‹ Anthropologie spéculative générale (volume 3)Chapitre 64 sur 69 · I. Composition des nerfs. « Les nerfs sont com · texte numérisé non relu

I. Composition des nerfs. « Les nerfs sont com

poiés de faisceaux, les uns plus petits, les autres plus gros, disposés parallèlement les uns aux autres, ayant un névrilème membraneux , et s'unissant quelquefois, de distance en distance, sur la longueur d'un cordon, tandis que les fibres nerveuses primitives contenues dans Tintérieur du nerf ne sont qu'appliquées les unes contre les autres, et ne s'unissent jamais entre elles : car, dans les points où les faisceaux sejliijblent s'anastomoser, elles ne font cuie pâ^er de l'un dans l'autre pour s'accoler ^ d'^^r^ fihr-es. » (p. 8.)

(n Les fibres 'pymlil^es, des nerfs se ressemblent beaucoup, quant^à jïa ftç^me et à la grosseur, chez des animaux' dîfférenta*- Les vaisseaux capillaires ne se répandent plus, à leur surface,. car ils sont plus gros qu'elles ; ils ne font qu'étaler leurs réseaux entre ces filaments élémentaires. »

« Il peut y avoir, dit j^i^géndie, jusqu'à 16,000 fibres dans un nerf cylindrique 4'Mn millimètre de diamètre , tel que Ig crural d'une grenouille. »

« Les fibres i;u|t)iUcuses du cerY^4$i marchent la plupart en Iigne'drqité,;et ne s'ai^âbç^mosent pas ensemble : on les voit rarement se*divisef.*On n'a pas encore pu se faire une idée nette du'i^ontenu des tubes, dont les parois membraneuses sont fort minces. Â en juger d'après les apparences, il serait plutôt gélatineux que solide. »

<; Les faisceaux des fibres nerveuses ont la plupart une teinte grise dans le nerf grand sympathique; tandis que ceux des nerfs cérébro-spinaux sont blancs. Mais les nerfs cérébro-spinaux euxmêmes contiennent aussi quelques petits faisceaux

gris parmi les autres de couleur blaoche. Ils f ro' vienacnt du grand sympathique, et marcheut sur les nerfs cérébral-spinaux, du centre vers la périphérie. )>

m II ne parait pas que les fibres blanches primitfves des nerfs cérébro-spinaux s'anastomosent réellement dans ce qu'on appelle les anastomoses des faisceaux, ou plutôt de leurs gaineç. Ces ^bres marchent les un^ à côté des autres, ou les unes au-dessus des autres, ^.là même où deux petits faisceaux s'anastomosaient jil^e^ible. Les fibres nerveuses primitives sont inilîpejidantes depuis le eerveau jusqu'aux parties,pêr\|^^éri^cf es relies forment comme des rayons de L'axe flu sysjtème net* veux. î>

« il est assez probable , au ecmtraire , que les fibres grises s'unissent, du moins par le moyen des ganglioïi^. y>

II. Irritabilifé des nerfs. « Les nerfs, faisant partie des corps organisés, sont irritables comme eux. Les irrita^ons, tant intérieures et organiques qu'inorganique]^, c'est-à-dire chimiques, mécaniques, «austtqîfes, électriques, galvaniques, quAiid elles agissant sur des parties et des nca^fs sensibles, donnent lieu à dés sens&ttons aussi long- temps que la communication entre les nerfs et l'axe cérébro-spinal den>eure intact. y>

« Les nerfs, en Vertu de leur irritabilité, ont le pouvoir d'exciter des contractions dans les muscles auxquels ils se rendent; ils la conservent tant que ceux-ci vivent, ou, après leur mort, tant que dure leur irritabilité propre. Pour que les muselés

DU PHTSIQUB ET DU HORAL. 465

se contractent sous l'influence d'une irritation appliquée aux nerfs , il est nécessaire que la portion de ceux-ci qu'on irrite soit intacte jusqu'aux organes musculaires , quand même sa communication avec le cerveau ou la moelle épinière aurait été détruite. D'un autre côté^ toute irritation qui s'exerce sur un nerf entier ou mutilé, produit une sensation tant que la portion de nerf sur laquelle elle agit demeure en relation avec la moelle épinière ou le cerveau. »

<( Toutes les fois qu'on tiraille xin'itfuscle> qu'on l'irrite, il se contracte , lors même- i^ue" le nerf en vertu duquel ce mouvemeût s'exieeute, ne communique plus avec le centre cérébro-spinal. Mais îl n'y a jamaiâ^ contraction lorsque l'irritation mé-* catfique porte sur It bout du netf qui tient à la moelle épinière et au cerveau. »

<( La durée de la réaction ou mdlivement des muscles soumis au nerf grand sympathique, comme l'estomac, le canal intestinal, la matrice, le cœur lui-même, se prolonge beaucoup au-delà de celle de i'irritation ; tandis que dans les muscles de la vie animale, la réaction ne dure pas plus que cette dernière, et cesse même fort souvent avant qu'elle soit éteinte. »

i Lorsque les irritations mécaniques agissent avec une grande intensité , de manière à léser la sdMtànce délicate des fibres primitives, la faculté d'exciter des sensations se trouve abolie par-là , pourvu toutefois que le point lésé, comprimé, ou contendu, soit intermédiaire entre celui sur le-

466 RAPPORTS GiNiaAUX

quel porte rirritatton et le cerveau. Même chose pour les nerfë musculaires. y>

« Jusqu'à quel point la libre communication des nerfs avec le cerveau et la moelle épinière est*elle nécessaire au maintien de leur irritabilité? Les muscles peuvenf-ils conserver l'irritabilité sans qu'il y ait communication entre leurs nerfs et les parties centrales du système nerveux? Ces deux problèmes sont encore loin d'avoir reçu une complète solutio'h. » — L'auteur semble cependant avoir dit plus^haut que l'irritabilité avait encore lieu dans ifn'ftHiscle dont les nerfs ne cominuniquaient plus a^ec le cerveau.

