‹ Anthropologie spéculative généraleChapitre 40 sur 72 · PHYSIONOMIE DES MORTS · texte numérisé non relu

PHYSIONOMIE DES MORTS

Lavater fait remarquer que la figure s'embellit et prend de la grandeur dans les deux jours qui suivent la mort, et que les ressemblances de famille deviennent alors beaucoup plus frappantes.

PHYSI0N03IIES IDEALES.

Les statues grecques, surtout celle de l'Apollon du Vatican, passent pour l'idéal de la forme humaine. Lavater pense que les Grecs avaient dans la nature, sous les yeux, des modèles de leurs belles statues; que l'homme n'invente rien, et que l'art ne peut jamais dépasser la réalité, qu'il reste même toujours au-dessous de la nature : ce qui nous paraît incontestable s'il s'agit d'une parfaite imitation, d'un ensemble parfaitement proportionné. La vérité de cette idée ne sera pas difficile a reconnaître si l'on admet, d'une part, que la nature ne fait rien en vain; que tout, dans ses ouvrages, est rigoureusement déterminé par une raison suffisante; et que, d'un autre côté cependant , l'artiste ne peut donner avec une exactitude mathématique la raison des infiniment petits que contient son œuvre , mais qu'il ne saisit point, qu'il ne veut point, qu'il ne calcule point.

De ce que les Grecs étaient plus beaux que nous, Lavater en conclut qu'ils valaient mieux que nous, tout payens qu'ils étaient, tout chrétiens que nous sommes, parce qu'ils étaient sans doute plus fidèles à la raison que nous ne le sommes à l'esprit de l'Evangile.

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