‹ Anthropométrie, ou, Mesure des différentes facultés de l'hommeChapitre 49 sur 111 · Le bras et la main · texte numérisé non relu

Le bras et la main

Le bras d'un homme bien conformé est remarquable par sa disposition hardie et par sa souplesse ; le jeu des muscles surtout étonne par la vigueur de son action. Sans avoir cet aspect imposant, qui marque la puissance virile, le bras de la jeune femme, plus arrondi et sous les formes plus séduisantes qui le dessinent, déploie dans tous ses mouvements une souplesse et une grâce que l'imagination saisit avec bonheur et qu'elle ne peut créer qu'avec peine dans ses tableaux les plus riches. La main surtout mérite une attention particulière : ce n'est point à la science qu'il appartient d'en faire valoir le mérite; la poésie même aurait peine à la faire connaître et à pouvoir en retracer tous les charmes.

La longueur du bras, sans y comprendre la main, se trouve doublée entre quatre et cinq ans, triplée entre treize et quatorze , et quadruplée au moment du complet développement.

La main d'une autre part se développe moins rapidement; sa croissance n'est pas relativement aussi forte. Sa longueur est doublée entre cinq et sept ans, et triplée à l'époque de l'âge adulte ; son allongement ne se fait plus remarquer ensuite.

Il en est à peu près de même de la largeur de la main : sa circonférence croît moins sensiblement encore et ne dépasse pas 2,84 de ce qu'elle était à la naissance.

Relativement à la hauteur de l'individu, la main, depuis l'âge de sept à huit ans, conserve la même grandeur; elle en forme les 0,113. Avant 8 ans, elle est comparativement un peu plus longue; après cet âge, eu prenant la main pour unité, la hauteur est 9 environ. Ce

MOYENNE DE LA CROISSANCE

rapport de 1 à 9, pour la longueur de la main relativement à la hauteur de l'individu, a été souvent employé par les auteurs; voici ce que nous déduisons de nos mesures.

A nv

HOMMES

FEMMES

Taille.

1/9 taille.

La main.

Taille.

1/9 taille.

La main.

Naissance. .

o^oei

1 an . . .

2 ans . . .

Ainsi, à partir de l'âge de cinq ans, la différence entre le 9*^ de la taille totale de V individu et la longueur de sa main ne diffère pas sensiUe77ient . Pour la femme la différence est moindre encore, car on trouve identité entre ces deux mesures à partir de l'âge de 15 ans.

Le diamètre et la circonférence de l'avant-bras changent moins encore, et ne font guère que doubler leurs dimensions entre la naissance et l'âge adulte.

Les circonférences par le biceps et par le coude croissent toutes deux à peu près dans le même rapport et plus rapidement que celle de la main : ce rapport est de 4 à 11 ou de 1 à 2 3/4 environ.

La circonférence par le coude est cependant un peu

moindre que celle par le biceps, mais au moment de la croissance et jusqu'à l'âge de 18 ans, on observe le contraire. Cette différence se conçoit; la circonférence par le coude passe au-dessus de parties osseuses et celle par le biceps au-dessus de parties musculaires, qui se trouvent surtout développées cliez les petits enfants et chez les adultes.

La partie du bras, qui prend les accroissements les plus sensibles, se trouve entre la main et le coude : c'est l'avant-bras, qui est de 57 millimètres pour l'enfant naissant et de 243 millimètres pour l'adulte ; le rapport de ces nombres est 1 à 4,26. L'avant-bras, chez l'individu développé, forme à peu près le quart du mètre; on a 243 millimètres au lieu de 250. C'est la partie que les Anciens employaient pour unité de mesure.

On voit, dans notre tableau, que pour l'homme fait, la partie supérieure du bras, entre le procès acromion et le coude , vaut 333 millimètres ou bien à peu près exactement le tiers du mètre, et pour l'enfant naissant 89 millimètres : ces nombres sont dans le rapport de 1 à 3,78. On voit également que la circonférence par le biceps, chez l'homme, forme aussi à peu près , comme pour l'avantbras, le quart du mètre.

Les mesures dont nous venons de parler sont assez remarquables ; on a en effet :

Taille de Thomme naissant 0™500 ou 1/2 métro.

Longueur du bras de l'homme fait (enti'e le procès acromion et le coude) 0"^333 '» 1/3

Longueur du bras de l'homme fait (entre le coude

et la naissance de la main) 0"^243 " 14

Circonférence du biceps de l'homme 0"^252 " 1, 4

Cette dernière mesure est peu certaine toutefois, car la circonférence du biceps peut varier très sensiblement autour de la moyenne.

MOYENNE DE LA CROISSANCE

Il est généralement reçu que l'espace mesuré par les bras, étendus dans une direction horizontale, équivaut à la hauteur de l'homme : cette assertion cependant n'est vraie qu'entre certaines limites. Elle s'écarte, en effet, très peu de ce qu'on observe depuis la naissance jusqu'au moment où commence la puberté. La largeur des bras étendus horizontalement est un peu moindre que la hauteur au moment de la naissance ; la différence peut être d'un centième en moins environ ; elle devient nuUe entre 3 à 5 ans , et se trouve être d'un centième en plus vers l'époque de l'adolescence. Chez les filles la différence est encore moins marquée ; en sorte que l'on peut dire, sans erreur sensible, qu'avant cet âge, la hauteur de l'individu, chez les deux sexes, est égale, en effet, à l'espace mesuré par les bras étendus horizontalement.

Après l'adolescence, les proportions changent, mais plus chez l'homme que chez la femme, parce que la poitrine du premier prend plus de développement en largeur : c'est de cet élément surtout que dépend la différence. Chez l'homme, vers l'âge adulte, la largeur des bras peut valoir 1,045, en prenant pour unité sa hauteur; chez la femme , 1 , 0 1 5 seulement .

La différence absolue est de 6 à 7 centimètres pour l'homme, et de 2,0 à 2,5 pour la femme entièrement développée. Cette discordance tient plus particulièrement à la différence notable qu'on remarque dans la distance des épaules chez les deux sexes.

La largeur des bras se mesure assez difficilement : il faut, en efîet, plusieurs circonstances auxquelles il n'est pas toujours facile de satisfaire. 11 est nécessaire, pour obtenir des nombres comparables, que les bras soient parfaitement horizontaux et dans un même plan avec le corps; il faut, de plus, qu'il n'y ait point de tendance de la

part de la personne mesurée, aies étendre avec effort, de manière à exagérer ainsi la valeur que l'on cherche à obtenir. Il est très facile de produire, de ce chef, des erreurs de plusieurs centimètres sur la longueur mesurée ; le contraire peut avoir lieu, en évitant de tendre les bras dans le plan vertical passant par l'individu.

L'espace se mesure entre les extrémités de l'un et de l'autre doigt médius.

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