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XII. Des différents sens en particulier

V De f odorat <c Le principe qui préside à la formation et aux modifications de Forgane de l'odorat, est la multiplicité des surfaces olfactives dans un petit espace.

Les animaux n'ont pas tous la même aptitude à sentir les odeurs.

La fétidité est pour l'odorat ce que la douleur est pour le toucher, la dissonance pour l'ouïe, etc.

On ignore si certaines odeurs contrastent ensemble comme il arrive aux couleurs et aux sons, s'il y a aussi des consqnnances et des dissonances à cet égard ; mais la chose est très - probable , et d'autant plus qu'elle a certainement lieu pour le goût.

Les odeurs subjectives (sans substances au dehors qui les occasionent) sont peu connues encore.

Nul sens n'a des rapports plus intimes que l'odorat et le goût avec les actes instinctifs de l'économie animale.

2® Du goût Parmi les impondérables, il n'y a que l'électricité qui fasse naître la sensation d'une saveur.

Les substances insolubles n'ont d'action que sur la sensibilité tactile de la langue et des autres

parties de la bouche L'humidité de la langue

n'est pas moins nécessaire à l'action intime des substances sapides,que celle de la membrane pituitaire à l'exercice de l'odorat.

Le goût a pour siège la gorge , et surtout la langue Chez Fhomme , Fattouchement du voile du

palais provoque la sensation du dégoût

Indépendamment du goût, la langue a encore un toucher très-fin et très-juste : elle sent le chaud, le froid, le chatouillement, la douleur, la pression, et par-là la forme des surfaces. La faculté tactile peut exister dans la langue, et celle du goût y être abolie, ou réciproquement.

Toutes les substances ne paraissent pas produire la même saveur sur les diverses papilles de la langue.

La dégustation d'une substance change la saveur d'une autre. Il en est ici comme des couleurs, dont l'une exalte la sensation de l'autre qui lui est opposée ou complémentaire.

La répétition fréquente d'une même saveur l'émousse de plus en plus , comme une couleur nous paraît d'autant plus sale que nous la regardons plus long- temps.

Les saveurs subjectives sont encore peu connues.

Les changements du sang paraissent agir sur le goût, tout comme les narcotiques introduits dans ce liquide modifient la vue.

3® De l'ouïe. — a) Les ondes sonores des corps solides, lorsqu'elles sont produites dans l'eau, en reçoivent une plus grande intensité.

6) Les ondes sonores de corps solides se transmettent avec plus de force à d'autres corps solides mis en communication avec ceux-ci, qu'à l'eau; mais la transmission des ondes a bien plus d'in-

4^ RAPPORTS GiNÉRAUX

tensité quand elle s'opère de corps solides à Teau, que quand elle s'accomplit de corps solides à l'air.

c) Les ondes sonores de l'air se transmettent très-difficilement à l'eau, et avec bien plus de difficulté que dans l'air; mais elles se communiquent très* facilement à ce liquide par l'inteimédiaire d'une membrane tendue.

d) Des ondes sonores qui se propagent dans l'eau et qui traversent des corps solides limités, ne se communiquent pas seulement avec force, au corps solide, mais encore résonnent des surfaces de ce corps dans l'eau , de manière que le son dans l'eau, au voisinage du corps solide, est encore trèsintçnse là où il devrait être plus faible d'après la ^eule transmission dans l'eau.

e) Des ondes sonores qui se propagent dans l'eau subissent aussi une réflexion partielle de la part des parois du corps solide.

/')De minces membranes conduisent le son dans l'eau sans affaiblissement, qu'elles soient ou non tendues.

g) Les propositions c,rf, fy expliquent le phéno* mène de la transmission du son chez la plupart des animaux qui vivent dans l'eau et ne respirent point l'air.

h) Des masses d'air résonnent dans l'eau par des ondes sonores, lorsque l'air est renfermé dans des membranes ou des corps solides, et; produisent par-là un renforcement considérable du son.

i) Des membranes remplies d'air résonnent dans l'eau lors même que les ondes sioQor^s soot communiquées à la vessie par des corps solide^.

BU PHYSIQUE*' Ef^ a)V MOBAL. i9lf

j) Il suit de ce qùi':pFécède , que la vessie natatoire des poissons est en même temps un appareil de résonnance pour les ondes sonores qui traversent le corps de Fanimal.

A Animaux aériens privés de caisse du tympan. Les ondes sonores qui passent de Tair dans Feau éprouvent une diminution considérable d'intensité ; mais elles passent avec la plus grande force de Taîr à Peau par l'intermédiaire d'une membrane tendue.

Les ondes sonores se transmettent de l'air à l'eau sans altération notable de leur intensité, alors même que la membrane tendue Intermédiaire se trouve fixée par la plus grande partie de sa surface à un corps solide court, qui seul est en contact avec l'eau.

B Aninuiux aériens dépourvus d'une membrane du ty^npan et d'osselets. Un petit corps solide adapté à une fenêtre par un rebord membraneux qui lui permet une certaine mobilité, transmet les ondes sonores de l'air à l'eau (ou à l'eau du labyrinthe) beaucoup mieux que d'autres parties solides. Mais la transmission devient plus énergique encore lorsque le conducteur solide qui bouche la fenêtre, est fixé au milieu d'une membrane tendue que l'air baigne des deux côtés.

C Tension de la m^embrane du tympan. Une petite membrane conduit moins bien le son quand elle est fortement tendue que lorsqu'elle l'est peu.