ïll. Principe actif des nerfs.' <i II. est bien certain maintenant que le galvanisme n'esb^oint une électricité animale : la force ned^use diffère esi^ntiellement de l'électricité. »

« Il n'y a [ft>int de courants électriques dans les nerfs pendant les actions vitales. »

« Admettre un courant électrique dans les nerfs, c'est donc se servir d'une expression purement métaphorique, comme quand on compare l'action de la force nerveuse avec la lumière , ou avec le magnétisme.»

IV. Classification des nerfs en sensitifs, moteurs et organiques. « II y a des nerfs qui ne possèdent pas de force motrice ou tonique^ qui ne peuvent jamais par eux-mêmes exciter, de convulsions, soit qu'on les irrite mécaniquement , soit qu'on tes irrite galvaniquiement , et qui ne font que conduire passivement le courant galvanique^.»

« II y a des nerfs moteurs ou toniques qui , à

la. S¥i|tP d'une irritation immédiate quelconque» mlhifestent leur puissance par la contraction des HMIscles.. »

« Les rdcjnps antérieures des nerfs jumeaux sont toniques; lés postérieures ne le sont point. »

a Ni les racin^sL intérieures , ni les racines postérieures, lorsqu'on les garnit seules d'une armature simple, n'excitent, par un mouvement rétrograde, de convulsion dans les parties antérieures du corps de la grenouille, par exemple dans la tête. Il parait donc que les fibres des nerfs ne communiquent point ensemble dans la moelle épinière. »

« Quelque définitivement démontrée que soit la différence entre les racines antérieures et les racines postérieures sous le point de vue de leurs propriétés sensitiyes et motrices, il s'en faut beau, coup qu'elle le soit de même en ce qui concerne les cordons antérieurs et postérieurs de la moelle épiniêre. Il parait cependant que la région antéri^ùi£e préside principalement, mais pas d'une mar n\^p exclusive , au mouvement , et la postérieure au s^timent. »

4c'Les nerfs qui pré^dent au iact dans les organes de la vie et de l'odorat, ne sont pas les mêmes que ceux qui président à la sensation de couleur et à celle d'odeur. Ces sensations n'ont lieu qu'au moyen des nerfs optique et olfactif. »

» Le nerf ganglionaire possède la sensibilité. Il exerce une influence motrice^ mais involontaire , syf \hs parties auxquelles il se distribue. Dire, ooioitRe on Fa tedt long- temps, que ce nerf

468 AAPPOHTS GilfÉRAUX

est destiné au système organique des viscères, tandis que les nerfs cérébro-spinaux foumis»|||t le système de la vie animale, et ajouter qu'il a pour destination d'unir les nerfs le^* ^iis avec les autres en un tout harmonique, qu'il est la cause des sympathies, c'est émettre, d^^rassertions bien peu satisfaisantes. Il a une conopQsition analogue à celle des nerfd eérébro-spinatix. Il contient des fibres motrices , des fibres sensorielles , et d'organiques. Ces dernières seules sont destinées aux actes nutritifs et se rapportent d'une manière spéciale aux ganglions. Il est probable que les ganglions prennent aussi part, aux mouvements involon* taires. » •

y. Mécanique du principe nerveua:. L'auteur entend par-là l'ensemble des lois suivant lesquelles la propagation de l'effet a lieu dans les nerfs , ou, en d'autres termes , la théorie des mouvements du principe nerveux. « On ignore encore si, quand les nerfs agissent, une matière impondérable les parcourt avec une vitesse incalculable , alors piéipe qu'après leur section elle vient à y être dégs^e par un irritant quelconcpie ; ou si l'action du^'prineipe nerveux ne consiste qu'en une oscillation d'un principe impondérable déjà existant dans les nerfs, et que le cerveau ou une irritation quelconque fait vibrer. »

<( Lorsque l'on compare entre elles les diverses parties du systèpie nerveux, on voit que les unes jouent le rôle de conducteurs , et les aiutres celui de moteurs dû principe nerveux. Les*cot\ducteurs sont les nerfs, les ihoteurs^ sont les ov^aines cen-

tramx. Cependant les nerfs ne se montrent pas simples conducteurs : quand on les a séparés du cerveau , ils sont pendant quelque temps moteurs et conducteurs à la fois, mais peu à peu ils per* dent cette double focuîté..,. »

« Aucune des tentatives qui ont été faites pour mesurer la rapidité de Faction nerveuse ne repose sur un€ base expérimentale solide. Il paraîtrait qu'elle varie suivant les organes et les individus. ^ (T. I, p. 144 et s.)

« La foirce motrice n'agit dans les nerfs que suivant la direction des fibres primitives qui se rendent aux muscles, ou suivant celle dans laquelle les nerfs se ramifient, et jamais en sens inverse. »

« L'irritation mécanique ou galvanique d'une partie d'un tronc nerveux ne met point en jeu la force motrice du tronc entier, mais seulement celle de la partie qui reçoit l'irritation. »

a Un nerf rachidien qui entre dans un plexus , et qui contribue avec d'autres nerfs rachidiens à la formation d'un ^ros tronc nerveux^ communique sa force motrice non pas au tronc tout entier , mais seulement aux fibres par lesquelles il se continue depuis le tronc jusque dans les^branches. »

L'auteur appelle mouvements associés « des mouvements musculaires qui ont lieu contre la volonté, en même temps que d'aatres sont provoqués par elle. Tous ces mouvements ont leur origine dans le cerveau. y>

<L Pour qu'une sensation soit possible, il faut qu'un nerf tienne encore au cerveau (que l'auteur appelle l'origine de la conscience), soit immé-

470 HÀPPORTS GÉIfiRAVX

diatement, soit médiatement par la moelle épinière. »

« Lorsqu'un tronc nerveux est 'irrité, toutes les parties. qui en reçoivent des branches ont le sentiment de l'irritation 9 et- l'effet est alors le même que si les dernières ramification!^ de ce nerf avaient été irritées toutes à la fois. »

