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II. Deuxième classe des passions

1^ Modestie, pudeur, et leurs contraires. (Porta p. 223, 226, 227.)

2" Dignité, humilité; — bassesse, flatterie, orgueil. (Porta, p. 201, 202, 231, 232, 235.)

3^ Emulation, honneur, gloire, etc.

A° Paix de l'amc; — remords.

5^ Affection, amitié, tendresse; — leurs contraires.

6^ Franchise, droiture; — dissimulation, astuce. (Porta, p. 178,233,234.)

7° Estime, respect, vénération; — leurs contraires. (Porta, p. 201, 231, 238.)

8** Bienveillance, bienfaisance; — malveillance, envie, jalousie, médisance, calomnie. (Porta, p. 239.)

9" Reconnaissance, ingratitude.

10** Pitié, compassion; — dureté, raillerie. (Porta, p. 238.)

11** Oubli des injures, magnanimité; — rancune, vengeance. (Porta, p. 204.)

h' estime, dit Lebrun, ne peut se représenter que par l'attention et par le mouvement des parties du visage, qui semblent être attachées sur l'objet qui cause cette attention : car alors les sourcils paraissent avancés sur les yeux, et pressés du côté du nez; l'autre partie étant un peu élevée, l'œil fort ouvert, et la prunelle dirigée en haut, les veines et les muscles du front paraissent un peu renflés, les narines tirent en bas, les joues sont médiocrement enfoncées à l'endroit des mâchoires, la bouche est entr'ouverte, les coins tirent en arrière et en bas.

Vadmiration simple ou tranquille est très-tempérée : elle est marquée par l'élévation du sourcil; l'œil est un peu plus ouvert qu'à l'ordinaire; la prunelle immobile, attachée sur l'objet admiré; la bouche est entr'ouverte, mais sans altération.

La vénération se distingue par l'abaissement des sourcils, l'inclinaison du visage, les prunelles élevées sous le sourcil, la bouche entr'ouverte, et les coins retirés en bas. Les yeux et la bouche sont fermés dans la vénération religieuse, et toutes les parties du visage abaissées.

Le mépris s'exprime par le sourcil froncé et

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abaissé du côté du nez, et fort élevé de l'autre côté; l'œil fort ouvert, les narines retirées vers le haut, la bouche fermée, les coins un peu abaissés, la lèvre de dessous dépassant celle de dessus.

Dans Vorgueil et l'arrogance, il y a non-seulement expansion, épanouissement, mais véritable bouffissure , turgescence, et augmentation de coloration; la tète est élevée, le regard fier, l'œil trèsouvert , et une grande liberté règne dans tous les mouvements.

La jalousie en amour a son caractère spécial ; elle varie depuis le soupçon le plus léger jusqu'à la fureur. Elle diffère donc, dans ses expressions, de la jalousie occasionée par le bonheur d'autrui, qui prend aussi le nom d'envie, quand on désire ce même bien. Elle diffère encore d'elle-même dans ses différentes phases. Lebrun la dépeint avec un front ridé, le sourcil abattu et froncé, l'œil étincelant, la prunelle cachée sous les sourcils, tournée du côté de l'objet qui cause la passion, le regardant de travers, et d'un côté opposé à la situation du visage; la prunelle sans fixité et pleine de feu, aussi bien que le blanc de l'œil et les paupières; les narines pâles, ouvertes, plus marquées que dans l'état habituel, et retirées en arrière, ce qui cause des plis aux joues; la bouche peut être fermée, et faire connaître (juc les dents sont serrées; la lèvre supérieure déborde l'inférieure, et les coins de la bouche doivent être retirés en arrière et fort abaissés; les muscles des mâchoires paraissent enfoncés; une partie du vi-

sage enflammée et l'autre jaunâtre; les lèvres pâles et livides.

Dans la compas smi , les sourcils sont abaissés vers le milieu du front; la prunelle est fixement dirigée vers l'objet qui nous a émus; les narines, un peu élevées du côté du nez, font plisser les joues; la bouche s'ouvre; la lèvre supérieure s'élève et s'avance; tous les muscles et toutes les parties du visage s'inclinent et se tournent vers l'infortuné. (Moreau, dans Lavater, t. v, p. 263.)

Nous avons distingué les émotions des passions, quoiqu'il y ait entre ces deux classes de phénomènes une liaison très-étroite. Les principales émotions sont : l*' l'admiration mêlée d'étonnement ou d'enthousiasme; 2'*la frayeur, l'effroi, l'épouvante, la peur, l'horreur; 3* la surprise, l'étonnement; 4** le ravissement, l'extase, l'inspiration; 5*^ l'indignation, la colère; 6° le désespoir; 7^ le rire et le pleurer, etc.

V admiration mêlée d'étonnement ou d'enthousiasme est beaucoup plus marquée que l'admiration simple.

