‹ Anthropométrie, ou, Mesure des différentes facultés de l'hommeChapitre 26 sur 111 · Proportions chez les Espagnols · texte numérisé non relu

Proportions chez les Espagnols

L'Espagne, qui a produit tant de célébrités, spécialement dans les arts, n'a certes pas manqué d'artistes capables de lui donner des dessins qui pussent rappeler les formes et les dimensions qu'ils employaient ; malheureuse-

1 En 1850, M. Hag, membre de la Société l'oyale de Londres, a communiqué à la conférence générale de l'association anglaise réunie à Edimbourg, des considérations sur une théorie du beau. D'après ses idées, une figure charme l'œil au même degré , quand les angles fondamentaux ont entre eux un rapport identique à celui des vibrations d'une môme corde harmonique. Ses vues ingénieuses, on le comprend, appartiennent à la métaphysique de l'art bien plus qu'aux pi'incipes de l'art même.

ment ces renseignements précieux sont difficiles à trouver, par suite surtout des événements désastreux qui ont frappé l'Espagne depuis le commencement de ce siècle.

ChrisostômeMartinez, qui s'était fixé à Paris et qui comptait au nombre de ses amis le célèbre Audran, est auteur de deux grandes planches, dont l'une montre les proportions de l'iiomme dépouillé de la peau. Toute la hauteur est partagée en huit longueurs de tête, d'après l'ancienne méthode. Sur la seconde feuille se trouvent plusieurs squelettes assis et debout. Les premiers sont uniques dans leur genre et peuvent être cités comme des modèles; du moins, Winslow, fameux anatomiste de ce temps, les considérait comme tels. Ces deux feuilles, dessinées et gravées par Martinez lui-même, devinrent la possession de l'Académie des Beaux- Arts de Paris et sont citées dans l'imprimé qui parut en 1740, sous le titre : Exposition par ordre de V Académie royale de peinture.

Schadow, dans son ouvrage sur la théorie des proportions humaines, nous a fait connaître, de ce beau pays, quelques autres dessinateurs habiles qui ont également présenté les proportions pour les différents âges ; mais ses citations n'ont pas toujours les développements nécessaires. 11 se borne à nous apprendre, par exemple, que le sculpteur Philippe Bourgogne est auteur de proportions dans lesquelles la hauteur de l'homme est estimée à 9 fois et 1/3 la longueur du visage.

Il n'en sait guère plus sur le sculpteur Jean Arphe de Villa Fagno, de Séville, « qui publia en 1589, dit-il, un livre sur l'anatomie et la s^anétrie, dont on a fait l'éloge. ?» Ce laconisme semble prouver que ses renseignements n'étaient pas plus étendus que les miens.

Quant à Alonzo Berruguetto, né à Paradez de Nova, il était sculpteur et architecte distingué. Il appartenait à

PROPORTIONS DU CORPS HUMAIN

une famille illustre et était gentilhomme de la chambre de Charles-Quint. Devenu l'un des élèves de Michel Ange, il s'attacha à faire fleurir les arts d.ans sa patrie : il s'occupa surtout d'une recherche exacte des proportions du corps humain. Cet artiste distingué mourut entre les années 1545 et 1561.

L'Espagne, en général, s'est montrée d'une grande vérité dans les différents tableaux qu'elle a laissés : sa peinture historique surtout est d'un beau style, et nous devons regretter d'être privés des dessins qui peuvent avoir servi de guides aux artistes qu'elle a produits.

Pour compléter, autant que possible, l'essai que nous avons présenté sur la connaissance des proportions de l'homme physique, nous donnons, dans le tableau suir vaut, par ordre de dates, les noms des principaux artistes qui, aux diverses époques, se sont attachés à décrire les proportions de l'homme dans les différents pays. Ce catalogue est loin d'être complet; nous pensons, cependant, que les noms des artistes les plus remarquables qui les ont recueillies,- s'y trouvent mentionnés.

Si nous avons cru devoir remonter jusqu'aux premiers âges de l'art, c'était moins pour donner un aperçu succinct des études qui ont été entreprises depuis lors sur les proportions, que pour présenter une idée générale des connaissances dont les artistes de cette époque pouvaient disposer. On a pu voir que les premiers principes, formant la base nécessaire des arts du dessin, ont été introduits par les Grecs, peuple que l'on trouve toujours à la tête des autres, quand il s'agit des progrès de l'intelligence. Les Romains ont ajouté quelques notions à celles qu'ils tenaient de cette nation ingénieuse.

Savants et artistes qui se sont occupés des pi

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