<< L'irritation d'une branché de nerf est accompagnée d'une sensation bornée aux parties qui reçoivent des filets de cette branche, et non d'une sensation dans les branches qui émanent' plus haut, soit du même tronc nerveux, soit du même plexus. »

« Lorsqu'une partie reçoit , par le moyen d'une anastomose, des nerfs différents, mais de même espèce, après la paralysie d'un de ces nerfs, l'autre ne peut pas entretenir la sensibilité da la partie entière , et le« nombre des points qui demeurent $en9ibles correspond à celui des fibres primitives demeurées intactes. »

« Des parties différentes de l'épaisseur d'un narf sensitif produisent, quand on les irrite, les mêmes sensations 'que si des ramifications terminales différentes de « ces parties du tronc venaient à être irritées. »

« Les sensations des fibres nerveuses les plus déliées sont isolées comme celles dés troncs nerveux; et elles ne se mêlent point entre elles, dçpuis les parties extérieures jusqu'au cerveau. »

» Quoique la sensation semble avoir lieu dans les parties externes lorsque Ton comprime un tronc nerveux, cependant une forte compression

DU PHT8IQUB BT DU MOBAL. 471

de ce dernier parait être sentie en même temps dans le lieu où elle s'exerce. »

« Lorsque le sentiment est complètement paralysé dans les parties extérieures » par le fait de la compression ou d'une section, le tronc du nerf peut encore, dès qu'il vient à être irrité, éprouver des sensations qui semblent avoir lieu dans les parties extérieures auxquelles il aboutissait. D'où la théorie, confirmée par l'expérience, conclut que la section des nerfs n'est généralçment d'aucune utilité dans les névralgies. »

<3c Lorsque le tnembre dans lequel se répand un tronc nerveux > a été enlevé par une amputation, ce tronc, attendu qu'il renferme l'ensemble de toutes les fibres primitives raccourcies, peut avoir les mêmes sensations que si le membre amputé existait encore, et cet état persiste pendant toute la vie.» (P. 173-177.)

« De même que la situation relative des fibres primitives dans le lieu de leur origine au cerveau et à la moelle épinière , où elles déterminent des sensations, ne subit aucun changement lorsque leur situation relative à leurs extrémités périphériques change , de même les sensations d'emplacement que procurent les fibre^ dépendent de l'ordre dans lequel celles-ci naissent, et non de la situation relative qu'affecte leur extrémité périphérique. y>

« Il arrive quelquefois qu'une sensation en excite une autre. C'est ce que l'auteur appelle des sensations associées. Il explique ce fait par l'irradiation de la sensation consécutive à celle de

rirritation dans la moelle épinière ou dans le cerveau. » (T. i,p. 179-184.)

Il y a aussi des sensations mélangées ou coïncidentes (p. 184). La précision et la netteté des sensations paraissent dépendre du nombre des fibres primitives qui se répandent dans une partie : plus ces fibres sont rares dans un organe , plus les impressions , reçues par des parties diverses , mais voisines, tendent à n^agir que sur une seule fibre primitive , et plus il doit être facile de confondre les unes avec les autres les impressions faites par divers points de la peau. (P. 184-188.) — Un exemple de la coïncidence et de Tidentification des sensations, suivant Fauteur, c'est celui de la vision unique avec deux yeux. L'explication de ce phénomène est celle de Newton, de Wollaston, et de Reid.

M. Millier appelle mouvements de réflexion ceux qui succèdent aux sensations. Il ne les attribue point à un conflit entre les fibres sensitives et les fibres motrices, mais à la réaction de l'excitation sensorielle reçue par le cerveau et la moelle épinière sur des fibres motrices : la moelle épinière est ici l'intermédiaire entre l'excitation sensorielle ou centripète, et l'excitation motrice ou centrifuge ; mais il y a beaucoup de cas où l'irritation locale des nerfs se borne à provoquer des convulsions partielles qui ne peuvent pas toujours être expliquées par la moelle épinière comme intermédiaire entre les fibres sensorielles et les fibres motrices (v. ces cas, p. 199-206). Dans un grand nombre de cas, la sensation prend part aux mou-

BtJ PHTSIQUB ET DU MORAL. 473

vements réfléchis , par exemple dans roeclusion des paupières sous l'influence d'une vive lumière ; mais si l'on fait attention que toutes les parties d'une salamandre terrestre qui renferment encore un peu de moelle épinière, montrent des mouvements réfléchis, il devient difficile de considérer le fait comme étant susceptible d'une ap-» plieation générale.

a II n'est pas prouvé que l'action des fibres sen* sitives soit purement centripète , et celle des fibres motrices exclusivement centrifuge. Mais on sait, en tous cas , que les muscles n'ont point de con* tractilité sans le concours des nerfs, et que les fibres sensorielles ne procurent des sensations que quand leur communication avec la jnoelle épinière et le cerveau est intacte. »

^ Nos connaissances à l'égard de la mécanique du nerf grand sympathique sont encore extrêmement incomplètes : c'est à peine si la physiologie s'est élevée sous ce rapport jusqu'à imaginer quelques hypothèses dont aucune ne saurait être ni démontrée, ni définitivement renversée. » L'au* teur présente ensuite comme un programme de questions à résoudre sur la mécanique de ce nerf. (P. 226.)

« Mais si l'on ne connaît pas la loi de $on action, l'on en connaît un grand nombre d'effets, soit sous le rapport du mouvement, soit sous celui de la sensibilité , soit enfin sous celui de l'organisation ou de la nutrition. »

A — a) « Aucune des parties soumises au nerf

474 RAPPOfiTS GÉNÉRAUX

grand sympathique n'est susceptible de mouvements volontaires.

6) Les parties auxquelles le nerf grand sympathique distribue ses filets, continuent encore de se mouvoir, mais à un plus faible degré, lorsqu'on a détruit leurs connexions naturelles avec le reste du sympathique , et qu'elles ont été séparées de l'organisme.

