CARACTÈRES POSITIFS OU NEGATIFS DES FHITSIO
moraiEs.
Un front dont la ligne de la base est plus courte des deux tiers que celle de la hauteur, est décidément celui d'un idiot. Plus cette ligne est courte et disproportionnée à la hauteur du front, plus elle marque de stupidité. Au contraire, plus est grande la ligne horizontale, plus elle se rapproche de la diagonale correspondante, et plus cette diagonale se rapproche de la ligne perpendiculaire exprimant la hauteur, plus aussi le front qu'elles caractérisent annonce d'esprit et de jugement. C'est qu'alors le crâne approche de plus en plus de la rondeur. Dans le cas contraire, il est plus ou moins alongé, conique, et le sujet plus ou moins stupidc.
La physionomie de riiomme médiocre n'a rien de saillant, rien de marqué, rien qui saisisse au premier abord, rien qui fixe, qui attache ou qui
repousse Tout est commun et fait pour laisser
dans l'indifférence.
Immédiatement au-dessus des hommes médiocres, sont ceux qui ne se distinguent que par la mémoire.
Cette faculté, ainsi que l'imagination, est placée, par Lavater, dans la partie supérieure du front, et le jugement entre les sourcils, ou un peu audessus.
Une imagination fertile, vive et riante, admet constamment un front qui recule.
Des esprits clairvoyants, doués d'un raison supérieure, mais peu profonds, s'annoncent ordinairement par des fronts d'éléphants, c'est-à-dire par des fronts lisses, doucement voûtés, et partagés en deux parties, dont celle d'en haut recule, et celle d'en bas est avancée.
L'expression de la raison se trouve aussi dans le feu et le mouvement de grands yeux bien fendus.
On peut mettre en principe que la forme des yeux est analogue à leur caractère. Les yeux clairs annoncent de la perspicacité; les yeux enfoncés, de la profondeur; les yeux exactement dessinés, de la précision; un regard vague, de l'irrésolution.
Un petit nez pointu, et d'une forme d'ailleurs élégante, suppose plus de jugement que de sa-
gesse. Celle-ci aime à se loger dans un front spacieux et compacte.
Sourcils rabattus, ou prêts à se rabattre = homme de cabinet.
Une création inimitable constitue le génie; chaque espèce de génie a ses marques distinctives. Mais il se manifeste toujours par l'œil, par le regard proprement dit, par le feu qui l'anime, et surtout par le contour de la paupière supérieure prise de profil.
L'œil et le front sont les traits physionomiques les plus ordinaires de l'artiste. Les grands maîtres de l'art ont d'ordinaire l'œil bien fendu, brillant d'une douce lumière, et plus ou moins langoureux. — L'ouvrage est analogue au regard de l'ouvrier.
Le poète a l'œil saillant et doucement dessiné; les sourcils rares, grands, élevés, arqués; la lèvre supérieure plutôt droite qu'arquée, depuis le nez jusqu'à la bouche; le bord des lèvres arrondi; une peau claire, humide et tendre, peu tendue et mobile; le sommet du crâne arrondi, ainsi que l'occiput.
Les métiers, les professions, les conditions, se distinguent aussi par des caractères particuliers relativement aux organes employés, aux facultés intellectuelles mises en jeu, aux passions développées et devenues dominantes, au milieu dans lequel s'exerce la profession, et à l'influence duquel se rapportent tous les arts et métiers qui modifient la physionomie par des altérations plus ou moins profondes.
DE XA CRANIOMETRIE.
En supposant, toutes choses égales d'ailleurs, que les facultés soient en raison directe du volume de l'organe encéphalique, la craniométrie peut avoir son importance.
Spigel fut l'inventeur de la craniométrie. Il ad- * mettait quatre lignes céphalométriques: 1" de la base du menton au sommet du front; 2* du sommet de la tète à la première vertèbre cervicale; o" d'une tempe à l'autre en passant sur le front; A^ de la base de l'oreille près de l'apophyse mastoïde au sommet du synciput. Pour que le crâne fût régulier, il fallait, suivant Spigel, que ces quatre lignes fussent égales les unes aux autres. Le fait est que le crâne des animaux se rapproche d'autant plus de celui de l'homme, que les lignes céphalométriques de Spigel sont mieux proportionnées entre elles.
Marc-Aurèle Severin comparait la forme générale du crâne des animaux à celle d'un triangle équilatéral; les oreilles forment les angles de la base, les yeux occupent le milieu des côtés parallèles , et le sommet se confond avec le nez et la bouche. Dans l'espèce humaine, au contraire, le crâne est rond, surtout chez l'enfant et chez la femme.
La méthode craniométrique de Daubenton consiste à tirer deux lignes, T depuis le bord inférieur de l'orbite jusqu'au bord antérieur du grand
IGO RAPPORTS SPÉCIAUX
trou occipital, 2*^ depuis le bord antérieur jusqu'au bord postérieur du même trou, et à mesurer ensuite l'angle ouvert en avant que produit l'incidence de la seconde ligne sur la première. Plus l'angle est grand , moins l'animal est construit pour la station droite, plus il s'éloigne de Thomme. Blumenbach a fait voir qu'on ne saurait se servir de cette méthode pour déterminer les différences qui existent entre les diverses races, parce que l'angle occipital est parfois différent chez les individus d'une même race.
