‹ Anthropologie spéculative généraleChapitre 42 sur 72 · PHYSIONOMIE DES ANIMAUX COMPARÉE · texte numérisé non relu

PHYSIONOMIE DES ANIMAUX COMPARÉE

Ce que dit Lavater sur les lignes d'animalité ne nous semble vrai qu'autant qu'il y a un rapport frappant entre l'organisation et le genre dévie de l'animal : en dehors de ce rapport de finalité, les assertions de l'auteur nous paraissent arbitraires, parce qu'elles ne sont pas fondées sur l'expérience, et que, d'un autre côté, la raison ne peut rien affirmer de semblable à 'priori.

Quelle que soit la conséquence animique de certaines différences ou de certaines ressemblances d'organisation entre l'homme et l'animal , nous donnons cependant les unes et les autres, du moins les principales. Ainsi, le sommet du triangle équilatéral formé de la manière suivante, diffère , entre la grenouille et les tètes d'Aristote, de Montesquieu, de Pitt, de Frédéric et de l'Apollon Pythicn , comme 25 de 56 : tirez une ligne horizontale d'un angle extérieur de l'œil à l'autre, et prenez-la pour base d'un triangle équilatéral dont les deux autres côtés iront se réunir sur la ligne moyenne de la bouche. (T. ix, p. 14.)

Lorsque la longueur de la ligne de la bouche est à la ligne prise de l'angle extérieur d'un œil à celui de l'autre, comme 13 à 27, et que la distance de ces deux lignes est égale à la longueur de celle de la bouche prise une fois et demie, ou bien lorsque l'intervalle entre les deux angles intérieurs de l'œil est à la ligne de la bouche comme

3 à 4, il en résulte des lignes de proportions qui marquent une supériorité extraordinaire. (P. 15.) Les différences physionomiques, seulement entre la tête de l'homme des bois et celle de l'homme, sont si grandes et si nombreuses, malgré les ressemblances qu'une observation superficielle croit y trouver, qu'il est difficile de faire de l'homme et du singe un même genre, à ne les considérer que sous le rapport physique. Et daps le cas même où il pourrait résulter de leur commerce sexuel un être mixte capable de se propager, il n'y aurait pas moins une différence essentielle entre ces deux sortes d'êtres sous le rapport intellectuel et moral.

Nous nous en tiendrons aux principales différences physiques indiquées plus haut; les voici d'après Lavater (p. 61 et suiv.) : On reconnaît le caractère animal dans le singe :

l^'A son front étroit, qui n'a pas à beaucoup près la belle proportion de celui de l'homme;

2^ Au défaut , ou du moins au peu d'effet du blanc de l'œil ;

3** A la proximité des yeux, ou à celle de leurs orbites, qui devient infiniment frappante lorsque les os du crâne sont dépouillés des muscles et des téguments;

4" A son nez excessivement aplati, trop étroit dans le haut, et trop écrasé dans le bas;

5" A la position de ses oreilles, placées trop près du sommet de la tête, et qui, dans l'homme, sont presque toujours à la hauteur des sourcils, et parallèles au nez;

6** A l'intervalle qui sépare le nez de la bouche , intervalle qui, dans l'animal, est presque de toute la longueur du menton, tandis qu'il n'a communément dans l'homme que la moitié de cette longueur ;

7^ Aux lèvres, qui sont collées sur les dents, et forment un cintre à la manière de celles des autres animaux ;

8" A la forme triangulaire de toute la tête.

De toutes les espèces d'animaux, le singe commun est celui dont le crâne a le plus de ressemblance avec celui de l'homme. Et cependant voici les notables différences qu'on aperçoit à la simple inspection des formes extérieures. L'animal se seconnaît encore ici :

1** Au peu d'intervalle qui sépare les orbites des yeux ;

â** A l'aplatissement du front, couché en arrière, surtout lorsqu'il est vu de profil;

3*^ A la forme de l'ouverture des deux os du nez. Dans le crâne de l'homme, elle représente un cœur renversé; ici, au contraire, la pointe du cœur est en bas , et la base en haut;

4** A la racine du nez, placée beaucoup plus bas dans le singe que dans l'homme ;

5*^ A l'étroitcsse de la mâchoire , à son petit nombre de dents, à sa courbure en avant;

6*^ Au petit volume du menton. L'homme seul a un menton proprement dit ;

T Au derrière de la tête, qui est plus ovale et plus court que dans l'homme ;

S** Au défaut d'apophyse occipitale.

D'où l'auteur conclut que, pour être convaincu de la vérité de la physiognomie et des plans réguliers de la nature, des limites quelle se pose pour les formes de chaque espèce, limites dont il serait très-curieux de connaître le maximum et le minimum , il suffit de comparer les profds de tous les êtres animés, et d'observer,

l** Le rapport de la bouche,

a) Avec l'ensemble de la tète;

b) Avec l'œil en particulier; 2** Ce rapport déterminé,

a) D'après la longueur de la bouche vue de profil ;

b) D'après la forme et la courbure de cette partie;

c) Enfin d'après l'angle de cette ligne avec celle de l'œil, en supposant une autre ligne tirée par le centre de l'un à l'extrémité de l'autre.

C'est ici que finit l'ouvrage de Lavater; mais les éditeurs y ont ajouté des dessins de Lebrun, relatifs à la physionomie comparée, dessins qu'ils ont expliqués en partie par un texte peu authentique du même peintre , et par le texte de Porta. Ce texte se réfère d'ailleurs à certaines ressemblances physionomiques entre l'homme et les animaux , la plupart dessinées déjà par ce physionomiste italien.

Les espèces d'animaux qui ont servi à faire ces rapprochements, sont : l'àne, le bœuf et le taureau, le chat, le pourceau, le lion, le singe, le cheval, l'aigle, le bélier, le chameau, le chat -huant, la chèvre et la brebis, le corbeau, la fouine, le lapin,

le loup, le loup-eervier, l'ours, le perroquet, le renard, le sanglier, le coq.

Il va sans dire que l'on attribue aux hommes, dans ce parallèle fait sans ordre, les qualités bonnes ou mauvaises des animaux auxquels ils ressemblent, surtout les qualités qui paraissent le plus propres à l'espèce. Porta cite beaucoup Aristote ; il ne cesse guère de le suivre que quand il ne l'a plus pour guide. Si cet ouvrage d'Aristote est authentique, il faut convenir avec Lavater qu'il ne lui fait pas beaucoup d'honneur. Il est très-superficiel, et fondé sur des analogies peu propres à autoriser, par elles seules, de semblables conclusions.

APPRÉCIATIOIV

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