•c) De là vient que toutes les parties mobiles auxquelles se rend le nerf grand sympathique sont indépendantes jusqu'à un certain point du cerveau et de la moelle épinière.

d) Cependant les t)rgan:es centraux du système nerveux exercent une influence active sur le nerf grand sympathique et sur la puissance motrice.

e) D'après les expériences de Wilson Philip, ce ne sont pas seulement telles ou telles parties du cerveau et de la moelle épinière qui influent sur telles ou telles parties du système sympathique et des organes placés sous sa dépendance, comme le cœur entre autres; mais le cerveau en totalité et toute la moelle épinière, ou une portion quelconque de celle-ci , peuvent modifier les mouvements du cœur.

j^) Les contractions que déterminent dans les organes qui dépendent du grand sympathique les irritations de ces organes eux-mêmes ou de leurs nerfs , ne sont pas passagères et momentanées : ce sont ou des contractions qui persistent pendant un certain laps de temps, ou des modifications prolongées des mouvements rhythmiques ordi-

Haires : de sorte qu'ici la réaction l'emporte de beaucou|> en durée sur l'irritation.

g) La cause première des mouvements involon* taires et de leur type n'est ni dans le cerveau, ni dans la moelle épinière , mais dans le nerf grand sympathique; et ces mouvements conservent leur caractère , sans l'influence des ganglions» et même lorsque le nerf sympathique appartenant à un organe a été détruit jusqu'aux branches qui se distribuent à ce dernier, et dont le conflit avec les fibres musculaires parait suffire , à lui seul ; pour les entretenir.

h) Quelque certain qu'il soit que les ramifica-* tiens (extrêmes et les plus petites du nerf grand sympathique peuvent encore régler les mouvements des parties* non soumises à l'empire de la. volonté 9 cependant, non-seulement le cerveau et la moelle épinière r mais encore les ganglions euxmêmes, quand ils sont irrités, exercent la plus puissante influence sur le mode de ces mouvements , tant que les organes sont liés avec eux par des nerfs^. Le cerveau et la moelle épinière doivent aussi être considérés comme la source de l'actir vite du nerf grand sympathique , sans laquelle cette activité s'épuiserait bientôt.

i) Des faits qui ont été exposés jusqu'ici,.il suit que le nerf grand sympathique peut en quelque sorte être chaîné par les parties centrales du système nerveux , le cerveau et la moelle épinière , comme sources du principe nerveux; mais qu'ayant une fois reçu cette charge, il la conserve et la laisse écouler à sa manière accoutumée» alors

même que Fafflux du principe nerveux vers luf diminue, et ne se renouvelle avec force qu'au bout d^n certain laps de temps. Ceci explique une partie des phénomènes du sommeil.

j) L'application locale des narcotiques sur le grand sympathique ne détermine pas le narcotisme au loin dans les organes dont le mouvement n'obéit point à la volonté; mais ces organes peuvent être paralysés par la narcotisation des derniers filets du grand sympathique qui se distribuent dans leur intérieur.

k) Les lois des mouvements réfléchis, établies; précédemment à ^occasion des nerfs cérébro-spinaux, s'appliquent aussi aux nerfs sympathiques: c'est-à-dire que de vives impressions sensorielles daiis les parties auxquelles se rendeiit des fibres du nerf grand sympathique peuvent,, en ^ propageant à la moelle épinière, provoquer dès mouvements dans les parties qui reçoivent leurs ûerfs du système cérébro-spinal.

/) Les impressions sensorielles reçues par les parties dans lesquelles se distribue le nerf grand sympathique , se réfléchissent aussi sur la moelle épinière et le cerveau, puis de là sur l'aetivité motrice du nerf sympathique lui-même, tout comme il arrive pour les nei*fs cérébro-spinaux, mais à un moindre degré.

m) Il arrive nsset fréquemment aussi que des effets qui partent des nerfs cérébro-spinaux, et se propagent jusqu'à la moelle épinière, sont réfléchis de celle-ci sur le grand sympathique.

n) On ne peut pas encore répondre d'une ma-

hV PHYSIQUE £T DU MORAL. 477

nière précise à la question suivaDte ; Des phénomènes de réflexion peuventrils avoir lieu dans le nerf sympathique lui-^méme» au inoyen des ganglions, et indépendamment du cerveau et de la moelle épinière?

o)On ignore encore complètement si le nerf grand sympathique peut, à Foccasion de Tirritation d'un organe, déterminer des mouvements S3rmpatfaiques dans un autre organe.

p) Il n^est pas prouvé , et plusieurs observations empêchent de l'admettre , que les ganglions agissent comme isolants,! et arrêtent Finfluence motrice qui part du cerveau et de la moelle épinière.

g) Il n'est pas eneore' constaté que le défaut d'influence de la volonté sur les parties auxquelles se rend le nerf grand Sympathique, dépende de la nature des ganglions.

r) Il parait que , dans certaines parties dépendantes à la fois du nerf grand sympathique et des nerfs spinaux, l'influence de la volonté ne se fait sentir qu'à la suite d'une impression sensorielle ou centripète prolongée.

s) Certaines parties soumises au grand sympathique ne sant soaceptibles , il est vrai, que de mouvements involontaires ; mais elles se meuvent néanmoins par association lorsque d'autres parties placées sous l'empire de la volonté viennent à se mouvoir ; de sorte qu'une certaine influence motrice volontaire leur est transmise contre le vœu dé la volonté, absolument comme il y a des parties soumises à la volonté qui, malgré^nous, se meuvent eiv même temps que d'autres.

478 EAPPORTS GÉnéRAUX

t) Le mouvement des organes môtiles auxquels se distribue le grand sympathique, a un type péristaltique. Il suit une certaine direction; et les causes de cette marche résident non - seulement dans le cerveau et la moelle épinière, mais encore dans les nerfs des organes eux-mêmes.