Le procédé céphalométrique de Camper se compose de trois parties distinctes : 1^ de la mesure de Vangle facial de Camper, formé par deux lignes, dont Tune passe sur la partie la plus proéminente du front et de la mâchoire supérieure, va se confondre avec une autre horizontale qui vient du trou auditif externe et suit le plancher des fosses nasales; 2** de la comparaison entre elles de cinq lignes qui vont: a) l'une du sommetdu front à l'extrémité du menton, 6) d'un côté à l'autre de la face, en suivant le bord supérieur des orbites; c) d'un côté à l'autre de la face encore, à la hauteur du bord inférieur de l'orifice antérieur des fosses nasales; d) la quatrième mesure la largeur de la mâchoire inférieure, au voisinage de son angle inférieur et postérieur; e) la cinquième indique la distance qui sépare les deux bords internes des orbites; 3" du prolongement en arrière de la ligne horizontale sur laquelle la ligne faciale tombe dans le premier cas, jusqu'à ce qu'elle arrive au-dessous de la partie la plus saillante de l'occipital, après quoi l'on marque sur sa longueur
l'endroit où correspond le centre du grand trou occipital, et l'on compare ensuite l'une avec l'autre les deux portions dans lesquelles la ligne se trouve partagée par le trait. Blumenbach et Cuvier ont fait de graves objections contre cette théorie.
Hercler a aussi inventé une méthode céphalométrique pour faire connaître jusqu'à quel point le crâne des animaux s'éloigne ou se rapproche de celui de l'homme. Elle consiste à tirer de la première vertèbre cervicale des lignes qui se portent au sommet de la tète, au bord antérieur de l'os frontal et à celui de la mâchoire inférieure- Ces lignes produisent des angles dont le degré d'ouverture varie suivant l'espèce d'animal, mais dépend toujours de la station droite ou horizontale. Nous ne parlons pas de la méthode céphalométrique de Lavater, de Mulder et de Blumenbach, à cause de leur peu d'importance ou de la difficulté de leur application. — Celle de Cuvier consiste à déterminer les proportions du crâne par rapport à la face, après avoir partagé la tête en deux par une section verticale. Elle est plus parfaite que celle de Camper, quoiqu'elle ne puisse point procurer des mesures exactes et représentables par des nombres comme cette dernière. ^
Walter a aussi modifié le procédé de Camper. Doornik, Oken et Spix ont également donné des méthodes qui se rapprochent plus ou moins des précédentes ^ Voir aussi, dans les Leçons dePhrénolo-
^ Extrait du Dictionnaire abrégé des Sciences Médicales, article Craniométrie.
gie de Broussais, les procédés pour mesurer le volume relatif des organes, parle docteur Sarlandieri (p. 785), et Broussais (p. 764). Il ne faut pas oublier, dans tout cela, deux choses: ce qu'il y a de conjecturai d'abord; et ensuite, que les services rendus par l'encéphale à la pensée dépendent bien plus de la qualité que de la quantité de la matière qui le compose.
Le somnambulisme, tant naturel qu'artificiel (le magnétisme), tient aussi aux rapports du physique et du moral. C'est un point de vue qui mérite une grande attention. Consulter, sur ce sujet, les traités spéciaux.
M. Massias a divisé les phénomènes du somnambulisme en deux ordres , qu'il rapporte , d'ailleurs, avec tous les médecins, aux nerfs comme à leur condition organique. Du reste, nous ne pouvons rien dire de l'authenticité ou de la non-authenticité de toutes ces espèces de faits, puisque, d'une part, nous n'avons été témoin d'aucun, et que, d'un autre côté, ils ne nous paraissent point impossibles a imori.
V Phénomènes du frpMiier ordre :
a) Insensibilité absolue des sens extérieurs.
h) Sommeil plus profond que le sommeil ordinaire.
c) Accroissement de la force musculaire.
d) Accroissement de la force de la mémoire, de l'imagination.
e) Connaissance de ce qui se passe dans l'intérieur de son organisation propre et dans le corps d'autrui.
/) Instinct des remèdes.
g) Prévision des crises et de la terminaison des maladies.
h) Appréciation du temps.
i) Sensations sans causes extérieures.
j) Oubli, au réveil, de ce qu'on a éprouvé dans le somnambulisme. — Vies parallèles.
2^ Phénomènes dit second ordre:
a) Transfusion du fluide nerveux; inoculation du somnambulisme.
b) Identification de l'organisme du magnétiseur et du magnétisé.
c) Contagion du somnambulisme naturel et de l'artificiel.
d) Subordination de la volonté du magnétisé à celle du magnétiseur.
e) Goûts, habitudes du magnétisé changés pendant le sommeil par le magnétiseur.
f) Magnétisé se rappelant, lorsqu'il plaît au magnétiseur, ce qu'il a éprouvé durant son sommeil magnétique , ou l'oubliant après l'avoir gravé dans sa mémoire.
g) Interversion des effets de l'impression des objets sur le goût, l'odorat et la vue.
h) Translation des sens à l'épigastre, notamment de ceux de la vue et de l'ouïe.
i) Vue au-delà de la portée naturelle de l'organe, à travers les murs, dans l'obscurité.
j) Intelligence des langues.
k) Intuition delà pensée d'autrui.
Ces phénomènes ne sont sans doute que la con-
séquence de l'exaltation des facultés ordinaires, mais portée jusqu'à la folie exclusivement.
Nous reviendrons sur le somnambulisme dans l'Anthropologie spéciale.