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1 Voyez, dans les tableaux placés à la fin de cet ouvrage , l'accroisse ment successif des différentes parties de l'homme pendant le cours de la vie.
On prend généralement la tête pour mesure de la stature humaine dans son entier développement, et l'on dit que la tête est contenue sept à sept fois et demie dans la taille totale. Quelques peintres illustres ont dépassé ces proportions dans les deux sens. On trouve, dans plusieurs tableaux de Raphaël, des figures qui n'ont pas plus de six têtes de hauteur, sans que le goût en soit choqué le moins du monde; chez Michel Ange, au contraire, les figures ont quelquefois huit têtes et plus de hauteur. Ce dernier caractère tient aux tailles qui surpassent de beaucoup les moyennes : ainsi, chez le géant, on trouvera une hauteur de huit à neuf têtes; le contraire a lieu chez les personnes de taille médiocre. ,
C'est à tort que quelques littérateurs, qui ont écrit sur la grandeur de la stature humaine, ont cru pouvoir attribuer en général aux figures une hauteur de neuf têtes ; c'est une méprise qui prouve qu'ils n'ont pas mesuré le modèle ou qu'ils ont parlé de choses dont ils n'avaient pas d'idées suffisamment exactes ^ Ces disproportions, très rares, ne se font remarquer que chez des individus d'une taille très élevée. Au contraire, chez des personnes
i On lit, dans le volume des ouvrages de Agnolo Firenzuola : « Perciocché tante ô lungo l'uomo, distendendo le braccia in croce, dall' estremità del dito del mezzo dell' una mano ail' estremità del dito del mezzo dell' altra mano ; quanto dalla inflma parte délie plante alla sommità del capo, che volgarmente si chiama cocuzzolo : la quale figura vorrebbe essere per lungliezza almeno nove teste , cioô nove volte quanto é dalla più bassa parte del mento alla sommità del capo. " Page 276. Deux pages plus bas le même indice se trouve répété avec plus de développement. L'indication serait plus exacte si, au lieu de prendre la hauteur de la tête totale, on ne prenait que la distance de la figure ou celle du menton à la naissance des cheveux, comme l'ont fait quelques auteurs. Dan« l'homme, par exemple, la hauteur de la tête est 0™228; et la naissance des cheveux descend à 0"'042, de sorte que la figure vaut O^lSô; et neuf fois cette valeur forme 1,674, ce qui est à peu près la hauteur de l'homme moyen.
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d'une médiocre hauteur, on pourra mesurer des tailles qui ne s'élèvent qu'à cinq ou six fois la hauteur de la tête. Le rapport entre la hauteur cVun individu et la grandeur de sa tête est donc communément de 1 à \ environ; et, selon qiiil est nain ou géant, le rapport sera de h d 6, ou de 8 à 9 à la tête considérée comme unité : c'est un rapport qu'il est essentiel de ne pas perdre de vue.
On se fait une idée plus juste des nombres en les rapportant à la hauteur totale de Vindividu pris pour unité : c'est ce qui a été fait dans la seconde partie des tableaux joints à cet ouvrage. On y remarque d'abord que la hauteur de la tête, dans ses valeurs relatives, diminue progressivement depuis la naissance jusqu'au développement totaP.
Pour l'enfant qui vient de naître, la hauteur de la tête est un peu moindre ; son plus grand diamètre dépasse le quart de l'individu entier. Vers quatre ans, la tête est le cinquième de la taille totale ; vers neuf ans, le sixième ; à l'époque de l'adolescence, le septième. Pour les adultes, la tête est contenue 7,4 dans la hauteur chez l'homme ; et 7,2 chez la femme. La tête de la femme est donc relativement un peu plus grande que celle de l'homme.
Le décroissement de la tête, relativement à la hauteur verticale de l'individu, est à peu près le même dans toutes les parties du crâne ; ce décroissement relatif est moins sensible cependant pour les parties inférieures.
Les circonférences de la tête, et les mesures dans le sens horizontal, comme la longueur et la largeur du nez,
^ En prenant la taille totale pour unité, on voit, par nos tableaux, que la hauteur verticale de la tête de l'homme en forme le 0,231» et le plus grand diamètre est de 0,275; tandis que, pour l'individu de 30 à 40 ans, la hauteur verticale de la tête est 0,136 seulement, et le plus grand diamètre 0,149. Le premier rapport est 1 à 1,19; et le second, 1 à 1,10. Le rapport marche ici en sens inverse avec l'âge.
de la bouche, des yeux, etc., décroissent plus rapidement depuis la naissance jusqu'au développement complet; elles sont dans le rapport de 2 à 1. La diminution s'opère surtout avant l'âge de cinq ans : passé cet âge, elle est moins sensible.
Le bord inférieur du nez, qui se trouve vers l'époque de la naissance à la même hauteur que le trou auditif, descend successivement plus bas. Sa distance au vertex se trouve doublée après l'entier achèvement de la croissance, tandis qu'à la même époque le trou auditif, qui était à une distance de 0™080 de ce même vertex, n'en est éloigné que de 0™131. Ce nombre est sensiblement différent de 0"^160 qu'on devrait avoir, si le trou auditif descendait autant, avec l'âge, que la partie inférieure du nez.