B — a) Les sensations sont faibles , obscures et non circonscrites dans les parties auxquelles le nerf grand sympathique se distribue; elles ne deviennent plus nettes et plus précises que quand les irritations ont de l'intensité.

b) Les impressions sensitives qui ont lieu dans le nerf grand sympathique parviennent rarement à la conscience, quoiqu'elles arrivent à la moelle épînière.

c) Dans les mouvements réfléchis que suscitent les impressions sensitives du grand sympathique, cette impression n'arrive généralement point à la conscience, qui est, au contraire, toujours informée des impressions sensitives éprouvées par des nerfs cérébro-spinaux, lesquels donnent lieu à des mouvements réfléchis.

d) Les ganglions du nerf grand sympathique n'empêchent pas les effets centripètes de ce nerf de se transmettre à la moelle épinière; ils ne jouent point le rôle d'isolants à leur égard. ■.

é) Les ganglions ne peuvent donc pas être la cause qui empêche les irritations du nerf grand sympathique d'arriver à la conscience.

/) Il est des cas où de violentes irritations dans les parties auxquelles aboutit le grand sympathique déterminent des sensations dans ces parties elles-

mêmes: il en est d'autres où, rirrltation étant plus faible, les sensations sont vagues dans les parties affectées, mais accompagnées de sensations bien distinctes dans d'autres parties pourvues de nerfs cérébro-spinaux.

g) Ces sensations secondaires dans des nerfs cerébro-rachidiens, après des irritations du grand sympathique, se manifestent surtout aux parties terminales des appareils affectés. Ainsi, les vers de l'intestin grêle causent des démangeaisons âu nez; ceux du gros intestin , du prurit à l'anus ; les maladies des reins et des voies urinaires, des démangeaisons et des douleurs au gland*

A) Il n'est pas prouvé que les ganglions jouissent du pouvoir réfléchissant dans les sensations sympathiques, et plusieurs faits annoncent qu'ils ne le possèdent pojfiit.

C-r-a) Lorsqu'après des sensations il survient, par réflexion, des sécrétions dans des parties éloignées, le cerveau et la moelle épinière servent probablement d'intermédiaire.

b) Les différentes parties d'une membrane . .secrétoire sont en consensus les unes avec les autres, de manière que l'état d'un point de. cette membrane exerce de Tinfluence sur l'état de toute son étendue. Dans ce cas, il est plus simple d'expliquer les phénomènes par une communication en^ tre les fibres organiques.

c) Quelquefois l'état végétatif d'un organe, son inflammation, sa sécrétion, agit de manière à appeler l'inflammation, la sécrétion dans d'autres parties. Ce cas nous offre un exemple de la ré-

480 RÀPPOfiTS GiNÉRÀUX

flexion des fibres oi^aniques d'une partie sur les fibres organiques d'une autre partie, sans le concours des nerfs cérébro*rachidiens.

d) Les ganglions paraissent être les parties centrales d'où l'influence végétative s'écoule vers les diverses régions du corps.

e) Cette influence irradiante des ganglions parait être 9 jusqu'à un certain point, indépendante du cerveau et de la moelle épinière.

f) Cependant le cerveau et la moelle épinière semblent être la source principale à laquelle le système nerveux organique puise aussi ses moyens de réparation, puisque certaines paralysies cérébrales et rachidiennes sont accompagnées d'atrophie. »

Yh Des sympathies. « Le grand sympathique ne joue plus qu'un bien faible rôle dans la théorie des sympathies, en comparaison dfe celui qu'on lui attribuait autrefois. Les phénomènes de l'irradiation et de la coïncidence des sensations, ceux de l'association des mouvements, et ceux de la réflexion, n'ont point lieu par son intermédiaire; et cependant ils embrassent la plus grande partie des phénomènes de sympathie qu'on plaçait , naguère encore , sous son influence. »

<k La fine anatomie fait voir que, quoique le grand sympathique s'unisse avec les nerfs cérébraux et rachidiens, ce n'est point là une preuve absolue qu'il y ait une liaison physiologique entre les deux parties périphériques de ces deux classes de nerfs».

4 II y a des sympathies : 1^ entre les diverses parties d'un même tissu, c'est même une espèce des

DU PHYSIQUE Et DU MORll. 48l

plus fréquentes; elle se rencontre donc dans le tissu cellulaire, dans la peau» dans les membranes muqueuses, dans les membranes séreuses, dans le système fibreux, dans le tissu osseux et le tissu cartilagineux, dans le tissu musculaire , dans le système lymphatique, dans les vaisseaux sanguins, dans le tissu glandulaire ; 2^ entre les tissus différents, par exemple entre la peau et les membranes muqueuses et les séreuses; entre le tissu glandulaire et les membranes muqueuses; entre les membranes muqueuses et les séreuses; entre les membranes fibreuses, la membrane médullaire des os, et les tissus osseux et cartilagineux; 3^ entre des tissus et dès organes entiers; 4^ entre des organes entiers ; 5^ entre les nerfs , telles que les sympathies entre des* nerfs et les parties centrales du système nerveux; les nerfs du mouvement et ceux du sentiment, des nerfs pairs > des nerfs moteurs entre eux, des nerfs sensitifs.»

VII. Propriétés de chaque espèce de nerfs en par^ ticulier. «Une même cause, telle que Félectricité , peut agir sur tous les organes des sens à la fois : tous ont de la réceptivité pour elle ; et cependant chaque nerf sensoriel la sent d'une manière particulière. Elle fait que Tun voit de la lumière, iq[u*un autre entend un son , qu'un troisième sent une odeur, qu'un quatrième éprouve une saveur, qu'un cinquième ressent de la douleur et une secousse. Ce qui a fait dire à quelques physiologistes qu'un nerf sensoriel n'est point un conducteur passif, et que chaque nerf d'un organe spécial des sens possède certaines forces ou qualités inaliénables^

482 RAPPOETS GÉNiRÀUX

que les causes de sensations ne font qu'exciter et rendre apparentes ou pfaénoménaliser. La sensation est donc la transmission à la conscience, non d'une . qualité ou d'un état des corps extérieurs, mais d'une qualité ou d'un état de nos nerfs, état auquel donne lieu une cause extérieure. Nous ne sentons pas le couteau qui nous cause de la douleur, mais l'état douloureux de nos nerfs. L'oscillation, peut-être mécanique, de la lumière, n'est point en elle-même une sensation de lumière ; les vibrations des corps ne sont point, par elles-mêmes, des sons , etc. Ainsi , c'est uniquement par les états que des causes extérieures suscitent dans nos nerfs, que juous entrons en rapport avec le monde du dehors, quant aux sensations.»

