‹ Anthropologie spéculative généraleChapitre 14 sur 72 · XVII. Dessin , coloris , éc\^iture · texte numérisé non relu

XVII. Dessin , coloris , éc\^iture

« Tous les mouvements de notre corps reçoivent leurs modifications du tempérament et du caractère : le mouvement du sage n'est pas celui de l'idiot ; le port et la marche diffèrent sensiblement du colérique au flegmatique, du sanguin au mélancolique. «

» Il est étonnant jusqu'à quel point le personnel des artistes reparaît dans leur style et dans leur coloris : tous les peintres , dessinateurs et graveurs qui ont une belle chevelure, excellent presque toujours dans cette partie, et ceux d'entre eux qui portaient autrefois la barbe longue, ne manquaient jamais de présenter dans leurs tableaux des figures ornées d'une barbe vénérable, et de la travailler avec le plus grand soin. Une comparaison réfléchie de plusieurs yeux et de plusieurs mains dessinés par le même maître, pourra souvent faire juger de la couleur des yeux de l'artiste et de la forme de ses mains : van Dick en offre la preuve. Dans tous les ouvrages de Rubens, on voit percer l'esprit de sa physionomie; on y reconnaît son génie vaste et productif, son pinceau hardi et rapide qui ne s'astreignait point à une exactitude

scrupuleuse; on sent qu'il s'attachait de préférence et par goût au coloris des chairs et à l'élégance des draperies. Raphaël se plaisait surtout à perfectionner les contours. La même chaleur et la même simplicité dominent dans tous les tableaux du Titien, le même style passionné dans ceux du Corrège. Pour peu qu'on fasse attention au coloris de Holbein, on ne doute presque pas qu'il n'ait eu le teint d'un brun fort clair. Albert Durer l'avait probablement jaunâtre, et Largillière d'un rouge vermeil. (P. 70.)

» N'est - il pas vrai que la forme et l'extérieur d'une lettre nous font juger souvent si elle a été écrite dans une situation tranquille ou inquiète, à la hâte ou à tête reposée; si son auteur est un homme solide ou léger, un esprit vif ou pesant? La plupart des mains de femmes ne sont-elles pas toujours plus lâches et plus vacillantes que les mains d'hommes?

» Il y a une écriture nationale, tout comme il y a des physionomies nationales, dont chacune retrace quelque chose du caractère de la nation, et dont chacune pourtant diffère de l'autre. Il n'en est pas autrement des écoliers d'un même maître écrivain.

» Une belle écriture suppose nécessairement une certaine justesse d'esprit, et en particulier

l'amour de l'ordre Pour avoir une belle main,

il faut au moins avoir une veine d'énergie, d'industrie, de précision et de goût.

» L'écriture est le critcnum de la régularité, du goût et de la propreté.... Elle est aussi l'indice

dataient, des facultés intellectuelles, et du caractère moral qui en est inséparable.

» Il faut distinguer dans l'écriture la substance et le corps des lettres, leur forme et leur arrondissement, leur hauteur et leur longueur, leur position , leur liaison , l'intervalle qui est entre les lignes, si celles-ci sont droites ou de travers, la netteté de l'écriture , sa légèreté ou sa pesanteur. Si tout cela se trouve dans une parfaite harmonie, il n'est nullement difficile de découvrir quelque chose d'assez précis du caractère fondamental de l'écrivain.

» Il y a souvent une analogie admirable entre le langage , la démarche et l'écriture. »

XVIIJ. De y habillement et de Vameublement.

« Un homme raisonnable se met autrement qu'un fat; une dévote autrement qu'une coquette. On peut distinguer dans l'habillement la propreté et la négligence, la simplicité, la recherche et la magnificence, le bon et le mauvais goût, la présomption et la décence, la modestie et la fausse honte; — la couleur, la coupe, la façon, l'assortiment, etc. (p. 78, 79.) — On peut dire la même chose de l'ameublement. »

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