Du torse
Nous avons vu que la hauteur absolue de la tête augmente progressivement depuis la naissance jusqu'à l'instant du développement complet, rapidement d'abord, plus lentement ensuite, et cette hauteur en définitive se trouve exactement doublée après l'entier développement.
1 Voyez, dans les tableaux qui se trouvent à la fin de cet ouvrage, les dimensions du corps humain aux différents âges : nous nous bornerons , dans ce qui suit, à donner quelques renseignements particuliers sur les documents principaux relatifs à chacune de ses parties.
MOYENNE DE LA CROISSANCE
Les autres parties du corps croissent avec plus d'énergie; et l'on serait porté à penser que la croissance est d'autant plus grande, qu'elle s'éloigne davantage du sommet de la tête. Ainsi, jusqu'au menton, les hauteurs se doublent, avons nous dit; mais pour le tronc, elles se triplent; elles se quadruplent même en hauteur pour les parties inférieures du corps ; la hauteur de la bifurcation au-dessus du sol devient jusqu'à cinq fois aussi grande qu'elle était à l'époque de la naissance.
La tête est l'élément qui varie le moins : en la laissant en dehors des mesures, de même que le cou, l'accroissement des autres parties semblera naturellement plus rapide. Ainsi, pour le torse, pris entre les clavicules et la bifurcation, le rapport d'accroissement définitif est 2,95, ou près de 3.
Le rapport d'accroissement n'est pas le même chez les deux sexes : chez les hommes, le buste des adultes se irouve un peu plus que doublé ; chez les femmes l'accroissement n'est pas aussi rapide.
Les diamètres du torse, ceux du moins dans le sens de la largeur, croissent à peu près dans le même rapport que la hauteur ; ils triplent depuis la naissance jusqu'à l'entier' développement. A l'âge de 6 à 7 ans, ils se trouvent doublés entre les apophyses acromions, entre les aisselles, entre les hanches et entre les trochanters.
Les diamètres dans le sens de l'épaisseur croissent moins rapidement. Le diamètre transversal par la poitrine ne se double que vers l'âge de puberté ; et, depuis la naissance, il croît seulement dans le rapport de 1 à 2,36.
Le triangle hah\ qui a„pour base, les bouts des seins, et dont le sommet se trouve un peu au-dessus de la jonction des clavicules, mérite une attention particulière : il
est naturellement isocèle; sa base hb\ vers l'époque de la naissance, est notablement plus grande que chacun des deux autres côtés : elle les surpasse en longueur de 16 millimètres chez les hommes , et, après la première année, de 21 millimètres. Cette différence reste ensuite à peu près exactement la même, puisqu'elle ne varie qu'entre les limites 21 et 24 millimètres ^
L'accroissement relatif des côtés ba, b'a, depuis la naissance jusqu'à l'entier développement, se fait dans le rapport de 1 à 3,41 ; et celui de la base ou des deux bouts des seins bb\ dans le rapport de 1 à 2,81 seulement. Il n'est question ici que des hommes, car ces longueurs sont toujours plus ou moins déformées chez les femmes, dès
1 Chez l'individu qui vient de naître, la ligne droite qui joint les deux bouts du sein est de 70 millimètres; et les deux autres côtés ba et b'a valent chacun 54 millimctrcs. Ces deux valeurs deviennent respectivement 197 et 184 millimèti'es chez l'adulte.
MOYENNE DE LA CROISSANCE
qu'elles ont dépassé l'âge de la jeunesse. L'angle du triangle hah', opposé à la base, est de 80°48' pour l'enfant naissant ; il devient de 64°44' pour l'adulte ^
Les hauteurs de ces deux triangles chez l'enfant et chez l'adulte sont respectivement de 41 et de 155 millimètres : le rapport de ces nombres est de 1 à 3,78, accroissement un peu plus rapide que celui du torse.
Nous avons cru devoir entrer dans quelques détails au sujet de la grandeur du triangle qui a pour sommets le point d'insertion des clavicules et les deux seins, parce que ce triangle en effet a toujours fixé l'attention des savants qui se sont occupés des proportions humaines. Nous ajouterons encore que la distance de l'insertion des clavicules ou du sommet de notre triangle jusqu'au procès xiphoïde, situé au bas du sternum, est pour l'enfant naissant de 60 millimètres, et pour l'adulte de 182^. Le rapport de ces nombres est 1 à 3,03, et se rapproche beaucoup plus de l'accroissement du torse.