Le ravissement, qui consiste dans une admiration appliquée à des objets de culte et de sentiments religieux qu'exalte une imagination tendre et passionnée, a des caractères qui lui sont propres. La tête se penche du côté gauche; les sourcils et la prunelle s'élèvent directement; la bouche s'entr'ouvre , et les deux côtés sont aussi élevés; le reste des parties demeure dans un état naturel. Telle est l'expression de la sainte Cécile de Raphaël.

Dans Vhorreur, le sourcil est froncé, la prunelle abaissée, la bouche entr'ouverte, mais les lèvres plus rapprochées par le milieu que par les coins, qui sont retirés en arrière; les joues ont des plis, le visage est pâle, les lèvres et les yeux sont livides.

Il y a là beaucoup de traits communs avec la frayeur, dans laquelle le sourcil s'élève par le milieu; les muscles sont marqués, pressés l'un contre l'autre, et abaissés vers le nez, qui se retire en haut, de même que les narines; les yeux sont fort ouverts, la paupière supérieure cachée sous le sourcil; le blanc de l'œil environné de rouge; la prunelle, égarée, parait fuir vers un objet; les lèvres s'élèvent, et la bouche reste à demi ouverte.

« Il n'y a pas d'homme, dit delà Chambre, que la colère ne rende méconnaissable aux siens et à soi-même. L'homme en colère a les yeux rouges, enflammés, rapides et perçants; regardant tantôt de travers, tantôt s'arrètant et semblant vouloir sortir de leur place. Ils sont d'une sécheresse étincelante, d'une tristesse farouche, et d'une inquiétude fière et hagarde. Tantôt les sourcils sont abattus; tantôt ils s'élèvent, puis se resserrent. Le front se ride et se ramasse entre les yeux; les cheveux se dressent, les narines s'ouvrent et s'élargissent; les lèvres se grossissent et se renversent; elles tremblent, se pressent, et forment quelquefois un ris cruel et dédaigneux. Il grince des dents , il écume, il souffle; sa bouche devient aride, son haleine puante, et sa voix, de véhémente et aiguë qu'elle était au commencement, devient à la lin

enrouée et affreuse. Souvent elle s'arrête tout-àcoup ; et quand elle vient à former quelques mots, sa langue bégaie, ses paroles s'entrecoupent, et ses discours s'embarrassent. S'il se tait, c'est un silence enragé qu'il interrompt à tous moments par les soupirs, par les gémissements et par des cris effroyables. Son visage pâlit, s'enflamme et se boursouffle; les veines du front, des tempes et du cou sont enflées et tendues ; le pouls lui bat avec promptitude et véhémence; sa poitrine, qui est toute rouge, s'élève par grandes secousses, et fait une respiration violente et précipitée. Mais qui pourrait décrire ces branlements de tète, ces battements de mains, ces élancements de bras, ces trépignements de pieds, tousces mouvements brusques et hardis, enfin cette agitation continuelle qui accompagne la colère! C'est assez dire que sa mine, son geste, son maintien, forment un assemblage de tout ce qu'il y a de difforme dans les plus cruelles maladies, et de ce qu'il y a d'horrible dans les animaux les plus farouches. » (T. ii , p. 1 54 et 155.)

Le même auteur définit la colère : « Une agitation turbulente que la douleur et la hardiesse excitent dans l'appétit, par laquelle l'ame se retire en elle-même pour s'éloigner de l'injure reçue, et s'élève en même temps contre la cause qui la lui a faite, afin de s'en venger. »

En décrivant les causes de ces caractères, l'auteur ajoute que cette émotion est superbe, criarde, abondante en paroles et en menaces, indiscrète, impatiente et opiniâtre, lâche, insolente, cruelle

et dédaigneuse. (Voy. de plus Porta, p. 208-210; Moreau , t. v, p. 230, op. l)

Il n'est pas nécessaire de caractériser le rire et le pleurer. On peut voir d'ailleurs, sur ce sujet, de la Chambre, 1. 1, p. 171-209; Lebrun, p. 292, et Moreau, p. 255, dans Lavater.

Voir encore, pour toute cette partie de l'anthropologie, la Physiologie des Passions, par Alibert.

Porta, de la Chambre , Lebrun , donnent aussi les caractères physiologiques de quelques vertus, de quelques vices, de certaines facultés ou capacités intellectuelles. Ainsi, pour l'injustice, la méchanceté , la probité , la bonté , voy. Porta , p. 1 73-1 79.

Pour la prudence et l'imprudence, voyez Porta, p. 179-181.

Pour la fausseté et le mensonge, voyez Porta, p. 232-234.

Pour l'opiniâtreté, la fermeté, la constance et la résolution, voy. de la Chambre, p. 291-380.

Pour la douceur, la rudesse, voy. Porta, p. 2 1 3.

Pour l'esprit, le génie, ibidem, p. 181-185.

Pour la mémoire , ibidetn , p. 189.

Pour la stupidité, ibidem, p. 212-222.

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