livre si décousu de Lavater. H nous a fallu, pour mettre
un peu d'unité dans ce chaos, prendre successfvement dans
chaque volume ce qui appartenait au même titre. Nous ne
répondons pas que l'auteur ne soit pas tombé quelquefois
en contradiction avec lui-même d'un volume à l'autre; mais
nous pouvons affirmer qu'il a dit, ici ou là, tout ce que nous
PAEFA€E. xiij
lui avons fait dire. Notre travail sur la pbyfiiognomie du célèbre pasteur de Zurich était terminé ^ lorsqu'on nous a communiqué une analyse manuscrite de son grand ou-^ vrage, faite par lui-même. Nous l'avons lue, et nous.^yons pu nous assurer que la nôtre est beaucoup plus complète. Une partie s'est trouvée entièrement semblable : c'est celle comprise dans notre ouvrage sous le S II > t. â, p. 97 — 109. L'auteur parait y avoir attaché une grande importance. Aussi éstK^e presque la seule partie de son livre que nous n'ayons point abrégée , parce que c'est la seule qui nous a semblé la plus heureusement exécutée » et, sinon la plus vraie^ du nxoins celle dont l'application est le plus facile. Nous croyons donc avoir réduit en quelques feuilles tout ce qu'il y a d'essentiel dans les dix volumes de Lavaten Nous avons, en outre, signalé un assez grand nombre de points de vue qui lui ont échappé. Mais nous ne nous sommes pas permis de remplir ce$ lacunes, notre but étant beaucoup moins de faire de la physiognomonie nous-même, que de faire connaître celle de Lavater. Aussi n'entendons-nous point assumer la responsabilité des vues et des opinions de cet auteur. On distinguera facilement ce qui nous est propre de ce qui lui appartient
On remarquera peut-être les extraits que nous ayons donnés des Caractères des Passions du sieur de la Chambre (1653). Quand on compare cetpuvrage avec celui de Descartes sur le même sujet (1650), on est étonné v qu'il soit tombé jdans un si grand oubli. Nous n'hésitons pas à dire qu'il est bien supérieur, pour le fond et pour la forme, à celui du grandjréformateur ^e la philosophie au 17« siècle. Nul, à notre connaissance du moins, n'a mieux saisi
xiV |»RBFAGE.
et décrit l'ihQnenoe des^^passions sur le phyi^que. Combien ^ par exemple, la Physiologie éks Passions d'AIibert est au-dessous des Caractères des Passions de de la Chambre I
Nous avons choisi, pour représentant de la phrénologie, Broussais : non pas que ses leçons soient le meilleur ou^ vrage sur cette matière ; mais à cause de la vogue excessive qu'elles ont eue, et parce qu'elles sont empreintes d'i^ii esprit d'hostilité bien prononcé contre la psychologie et la croyance à l'immatérialité d'un principe pensant dans l'homme. Sous ce double rapport, Broussais méritait la préférence. Nous, avons cru qu'il importait de faire voir tout ce qu'il y a de faible et de mal fondé dans des leçons si avidement suivies néanmoins par toute l'école de médecine de Paris et par beaucoup de gens du monde. Ceux de nos lecteurs qui regretteraient cependant que . notre critique ne soit pas dirigée plus directement contre les doctrines du fondateur de la phrénologie, peuvent se dédommager amplement par la lecture du livre de M. Garnier, intitulé : La Psychologie et la Physiologie convparées \ Cet ouvrage, ayant d'ailleurs été composé d'un autre point de vue que notre examen critique des Leçons de Broussais, aurait toujours son intérêt et son utilité.
II' nous reste à dire un mot de la seconde partie de cet ouvrage : de la Psychologie rationnelle. Elle aurait pu être plus longue; mais on trouvera dans les Leçons de Métaphysique de Kant, qui vont paraître, et dans la Critique de
^ Au fond, la phrénologie, telle qu'elle est enseignée par Broussais, est la même que celle de Gall, deifipurzheim, de Vimont, etc., puisqu'il ajoute fort peu du sien en fait de principes de classification, etc.
phefage.
la Batson pure du même auteur, tous les développements nécessaires. Ce n'est pas que nous professions de tous points les mêmes doctrines que Kant sur ce sujet ; mais notre manière de voir se rapproche plus de la sienne que de cdie d'aucun autre jilijilosophe. C'est pourquoi nous avons cru devoir nous borner, en plusieurs endï'oits, à une analyse de ces Leçons de Métaphysique ; sauf à renvoyer ici d'une manière générale , pour les d^eloppements, aux écrits de ce grand maître. Du reste, nous en essaierons ailleurs rappréciaiion.
Dijon, le 3 novembre 1842,
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