Si nous considérons maintenant la distance des clavicules au nombril, nous trouverons qu'elle est, pour l'enfant naissant, de 135 millimètres, et pour l'adulte de 382 : ce qui donne pour distance du nombril à la base de notre
1 Nous verrons que, chez l'homme vigoureux, et spécialement chez les 0-Jib-Be-"^'as dont nous parlerons plus tard, la distance des deux seins est notablement plus grande que chez l'homme ordinaire. Nous admettrions volontiers l'égalité des trois côtés du triangle dans l'homme bien conformé de nos contrées, et par suite que chaque angle du triangle vaut 60° (au lieu de 64»44' donnés à l'angle a, et 57o38 à chacun des deux angles ô et 6').
2 Ces différentes valeurs se déduisent des nombres donnés dans les tableaux généraux placés à la fin de cet ouvrage. Dans le tableau 3, par exemple, on voit que la distance du vertex au sternum est de 0"'200 pour l'enfant naissant, et que la distance du même vertex aux clavicules est de On>l40; d'où résulte que la différence de ces nombres, ou la distance du sternum aux clavicules, est de 0°>200-0°'140 ou bien O-nOGO. On trouverait 0'nl82 pour la même distance chez l'adulte.
triangle, 94 millimètres pour l'enfant naissant et 227 pour l'adulte ; ces nombres sont dans le rapport de 1 à 2,42.
L'angle hoh', dont le sommet est au nombril et qui s'appuie sur la ligne des deux seins, est de 40°50' pour l'enfant naissant, et de 46°54' pour l'homme fait. Il augmente donc avec l'âge, tandis que le contraire arrive pour l'angle opposé hah' , qui s'appuie sur la même base, et a son sommet à l'insertion des clavicules.
La distance du nombril aux deux seins, chez l'homme, varie respectivement de 100 à 247 millimètres aux deux extrémités de la vie.
Au moment de la naissance, le point qui sépare la hauteur totale de l'individu en deux parties égales, tombe un peu plus haut que le nombril. Il se trouve au nombril même après l'âge de deux ans ; sur la ligne qui joint les hanches à trois ans ; sur la ligne qui joint les trochanters à 10; au pubis à 13; et, chez les adultes, de sept à huit millimètres plus bas.
Le nombril se trouve un peu plus haut que la ligne horizontale qui, chez l'homme, est entre les bords des hanches : la distance entre ces deux bords surpasse un peu celle qui sépare les deux seins.
La distance des seins, du moins chez l'homme ^ forme, à partir de cinq à six ans, environ la moitié du diamètre entre les procès acromions. Ce rapport est très simple et très remarquable. De plus, cette distance des deux seins, chez l'homme adulte, forme à peu près exactement la cinquième partie du mètre. La distance des deux procès acromions est la plus grande que présente le corps de l'homme dans le sens de sa largeur. A partir de l'en-
J La déformation du sein chez la femme ne permet pas de fixer des règles à cet égard.
MOYENNE DE LA CROISSANCE
faiice, il surpasse d'un cinquième environ le diamètre mené par les trochanters.]
Les circonférences du torse croissent à peu près dans le même rapport que ses diamètres et que sa hauteur, estimée à partir du vertex ; cependant la circonférence par la ceinture prend un développement un peu moindre que celle par le sternum ou par les apophyses acromions, et surtout moindre que la circonférence par les hanches.
Ce qui distingue principalement les seins dans les deux sexes, ce sont les changements considérables qu'ils présentent chez la femme à la suite des couches : le sein se déforme alors et se relâche surtout chez celles qui ont une certaine corpulence. D'une autre part, le ventre conserve plus ou moins les déformations que lui ont fait subir les accouchements antérieurs. Ce n'est pas sans raison que les femmes de l'Orient se voilent avec soin, à la suite de ces déformations naturelles, qui laissent chez elles des traces plus ou moins sensibles.
L'organisation de la femme, il faut en convenir, malgré les assertions nombreuses qui ont été émises, n'est pas constituée de manière à présenter à la société les mêmes avantages et les mêmes- conditions que celle de l'homme. Cette espèce de confusion que l'on cherche à établir est démentie à tout instant par l'expérience. Le caractère et la conformation de l'un et de l'autre sexe manifestent des habitudes et des qualités tout à fait différentes qui, par leur diversité même, font le charme de la société. Ils montrent à chaque instant combien les qualités de l'un sont précieuses à l'autre, et combien il y aurait de danger à les confondre, puisqu'ainsi on détruirait les liens d'union les plus sûrs qui existent dans la famille.