. « Les nerfs non sensoriels sont : les nerfs oculaires, le nerf trijumeau, le nerf facial, le glossopharyngien, le vague, l'accessoire de Willîs, le grand hypoglosse, le grand sympathique. Quelques - uns contiennent cependant des fibres sensitives.»

VIII. Parties centrales du système nerveux. « C'est dans les organes centraux du système nerveux que s'exerce l'activité réunie de toutes les fonctions nerveuses, soit en dehors de la domination de l'ame, soit sous l'empire de cette dernière. Ce sont ces organes qui réunissent tous les nerfs ou conducteurs en un seul tout. En leur qualité d'exLcitateurs, ils sollicitent, tantôt d'une manière automatique, continue ou intermittente, tantôt d'après des déterminations volontaires émanées du sensorium commune, les nerfs moteurs à agir pour pro-

BU PHYSIQUB ET DU UORÀL. 483

voquer le mouvement des muscles. Dans certains cas, ils réfléchissent les effets des nerfs sensitifs sur les nerfs moteurs, sans que la conscience en soit informée; et dans d'autres, ils en avertissent la conscience du semorium commune. Ils maintiennent l'intégrité des effets nerveux organiques, produisent et reproduisent continuellement le principe nerveux, enfin ont seuls le pouvoir de rendre durables l'activité et l'irritabilité des nerfs. »

« Les organes centraux réunissent tous les nerfs. Ils jouent le rôle d'excitateurs à l'égard des nerfs moteurs, qui conduisent aux muscles la décharge motrice du principe nerveux. Cette activité motrice se manifeste ou par une irradiation continue, ou par des mouvements rhythmiques, ou par des décharges qui partent du sensorium commune soumis aux actions spontanées de l'ame — Les organes centraux ressentent les effets des nerfs sensitifs, et tantôt les reversent , sans que la conscience en soit instruite, sur les origines des nerfs moteurs, ce qui donne lieu à des mouvements réfléchis; tantôt les transmettent au sensorium commune, de manière que la conscience en soit informée — Ils maintiennent dans son intégrité l'énergie des effets nerveux organiques. — Ils produisent et reproduisent le principe nerveux.»

a) « La moelle épinière est conductrice du principe nerveux ou de ses oscillations. — Elle fait partie des organes centraux. — Elle possède la faculté de réfléchir sur les nerfs moteurs les irritations sensorielles de ses nerfs sensitifs. — Elle est susceptible de réfléchir une action des nerfs sensitifs sur

ASi HIPPOATS GÉl^EaAUX

les nerfs moteurs, sans sentir elle-même (p. 362). — Elle forme un appareil chargé de force motrice, qui, même après avoir été séparé du cerveau, peut, sans excitation du dehors, déterminer des mouvements automatiques, par le seul fait de sa dé^ charge. — Quoique apte à produire des effets automatiques sur les nerfs du mouvement, elle les laisse cependant la plupart en repos dans Tétat de santé, surtout ceux de la locomotion ; mais elle exerce une influence motrice continuelle sur beaucoup d'autres , et tient les muscles auxquels ils se distribuent dans un état non interrompu de contraction involontaire, qui ne cesse que quand elle tombe en paralysie. — Les parties de la moelle épinière ont une grande aptitude à se communiquer réciproquement leurs états. Cette particularité établit entre elle et les nerfs une différence bien prononcée — Quand elle est atteinte d'une grande irritation, par exemple sous Tinfluence des narcotiques, elle participe tout entière à cet état, et opère des décharges continuelles vers tous les muscles soumis à la volonté. — Les mouvements spasmodiques provoqués par des poisons narcotiques ont leur cause dans la moelle épinière, et non dans les nerfs. — La moelle épinière est la cause de l'énergie de nos mouvements. — Elle est la cause de la puissance et de la tension sexuelle. L^exercice du penchant à la reproduction est régi par elle, etc.

b) Toutes les parties du cerveau ne marchent pas , dans le règne animal , d'un pas égal avec le développement des facultés intellectuelles (p 381).

DU PHTSIQUB. BT DU MORAL. 485

Les nerfs» une fois séparés du cerveau» sont soustraits à l'influence de la volonté» et ranimai n'a plus conscience de leurs états. — Tout trouble lent ou soudain des fonctions du cerveau» change aussi les aptitudes intellectuelles.

— On ne peut pas nier les rapports entre les viscères et les passions ; mais tout ce qui les concerne est encore enveloppé d'une grande obscurité.

Uame» bien qu'elle n'agisse que dans le cerveau, n'est pas entièrement bornée à cet organe. Ce qui le prouve » entre autres faits , c'est que les animaux inférieurs sont divisibles» et l'ame avec eux ( p. 388 et suiv. Il faut voir et discuter tout ce chapitre).

Que Tame soit une émanation du principe vital» ou qu'elle tienne à un principe indépendant lié à la vie» les phénomènes de la vie morale sont attachés d'une manière absolue à l'organisation du cerveau; sans l'intégrité de cette structure fibreuse si complexe , il n'y a point d'action de l'ame sur les organes vivants des corps. En d'autres termes» l'ame n'apparaît point dans ces derniers organes» mais elle peut y être latente» de même que la source existe» mais à l'état latent» dans les liquides procréateurs des animaux. (P. 396 et suiv.)

La moelle alongée met le cerveau en rapport avec la moelle épinière. Elle participe en général aux propriétés de la moelle épinière. Elle se distingue de toutes les autres parties des organes centraux» en ce que : V elle est la source de tous les mouvements respiratoires ; 2^ elle est le siège de l'influence de la volonté et de la sensibilité.