Des vibrations qui passent de l'air à une membrane tendue, de celle-ci à des parties solides limitées, librement mobiles, et de ces parties à

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Teau, se communiquent avec beaucoup plus d'intensité au liquide, que des vibrations Jqui passent de Fair à une membrane tendue, puis à de Fair, puis encore à une membrane tendue, et en dernier lieu à de Feau; ou, en appliquant ce théorème à la caisse du tympan, les mêmes ondes aériennes agissent avec beaucoup plus d'intensité sur Feau du labyrinthe après avoir traversé la chaîne des osselets et la fenêtre ovale, qu'après avoir traversé Fair de la cavité tympanique et la membrane de la fenêtre ronde.

Distinguer la direction du son n'est pas un acte de la sensation elle-même, mais un jugement porté d'après Fexpérience acquise.

La sensation du son, comme tel, ne dépend point, en dernière instance, de l'existence des ondes sonores; elle tient à un état du nerf auditif, qui peut bien être excité par des ébranlements, mais qui est possible aussi d'une autre manière.

On cite des exemples d'une double audition. Il y en a de deux sortes, suivant qu'elle a lieu par les deux oreilles ou par une seule.

Les limites de Faudition varient suivant les individus— Celui qui n'a pas Foreille musicale sera toujours un mauvais chanteur.

Les sons subjectifs sont très-fréquents.

Les excitations du nerf auditif peuvent déterminer et des mouvements, et même des sensations dans d'autres sens, par exemple des sensations tactiles.

4^ De la vue. Il n'y a réellement que trois couleurs primitives : le bleu, le rouge, et le jaune. Le

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bleu, mêlé au rouge, donne le violet; le rouge, mêlé au jaune, donne Fprange; le jaune et le bleu donnent le vert.

La grandeur du champ visuel dépend de celle de la rétine : car on ne saurait jamais voir en même temps plus d'images qu'il n'en peut tenir à la fois sur la rétine entière. En ce sens, la rétine, sentie par le sensorium, est le champ visuel luimême.

Nous n'avons pas besoin d'une explication de la vision droite, justement parce que nous voyons tout renversé, notre main comme tout le reste. Rien ne peut être renversé quand rien n'est droit : car les deux idées n'existent que par opposition.

Le jugement que nous portons, d'après la vue, sur la forme des corps, est la suite en partie de la sensation , et en partie de représentations combinées.

La durée des impressions sur la rétine est beaucoup plus longue que celle de l'action de la lumière. C'est d'après ce fait qu'on explique le phénomène du cercle de feu décrit par uii tison.

La vision subjective est fréquente : elle donne des figures arborisées, les pulsations et le mouvement du sang artériel, des. cercles lumineux, des figures électriques, des flamboiements.

M. Millier traite d'une multitude d'autres particularités de la vision.

5^ Du toucher. Les nerfs des sensations tactiles sont les racines postérieures, gahglionnées à leur origine, des nerfs du système vertébral, système

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auquel se rapportent tous les nerfs de la moelle épinière et une partie de ceux du cerveau.

La sensation est bien moindre dans les muscles qu'à la peau.

De tous les sens, le toucher est celui où les sensations subjectives provoquées par des causes internes, sont le plus fréquentes. Elles ont lieu surtout chez les hystériques et les hypochondrîaques. »

Ces résultats scientifiques donnés par M. MiiUer sur le système nerveux, résultats que nous n^avons fait qu'indiquer, en nous restreignant encore au point de vue mixte du physique et de Fanimique, sont quelquefois présentés d'une manière vicieuse, et qui conduirait à l'erreur, si l'on prenait les expressions à la lettre. C'est à tort, par exemple, que Tauteur parle d'impressions sensitives dans le grand sympathique, dont on n'aurait pas conscience; d'impressions sensitives, de nerfs sensitifs en général; du sentiment des nerfs; de nerfs qui conduisent Fimpression, la sensation, qui sont actifs; de sensations qui ne seraient que des états des nerfs; de réflexion des impressions d'un système de nerfs sur un autre, pour produire, par exemple, le mouvement à la suite de la sensibilité; de la divisibilité de Famé chez les animaux inférieurs; d'un principe dont Famé ne serait que le mode ; de la moelle alongée, comme siège de la volonté et de la sensibilité ; des hémisphères cérébraux comme siège des facultés supérieures de Famé, comme rendez-vous des sensations , comme fabrique des idées , etc. Il n'a pas non plus pénétré assez avant

dans la distinction des sensations et des perceptions objectives ou subjectives. Les subjectives ont toujours lieu, suivant lui, par Faction de l'organisme interne ; ce qui est au moins la question. II y a donc là deux degrés de subjectivité très-concevables pour un spiritualiste, et l'auteur n'a parlé que d'un seul, du premier. Il a bien vu, du reste, qu'il n'y a nul rapport d'identité, ni même d'analogie , entre les qualités des choses et les sensations ou perceptions. Mais il définit mal la sensation, et se trompe quand il attribue l'objectivation des causes des sensations et des perceptions à l'imagination. On ne sait trop ce qu'il entend par l'interprétation des sensations, interprétation qui produit les idées. C'est à tort encore qu'il rapporte la notion de temps à certains sens organiques.

En somme, M. Miiller ne semble guère mieux connaître les fonctions intellectuelles que nos physiologistes. C'est comme naturaliste seulement qu'il doit être lu. Bérard nous parait plus philosophe que lui, et avoir porté dans ses observations physiologiques plus d'étendue d'esprit, un point de vue plus large, plus synthétique.

riN DIT PREMIER TOLVMEt

TABLE DES NAUÈRES.

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