation ne fait point partie des trois classes de moments que nous venons d'indiquer : c'est simplement un acte de prévoyance qui a sa raison dan^Ia passion. Il en est de même de Tusage réitéré de l'objet de la passion : c'est un acte réitéré de jouissance, si l'objet est toujours en notre possession assurée; ou la répétitipn des phénomènes passionnels, si tous les antécédents de la jouissance ont lieu.

Les phénomènes de la période de décroissante de la passion formant entre eux un tout, une passion décroissante peut se diviser^ussi en trois moments analogues aux trois précédents :

i^ Condition sensible :

La satfété, avec présence de la chose qui Foccasione^' produit ïennui, le dégoût , "^ sensation désagréable ;

2® Milieu, ou essence de la passion :

o) Tristesse ,

b) Haine,

c) Aversion,

d) Effort pour se délivrer du mal, — recherche des moyens propres à cet effet ;

PROPafiMXNT DITE. 303

3* Fin:

Cl) Délivrance du mal, *

b) Satisfaction de cette délivrance; — jouissaiicê négative.

On peut <lonc ramener toutes les passions à deux séries de phénomènes qui sont comme deux formules : Tune comprend les passions dont la fin est une sensation agréable à se procurer, on même à conserver; Tautre comprend les passions dont la fin est désagréable, dont ii faut se délivrer, ou même qu'il faut éviter. Dans le cas où il s'agit de faire durer une sensation^ agréable, ou d'en prévenir une désagréable , l'imagination joue le rôle de la sensation qui n'existe pas.

Mais on peut simplifier davantage encore ki théorie de la passion, et la ramènera une formule unique, qui comprendra les deux dont nous venons de parler. En effet, se procurer un bien, ou- combattre pour le conserver; se délivrer d'un mal, ou combattre pour le prévenir : — c'est toujours fuîr un mal présent ou un mal futur, et plus ou moins imminent : car l'appétit d'une sensation agréable n'est possible qu'à la condition du besoin de cette sensation, et dans la vue de le faire cesser. Toute passion a donc sa base dans la peine, et sa fin dans le plaisir. Ses moyens sont la haine de la peine ei l'amour du bien , le désir du bien et de ce qui peut faire cesser le mal; l'aversion du mal, et de ce qui peut faire cesser le bien; etc.

Suivant cette dernière manière d'envisager U passion, son côté positif, et son côté négatif se trouvent réunis^ et les contraires inarcheii^ con'*

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stamment ensemble, d'après un double point de vue dont le principe et la fin de la passion sont toujours susceptibles. On peut donc représenter la passion de la manière suiv^te :

Mai ou Peine.

Amour (te ce qui en délivre Baine de ce qui l'oceasione.

Begret de la perte de ce qui en délivre. . . SaHsfacHon de la perte de ce qui l^)e-

caslone.

i>étir de ce qui délivre du mal Ànersion de «e qui roccaslooe.

Espérance qu'il cessera (le mal) Cro/nle qu'il ne cesse pas (le mal).

' Cette nouvelle formule prête aux réflexions suivantes. — JElle fait voir ;

1^ Que Taffection sensible n'esi.point Fobjetde la passion, quoiqu'elle en soit le principe et la fin;

2® Que la joie et la tristesse ne sont point des éléments spéciaux de la passion, mais que ce soot des sentiments inséparables;

* 3^ Que ces divers éléments n'ont pas le même degré de force dans toute passion déterminée, pas même les deux éléments qui forment un tout binaire. Ainsi, tantôt Ce sont Famour et la haine qui dominent, tantôt Fespérance et la crainte, etc. Et, dans ce cas-là même, Famour peut être plus fort que la haine, ou la haine plus que Famour, etc.;

3^ Que FeSbrt ne fait pas partie essentielle de la passion : il appartient à Fénergie extérieure ou musculaire, bien plus qu'à Factivité interne ; il représente le désir;

4*^ Que Famour et la haine, le désir et Faversion, Ja crainte et Fespérance, sont la partie es-

sentielle de la passion. Le regret de Fobjet aimé»

la satisfaction de la perte de l'objet haï, ne sont

que cpmme l'expiration de la passion dans Tame.

La passion va bien plutôt en avant qu'en arrière.

On pourrait donc, sans grand inconvénient, la

réduire à six moments;

5® Que, sur ces six moments, les derniers ne

sont visiblement que la conséquence des deux premiers, l'amour et la haine, suivant les circonstances subjectives et objectives où se trouve le sujet; que par conséquent, au fond, l'amour et la haine sont les moments radicaux de la passion. Et comme ces deux moments ne sont que les deux éléments abstraits d'un même tout, et ne vont pas Fun sans l'autre, quoique l'un puisse être beau* coup plus fort que, l'autre, les passions reviennent, en définitive, à une seule : l'amour "haine. Mais, malgré la vérité de cette réduction radicale, comme les autres moments de la passion sent au moins des déterminations de l'amour et de la haine suivant les circonstances, nous en parlerons cependant comme s'ils en étaient moins dépendants qu'ils nele sont en effet. Toutefois, il importe qu'on sache bien que c'est l'amour qui hait, qui craint, qui espère, qui désire, qui a en aversion, qui regrette, qui est satisfait, qui se réjouit, qui s'afflige, etc.

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