486 EÂPPOETS GÉNEBAUX

En supprimant le cervelet par couches succès-* sives, on remarque que Fablation des premières couches est suivie d'un peu de faiblesse et de désharmonie dans les mouvements; à l'enlèvement des couches moyennes, une agitation presque générale , mais sans convulsions, se manifestait; au retranchement des couches inférieures et dernières, l'animal perd la faculté de sentir, de voler, de marcher, de rester debout, de se tenir en équilibre. Placé sur le dos, il ne sait plus se relever, il s'agite follement et presque continuellement, sans donner une marque de stupeur; il voit le coup qui le menace, veut l'éviter, mais ne le peut pas. Donc la volonté, le sentiment et la conscience persistent (p. 409)1 — L'hypothèse de Gall, que le cervelet est l'organe central de l'instinct de la propagation, ne repose point sur des faits certains. (P. 411).

La gradation dans le développement des hémisphères cérébraux jusqu'à l'homme, et la coïncidence de leur atrophie ou de l'absence de leurs circonvolutions avec l'idiotisme, démontrent déjà que c'est dans cette portion de l'encéphale qu'il faut chercher le siège des facultés supérieures de l'ame. (Voir, pour la preuve, p. 413 etsuiv.) C'est là, diton, que les sensations, non -seulement arrivent à la conscience, mais encore sont transformées en idées (p. 415 et suiv,). — Il parait que l'un des hémisphères peut suppléer l'autre dans les fonctions intellectuelles (p. 418). — Les usages de la glande pituitaire et de la glande pinéale sont encore totalement inconnus.

La mécanique du cerveau et de la moelle épi-

nière est encore couverte d'obscurité. » (P. 421, 434.)

IX. Des mouvements. « Les fibres musculaires ne sont pas les seules qui soient susceptibles de contraction, et par j conséquent capables d'occasion ner le mouvement (p. 435, 441). On distingue une autre espèce de mouvement, appelé vibratile ou oscillatoire , et qui a lieu à la peau , dans le système respiratoire^ dans le canal intestinal , dans les cavités nasales , dans les organes génitaux et urinaires. Cette espèce de mouvement ne s'aperçoit, chez la plupart des animaux, qu'à l'aide d'un fort grossissement. — Il dure après la mort, autant au moins que l'irritabilité persiste dans les parties animales, et souvent bien plus long -temps — Il n'est pas placé sous la dépendance immédiate du système nerveux. (P. 456.)

La contractilité est l'énergie essentielle du muscle, consécutive à l'irritabilité. Elle se manifeste encore quelque temps après la mort, quand on irrite les muscles ou les nerfs qui leur appartiennent.

La contractilité tient par les liens les plus intimes à deux influences diverses, celle du sang et celle des nerfs.

Les mouvements musculaires se distinguent en volontaires et en involontaires.

Le mouvement automatique des muscles orga* niques dépend d'abord, comme tout mouvement volontaire, de l'impulsion du principe nerveux. La cause durhythme de ce mouvement n'est pas dans la nature des fibres musculaires, mais dans celle

T. I. Si

du système nerveux appartenant en propre aux muscles organiques. Le ganglion cœliaque peut, quand il est irrité , déterminer les mouvements péristaltiques de Tintestin. La nature ganglionnaire du grand sympathique parait se continuer sur toutes les ramifications de ce nerf, et Taptitude de l'intestin aux mouvements péristaltiques persiste alors même que cet organe a été détaché du mésentère. Donc les filets du grand sympathique qui se distribuent au canal intestinal lui-même, ont encore le pouvoir de provoquer des mouvements périodiques. Ce qui est vrai des mouvements pérfstaltiques deFintestin, l'est aussi des mouvements rhythmiques du cœur : le premier mouvement d'un cœur^ quand il est encore réduit à la simple condition d'un sac , est péristaltique. Il parait donc que l'aptitude du grand sympathique à déterminer des mouvements périodiques, appartient non -seulement à ses gros ganglions, mais encore à ses moindres parties, qui se distribuent dans l'intérieur des organes : ce qui explique pourquoi le cœiir , le canal intestinal, l'ovaire de la tortue, continuent d'avoir un rhythtne déterminé de mouvement après qu'on les a séparés du corps. . . . L'action automatique des muscles est ou intermittente ou continue.

Les mouvements qui dépendent de l'état de î'ame sont de trois sortes, suivant qu'ils sont la conséquence d'idées, de passions, ou de déterminations de la volonté.

Les nerfs du système animal, les cérébraux et les rachidiens^ sont seuls capables d'exciter les

mouvements volontaires. On ne sait pas comment il arrive que les origines centrales des fibres nerveuses entrent en action lorsque la volonté pro^ nonce ses déterminations dans la moelle alongée ; comment il se fait que des courants ou des oscil^ latiotts s'établissent instantanément en elles. La solution de ce problème sera peut-être toujours impossible. (P. 572.)

Les mouvements volontaires sont simples eu complexes y suivant qu'ils appartiennent à un ou à plusieurs muscles. Les mouvements complexes se composent ou de séries simultanées de mouve<^ ments, ou d'association de mouvements.

Les mouveinents instinctifs sont aussi volontaires. La cause finale de Tinstinct ne réside pas dans un organe particulier; elle ne fait qu'un avec la force de Toi^anisation agissant d'après une loi nécessaire et un principe raisonnable. Cependant c'est dans le sensorium que les effets de cette force se révèlent d'abord. Cuvier dit que les ani-maux» en exécutant leurs actions instinctives, obéissent à une idée innée qui les poursuit comme

un songe L'intérieur et l'extérieur de Fanî-

mal dépendant de la même cause finale, la forme de l'animal correspond parfaitement à ses penchants; il ne veut rien que ce qu'il peut exécuter au moyen de ses organes , et ses organes ne le sollicitent à rien dont il n'éprouve le penchant (P. 594 et suiv.)