La circonférence de la tête par les orbites, ou par les sinus-frontaux, est de 564 millimètres pour l'homme développé; si elle appartenait à un cercle, le diamètre serait de 179™"'54. Or, le diamètre antéro-postérieur est de 191 millimètres et plus grand conséquemment de 11,5 millimètres. Le diamètre par les tempes, de 154 millimètres, est au contraire plus petit de 25"""5.
Les proportions de l'homme sont nécessaires, sans doute, à l'artiste, pour rester dans les règles de la nature et pour éviter de représenter, par des dimensions fautives, des figures dont l'existence serait impossible ; mais cette condition essentielle est loin de suffire à la pratique de l'art. Pour le prouver, qu'on donne à des artistes les proportions les plus avantageuses de la figure humaine, et qu'on examine ensuite les résultats qu'ils ont pu en déduire, même après avoir reçu les renseignements les plus exacts. Les proportions humaines n'offrent que les condi-. tions à suivre pour éviter des impossibilités et pour
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assurer la marche de l'artiste, mais elles ne peuvent contribuer en rien à l'expression des physionomies. Le jeu des muscles, la mobilité que présentent les traits animés par des passions vives, forment le principal objet de l'art : il serait superflu de chercher à les rendre par des proportions froidement combinées d'avance. Les traits de l'homme du génie le plus distingué, portés sur une physionomie inexpressive et sans vie, doivent perdre toute leur valeur.
Un orateur peut être d'une figure commune et disgracieuse, s'il n'est ému par le sentiment : mais si, au milieu d'une discussion, ses traits s'animent, si l'éclair de ses yeux et l'expression de ses traits se joignent à la véhémence de ses paroles, sa physionomie prend un tout autre aspect et présente un tableau auquel il est difficile de résister.
L'ouvrage que nous présentons, s'il peut être utile à l'artiste, n'est certes pas destiné à le guider dans son art, mais à lui faire connaître les proportions ordinairement suivies et les limites que leur donne la nature. Ces limites, du reste, dépendent toujours de certaines conditions spéciales, comme celles qui distinguent par exemple le géant du nain, ou l'homme vigoureux de l'homme faible. Il est intéressant de voir ce qui caractérise les individus, dès que l'on sort de la loi spéciale et que l'on touche à des types extrêmes.
La forme et les proportions symétriques de l'homme, sa stature élevée et susceptible d'attitudes et de mouvements divers, tout annonce à l'observateur impartial une force supérieure et la plus étonnante mobilité ; tout lui démontre au premier coup d'œil l'excellence de la nature humaine. La tête, et surtout le visage, la conformation des parties solides, comparativement à leurs analogues
chez les animaux, dévoilent des forces intellectuelles aux yeux des hommes capables d'en sentir le caractère sublime. L'œil, les regards, la bouche, le front, qu'on les considère, soit dans un état de repos absolu, soit dans le jeu varié de leurs innombrables mouvements , tout pe qu'on appelle physionomie, en un mot, est l'expression la plus animée de ce qui élève la vie morale si fort audessus de la vie purement animale.
« Quoique la physiologie, la vie intellectuelle et la vie morale de l'homme, avec toutes les forces et tous les éléments qui en dépendent, a dit Lavater, s'unissent intimement et de la manière la plus admirable dans la simplicité d'une même substance; quoique ces trois espèces de vie n'occupant point, comme trois familles isolées, chacune une place distincte, une place séparée dans le corps de l'homme, mais au contraire coexistent dans chaque point de l'organisme, et constituent par leur combinaison un tout parfait, il est néanmoins certain que chacune de ces forces vitales a un foyer qui lui est propre, où elle agit et se développe de préférence.
^ Il est de toute évidence que la force physique, bien que répandue par tout le corps, et notamment dans les parties animales, se montre cependant de la manière la plus frappante dans le bras, depuis l'articulation de l'épaule jusqu'à l'extrémité des doigts.
« Il n'est pas moins clair que la vie intellectuelle, les forces de l'entendement et de l'esprit se développent surtout dans les contours et dans la disposition des parties solides de la tête, particulièrement du front, quoique le regard sagace d'un observateur attentif, puisse en saisir la trace dans chaque point du corps humain en vertu de l'harmonie et de l'homogénéité dont il doit souvent être question dans le cours de cet ouvrage. A-t-on besoin de
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prouver que la force pensante n'a son siège ni dans le pied, ni dans la main, ni dans l'épine du dos, mais dans la tête et dans (la partie intérieure du front) le cerveau.
« Quant à la vie morale de l'homme, elle se déploie particulièrement dans les traits du visage, et dans leur « jeu mobile. La somme de ses forces morales et de ses désirs, son irritabilité; ses sympathies et les antipathies dont il est susceptible, la puissance qu'il a d'attirer à lui les objets extérieurs ou de les repousser, tout cela se peint sur son visage lorsqu'il est tranquille. Et le trouble des passions en mouvement s'y manifeste par des contractions musculaires si étroitement et si nécessairement liées aux battements du cœur, que le calme du visage suppose toujours un calme pareil dans la région du cœur et de la poitrine ^ »