Une sorte d'harmonie préétablie parait avoir lieu entre certaines parties des organes centraux du système nerveux et les groupes de muscles,

490 RAPPatlTS GÉNÉRAUX

ainsi que leurs conducteurs nerveux. Gomment expliquer sans cela les mouvements coordonnés de certains animaux après la décapitation? Ainsi, les sangsues qu'on coupe en deux , marchent de ménjie que quand elles étaient entières. La moelle épinière, et surtout le cervelet, dominent Taction coordonnée des muscles pour la locomotion.

Les différents mouvements locomotifs consistent dans la natation, la reptation, la progi*ession, la marche, la course, le saut, le vol. Faction de grimper, de faire le vide pour marcher en sens contraire de la gravitation. Tous ces mouvements s'exécutent par un mécanisme uniforme , qui consiste en ce que certaines parties du corps décrivent des arcs dont les branches s'étendent, après s'être appuyées sur un point fixe. »

X. De la voix et de la parole. « Les observations recueillies sur l'homme vivant, et les expériences faites sur le larynx humain , démontrent que la voix se produit dans la glotte même, ni au-dessus ni au-dessous. L'organe vocal de l'homme est une anche à deux lèvres membraneuses.

Les sons que l'organe de la voix est apte à produire peuvent se succéder ou d'une manière monotone, ou en montant et en baissant sans intervalles , ou par les intervalles admis en musique. Le rhythme est commun à la musique et à la poésie.

L'étendue de la voix d'un individu est de une, deux ou trois octaves.

La principale différence entré les voix d'hom-

DU PHYSIQtB £T DU MORAL. 491

mes et de femmes est généralement celle qui tient à l'élévation.

On distingue les sons de la voix en sons de poi^ trine, et en sons de tête ou de fausset.

Le timbre de la voix est ce qui la fait distinguer comme individuelle.

On peut distinguer les consonnes en deux ordres physiologiques, suivant qu'elles sont soutenues ou qu'elles sont explosives.

Les premières sont A, m, n,-.n3f, /*, ch,.sch,s, r ,L

On peut les ranger en trois classes : 1® les consonnes soutenues orales, dont l'émission exige que le canal oral soit entièrement ouvert (Ji); 2^ les consonnes soutenues nasales, dont l'émission exige que le canal nasal soit entièrement ouvert (m^ n, ny); 3® les consonnes soutenues orales, dont l'ém^ission exige que certaines parties de la bouche se mettent en opposition les unes avec les autres , comme des espèces de valvules. (/^,. cA , sch, s, r^

L'A manque à la langue italienne; le ch aspiré, le th aspiré, à la française; Tr, à la chinoise; Yl, à la zend.

Les consonnes explosives sont C, y. S", et leurs modifications fortes ^ar, ^t, t.

Dans la parole à haute voix, quelques consonnes restent muettes, c'est-à-dire bornées à de simples bruits , parce qu'elles ne sont pas susceptibles de s'allier à la consonnance de la voix : telles sont les explosives b, d, g, et leurs modifications p, t, k, etc.

492 RAPPORT* GÉKÉB?Ai>X

Le bégaiement tient à une affection spasmodique de la glotte. »

XL Des sens en général « 1® Nous ne pouvons avoir, par l'effet des causes extérieures, aucune manière de sentir, que nous n'ayons également sans ces causes et par la sensation des états de nos nerfs.

2^ Une même cause interne produit des sensations différentes dans les divers sens» en raison de la nature propre à chacun d'eux.

3^ Une même cause externe produit des sensations différentes dans les divers sens , en raison de la nature propre à chacun d'eux.

4^ Les sensations propres à chaque nerf sensoriel peuvent être provoquées à la fois par plusieurs influences internes et externes.

5^ La sensation est la transmission à la con^ science, non pas d'une qualité ou d'un état des corps extérieurs, mais d'une qualité^ d'un état^ d'un nerf sensoriel déterminé par une cause extérieure , et ces qualités varient dans les différents nerfs.

6^ Un nerf sensoriel paraît n'être apte qu'à un mode déterminé de sensations ; un sens ne peut donc point être suppléé par un autre sens.

7® On ignore si les causes des énergies diverses des nerfs sensoriels résident en eux*mémes,ou dans les parties du cerveau et de la moelle épinière auxquelles ces nerfs aboutissent ; mais ce qu'il y a de certain, c'est que les parties centrales des nerfs sensoriels, leurs parties cérébrales, sont susceptibles d'éprouver, indépendamment des cordons

cni conducteurs nerveux, les sensations déterminées propres à chaque sens.

8^ Les nerfs sensoriels ne sentent immédiatement que leurs propres états, ou le sensorium sent les états des nerfs sensoriels. Mais comme ces derniers, en leur qualité de corps, participent au^ propriétés d'autres corps , comme ils occupent de rétendue dans l'espace, qu'un ébranlement peut leur être communiqué, et qu'ils sont susceptibles d^éprouver des changements chimiques de la part de la chaleur çt de l'électricité, il suit de là que, quand ils viennent à être modifiés par des cause» extérieures, ils indiquent au sensorium non -seulement leur état propre, mais encore les qualités et les changements du monde extérieur, et cela d^une manière propre à chaque sens, en raison des qualités ou des énergies sensorielles.

9^ II n'est pas dans la nature même des nerfs de placer actuellement hors d'eux le contenu de leurs sensations : l'imagination, instruite par l'expérience qui accompagne nos sensations , est la cause de ce déplacement.

1 0^ Non-seulement l'ame reçoit le contenu des sensations acquises par les sens , et les interprète de manière à produire des représentations ou des idées ; mais encore elle a de l'influence sur ce contenu , en donnant plus de précision et de netteté à la sensation. Cette intention peut s'isoler, pour les sens qui distinguent l'étendue, aux diverses parties de l'organe sensible; et pour ceux qui distinguent le temps, aux divers actes de la sensa-

tion. Elle peut aussi faire acquérir à un sens la prépondérance sur les autres. »

Page 1